La Forme d'une ville est un livre de Julien Gracq, publié en 1985 dans lequel son auteur, âgé de 73 ans, évoque la ville de Nantes, où il a vécu ses années d'internat au lycée Clemenceau, entre 11 et 18 ans.

Le titre est tiré d'un vers du poème de Charles Baudelaire Le Cygne : , détourné dans l'incipit de La Forme d'une ville en : Ce vers avait déjà été évoqué dans le Nadja d'André Breton, œuvre dont le livre de Gracq a pu être rapproché (cf. Bernhild Boie, in Julien Gracq, Œuvres complètes II, Bibliothèque de la Pléiade, p.1568..

Genèse et composition

L'idée d'écrire sur les réflexions et les sentiments que Nantes lui inspirent remonte chez Julien Gracq à 1965, avec le passage de Lettrines qui lui est consacré et qui commence par ces mots : Gracq, Lettrines, in O.C.II, p.242 (c'est l'auteur qui souligne.) Cf. également, dans le même volume, l'introduction de Bernhild Boie, spécialement la page 1552.

Cinq ans plus tard, le souvenir de Nantes est ravivé par un recueil de photographies de la ville à l'époque où Gracq y était lycéen. C'est en le feuilletant que s'imposent à lui les vers de Baudelaire : Julien Gracq, Lettrines 2, O.C.II., p.273. Voir aussi, dans le même ouvrage, la notice consacrée à La Forme d'une ville par Bernhild Boie (notamment les pages 1552-1553.) Il faut encore dix années avant que Julien Gracq ne se décide à composer son livre, dix années au cours desquelles il note çà et là dans ses cahiers des bribes de souvenirs de la ville de son adolescenceBernhild Boie, op. cit., p.1552..

Pour composer cet ouvrage, Gracq renonce temporairement — et pour la dernière fois — à la méthode qui est la sienne depuis qu'il a renoncé à l'écriture de fiction : il abandonne ses cahiers et se remet à écrire sur des feuilles volantes comme il le faisait jusqu'à La Presqu'île inclusivement. De même, le rythme de l'écriture renoue avec celui de l'œuvre romanesque : il ne s'agit pas de notes éparses que l'auteur trie et agence comme pour les Lettrines, mais d'un livre dont la forme et la composition naissent dans le flux même de l'écriture.

Ce qui naît ainsi de l'écriture est moins une œuvre mémorielle ou la description d'une ville que la tentative de retrouver ce qui en elle a informé l'imagination de l'écrivain, , et de quelle manière, en retour, il l'a Julien Gracq, O.C.II, p.774 pour les deux citations, et Bernhild Boie, op.cit., p.1556 pour l'analyse..

Éditions Julien Gracq, La Forme d'une ville, Paris, José Corti, 1985 Julien Gracq, Œuvres complètes II, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1995 (édition établie sous la direction de Bernhild Boie)

Bibliographie Alain-Michel Boyer, Julien Gracq, Paysages et mémoire, Nantes, éd. Cécile Defaut, 2007 Françoise Calin, « Nantes, dis-moi qui te hante », in Julien Gracq 2, La Revue des lettres modernes, 1994.

Liens externes Présentation de La forme d'une ville, sur le site des éditions Corti. Présentation de La forme d'une ville par Michel Murat, sur le site CulturesFrance Présentation de La forme d'une ville sur le site du Zinc

Notes et références

Catégorie:Œuvre de Julien Gracq Catégorie:Essai français paru en 1985 Catégorie:Autobiographie française