Le Roi pêcheur est la seule pièce de théâtre de Julien Gracq, publiée en 1948. La pièce s'inspire du mythe arthurien, et particulièrement des récits concernant le Graal et le Roi pêcheur.
Présentation Reprenant en grande partie la trame du Parsifal de Richard Wagner, cette pièce est le récit de l’échec de Perceval au château du Graal (Montsalvage/Corbenic). Placé entre l’ermite Trévrizent et le magicien Clingsor, le roi du Graal Amfortas (surnommé le Roi pêcheur) est blessé. , qui lui a infligé la blessure, veut le guérir par l’intervention du chevalier pur, Perceval. Mais, malgré sa souffrance, Amfortas ne souhaite pas guérir, ne souhaite pas sortir Montsalvage de son sommeil. Il fait tout pour faire échouer Perceval (en essayant de jouer sur ses sentiments pour Kundry, en lui annonçant ce qui l’attend, en lui disant la vérité), et celui-ci oublie donc de poser la question sur ce qu'est le Graal, qui aurait permis de guérir le Roi Pêcheur.
Accueil La pièce, créée le au Théâtre Montparnasse de Paris, reçoit un très mauvais accueil du public, malgré les décors remarqués de Leonor Fini et l'interprétation brillante de Maria Casarès, Jean-Pierre Mocky, Jacqueline Maillan et Monique Chaumette. La représentation théâtrale est également éreintée par les critiques littéraires des principaux journaux : ainsi, par exemple, Le Monde parle d' où , Le Figaro, sous la plume de Jean-Jacques Gautier, résume son appréciation d'un jugement sévère : . Le journal L'Aurore s'interroge sur le thème de la pièce : , etc..
Cet accueil amène Julien Gracq à renoncer à écrire d'autres pièces de théâtre, et l'incite à publier, l’année suivante, un pamphlet, La Littérature à l'estomac, où il fustige la critique littéraire, les prix littéraires, les maisons d'éditions, et tous ceux qui donnent des jugements sur des œuvres en . Il s'inquiète aussi de l'évolution de la vie littéraire.
Représentations Julien Gracq n'accordera que très peu les droits de mise en scène de la pièce après ce premier échec. Elle sera notamment reprise pour sa création par le théâtre du premier vol de l'Hirondelle, une petite compagnie de région parisienne dirigée par Laurence Arpi en 2002. À la suite de plusieurs échanges de lettres et visites, la jeune metteur en scène adapte la pièce à Saint-Hilaire-de-Riez une première fois. S'ensuit une petite tournée en région parisienne en extérieur puis deux représentations pour le Centenaire de Julien Gracq du 3 au en Ardèche méridionale. "Remercions Laurence Arpi d’avoir par sa mise en scène audacieuse, mais respectueuse du sens profond de l’œuvre, rendu évidente la modernité et l’intemporalité de l’incursion de Gracq au théâtre et d’avoir rendu justice à l’un de ses principaux apports : le sens concret du merveilleux. L’important dans cette nouvelle mise en scène du Roi Pêcheur, c’est que cette version réécrite dans les années soixante et adaptée aujourd’hui par Laurence Arpi correspond aux besoins impératifs du théâtre. Le texte est plus resserré que le texte original comme si Julien Gracq et Laurence Arpi avaient voulu se garder d’un écueil : « on emménage pas avec une pièce ; dès que le contact dramatique se relâche, la tension tombe et l’ennui n’est pas loin. » (J. Gracq dans Entretiens avec Jean Roudaut, p94) comme si Gracq prenait acte de son propre constat : « je ne songeais pas du tout à la représentation en écrivant. » (idem p93). Cette tension, le spectateur la ressent ici puissamment d’autant que grâce à la mise en scène épurée et à ses acteurs, la dimension de « combat » est très perceptible tout au long des échanges entre les personnages ; même s’ils sont avant tout des figures et des symboles ils s’incarnent : c’est ce qui différencie totalement Le Roi Pêcheur du théâtre symboliste de Maeterlinck, dont pourtant il est proche par d’autres aspects. Le jeu d’Amfortas (Charles Reale) qui reste le centre de la pièce tout comme celui de Kundry (Leticia Gutierrez), qui porte les couleurs de l’auteur sont un autre point fort de cette mise en scène, qui met aussi en valeur la dimension mythique préférée par Gracq à la dimension psychologique pour laquelle il a peu de goût."
Bertrand Fillaudeau - Directeur des éditions José CORTI - (unique éditeur de Julien Gracq hors la parution de ses œuvres à la NRF)
voir : https://premier-vol.blogspot.com/
Références
Catégorie:Pièce de théâtre de 1948 Catégorie:Drame (théâtre) Catégorie:Pièce de théâtre française Catégorie:Pièce de théâtre se déroulant au Moyen Âge Catégorie:Graal dans l'art et la culture Catégorie:Cycle arthurien dans l'art et la culture