Vingt Ans après est la suite qu'Alexandre Dumas, en collaboration avec Auguste Maquet, donne à partir de 1845 aux Trois Mousquetaires.

L'histoire se déroule durant la Fronde et les intrigues entre puissants se jouent cette fois entre Mazarin, Cromwell et . De nouveaux personnages font leur apparition, comme Raoul, fils (naturel) d’Athos aussi appelé le Vicomte de Bragelonne, ou encore Mordaunt, le fils de Milady de Winter.

Histoire du texte

Sources Comme pour Les Trois Mousquetaires, Dumas et Maquet puisent à diverses sources. Simone Bertière cite notamment les M.L.C.D.R. de Courtilz de Sandras, les Mémoires inédits de Louis-Henri de Loménie, comte de Brienne de François Barrière et l'Essai sur les mœurs et sur les usages du du même auteur, les Historiettes de Tallemant des Réaux, les lettres de Richelieu à Anne d'Autriche publiées en 1836, mais aussi, parmi les ouvrages savants de leur temps, la Biographie universelle de Michaud et l'Histoire de la Révolution d'Angleterre de Guizot.

Dans une lettre de janvier 1845 à Maquet, Dumas indique lui envoyer « de prétendus Mémoires de Mlle de la Vallière » ; il s'agit des Mémoires de madame de La Vallière publiés en 1829.

Publication La publication en feuilleton dans Le Siècle commence le 21 janvier 1845, et s'achève le 2 août 1845.

De mars à septembre 1845, Vingt ans après paraît également en dix volumes chez Baudry.

Au cours de l'année 1845, Alexandre Dumas et Auguste Maquet publient également en feuilleton La Reine Margot (dans La Presse à partir du 25 décembre 1844), La Guerre des femmes (dans La Patrie à partir du 2 janvier 1845), Le Comte de Monte-Cristo (qui reprend dans le Journal des débats à partir du 20 juin 1845) et Le Chevalier de Maison-Rouge (dans La Démocratie pacifique à partir du 21 mai 1845).

Un manuscrit contenant dix chapitres de Vingt ans après (XXII à XXX) est conservé à la Huntington Library, San Marino, Californie. Il est autographe de Dumas sauf pour le chapitre XXII, et a été utilisé par Claude Schopp pour son édition du roman.

Résumé

Le Fantôme de Richelieu vignette|redresse|gauche|Raoul de Bragelonne. Illustration d'Eugène Damblans. D’Artagnan a vu ses amis quitter la compagnie des mousquetaires après la campagne de La Rochelle, et n’est pas monté en grade depuis. Il a vieilli, et est désabusé par sa condition ainsi que par Mazarin qu’il n’apprécie pas. Néanmoins, ce dernier, cherchant des serviteurs puissants dans cette Fronde qui vient de commencer, redécouvre D’Artagnan et ses anciens exploits grâce au comte de Rochefort (enfermé à la Bastille depuis son complot) ancien ennemi de D'Artagnan devenu son ami à la fin des Trois Mousquetaires, et l’invite à reformer la bande des Quatre Mousquetaires qui avait tant fait sous Richelieu pour qu'elle serve ses intérêts. Le Comte de Rochefort est libéré grâce au bourgeois frondeur Planchet car il appelle à l'aide quand on le ramène à la Bastille. Planchet est alors pourchassé et il se réfugie par hasard chez d'Artagnan qui le cache. Il redevient ainsi le laquais de d'Artagnan le temps de la recherche de ses compagnons.

D'Artagnan rend alors visite à ses quatre amis, il retrouve Aramis à Noisy, devenu l'abbé d'Herblay et plus mousquetaire que jamais. Il fait croire à D'Artagnan, qu'il a compris être du parti de Mazarin, qu'il ne s'intéresse pas à la politique mais D'Artagnan en l'espionnant comprend qu'il est frondeur et amant de la Duchesse de Longueville. Puis D'Artagnan rend visite à Porthos. Celui-ci, devenu veuf, vit comme un grand seigneur sur ses terres avec son ancien laquais devenu intendant, Mousqueton, à présent appelé Mouston. Il semble au comble du bonheur au milieu de toutes ses richesses, mais puisqu'il lui manque une baronnie, il rejoint D'Artagnan, au grand désespoir de Mouston pour cela. Enfin, Athos, a, pour donner l'exemple à son fils adoptif Raoul de Bragelonne (le personnage éponyme du dernier cycle des Mousquetaires), arrêté de boire mais il refuse néanmoins de servir Mazarin par principe. D'Artagnan découvre la sensibilité de Raoul de Bragelonne lorsque celui-ci déjà amoureux de Louise de la Vallière lui rend visite après la chute qui la laissera boiteuse.

D'Artagnan rentre à Paris pour répondre à l'appel de Mazarin après avoir essuyé un refus d'Athos. Athos de son côté pour éloigner Raoul de Louise de la Vallière et pour une affaire potentiellement dangereuse, se rend à Paris avec Raoul. Arrivé à Paris, il rend une visite à la Duchesse de Chevreuse avec Raoul mais a d'abord une discussion en privé avec la duchesse.

Il apprend alors à la duchesse que lorsque celle-ci avait fui vers l'Espagne déguisée en homme avec sa suivante Ketty déguisée en laquais (l'ancienne suivante de Milady dans les trois mousquetaires), elle avait demandé l'hospitalité à un prêtre qui lui avait accordé et la duchesse avait partagé le lit du prêtre. Une fois dans son lit, la Duchesse se fait alors la réflexion que : Or, en pensant que son hôte était prêtre, il vint à l’esprit de la coquette que ce serait un joyeux souvenir pour sa vieillesse, au milieu de tant de souvenirs joyeux qu’elle avait déjà, que celui d’avoir damné un abbé.Ce qu'Athos lui apprend c'est que celui qu'elle pensait être prêtre était en réalité lui-même et que le prêtre lui avait laissé son presbytère pour assister à un enterrement. Un an après, le prêtre recevait un enfant et une bourse d'or et quand la duchesse chercha à retrouver son fils, il avait déjà été réclamé par un seigneur qui avait accepté de s'en charger. Ce seigneur était donc Athos et cet enfant Raoul. La Duchesse rencontre alors son fils sans lui dire qu'elle est sa mère et lui obtient une lettre de recommandation pour le Prince.

L’évasion du Duc de Beaufort alt=évasion narrée dans "Vingt ans après" par Dumas|vignette|Plaque posée par la société des amis d'Alexandre Dumas sur une grille du donjon de Vincennes pour commémorer l'évasion du duc de Beaufort narrée dans le roman. Lorsque d’Artagnan rend visite à Athos, il s’aperçoit que Grimaud n’est pas là — ce dernier a en effet intégré la prison du donjon de Vincennes où est enfermé le duc de Beaufort. Il y est devenu adjoint de la Ramée, lui-même adjoint de Chavigny, le directeur de la prison. Grimaud, par son silence et sa sévérité feinte envers le duc, gagne la confiance de la Ramée et fait partie du plan de libération du Duc. En effet, Grimaud demande au Duc de perdre des balles de jeu de paume par dessus le mur d'enceinte ainsi quand le faux jardinier (le Comte de Rochefort) à l'extérieur de la prison les renvoie un message est envoyé au Duc caché dans une balle. Puis, la Ramée l'adjoint de la prison organise un repas avec le prisonnier et avec Grimaud comme garde supplémentaire qui servira le diner. Ce repas sert à l'évasion puisque le pâté contient : .

Néanmoins, Mazarin, informé à temps de l’évasion, envoie d’Artagnan et Porthos à ses trousses. Après une première escarmouche réussie, les deux compagnons rencontrent deux adversaires ; mais rapidement les armes tombent de leurs mains, car il s’agit d’Aramis et d’Athos. D’Artagnan et Porthos se rendent donc et rentrent à Paris pour annoncer la fuite du duc de Beaufort à Mazarin mais avant ils se donnent rendez-vous place royale à 9h du soir. Athos, Porthos, Aramis et d’Artagnan se donnent rendez-vous sur la place Royale ; et, après un duel arrêté par Athos et sa grandeur, les quatre amis se réconcilient à l’auberge L’Ermitage.

La Fronde ne cesse pas pour autant, et ses chefs (Beaufort, Longueville, le coadjuteur de Retz, les parlementaires de Paris) se rassemblent. L'arrestation du parlementaire Broussel met le feu aux poudres ; les frondeurs organisent des barricades pour empêcher la libre circulation de la famille royale et demander le départ de Mazarin. Planchet, Rochefort et un mendiant nommé Maillard sont les principaux chefs des émeutiers.

Le fils de Milady et la fuite du roi à Saint-Germain vignette|Assassinat du bourreau de Lille par le fils de Milady. Illustration de David Ljungdahl, 1925. Avant d'aider à l'évasion du Duc de Beaufort, Athos envoie Raoul à la guerre en tant que soldat du Prince de condé. Sur sa route, Raoul sauve la vie du Comte de Guiche en le sauvant de la noyade, et a la vie sauvée à son tour par le Comte lors d'une escarmouche avec une escouade d'espagnols dont ils font un prisonnier. En outre, ils rencontrent sur leur route l'ancien bourreau de Bethune blessé à mort par les espagnols qui demandent un confesseur et hanté par le souvenir de la mise à mort expéditive de Milady non précédée d'un procès : soit l'assassinat d'une femme. Ils amènent alors au bourreau un confesseur qui est en réalité un gentilhomme déguisé en prêtre et le fils de Milady. Ce dernier lorsque le bourreau lui raconte sous la confession la mort de Milady comprend tout, découvre que son oncle est aussi l'assassin de sa mère et assassine le bourreau d'un coup de poignard.

Grimaud parti rejoindre Raoul à la guerre afin de l’assister comme il assistait Athos autrefois assiste aux derniers instants du bourreau rattrape Raoul mais retourne auprès de son maître pour lui annoncer la mort du bourreau et l'existence du fils de Milady.

Grimaud l’annonce alors aux quatre amis pendant leur réunion à L’Ermitage. Athos et Aramis sont ensuite sollicités auprès de la reine d’Angleterre, par l’entremise de Lord de Winter, pour secourir le roi Charles menacé par Cromwell. En route vers l’Angleterre, ils rencontrent à Boulogne le fils de Milady, qui découvre en eux les meurtriers de sa mère, et envoient une recommandation à d’Artagnan et Porthos de s'en méfier (voire de le tuer), leur donnant son pseudonyme : Mordaunt.

D’Artagnan et Porthos reçoivent cette lettre à Saint-Germain, où le roi, Mazarin et la reine ont fui — le tout grâce à d’Artagnan et Porthos, qui ont permis à Mazarin de s’enfuir le premier dans une voiture sans arme, ainsi qu’à l’aide involontaire de Planchet, l’ancien valet de d’Artagnan devenu un personnage important de la Fronde, qui laisse passer le carrosse de Mazarin, croyant Porthos blessé à l’intérieur. Puis, il organise la fuite de la reine en volant le carrosse du coadjuteur, et en convainquant la reine de laisser le peuple voir le roi dormir.

Néanmoins, aussitôt arrivés, ils sont envoyés à Londres par Mazarin avec l’émissaire de Cromwell, un certain M. Mordaunt, qui les attend à Boulogne. Incapable de pouvoir rejoindre leurs amis faute de connaître leur destination, d’Artagnan convainc Porthos de ne pas supprimer l'émissaire, et ils continuent leur route avec lui.

La mort de Ensuite, on retrouve Athos et Aramis dans la tente du roi avec Lord de Winter, le beau-frère de Milady, à côté de Newcastle, où le roi accompagné des Écossais s’apprête à affronter l’armée de Cromwell. Mais ces Écossais, dirigés par le Comte de Loewen, et à qui le roi doit de solde, livrent le roi à Cromwell : « L’Écossais, parjure à sa foi, pour un denier vendit son roi ». La majeure partie de l'armée royale fait donc défection, laissant le combat s'engager avec l'armée parlementaire.