vignette|Cumberland, le Potomac. Cumberland est une ville de l'État du Maryland, située sur le fleuve Potomac, dans le Nord-Est des États-Unis. C'est le siège du comté d'Allegany, et un centre d'affaires et de commerce pour l'ouest du Maryland et les Potomac highlands de la Virginie-Occidentale voisine. Ville principale de l'agglomération de Cumberland, sa population est de lors du recensement de 2010.

Histoire Cumberland doit son nom au prince William Augustus de Cumberland, fils du roi George II de Grande-Bretagne. La ville est édifiée sur l'emplacement de l'ancien fort Cumberland, un poste de garnison ayant servi de base pour l'attaque du général britannique Edward Braddock contre le fort Duquesne (situé à l'emplacement de Pittsburgh) pendant la guerre de Sept Ans (expédition Braddock).

Cumberland est un important carrefour routier, ferroviaire et fluvial (canal) dans les années 1800.. C'est aussi la deuxième ville en importance du Maryland, après Baltimore, et mérite son surnom de « Queen City». Les collines environnantes fournissent du charbon, du minerai de fer et du bois de construction, tout ce qui permet d'alimenter la révolution industrielle. Avec ces atouts, c'est un important centre industriel, avec des brasseries, des industries du verre, des tissus et du fer blanc. Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, elle perd beaucoup de son importance industrielle et sa population chute de en 1940 à environ en 2000. Comme d'autres communautés semblables de la Pennsylvanie du Sud-Ouest, la ville lutte pour assurer le passage à une économie post-industrielle.

La ville de Cumberland reste un centre d'activité historique. En plus de d'existence, Cumberland a été un fort militaire, le point zéro de la première route de l'Amérique, le point d'arrivée d'un projet de construction fédéral monumental, un passage occidental pour la vallée de l'Ohio, un centre de traitement des riches bassins houillers et un lien principal sur l'un des nœuds ferroviaires les plus importants de l'Amérique.

Ère précoloniale On a retrouvé dans la région proche des objets manufacturés vieux de plus de . Avant l'arrivée des premiers colons européens en 1730, un clan d'Amérindiens vit au confluent de Wills Creek et du fleuve Potomac, à l'emplacement de la ville actuelle. Un village indien est signalé sur les cartes des premiers arpenteurs européens de cette période. Cette agglomération, nommée Caiuctucuc, se composait de tipis de chasseurs, principalement le long du fleuve. Les indigènes désignaient l'actuel fleuve Potomac comme Cohongaronto, et l'actuel Wills Creek comme la crique de Caiuctucuc.

Ère coloniale Caiuctucuc est renommé par les premiers colons européens, vers 1750, en Wills Creek, en l'honneur du chef indien appelé « Will », qui vit alors sur la montagne au nord du village. À l'arrivée des colons européens, la plupart des Indiens abandonnent la région, et rejoignent la vallée de l'Ohio en traversant les montagnes, mais leur chef Will n'est pas hostile envers les colons. Il continue à vivre dans la montagne avec quelques-uns des Indiens de sa tribu, jusqu'à sa mort, peu après la fin de la guerre révolutionnaire, semble-t-il. Sa tombe serait encore visible. Le chef Will revendique la possession de tous les terrains le long de Wills Creek, et vend l'ensemble des terres aux colons européens, pour presque rien.

Quand les colons européens pénètrent dans le Maryland occidental, dans les années 1730-1740, ils rencontrent les Américains indigènes résidant entre le Potomac et le Susquehanna. Des conflits s'ensuivent, et en 1744 le pouvoir législatif du Maryland rachète leur terre aux Américains indigènes du secteur : « pour rien moins que le sang ou l'argent ». Ces contrats ouvrent le secteur à la colonisation. Les Allemands, les Suisses-Allemands, et Écossais-Irlandais de Pennsylvanie colonisent rapidement le secteur. Bien que le pouvoir législatif du Maryland « ait acheté » le secteur, la Virginie et la Pennsylvanie réclament également le territoire. Ces rivalités préoccupent cependant moins l'empire britannique que les commerçants français intéressés à faire valoir leurs droits sur ces terres.

En 1750, un groupe de planteurs de Virginie et de négociants anglais établit un comptoir et un petit entrepôt à l'emplacement de l'actuel cœur de Cumberland. Le nouveau comptoir commercial (appelé plus tard Fort Cumberland) attire des Français venant du Fort Niagara sur le lac Ontario qui s'installent au sud et à l'ouest. Ils chassent les commerçants anglais, et réclament la vallée de l'Ohio pour la France.

La « guerre contre les Français et les Indiens » ou guerre de Sept Ans En 1753, en période de forte tension entre Français et Anglais, le gouverneur de la Virginie, Robert Dinwiddie, envoie une petite compagnie, menée par un jeune Virginien appelé George Washington, pour enjoindre aux Français de laisser le territoire aux Anglais et de retourner vers le nord. Il essuie le refus des Français et repart en Virginie. Parallèlement, Robert Dinwiddie fait construire un fort aux fourches de l'Ohio (sur le futur emplacement de Pittsburgh). Ce fort sera immédiatement pris par les Français qui le baptisent fort Duquesne.

Au printemps 1754, le colonel Washington revient avec plus d'hommes, vers le fort construit sur les ordres de Dinwiddie. Apprenant que le fort est désormais occupé par les Français, il continue et fait la jonction avec d'autres forces envoyées par le gouverneur à Wills Creek. Craignant d'être attaqué, Washington fait construire un fort à palissade circulaire, qu'il appelle « Fort Necessity ». En juin, le fort abrite et officiers. Le , la « guerre contre les Français et les Indiens » commence officiellement quand un contingent d'environ 600 Français et attaque le fort. Washington voit un tiers de ses hommes tués. Il se rend, et est autorisé à se retirer avec les honneurs de la guerre, sans ses canons, mais avec ses armes et équipements. Lui et ses hommes retournent au fort de Cumberland. Avec la perte de la vallée de l'Ohio, le fort de Cumberland devient le point névralgique pour les Anglais sur la frontière coloniale. Washington reviendra à Cumberland, en tant que président, en 1794, pour y passer en revue les troupes rassemblées contre la révolte du Whisky.

Après l'incursion désastreuse du général britannique Edward Braddock (expédition Braddock) dans la vallée de l'Ohio, George Washington est nommé commandant des troupes de Virginie pendant la guerre franco-indienne. Il passe un temps considérable dans la région de Cumberland, persuadé que l'expansion vers l'Ouest, vers l'intérieur de l'Amérique, passe par la vallée de Cumberland. La cabane lui ayant servi de quartier général est le seul bâtiment qui reste du fort ; elle a été déplacée dans le parc Riverside. Il lance même, plus tard, une compagnie (qui échouera) pour rendre le fleuve Potomac navigable entre l’océan Atlantique et Cumberland.

Entre la fin de la guerre de Sept Ans et le début de la révolution américaine, la ville de Cumberland se développe et devient le siège du comté d'Allegany à sa création en 1789. Elle devient une étape obligée d'une artère importante au bord de la frontière américaine.

Ère postcoloniale Après la révolution américaine, des colons débarquent, à la recherche de terres à l'ouest des montagnes appalachiennes. Cumberland se développe lentement, jusqu'à l'arrivée attendue du canal de l'Ohio et du chemin de fer de Baltimore et de l'Ohio, au milieu du . Tout cela stimule le commerce et transforme la petite ville en deuxième plus grande ville du Maryland occidental.

Guerre de Sécession Pendant la guerre de Sécession (ou guerre civile américaine), Cumberland est une place forte de l'Union, les troupes y sont en garnison pour protéger la ligne de chemin de fer de Baltimore et de l'Ohio. Les confédérés attaquent régulièrement la ville, et, dans une incursion audacieuse des McNeill's Rangers, ils enlèvent deux généraux, dont le général George Crook.

En 1864, les confédérés se dirigent vers Cumberland pour interrompre le trafic du chemin de fer de B&O. Le général unioniste Benjamin F. Kelly organise un petit commando militaire qui attire dans un guet-apens les cavaliers rebelles, près de Cumberland, au moulin de Folck, et force ainsi les confédérés à se retirer.

Révolution industrielle thumb|La bibliothèque du comté d'Allegany, construite entre 1849 et 1850.|alt=Facade de la bibliothèque du comté d'Allegany, avec six colonnes blanches marquantes du style Greek Revival. Pendant une grande partie de son histoire, la prospérité économique de Cumberland tient à sa position de plaque tournante du transport liant la côte est avec le Midwest.

En raison de sa situation stratégique dans les montagnes, Cumberland est, en 1806, le point de départ de la première route nationale (devenue plus tard la route 40), qui atteint Wheeling (Virginie-Occidentale), à la frontière de l'Ohio, en 1818. Encore plus important dans le développement économique de Cumberland au , le chemin de fer de Baltimore et de l'Ohio, qui relie Cumberland à Baltimore en 1842, et le canal de Chesapeake et de l'Ohio qui relie Cumberland à Georgetown en 1850.

Dans les années 1890, cinq lignes de chemins de fer desservent Cumberland et emploient plus de . Le canal de C&O est un lien commercial important entre l'est et l'ouest, permettant le transport des matières premières comme le charbon, la farine, le fer, et la chaux.

L'importance de Cumberland en tant que plaque tournante des transports favorise l'émergence de manufactures, force majeure dans l'économie locale. Au milieu du , Cumberland est le deuxième plus grand centre industriel de l'État du Maryland et ne sera détrôné qu'en 1915 par Hagerstown. Les industries principales sont la verrerie, les forges, les industries textiles et la brasserie. Le laminoir du chemin de fer de B&O, situé au croisement de la rue Williams et de l'avenue du Maryland, est l'un des employeurs les plus importants de Cumberland dès 1870 et jusqu'au .

L'extraction du charbon est rapidement devenue l'industrie phare. Certaines des veines de houille les plus riches du pays s'étendent sous les collines et les montagnes de la région. Après la guerre de Sécession, l'extraction et l'exportation du charbon devient l'activité principale du Maryland. Le charbon de la région alimente en combustible les moulins et usines de l'état, les navires à vapeur du port de Baltimore ainsi que la flotte des États-Unis, et est exporté à Londres, au Brésil, en Égypte, et au-delà.

Les immigrés, principalement écossais et gallois, fournissent la main-d’œuvre pour ces mines. Dans la région de Cumberland, les mineurs échappent à l'endettement dont souffrent les mineurs des États environnants à cause de la compagnie d'exploitation ; en effet le système de « magasins de la compagnie », dans lesquels les mineurs sont obligés d'acheter toutes leurs provisions, est interdit dans le Maryland dès 1868. Les mineurs sont également propriétaires de leur maison dans une proportion relativement élevée, les sociétés d'extraction locales trouvant plus profitable de les leur vendre plutôt qu'entretenir des cités de corons.

Les mines de houille de Cumberland ont des puits horizontaux, beaucoup moins dangereux que les puits verticaux de Pennsylvanie et de Virginie-Occidentale. Néanmoins, les mineurs de Cumberland, noircis de la tête aux pieds quand ils émergent de la mine à la fin de la journée, ont conscience que la poussière de charbon colmate leurs poumons et les mène à une mort précoce.