François Varillon, né le à Bron, près de Lyon, et mort le à Bron, est un prêtre jésuite et théologien français, dont les ouvrages de formation et de théologie chrétienne ont marqué la spiritualité du .
Biographie Jeunesse et entrée dans la Compagnie de Jésus Né de Pierre Varillon et Jeanne, née Desplaces, à Bron, François Varillon grandit dans une famille de la bourgeoisie catholique de Lyon, ville à laquelle il restera attaché toute sa vie.
En , il vit une expérience mystique en compagnie d'une jeune fille dont il est amoureux, Simone Chevallier ; tous deux se promettent, pour sublimer cette affection, d'entrer dans la vie religieuse en gage de mutuelle fidélité.. Son ami Lucien Rebatet, comme lui étudiant à Lyon (et qui raconte avoir un temps été le compagnon de Simone Chevallier), s'inspirera de cet épisode pour développer la matière de son roman Les Deux Étendards, publié en 1951, où il le fait figurer sous les traits de Régis Lanthelme.. Simone, quant à elle, campera François sous les traits de Vincent Ramenel dans La Ville aux deux fleuves (1945).
À vingt-deux ans, François Varillon entre au noviciat jésuite d'Yzeure, après une licence de lettres. Il est ordonné prêtre le , et il prononce ses vœux définitifs dans la Compagnie de Jésus le .
Renouveler l'intelligence de la foi Le cœur de son ministère est l'éducation de la foiConjuguer l'intelligence et le cœur « Des ressources, des outils et des opportunités. Pour une éducation de la foi missionnaire. ».. Enseignant et aumônier auprès de lycéens et d'étudiants dans les années 1930, il fonde des foyers destinés à expérimenter un authentique art de vivre chrétien. Pendant vingt ans, il anime des cycles de conférences mensuelles, où il présente les nouveautés de la littérature, du théâtre, de la musique, du cinéma.
Après la Seconde Guerre mondiale, il devient aumônier de l'Association catholique de la jeunesse française, et se consacre pendant plus de dix ans à la formation des jeunes de ces mouvements. Tout au long de sa vie, il assure la prédication de nombreuses retraites spirituelles.
Une des originalités de son enseignement est l'alliance qu'il réalise entre , comme le souligne René Rémond.
François Varillon a plaidé avec constance dans son enseignement pour l’exercice de l’intelligence dans la foi, , pour que la foi ne soit pas aveugle. Il n'édicte pas des dogmes de foi et ne se contente pas de développer des intuitions spirituelles, mais au contraire il cherche à faire œuvre de raison et à ne rien proposer qu’il ne puisse fonder. Dieu appelle chacun à exercer sa liberté. Pour lui, la foi n’implique pas la démission de la raison. C’est dans l’exercice de cette liberté, dans les choix que chacun fait, au discernement desquels invitent d'ailleurs les exercices spirituels d’Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, que l'on rencontre Dieu.
Pendant les dix dernières années de sa vie, il parcourt la France pour y donner des conférences, à Paris, Lyon, Marseille, Genève, allant certains mois. Le contenu en a été recueilli par Bernard Housset, futur évêque de Montauban. Publié à titre posthume sous le titre Joie de croire, joie de vivre, avec une préface de son ami René Rémond, cet ouvrage connaît un grand succès avec plus de cent mille exemplaires vendus.
L'Humilité de Dieu Pour François Varillon, l’homme peut être sûr que Dieu respecte sa liberté car il n’est qu’amour. Avec cette idée, Varillon développe une avancée théologique dans L’Humilité de Dieu, montrant un nouveau visage de Dieu, non pas tout-puissant et impassible comme le concevaient nombre de chrétiens ou comme peut souvent le montrer l'Ancien Testament, mais au contraire : . Si Dieu est tout puissant, il ne peut que ce que peut l’amour. C’est celui qui aime le plus qui est le plus dépendant. Il reçoit pour cet ouvrage le Grand Prix catholique de littérature en 1974.
L'alliance entre culture et foi vignette|Parabole de la perle à grand prix, atelier de Domenico Fetti, , Musée d'Histoire de l'art de Vienne. Passionné de culture littéraire et plus particulièrement de musique, joueur de piano, le titre de son premier article dans la revue jésuite Étvdes est « Culture humaine et renoncement chrétien » (1935). Pour la messe de son jubilé de vie religieuse, il choisit la parabole du négociant en fines perles qui, pour acquérir la perle incomparable, doit sacrifier toutes les autres. Son maître intellectuel et spirituel, Victor Fontoynont, l'aidera à résoudre dans la paix ce dilemme.
Il se dit . Wagner évoque les passions emportées, Fénelon est un pôle de rigueur et de sagesse, et Claudel lui fait découvrir la joie, , . Devenu intime du poète, il en édite après sa mort le Journal dans la bibliothèque de la Pléiade.
Ces influences diverses ne sont pas pour autant la cause d'une divergence, car François Varillon a la passion de la cohérence, en fidélité à sa vocation. . Il voit et vit une unité profonde entre raison et foi, entre culture et spiritualité, , .
Ouvrages 1957 : Fénelon et le pur amour, Le Seuil 1968 : Un abrégé de la foi catholique, éditions Prière et Vie 1974 : L'humilité de Dieu, Centurion, (lauréat du Grand Prix catholique de littérature) 1975 : La souffrance de Dieu, Centurion 1967 : Claudel, Paris, Desclée de Brouwer, coll. "Les écrivains devant Dieu" 1972 : Débat sur la foi, avec Marcel Légaut, Desclée de Brouwer 1978 : Deux chrétiens en chemin, nouvelle rencontre avec Marcel Légaut, Éditions Aubier-Montaigne 1978 : Beauté du monde, souffrance des hommes, livre d'entretiens avec Charles Ehrlinger l'année de son décès, Bayard-Centurion 1981 : Joie de croire, Joie de vivre, Conférences recueillies par Bernard Housset, préface de René Rémond, Centurion 1986 : La Parole est mon royaume. Vingt homélies au fil de l'année liturgique, Centurion 1992 : Vivre le christianisme. La dernière retraite du père Varillon, Bayard-Centurion 1994 : Journal d'une passion, Bayard 1995 : Un chrétien devant les grandes religions, Bayard-Centurion 1995 : Eléments de doctrine chrétienne, 2 tomes, Le Seuil, collection "Livre de vie" (T. 1 ) - (T. 2 ) 1998 : Le message de Jésus, Bayard-Centurion 2001 : Propos sur la prédication, avec Georges Michonneau, Artège 2005 : Traversées d'un croyant, choix de textes présentés par Charles Ehrlinger, Bayard 2007 :
Reconnaissance publique À Lyon, une place porte son nom : place Père François-Varillon.
Notes et références
Annexes Bibliographie . . Paul Meunier, François Varillon, une spiritualité de la vie chrétienne, Centurion, 1990. Michel Rondet, Il y a cent ans naissait François Varillon, revue Étvdes , 2005. Le Colloque François Varillon, qui rassemble les contributions de spécialistes de la vie et de l'œuvre du P. François Varillon. 6 conférences, Lyon du 23 au . Disponible en audio sur le site Exultet ou en livre éditions AME.
Articles connexes Liste de théologiens chrétiens Théologie catholique Liste d'auteurs jésuites contemporains Credo quia absurdum Fides quaerens intellectum
Liens externes
« François Varillon, éveilleur de la foi », interview de Charles Elhinger en 2005, journal La Croix François Varillon : le mal (part. 1), conférence de François Varillon donnée à Chalon-sur-Saône en 1970, YouTube
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