Arnold Ruge, né le à Bergen en Rügen et mort le à Brighton, est un penseur politique allemand de la gauche hégélienne (jeunes hégéliens),
Biographie
Jeunesse
Né à Bergen en Rügen, il étudie à Halle, Iéna et Heidelberg. En 1821, il devient membre de la fraternité de Halle, en 1822 membre de la fraternité d'Iéna et en 1823 membre de la .
En tant que défenseur d'une Allemagne libre et unifiée, il est emprisonné pendant cinq ans en de 1825 à 1830 dans la forteresse de Kolberg, où il étudie Platon et les poètes grecs.
À sa libération il déménage à Halle et écrit plusieurs pièces de théâtre, notamment Schill und die Seinen, une tragédie - et la traduction de textes en grec ancien, comme l'Œdipe à Colone.
Période Hégélienne En 1837, avec E.T. Echtermeyer il fonde la revue Hallesche Jahrbücher für deutsche Wissenschaft und Kunst. Il y aborde les questions du temps, du point de vue de la philosophie hégélienne. Selon Frederick CoplestonA History of Philosophy, volume VII, . :
La revue Jahrbücher est détestée par le parti orthodoxe en Prusse, et est finalement supprimée par le gouvernement en 1843.
il fréquente dans les années 1840, Bruno Bauer, Feuerbach, Engels, Marx, Stirner et Bakounine. Il publie des textes, entre autres de vulgarisation de l'œuvre de Hegel et y insiste sur les questions de l'histoire et de la politique. Il est le partisan d'une révolution et d'une transformation de la société.
En 1843, à Paris, il coédite brièvement le avec Karl MarxCopleston . Ruge avait peu de sympathie avec les théories de Marx sur le socialisme et, bientôt, il se retire.
En 1846 il quitte Paris pour Leipzig, où il est tient une librairie. En , il salue avec enthousiasme la révolution parisienne et soutient le lancement d'une révolution en Allemagne. Après l'échec de la révolution de Mars, le mouvement de la gauche hégélienne est discrédité. Ruge devient l'un des premiers critiques libéraux de ce qui allait être le marxisme. Lucien Calvié le considère comme . Dans sa présentation et par sa traduction d'un troisième texte d'Arnold Ruge encore inédit en français intitulé « Sur la philosophie allemande la plus récente. Nos dix dernières années. À un Français (1845-1846) », Calvié souligne en effet ce qu'il en est de la .
Les révolutions de 1848 Dans le mouvement révolutionnaire de 1848, il organise l'extrême gauche au parlement de Francfort, et vit quelque temps à Berlin comme éditeur du journal . Le gouvernement prussien intervient et bientôt Ruge part de nouveau pour Paris, espérant, grâce à son ami Alexandre Ledru-Rollin, établir des relations entre républicains allemands et français, mais en 1849 Ledru-Rollin et Ruge doivent à se réfugier à Londres.
Les dernières années en Angleterre À Londres, en compagnie de Giuseppe Mazzini et d'autres politiciens, il forme un "comité des démocrates européens" dont il se retire rapidement et, en 1850, Ruge déménage à Brighton pour vivre en tant que professeur et écrivain. Il y est président de la Park Crescent Residents' Association. Il réside à Brighton jusqu'à sa mort.
Il soutient le régime de Bismarck à partir de 1866. En 1866, il appuie la Prusse contre l'Autriche dans la guerre austro-prussienne, et en 1870, il soutient l'Allemagne contre la France dans la guerre franco-prussienne.
Dans ses dernières années il reçoit du gouvernement allemand, une retraite de 1000 marks. Il décède le à .
Œuvres Ruge est un chef de file dans le domaine du libéralisme religieux et politique.
En 1846-48 ses Gesammelte Schriften (œuvres complètes) ont été publiées en dix volumes.
Ultérieurement, il a écrit, entre autres livres, Unser System, Revolutionsnovellen, Die Loge des Humanismus, et Aus Früherer Zeit (ses Mémoires).
Il a également écrit de nombreux poèmes et plusieurs drames et romans, et traduit en allemand divers ouvrages anglais, y compris les Letters of Junius and Buckle's History of Civilization. Ses lettres et journal (1825-80) ont été publiés par Paul Nerrlich (Berlin, 1885-87). Voir AW Bolin L. Feuerbach, (Stuttgart, 1891).
Traductions en français La Fondation de la démocratie en Allemagne ou l’État du peuple et la république sociale et démocratique (Die Gründung der Demokratie in Deutschland oder der Volksstaat und der social-demokratische Freistaat), édition scientifique par Lucien Calvié, traduction de Lucien Calvié, UGA Éditions, Grenoble, 2021, ; publication sur OpenEdition Books : , Présentation sur Uga Éditions : Aliénor Ballangé, « Arnold Ruge, La Fondation de la démocratie en Allemagne, trad. et annotations de Lucien Calvié, Grenoble, Université Grenoble Alpes Éditions, coll. « Paroles d’ailleurs », 2021, 184 p. » [compte-rendu], Revue philosophique de la France et de l'étranger, Tome 146(4), . . Sur la philosophie allemande la plus récente. Nos dix dernières années. À un Français, de Arnold Ruge, traduit, présenté et annoté par Lucien Calvié, Paris, éditions du Cygne, 2025, 158 pages, présentation sur le site de l'éditeur :
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie , .
Warren Breckman: Arnold Ruge: Radical Democracy and the Politics of Personhood, 1838-1843. In: Ders.: Marx, the Young Hegelians and the Origins of Radical Social Theory: Dethroning the Self. Cambridge University Press, NY 1999.
Lucien Calvié, Aux origines du couple franco-allemand. Critique du nationalisme et révolution démocratique avant 1848. Arnold Ruge, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail (PUM), 2004. « Arnold Ruge : histoire et critique littéraires », Études germaniques, 2023 / 3 (« Les Jeunes hégéliens », dir. Éric Dufour et Franck Fischbach), . (Hrsg.): Arnold Ruge (1802–1880). Beiträge zum 200. Geburtstag. Peter Lang, Frankfurt am Main u. a. 2002, . : Arnold Ruge 1802–1880, Fragmente eines Lebensbildes, hrsg. von , Pahl-Rugenstein, Bonn 2004, . Helmuth Reinalter: Arnold Ruge (1802–1880). Vom Radikalen Burschenschafter zum achtundvierziger Demokraten. In: Helmut Bleiber, Walter Schmidt, Susanne Schötz (Hrsg.): Akteure eines Umbruchs. Männer und Frauen der Revolution von 1848/49. Fides, Berlin 2003, , S. 563–617. Helmuth Reinalter (Hrsg.): Die Junghegelianer: Aufklärung, Literatur, Religionskritik und politisches Denken. Peter Lang, Frankfurt am Main 2010, . Julian Schmidt: Arnold Ruge. In: Die Grenzboten 10, II. Sem., III. Bd. (1851), S. 161–178. (Hrsg.): Der Redaktionsbriefwechsel der Hallischen, Deutschen und der Deutsch-Französischen Jahrbücher (1837–1844). 3 Bde., Akademie Verlag, Berlin 2010, . Helmut Reinalter: Arnold Ruge (1802–1880). Junghegelianer, politischer Philosoph und bürgerlicher Demokrat. Königshausen & Neumann. Würzburg 2020, .
Articles connexes Jeunes hégéliens Révolution allemande de 1848
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