Katia Granoff, née le à Nikolaïev dans l’Empire russe et morte le à Paris, est une galeriste, fondatrice notamment de la galerie Larock-Granoff, et une poétesse française d'origine russe.
Vie et œuvre Katia Granoff naît en 1895 à Nicolaïev, ville relevant à l’époque du gouvernement de Kherson de l’Empire russe (aujourd’hui Mykolaïv en Ukraine), dans le foyer de Théodore Granoff et Eudoxie Feldman. Lorsque ses parents meurent, elle a tout juste seize ans. Leurs tuteurs les envoient, elle et sa sœur Rose, poursuivre leurs études en Suisse, où Katia passe une licence de lettres.
Elle se marie avec un médecin dont elle divorce peu de temps après. Lorsqu’elle arrive à Paris en 1924, elle travaille d’abord comme secrétaire au salon des Tuileries.
La galeriste vignette|La galerie Larock-Granoff, située au 13 quai de Conti à Paris, en 2019. Katia Granoff ouvre ensuite sa première galerie d’art, en 1926, à Paris, au 166 boulevard Haussmann. Découvreuse de talents, elle expose Georges Bouche, Marc Chagall La galerie devient célèbre et déménage quai de Conti. Sa propriétaire est naturalisée française en 1937.
L’occupation de Paris par les Allemands la force à fuir la capitale. Elle se réfugie avec sa sœur, son neveu et le peintre Georges Bouche dans un château médiéval, à la Voulte-sur-Rhône, en Ardèche.
La guerre finie, elle ouvre deux galeries en province, à Honfleur et à Cannes, ainsi qu’une nouvelle galerie à Paris, place Beauvau. Elle est l'une des premières à redécouvrir et à exposer, dès 1955, les tableaux de Monet les Nymphéas, réputés invendables.
Katia Granoff choisit souvent d’exposer des artistes femmes, parmi lesquelles Fahrelnissa Zeid, Anne Français, Henriette Gröll, Renée Rauzy, Marthe Brilman ou la sculptrice Chana Orloff, d’origine russe comme elle. Elle expose également les peintres de la nouvelle génération, tels le créateur du « subconscientisme », Pierre-André de Wisches, ou encore Georges Dufrénoy, Léon Lehmann, Robert Bonfils, Louis Touchagues, Pierre Brune, Georges Gimel, Dan Solojoff, Bertrand Mogniat-Duclos, Gabriel Dauchot, René Demeurisse, Abram Krol, René Levrel, Jean-Jacques Morvan, Harry Séguéla, Henri Morez, Jean Dorville, Jean GuittonVoir À la croisée des chemins de Jean Mansir (Google Livres) p. 6., Louis Leprince-RinguetVoir “ noces de diamant avec l’atome” de Louis Leprince-Ringuet (Google Livres) p.222.,Geneviève Claisse, Édith Desternes, Moreno Pincas, Jean Couty ou Charles André Wolf (1907-1999), peintre et poète qui lui dédiera un poème en janvier 1981.
Elle se retire en 1987 des affaires artistiques, laissant son neveu, Pierre Larock, et ses enfants reprendre la galerie.
En souvenir de Katia Granoff, un des tableaux de Claude Monet peint à Étretat en 1885 est donné au musée d'Orsay en 1994. En 2000, le musée d'Orsay prête le tableau au musée des Beaux-Arts de CaenVisit Etretat.
La poétesse Katia Granoff est aussi une femme de lettres aux multiples facettes. En 1964, elle reçoit le prix Georges-Dupau de l’Académie française pour son Anthologie de la poésie russe (1961), recueilRéédité dans la collection Gallimard Poésie. de poèmes russes traduits en vers rimés, fort louée aussi bien par les écrivains que par la presse. Dans son introduction, elle écrit :
Elle est également l'auteur des Amants maudits, un recueil d'une cinquantaine de poèmes en alexandrins consacrés aussi bien à des auteurs (Desbordes-Valmore, Leopardi, Nerval, Baudelaire) qu'à des personnages littéraires et historiques (La Reine de Saba, Don Juan Tenorio, la Princesse de Clèves, Carmen, Nana).
Son œuvre poétique personnelle est éditée en plusieurs recueils. Certains poèmes ont aussi été enregistrés, lus par elle-même, par Pierre Brasseur ou encore Fernand Ledoux. Quelques-uns furent chantés par Monique Morelli en 1967, d'autres mis en couleur par Édith Desternes (des gouaches ont été exposées et des textes publiés, en 1984).
En 1982, elle est candidate malheureuse à l'Académie françaisehttps://calames.abes.fr/pub/#details?id=Calames-2026012710141571..
À la fin de sa vie, Katia Granoff se livre davantage dans des ouvrages autobiographiques. En 1986, elle consacre son dernier livre aux relations entre juifs et chrétiens. Elle meurt à 92 ans.
Distinctions
(promue en 1979) Médaille nationale Arts-Sciences-Lettres Prix Georges-Dupau de l’Académie française 1964 pour Anthologie de la poésie russe Prix François-Coppée de l’Académie française 1967 pour La Colonne et la Rose Prix Heredia de l’Académie française 1977 pour Naguère
Œuvres Bouche, Paris, chez l'auteure, 1956, 27 p. Cendres et Reflets, poèmes, Paris, Éditions Seghers, 1964, 150 p. La Colonne et la Rose, poèmes, Paris, Éditions Seghers, 1966, 131 p. Reflets d’Israël, Paris, Éditions Seghers, 1968, 126 p. De l’Espagne, Paris, Éditions Seghers, 1970, 239 p. Méditerranée : rivages des dieux, Paris, Éditions Flammarion, 1973, 394 p. Naguère, Paris, Éditions 10-18, 1976, 201 p. Chemin de ronde : mémoires, Paris, Éditions 10-18, 1976, 278 p. Les Amants maudits, Paris, Éditions 10-18, 1979, 141 p. Œuvres complètes, Paris, Christian Bourgois Éditeur, 1980, 1399 p. Ma vie et mes rencontres : avec Bouche, Chagall, Chabaud, Ozenfant, Monet, Guitton, Paris, Christian Bourgois éditeur, 1981, 222 p.
Notes et références
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