Le combat des TrenteTrente, Combat des (1351) [consulté le 16 août 2016].Entrée [consulté le 16 août 2016]. qui a lieu en sur une lande située entre les places fortes de Josselin et de Ploërmel, est un épisode célèbre quoique marginal de la guerre de Succession de Bretagne qui oppose depuis 1341 la maison de Penthièvre (Charles de Blois) à la maison de Montfort (Jean II, puis Jean III de Montfort) pour le trône ducal de Bretagne, alliés respectivement du roi de France Jean le Bon et du roi d'Angleterre Édouard III, qui s'affrontent dans les premières années de la guerre de Cent Ans.
À la suite d'un défi lancé par Jean IV de Beaumanoir, capitaine de Josselin au nom de Charles de Blois, au capitaine de Ploërmel, l'Anglais Robert Bemborough, un combat est organisé entre trente partisans de chaque prétendant. La victoire revient aux champions de Charles de Blois, mais sans conséquences notables pour la suite de la guerre, achevée en 1364 à Auray par la victoire de Jean III de Montfort, qui devient le duc Jean IV de Bretagne.
L'endroit où ce combat a eu lieu se trouve dans l'actuelle commune de Guillac (Morbihan).
Origines du combat Le siège de Ploërmel En 1351, durant la guerre de Succession de Bretagne, la place de Josselin est aux mains de Jean de Beaumanoir, partisan de Charles de Blois, alors que celle de Ploërmel est tenue par l’Anglais Robert Bemborough (que Froissart appelle « Brandebourch »), partisan de la maison de Montfort. Le siège est mis par Jean de Beaumanoir devant Ploermel.
Le défi de Jean de Beaumanoir Se rendant un jour auprès de Bemborough pour négocier, Beaumanoir voit des soldats anglais maltraiter des paysans. Il s'en plaint à son adversaire.
La dispute qui s’ensuit amène les deux hommes à déterminer les modalités d’un duel destiné à régler la possession du territoire. Jean de Beaumanoir lance un défi à Robert Bemborough en lui proposant un tournoi à l'instar des chevaliers de la Table ronde. Celui-ci accepte et propose que chaque camp soit représenté par trente et un combattants (dont Beaumanoir et Bemborough).
Le combat Date et lieu précis Il y a litige entre le Entrée « (1351) » [« Combat des Trente (1351) »], dans . et le .
Le lieu choisi est la lande de Mi-Voie, située à égale distance de Josselin et de Ploërmel, près d'un arbre appelé « le chêne de Mi-Voie ».
Combattants notables
Dans le camp de Bemborough, on trouve le aventurier Croquart, un mercenaire allemand dont le roi de France Philippe VI de Valois , ainsi que Robert Knolles et le neveu de Thomas Dagworth, vainqueur de Charles de Blois à la bataille de La Roche-Derrien (1347).
Arrivée des combattants
Au jour dit, les combattants assistent à la messe dans l'église Notre-Dame du Roncier de Josselin, puis arrivent à cheval au lieu choisi, mais entrent à pied avec leurs armes dans le champ clos. Ils ne doivent pas en sortir sous peine de déshonneur.
Déroulement Le combat commence par une mêlée confuse. Les Blésistes perdent plusieurs hommes. Un repos est autorisé, pendant lequel les combattants se désaltèrent avec du vin d'Anjou.
Dès la reprise, Bemborough est transpercé par la lance d'Alain de Keranrais. Croquart le remplace à la tête des Monfortistes.
D’après la légende, Beaumanoir, épuisé par la chaleur, le combat et , aurait réclamé à boire ; son compagnon Geoffroy du Boüays lui aurait alors répondu . Cette parole devient ensuite la devise de la famille de Beaumanoir.
Guillaume de Montauban parvient à réaliser une trouée : les monfortistes sortent du combat « déconfités ».
Bemborough et huit de ses hommes sont morts, ainsi que six hommes de BeaumanoirJean Favier, La Guerre de Cent Ans, Fayard 1980, ..
Les vaincus survivants se rendent car il aurait été déloyal de priver les vainqueurs du bénéfice des rançons : dans la guerre féodale on ne cherche pas à tuer sur le champ de bataille mais à rentabiliser sa campagne en capturant de riches prisonniers. Selon les chroniqueurs, on compte de 10 à 17 morts du côté monfortiste et entre 4 et 8 côté blésisteD'après une notice d'information touristique située sur place et rédigée par l'Institut culturel de Bretagne.
Croquart est déclaré meilleur combattant de son camp, Alain de Tinténiac étant considéré comme le meilleur de l'autre..
Suites Ce combat ne règle rien : les Blésistes poursuivent le siège de Ploërmel, mais en vain, jusqu'au printemps 1352.
Lors de la bataille de Mauron qui a lieu peu après (une victoire des montfortistes), sept des Bretons qui ont participé au combat des Trente sont présents.
Beaumanoir et Simon Richard mourront des années plus tard..
La guerre de Succession s'achève en 1364 par la victoire du camp Montfort, victoire entérinée par le traité de Guérande conclu l'année suivante.
Galerie
Liste des combattants Jacques Villaret a décrit dans un livre publié en 1770 le Combat des Trente et fourni la liste des participants..
Blésistes
Monfortistes
Interprétation historique On ne peut en aucun cas présenter ce combat comme une confrontation anglo-bretonne sans risquer de travestir la vérité historique. Il s’agit d’un épisode de la Guerre de Succession de Bretagne où l’un des belligérants était neveu du roi de France, et l’autre était soutenu par l’Angleterre.
Pour l'historien Jean-Jacques Monnier, auteur de Histoire de Bretagne pour tous, .
Postérité Monuments locaux Selon Pitre-Chevalier, le chêne séculaire qui avait servi d'ombrage pour les combattants du Combat des Trente aurait été abattu à l'époque des Guerres de la Ligue et remplacé par une croix de pierre, placée au bord de la route ; celle-ci fut abattue en 1775 et relevée peu après en 1776 par les États de Bretagne ; selon Jean-Baptiste Ogée, elle portait l'inscription « À la mémoire perpétuelle de la Bataille des Trente, que Monseigneur le maréchal de Beaumanoir a gagnée en ce lieu le mars, l'an MCCCL ». Abattue en 1793, elle fut reconstruite en 1823.. Sous l'influence de la chouannerie, en 1811, le conseil d'arrondissement de Ploërmel demanda l'érection d'un monument en l'honneur des combattants de Mi-Voie ; le conseil général du Morbihan applaudit à cette idée et vota une subvention pour le projet.
Ce monument sous forme d'obélisque, la Colonne des Trente, fut érigé au lieu-dit « La Pyramide » dans la commune de Guillac, pour saluer la mémoire des chevaliers qui se sont battus. Sa première pierre fut posée le et il fut inauguré le . . Mais on n'y trouve que les noms des combattants « blésistes » ; ceux du camp « montfortiste » sont ignorés« Le Combat des Trente », sur le blog Bucentaure, ..
Ce monument est un obélisque haut de 15 mètres, large à sa base de mètre et d'un mètre à son sommet. Formé de 30 blocs de granite ayant chacun 60 centimètres d'épaisseur, il occupe le centre d'une étoile plantée de pins et de cyprès. Le monument porte l'inscription suivante sur sa face orientale : « Sous le règne de Louis , roi de France et de Navarre, le Conseil général du département du Morbihan a élevé ce monument à la gloire de Bretons ». La Chapelle Saint-Maudé de La Croix-Helléan : après la bataille, Jean IV de Beaumanoir aurait fait enterrer les corps de trois Bretons tués lors du combat à cet endroit. En 1431 un paroissien de Guillac, Eonnet Lucas, aurait fait ériger la chapelle, dédiée à saint Maudé et saint Sébastien, avec le soutien du duc Jean , d'Alain IX de Rohan et de la famille Quélen du Broutay.
La « Croix des Anglais » (à Guillac) : après le combat, les soldats auraient enterré à cet endroit les corps des victimes monfortistes ; le lieu fut nommé dès lors "cimetière des Anglais" ; des ossements y auraient été retrouvés au (une lettre du d'un ancien maire de Guillac, Pierre Blanche, indique que des fouilles sauvages, effectuées par des pilleurs de tombes, auraient permis de trouver des ossements). La croix actuelle a été sculptée en 1951 (pour le sixième centenaire du Combat des Trente) sur le socle d'une croix plus ancienne disparue.
La tapisserie de Charles V vignette|redresse|Rue des Trente, à Rennes.
Une tapisserie représentant ce combat a été réalisée sous le règne de Charles V (1364-1380), afin de rappeler cette victoire française sur les AnglaisJules Guiffrey, Inventaire des tapisseries du roi Charles VI vendues par les Anglais en 1422 [premier article], Bibliothèque de l'École des chartes, 1887, tome 48, ..
Odonymie À Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), une rue porte le nom de Combat des Trente, tout comme à Rennes (Ille-et-Vilaine).
Jeux Il existe un jeu de société du même nom voulant reprendre l'histoire de ce combat« Le combat des Trente », fiche sur TricTrac.. Le jeu vidéo Age of Empires IV revient sur cette bataille dans sa campagne.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Sources anciennes (Moyen Âge et Temps modernes) . Une édition plus correcte de ce poème a été donnée par Jean Alexandre Buchon, Collection des chroniques nationales françaises, tome XIV, Paris, 1826, VIIe addition, pp. 301-320, en ligne.
Jean Froissart, édition par Jean Alexandre Buchon dans Collection des chroniques nationales françaises ..., volume 13 de la collection, tome III des Chroniques de Froissart, pp. 34-39, en ligne. (Voir autres éditions dans l'article Jean Froissart.)
Théodore Hersart de La Villemarqué, La bataille des Trente, poème du Barzaz Breiz inspiré du poème édité par Fréminville et Buchon.
Sources contemporaines (depuis le ) G. Saffroy : Bibliographie généalogique, héraldique et nobiliaire de la France des origines à nos jours, imprimés et manuscrits. Paris, 1969, nos 3224 à 3244. (Référence donnée par Jean-Bernard de Vaivre, « Le rôle armorié du combat de Montendre », Journal des Savants, 1973, n° 2, pp. 99-125, spéc. p. 99., en ligne.) . . . . .
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Articles connexes Liste des batailles et des sièges de la guerre de Cent Ans Guerre de Succession de Bretagne Colonne des Trente Combat des Sept
Liens externes
Trente Trente Trente Trente Catégorie:Tournoi du Moyen Âge Catégorie:Ploërmel