La cathédrale Saint-Julien du Mans est un lieu de culte catholique, siège du diocèse du Mans, située au Mans, en France. Elle est l’une des plus grandes cathédrales de l’époque gothique-romane de France, témoignage médiéval du style architectural du gothique angevin.

Cette cathédrale a subi maintes constructions et reconstructions depuis sa fondation. Commencée vers 1060 sous l'épiscopat de Vulgrin, elle fut achevée vers 1430. Elle aurait dû être encore agrandie vers 1500, mais le manque de moyens fit se résigner l'évêque de l’époque. Attaquée par la pollution de l'air au fil des ans, sujette au vieillissement naturel, la cathédrale Saint-Julien est un chantier quasi permanent de rénovation. Elle abrite les tombes de saint Julien et de Charles d’Anjou. Située sur la butte du Vieux-Mans, l'édifice possède une tour culminant à qui en fait l'édifice le plus haut de l'agglomération mancelleLes plus hauts édifices du Mans sur pss-archi.eu.

En 2023, l'édifice est sacré plus belle cathédrale de France.

Aspects géographiques Un site sacré

vignette|gauche|redresse|La pierre Saint-Julien, le menhir de la cathédrale. Érigée sur un promontoire entre le vallon d'Isaac et la Sarthe, la cathédrale possède sur son flanc ouest une pièce rare attestant de la présence ancienne de mégalithes. Il s'agit d'un menhir en grès d'une hauteur de . Ce menhir date de l'époque préhistorique et a été installé place Saint-Michel en 1778, à la suite de la destruction du « Dolmen de la Pierre au lait ». Le menhir fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1889.

Localisation La cathédrale se situe dans le centre-ville du Mans, au nord-est de la cité Plantagenêt. Elle est entourée de la place du Cardinal-Grente au nord, de la place Saint-Michel à l'ouest, de la psalette et ses jardins à l'est et en contrebas au sud de la place du Jet-d'Eau. Elle marque la fin de la Grande Rue qui est la voie principale de la vieille ville. La cathédrale est orientée sur un axe du nord-ouest vers le sud-est.

Historique Première construction et accidents La fondation de la cathédrale remonterait au sous l'épiscopat d'Innocent, et elle est alors dédiée à la Vierge et aux saints Gervais et Protais. Cette première cathédrale est arasée lorsque l’évêque Vulgrin, en 1056, ordonne la construction d'un nouveau bâtiment. Il choisit lui-même l’emplacement de l’édifice, à l’opposé du mur d’enceinte nord de la ville. Dix ans après cette première construction, l’édifice s’écroule.

Les successeurs de Vulgrin décident de poursuivre son œuvre. L’évêque Arnaud, en fonction dès 1067, reprend la construction. En 1081, le chœur et la crypte sont bâties, de même que les fondations du transept et de ses tours. De cette reconstruction, il ne reste aujourd’hui plus qu’un fragment d’arc du transept nord. L’évêque Hoël décide en 1085 d’achever les travaux de son prédécesseur. Admiratif du travail normand, il fait appel à des ouvriers de cette région pour poursuivre la construction.

Les tours et les bas-côtés de la nef sont achevés dans ce style. Pendant cette longue construction, il est impossible pour les pèlerins d’approcher les reliques de saint Julien, premier évêque du Mans et grande figure du christianisme oriental. . Cela est fait le . Une partie achevée de la cathédrale est montrée au public.

vignette|Voûte de la cathédrale.

Entre agrandissements et reconstructions Trois ans passent avant que le nouvel évêque Hildebert de Lavardin ne reprenne la supervision des travaux. La direction en est confiée à un moine de l’abbaye de la Trinité de Vendôme : Jean. La cathédrale est considérée comme pleinement achevée en 1120. La dédicace est célébrée par l’évêque Hildebert en présence du comte Foulques d'Anjou et de sa femme la comtesse Erembourg du Maine. Les autorités de l’époque sont impressionnées par le résultat. Grande pour l’époque, elle est comparable à la taille d’une grande église d’aujourd’hui. En 1128, le fils de Foulques et d'Erembourg, Geoffroy Plantagenêt y épouse l'héritière du trône d'Angleterre, Mathilde, et y sera enterré. Leur fils, le futur roi Henri II, y sera baptisé. En 1134, un orage déclenche un incendie ; toutes les maisons placées sur la « colline Plantagenêt » sont détruites et la cathédrale est touchée. On reconstruit rapidement les parties sinistrées, mais quatre ans plus tard, un autre incendie frappe à nouveau la ville et l’édifice. La nef centrale et la tour sud sont alors refaites. La nef devient une superbe réalisation de style roman, avec ses de long sur de largeur.

On essaie de nouvelles techniques de fondation pour rebâtir la voûte. La croisée d’ogives est adoptée. Les piliers sont réhabilités et des baies plus hautes et plus grandes sont insérées. Face à la rue principale (l'actuelle Grande Rue du Vieux-Mans), un grand portail sculpté voit le jour. Placé sur le flanc sud de la nef, il n’a pas bougé depuis. Guillaume de Passavant, nouvel évêque, inaugure et dédicace la nouvelle cathédrale le . Les travaux reprennent en 1220.

L’ancien chœur apparaissant trop sombre et trop étroit pour l’évêque d’alors, une nouvelle construction est entreprise. Le résultat, comportant treize chapelles rayonnantes, doit être selon ses dires « large et magnifique ». Dès 1217, le mur d'enceinte sud de la ville avait été détruit dans cette optique. Il est reconstruit, mais dans des matériaux différents de ceux utilisés par les premiers rois Plantagenêt.

La forme finale thumb|250px|Le chœur.

Les traces de l’histoire de la construction se perdent alors. La taille du chantier est gigantesque. C’est une véritable transformation, initiée par l'évêque Geoffroy de Loudon. Seuls trois noms d’architectes restent sur les registres des archives de la ville, dont Jehan de Chelles, qui avait travaillé sur le chantier de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le nouveau chœur est achevé en . Il surpasse de de haut le reste de la cathédrale. Après 100 ans de tranquillité, les pierres de l’édifice sont de nouveaux sollicitées pour une reconstruction. Une sacristie est édifiée alors qu’elle communique au sud avec le déambulatoire qui a servi à la construction du chœur. Le bâtiment gagne encore en grandeur.

Les chanoines trouvent ensuite que la construction « à deux vitesses » de l’édifice a conduit à le rendre assez laid. La rencontre des genres entre les deux parties rénovées et non rénovées amoindrit la splendeur du bâtiment. Le transept et la nef doivent alors être relevés de , pour se situer à la même hauteur que le chœur lui-même. Les travaux sont entamés dès 1385 par l’architecte Jehan le Mazçon. Le transept sud est achevé vers 1392, date de l'arrivée du roi de France Charles VI au Mans. Une salle d’archives naît au-dessus du portail de la nef.

En 1403, les travaux du transept nord commencent. C’est alors une période noire pour le Nord de la France. La guerre de Cent Ans stoppe les constructions. En 1419, la cathédrale menace de s’effondrer et ses fondations seront consolidées. Le transept nord est achevé vers 1430. C’est à cette date que la cathédrale prend le visage que l'on connaît aujourd’hui.

De nombreux projets avaient été faits dès la fin de la guerre de Cent Ans, pour agrandir le bâtiment déjà impressionnant, notamment l'exhaussement de la nef. Les caisses étant vides, les agrandissements ne seront pas mis en œuvre. Le roi Louis XI soutient ces restaurations, notamment par ses lettres patentes expédiées le Lettres patentes de Louis XI, Le Mans, le 21 novembre 1467, . Il confirme de nouveau sa protection royale en Lettres patentes de Louis XI, Plessis-du-Parc-lèz-Tours, septembre 1482, .

Le jubé, voulu par le cardinal Philippe de Luxembourg, est détruit en 1562. Le nouveau jubé du , et l'horloge astronomique sont détruits au . L'évêque d'alors, Louis-André de Grimaldi, entiché de modernité, ferme la cathédrale de 1768 à 1771, afin de couvrir le sol de marbre, de badigeonner les murs en gris bleu et de débarrasser la cathédrale de « toutes ses vieilleries ». Les murs seront décapés au , leur donnant leur aspect actuel.

En 1811 ou 1812, l'une des voûtes attenantes à l'orgue s'écroule, endommageant l'instrumentArchives nationales, travaux de restauration de l'orgue, F/19/7735., qui ne sera réellement restauré qu'entre 1847 et 1853 par les facteurs d'orgue Claude frères, de Mirecourt. Le , un orage de grêle s'abat sur la ville et cause des dégâts importants, en particulier aux vitraux du chœurArchives nationales, travaux de restauration, cotes F/19/7734 et F/19/7735. La cathédrale est classée au titre des monuments historiques par la liste de 1862.

Au , aucun bombardement ne touche le bâtiment lors des deux guerres mondiales.

En , des fouilles ont permis de trouver un reliquaire en plomb et en forme de cœur dans la chapelle haute dite des « anges musiciens ».

Le , le député de la Sarthe Damien Pichereau annonce que, dans le cadre du plan de relance du gouvernement, d’euros seront consacrés à des travaux de rénovation de la cathédrale.

Aspects architecturaux Généralités L'architecture de la cathédrale cumule deux arts majeurs : l’art roman pour la nef, et l'art gothique pour le chœur et le transept. Les vitraux qui l'ornent sont le symbole de cette « fusion des genres ».

. En effet, taillées dans la pierre, certaines représentations sont des « manifestations d'artisans ».

Les reliefs sculptés sur la nef, comme sur les portails témoignent aujourd’hui encore, de cette époque de construction.

Plans et dimensions

+ Dimensions de la cathédrale Saint-Julien Longueur extérieure Longueur de la nef Longueur du transept Hauteur de la nef romane, sous voûte Hauteur du transept et du chœur, sous voûte Hauteur du double déambulatoire , Hauteur de la tour 64m

Extérieur La façade occidentale romane thumb|left|La façade occidentale de la cathédrale.

La façade occidentale date de la campagne de construction du en style roman. Assez simple, elle fut achevée vers 1110-1115 et est dotée de trois portails cintrés, un portail central et deux portails latéraux plus petits, chacun surmontés d'une baie cintrée. Elle se termine par un pignon triangulaire.

Le portail central est flanqué d'arcatures aveugles. Au-dessus du portail, on remarque quelques haut-reliefs représentant un centaure et le Christ couronné et bénissant. La grande baie cintrée surmontant le portail central est dotée d'archivoltes retombant sur des colonnettes et est également encadrée d'arcatures aveugles. Le pignon triangulaire couronnant la façade est orné d'un décor en damier géométrique bicolore. Enfin, vers 1160, deux contreforts ont été ajoutés de part et d'autre de la travée centrale de la façade pour contrebuter les voûtes de la nef.

Le porche méridional et le portail royal thumb|Le portail royal de la cathédrale. Sur le flanc méridional de la nef, un portail richement sculpté, dit Portail royal, est précédé par un porche voûté en croisée d'ogives et ouvert sur trois côtés par des arcs légèrement brisés. Ce portail est à peu près contemporain du fameux portail royal de la façade occidentale de la cathédrale de Chartres. Élevé probablement après 1145 et certainement achevé avant 1158, ce portail est un précieux exemple de la première sculpture gothique.

Sur le tympan du portail un Christ tétramorphe a été représenté tandis que sur le linteau sont figurés les Douze apôtres, montrés en pied sous des arcades en plein-cintre. Les piédroits du portail sont ornés chacun de cinq statues-colonnes figurant des rois et des reines. Enfin, sur les voussures sont représentées des scènes de la Vie du Christ.

Le porche précédant le portail a été ajouté peu après l'achèvement de celui-ci.

Intérieur Les vitraux