vignette|Nauruans et maisons traditionnelles à Arenibek en 1896. vignette|Maison et pirogue traditionnelles en 1896.

L'histoire de Nauru est celle d'une petite île de isolée au sein du Pacifique central et qui forme aujourd'hui un État indépendant : la république de Nauru. Les événements antérieurs à sa colonisation à la fin du sont peu connus faute de sources écrites et en la quasi-absence de données archéologiques. Les faits postérieurs sont quant à eux intimement liés à l'histoire de son unique ressource : le minerai de phosphate.

L'une des hypothèses quant à l'origine des habitants de Nauru veut que cette population ait des origines à la fois mélanésiennes, micronésiennes et polynésiennes, les traits de cette dernière population dominant .. D'autres observateurs soulignent les ressemblances entre les Nauruans et les populations micronésiennes de l'est de l'archipel des Carolines. Elle est découverte par les Européens le lorsque le capitaine britannique John Fearn s'approche de l'île .. Elle est alors successivement colonisée ou occupée par différentes puissances : l'Allemagne en 1888, l'Australie en 1920, le Japon de 1942 à 1945 puis à nouveau l'Australie en 1947. Nauru acquiert son indépendance le puis rejoint l'Organisation des Nations unies en 1999.

À partir de 1906, le gisement de minerai de phosphate de l'île est exploité par différentes compagnies coloniales ou étatiques. Le phosphate constitue quasiment la seule source de revenus de l'île durant presque un siècle et assure aux Nauruans un niveau de vie très élevé pendant plusieurs décennies. La non-anticipation de l'épuisement des réserves, conjuguée à des politiques économiquement imprévoyantes, plongent Nauru dans la faillite et l'instabilité politique à compter du début des années 1990. Essayant de diversifier ses sources de revenus, Nauru s'engage dans des expédients désespérés comme le blanchiment d'argent, la vente de passeports . ou la marchandisation de ses votes dans les instances internationales. L'arrivée depuis 2004 d'une nouvelle majorité au gouvernement et d'une nouvelle politique économique semble apporter une meilleure transparence dans les finances de l'État nauruan.

Premiers peuplements vignette|redresse|Jeunes Nauruans en 1914.

Les origines des Nauruans restent floues en l'absence de récit fondateur présentant l'arrivée de ses habitants. De nombreux indices plaident pour une implantation ancienne et de multiples vagues de peuplement, comme pour la plupart des îles .. L'une des hypothèses suppose des origines tant mélanésiennes que micronésiennes et polynésiennes, ce dernier apport étant dominant. Une autre hypothèse, s'appuyant sur la linguistique, souligne les liens des Nauruans avec les populations micronésiennes de l'est de l'archipel des Carolines. La langue nauruane contient cependant nombre d'éléments distincts qui la singularisent fortement par rapport aux autres langues micronésiennes. Cette spécificité s'explique par l'isolement géographique de Nauru, éloignée de plusieurs centaines de kilomètres des archipels les plus proches à l'est, tandis que dans les autres directions, d'immenses étendues d'eau entourent l'île, avec de forts courants océaniques orientés est-ouest ne permettant la navigation que depuis les îles Gilbert. Nauru se trouve ainsi à la fin d'une chaîne de communication partant de cet archipel ; s'il est possible de parvenir jusqu'à ses rivages, il n'est pas possible d'en repartir. Ceci explique que l'on retrouve un certain nombre d'apports gilbertins dans la culture nauruane, jeux de ficelle, techniques de pêche, cosmogonie, alors que l'inverse ne se vérifie pas.

Lors de leur arrivée, les Nauruans s'installent le long de la bande côtière et dans la dépression de la lagune Buada, délaissant le plateau nauruan qui est improductif. Ils sont répartis entre treize communautés côtières et un village implanté au bord de la lagune Buada dans l'intérieur, une disposition qui est à l'origine de l'organisation administrative actuelle en quatorze districts. On estime que la population totale de l'île oscille alors entre , son accroissement naturel étant régulé par les périodes de sécheresse affectant régulièrement l'île. En dehors de ces épisodes de faible pluviosité durant lesquels la disette menace, les conditions de vie sont bien meilleures à Nauru que dans beaucoup d'autres îles du Pacifique telle l'île voisine, Banaba, grâce à la profusion de ressources naturelles. Outre les divisions territoriales, qui façonnent l'identité des habitants, ces derniers sont répartis en douze clans matrilinéaires et exogames, symbolisés de nos jours par le nombre de branches de l'étoile blanche du drapeau de Nauru ., et en trois classes sociales, les temonibe comprenant la classe dirigeante, les amenename d'un rang moindre et les itsio, un groupe asservi constitué de réfugiés et de prisonniers de guerre ..

Initialement, les Nauruans tirent leurs moyens de subsistance de leur écosystème. Le cocotier, dont on trouve d'importantes plantations sur la côte, est un véritable « arbre de la vie » pour les Nauruans : sa sève, le toddy, est la principale source de vitamines sur l'île ; le contenu de son fruit, stocké, sert à surmonter les périodes de sécheresse ; les autres parties de l'arbre sont utilisées pour construire les maisons des îliens, confectionner des ustensiles, des vêtements, des tapis. Le fruit du pandanus est un autre élément important de la diète des habitants. Ils pratiquent aussi la pisciculture pendant des centaines d'années, capturant des poissons-lait dans le lagon et les relâchant dans la lagune Buada, au centre de l'île, et dans la lagune d'Anabar Secretariat of the Pacific Community - Nauru aquaculture development plan.. La pisciculture conditionne l'organisation sociale des différentes tribus : les exploitations sont partagées entre elles au moyen de murets, l'élevage des poissons est confié aux hommes qui pataugent régulièrement dans les bassins pour oxygéner l'eau et la charger en nutriments, les enfants ont interdiction de déranger les poissons lorsqu'ils se baignent dans les plans d'eau.

Époque pré-coloniale Premiers contacts avec les Européens Comme pour la plupart des sociétés traditionnelles, l’entrée en contact des Nauruans avec des Européens a pour conséquence une ouverture vers le monde occidental. Cette interaction entre deux mondes se traduit par l'introduction de nouveaux produits : armes à feu, alcool, outils en métal, tabac que les insulaires commencent à échanger contre des produits locaux, essentiellement le coprah et la noix de coco, puis à acheter grâce à l'argent dont l'usage se répand. Ces changements conduisent à une déstructuration de la société traditionnelle, qui est par ailleurs régulièrement décimée par des maladies inconnues jusqu'alors comme l'influenza, la dysenterie et la tuberculose contre lesquelles les défenses immunitaires des Nauruans sont déficientes.

En 1798, au cours d'un voyage le menant de la Nouvelle-Zélande aux mers de Chine méridionale et orientale, le capitaine britannique du baleinier Hunter, John Fearn, est le premier Européen à s'approcher de Nauru. Il la baptise Pleasant Island, en français « île Agréable », ce qui résume la bonne impression que lui fait cette île dont les habitants, qui viennent spontanément à la rencontre de son bateau à bord de nombreuses pirogues, ne sont ni armés, ni ornés de tatouages comme c'est souvent le cas en Océanie. De son bateau, qu'il ne quitte pas, il observe les nombreux habitants qui se pressent sur les plages et il en conclut que l'île est populeuse.. Après ce bref contact, Nauru retrouve son isolement pendant plusieurs décennies.

Les premiers Européens à poser le pied sur l'île et à y vivre sont des repris de justice, des déserteurs de baleiniers, des vagabonds et des contrebandiers. Patrick Burke et John Jones, deux bagnards irlandais échappés de l'île Norfolk destinée aux criminels déportés en Australie par le Royaume-Uni, sont les premiers à arriver sur l'île en 1830. En 1837, cinq déserteurs de baleiniers débarquent sur l'île et rejoignent les huit autres Européens déjà présents. John Jones commence alors à se comporter en dictateur vis-à-vis des autres Européens et des Nauruans. Il dépouille de leurs biens les cinq nouveaux arrivants et empoisonne, tue par balle ou abandonne sur des pirogues à la dérive ceux qui se montrent rétifs à son autorité ou qu'il soupçonne de comploter contre lui. Offensés par John Jones, les Nauruans le bannissent sur Ocean Island, aujourd'hui Banaba, à à l'est de Nauru. Il tente de revenir au bout de quelques mois, mais les Nauruans le repoussent.

En 1845, seuls deux Européens vivent sur Nauru, dont William Harris, arrivé sur l'île en 1842. Il s'intègre à la population, adopte ses coutumes et fonde une famille. À partir de 1852, les Nauruans, encouragés par certains Européens, commencent à se livrer à des actes de piraterie et les navires évitent autant que possible d'approcher l'île. Ce changement d'activité des Nauruans est une des conséquences de l'inefficacité croissante de la coutume nauruane de gestion des conflits par la négociation.

Guerre tribale

vignette|redresse|Guerrier nauruan en 1880.

L'introduction des armes à feu déséquilibre les rapports de force entre les tribus nauruanes et les accrochages sporadiques au sujet de discordes se muent rapidement en une guerre tribale .. Elle se déclenche en 1878, lorsqu'un jeune chef est tué accidentellement par balle au cours d'un mariage. L'escalade est alors rapide, chaque famille disposant d'une arme à feu et désirant se venger. Contrairement aux autres conflits précédemment résolus, celui-ci ne trouve pas d'issue. Une forme de guérilla commence alors à émerger où chaque incursion dans un territoire ou un village, chaque nouveau mort est prétexte à des combats au cours desquels même les femmes et les enfants sont abattus.

Le , un navire de la Royal Navy britannique s'approche de l'île pour évaluer la situation. Le contrebandier William Harris monte alors à bord du navire et raconte qu'une guerre fait rage, que les belligérants sont régulièrement ivres et que le « roi » de l'île, Auweyida, souhaite l'arrivée de missionnaires chrétiens sur l'île.

Six ans plus tard, Frederick Joseph Moss, de passage à Nauru à bord d'une goélette, le Buster, venue charger du coprah, rapporte que les habitants sont amicaux, bien que tous les hommes portent une arme à feu. Le conflit est toujours en cours, malgré l'exaspération des Nauruans : ils souhaitent cesser la guerre, mais aucune tribu ne fait suffisamment confiance aux autres pour y mettre un terme. La seule solution, de l'aveu des Nauruans et de William Harris, est un désarmement total et l'établissement d'une mission chrétienne qui puisse garantir la paix.

L'instabilité sur Nauru n'ayant pas profité au commerce, l'Allemagne accepte alors d'annexer l'île le pour en assurer le contrôle et la pacifier, mettant ainsi fin à cette guerre civile.

Époque coloniale Colonie allemande Administration vignette|Cérémonie d'annexion de Nauru par l'Allemagne en présence du « roi » Auweyida et sur fond du drapeau allemand, le . vignette|gauche|Le « roi » Auweyida (haut de forme), la « reine » Eigamoiya (robe blanche) et les sujets royaux vers 1890.

À la fin du , Nauru devient une colonie allemande à la suite de différentes étapes.

La première est l'établissement des sphères d'influence allemandes et britanniques dans le Pacifique occidental et central face à la colonisation croissante de différents territoires de cette région du globe par ces deux puissances. Par cet accord, Nauru revient alors aux Allemands le .