L’alphabet paléo-hébraïque (hébreu : ktav ivri, « écriture hébraïque » ou, en hébreu moderne, ktav ivri atiq, « écriture hébraïque antique »), également appelé dans le Talmud ktav da’atz (écriture du désert) ou ktav ra’atz (écriture brisée), est une variante de l’alphabet phénicien (lui même dérivé de l’alphabet protosinaïtique ou protocananéen) utilisé pour écrire l’hébreu à partir du L’écriture paléo-hébraïque sera utilisée jusqu’au de notre ère, alors définitivement supplantée par l’écriture araméenne (en hébreu : Ktav ashouri) également en usage depuis le retour d’Exil de Babylone au

Origine La plus ancienne inscription connue utilisant l'alphabet paléo-hébraïque est peut-être l'ostracon de Khirbet Qeiyafa entre -1050 et -970. D'après certains spécialistes, on y retrouve les mots d'un texte en hébreu ; d'autres y voient un texte écrit plutôt en protosinaïtique.

Ensuite vient peut-être le calendrier de Gezer datant de la fin du , que certains spécialistes identifient à un texte utilisant l'alphabet paléo-hébraïque, alors que d’autres y voient l’alphabet protosinaïtique, tout comme l’ostracon précité. D'ailleurs, les inscriptions sur ce calendrier affichent de fortes ressemblances avec des inscriptions phéniciennes contemporaines à Byblos. L’abécédaire de Zayit est daté par l’épigraphie de la même période.

Des éléments en hébreu sont visibles parmi les inscriptions moabites de la stèle de Mesha. Des inscriptions en hébreu du montrent plusieurs caractères spécifiques et exclusifs faisant penser à certains chercheurs modernes que l’alphabet paléo-hébraïque était largement répandu chez les scribes. Bien que très peu d’inscriptions du aient été trouvées, la quantité de matériels épigraphiques du démontre la diffusion progressive de l'instruction chez les peuples d’Israël et de Juda.

Développement Les manuscrits hébreux ont évolué en développant de nombreux éléments cursifs, les éléments lapidaires en paléo-hébraïque étant progressivement mis de côté avec le temps. Ce rejet de l'écriture lapidaire peut expliquer pourquoi la coutume de l'érection de stèles par les rois portant des inscriptions votives pour leur divinité n'était pas largement diffusée en Israël. Même les inscriptions gravées du montrent des éléments de style cursif comme l'ombrage, qui est produit naturellement par l'utilisation d'un stylet et de l'encre. L'inscription de Siloé, de nombreuses inscriptions dans des tombes de Jérusalem et des centaines de sceaux hébreux du sont des exemples de ces éléments cursifs dans des gravures. Le manuscrit cursif le plus développé figure sur les 18 ostraca de Lakish, des lettres envoyées par un officier au gouverneur de Lakish peu avant la destruction de Jérusalem en 586.

Déclin Après la capture babylonienne de Juda en 586 , la plupart des élites sont envoyées en exil. Les paysans, restés à Juda, continuent d'utiliser l'alphabet paléo-hébraïque tandis que les exilés adoptent la langue diplomatique de l'époque c'est-à-dire l'araméen, à la fois comme langue vernaculaire et comme alphabetNaissance de l'écriture hébraïque par Laurent Hericher. Des anses de jarres du , sur lesquelles figurent les noms de quelques viticulteurs, sont des exemples de cette survivance du paléo-hébraïque. Cependant, avec le retour des exilés après - 521, l'araméen, dont ils sont imprégnés, s'impose peu à peu. À partir du début du , alors que l'araméen est devenu un moyen de communication officiel, l'alphabet paléo-hébraïque continue cependant d'être utilisé par des scribes érudits, pour la plupart sadducéens, pour écrire la Torah. Des fragments paléo-hébraïques ont été trouvés dans les rouleaux de la Mer Morte, notamment pour écrire le tétragramme YHVH. La grande majorité des pièces de monnaie hasmonéennes, ainsi que celles de la première guerre judéo-romaine et de la révolte de Bar Kokhba, portent des légendes en paléo-hébraïque.

Les rouleaux des Saintes Écritures utilisés dans le Temple de Jérusalem étaient écrits avec cet alphabet paléo-hébraïque et les cohanim (grands prêtres) les utiliseront ainsi jusqu'à la destruction du Temple en 70 de l'ère couranteSur les plus anciens manuscrits de la Septante, le Nom de Dieu YHVH n'est pas écrit en grec mais est recopié des rouleaux du Temple en caractères paléo-hébraïques.

L'utilisation de cet alphabet disparaît totalement après 135 , du moins chez les Juifs. Les Samaritains continuent aujourd'hui à en utiliser une variante, l'alphabet samaritain.

L'usage d'écrire YHVH en caractères archaïques s'est prolongé jusqu'au comme en témoigne Jérôme de Stridon.

Voir aussi Stèle de Tel Dan Données archéologiques sur les premiers écrits en hébreu ancien Alphabet phénicien Alphabet hébreu Alphabet ougaritique Grammaire hébraïque Ketef Hinnom

Bibliographie Joseph Cohen, L'écriture hébraïque, éditions du Cosmogone, 1997, Lyon. Greenfeld, Jonas C. (2001). Al Kanfei Yonah: Collected Studies of Jonas C. Greenfield on Semitic Philology. Brill Academic Publishers. Notes et références

Liens externes Aramaic/Proto-Hebrew alphabet Naissance de l'écriture hébraïque, par Laurent Héricher

Paleo-hebraique Paleo-hebraique Catégorie:Israël antique