d'AnjouSa généalogie sur le site Medieval Lands., dit le Boiteux, né vers 1254, mort le à Naples, est le fils de et de Béatrice de Provence, et le neveu de saint Louis. De la dynastie d'Anjou-Sicile, il est titré dès sa naissance prince de Salerne, puis, après la mort de ses parents en 1285, roi de Naples (ou Sicile péninsulaire), comte de Provence et de Forcalquier, d'Anjou et du Maine (uniquement jusqu'en 1290 pour ces deux dernières provinces) et prince d'Achaïe ou de Morée jusqu'en 1289.
Biographie
Prince de Salerne À la mort de sa mère, Charles devient comte de Provence et fait alors entreprendre des fouilles sous l'église de Saint-Maximin, qui permettent la découverte du tombeau de Marie-Madeleine en 1279.. À la suite de cela, il décide d'ériger la ville en cité royale et fait construire une basilique en l'honneur de la patronne de Provence, qui demeure aujourd'hui un exceptionnel ensemble architectural gothique en Provence. Le , il obtient du pape une bulle pontificale, qui confie au jeune ordre des dominicains la charge des lieux saints : la basilique de Saint-Maximin et la grotte de la Sainte-Baume avec le sanctuaire pour l'accueil des pèlerins..
En 1257, d'Anjou acquiert de la Maison des Baux les droits au trône du royaume d'Arles. Et quand en 1280 l'empereur pense reconstituer ledit royaume, il est contraint de traiter avec lui. Un accord est trouvé entre les deux souverains, à la suite duquel le royaume sera attribué à Charles, prince de Salerne, qui à son tour devra le céder à son fils Charles Martel de Hongrie lors de ses noces avec Clémence, fille de Rodolphe. Mais cela n'aura pas lieu en raison des Vêpres siciliennes, en 1282.
Après les Vêpres siciliennes, Charles rejoint son père à Naples et assume la régence pendant que ce dernier se rend en Provence pour armer une flotte grâce aux fonds fournis par le pape pour lui permettre d'assumer la régence du royaume de Naples. La flotte ainsi constituée aurait dû rejoindre les bateaux qui l'attendaient dans le port de Naples, avant de s'unir à Ustica avec le reste de la force navale, composée de 30 galères, et avec l'armée italo-angevine en provenance de Brindisi. Mais le , Roger de Lauria, commandant de la flotte aragonaise se présente dans le port de Naples et le jeune prince, désobéissant à l'ordre de son père de ne pas bouger avant son retour de Provence, sort du port avec ses bateaux pour combattre Lauria. Il est battu et fait prisonnier au cours d'un engagement, en compagnie de nombreux autres nobles napolitains. Il restera captif à Barcelone pendant quatre ans. Lorsque arrive à Gaète et apprend la défaite, il maudit son fils mais doit renoncer à l'invasion de la Sicile. Après avoir inutilement assiégé Reggio, il se dirige vers les Pouilles, où il meurt le , à Foggia. Avant de mourir il nomme régent son neveu , assisté du cardinal Gérard de Crémone par la volonté du pape . Les deux régents tiendront solidement les rênes du gouvernement et réprimeront sévèrement toute tentative de rébellion.
À la mort de le , Giacomo Savelli lui succède sous le nom d'. Il reprend la croisade contre , qu'il considère comme usurpant le trône de Sicile. La tentative d'invasion de l'Aragon se solde par un désastre : la flotte franco-napolitaine est réduite à l'impuissance par Lauria, tandis que l'armée, qui avait assiégé Gérone, est frappée par la peste et doit se retirer. Le roi meurt le à Perpignan, en pleine retraite. , quant à lui, meurt peu de temps après, le , laissant son royaume en partage à ses deux fils : Alphonse reçoit l'Aragon, la Catalogne, Valence et Majorque, tandis que Jacques devient roi de Sicile. Bien qu'alliés, les frères ont des intérêts divergents.
Captivité, guerre et réconciliation avec À la mort de son père, Charles est toujours en captivité, malgré l'intervention de nombreuses délégations en faveur de sa libération (France, Angleterre, Papauté...). Après l'échec d'un premier accord signé à Oloron en 1287, Charles est remis en liberté le grâce au traité de Canfranc, et à la condition de laisser en Aragon trois de ses fils en otage (Louis, Robert et Raymond-Bérenger.). Il se fait couronner roi de Naples le en la cathédrale de Rieti par le pape . Malgré les pressions belliqueuses de ce dernier et du comte d'Artois, il conclut une trêve avec l'Aragon en 1289.
En , à Tarascon, parvient à un accord de paix avec , le pape et la France, par lequel il renonce aux droits de son frère Jacques au trône de Sicile. En échange, Charles de Valois renonce à ses droits sur le royaume d'Aragon, obtenant en échange les comtés d'Anjou et du Maine, ainsi que la main de Marguerite, fille aînée de , ce dernier devant retrouver le contrôle de la Sicile, désormais "lâchée" par le royaume d'Aragon.
Mais meurt à l'improviste, le , sans enfants et son frère Jacques lui succède à la tête du royaume d'Aragon, conservant la Sicile.
suit la politique de son père dans les Balkans en s'opposant aux empereurs de Byzance, de concert avec son cousin Charles de Valois, frère cadet du roi .
Le traité d'Anagni Le , finit par signer un traité de paix avec d'Aragon, connu sous le nom de Traité d'Anagni, sur la proposition du pape et conclu par le pape . Celui-ci prévoit que récupère la Sicile et que ses trois fils, toujours aux mains de depuis 7 ans, soient remis en liberté. En échange, le pape suspend l'excommunication de ce dernier, qui doit par ailleurs recevoir le royaume de Sardaigne et Corse, créé ex novo et tout à conquérir, l'île étant déjà gouvernée par des entités étatiques autonomes. Le traité prévoit en outre l'union de avec Blanche, la deuxième fille de , tandis que Frédéric, gouverneur de la Sicile, aurait été indemnisé par son mariage avec l'héritière de l'empire byzantin, Catherine de Courtenay. Frédéric, fâché que le testament d' n'ait pas été respecté par , refuse et se range aux côtés des Siciliens qui, se sentant trahis par le nouveau roi d'Aragon, déclarent la déchéance de Jacques et élisent Frédéric comme roi. Le , le Parlement sicilien réuni à Palerme proclame roi de Sicile et reconfirme son choix le au château d'Ursino de Catane. le couronnement officiel a lieu le dans la cathédrale de Palerme.
Le , conformément au traité d'Anagni, Blanche d'Anjou et de Naples épouse Jacques, roi d'Aragon, à Vilabertran (Haut-Emprudan), dans le nord de la Catalogne. Ce dernier n'accepte pas sa destitution et se retrouve ainsi aux côtés des Angevins contre son propre frère Frédéric et les Siciliens.
La guerre contre pour la Sicile La guerre contre la Sicile reprend à partir de 1296. prend l'initiative contre les Angevins. Non seulement il conserve la Sicile, mais il parvient en outre à porter la guerre en Calabre et autour de Naples. , début 1297, convoque à Rome et Jacques pour les encourager à reconquérir la Sicile, conformément au traité d'Anagni. Sur ordre de , tant Giovanni da Procida que Ruggero di Lauria, devenu amiral de la flotte alliée anti-sicilienne et enfin la reine mère Constance de Sicile, durent abandonner la Sicile et le roi Frédéric pour rejoindre Jacques à Rome. En , à Capo d'Orlando, avec la flotte aragonaise complétée de celle de Naples, Jacques bat Frédéric, qui parvient à se sauver avec 17 galères. Toutefois, dès l'année suivante, Jacques doit revenir en Aragon face à la résistance opposée par Frédéric.
La guerre se déroule maintenant en Sicile, où les fils de , Robert et , ont conquis Catane et assiégé Messine. Mais Frédéric remporte une victoire importante à Falconara, près de Trapani, faisant prisonnier Philippe. Il résiste à Messine et en Calabre. préfèrerait la paix, mais le pape, après l'avoir accusé de lâcheté, appelle à la rescousse en 1300 les Templiers, les Hospitaliers et les Génois, qui se joignent aux combats à contrecœur. Mais à l'exception d'une nouvelle victoire brillante de Lauria sur la flotte sicilienne le , la situation n'évolue pas.
A la mi-août, lance une croisade contre l'établissement musulman de Lucera, riche et fort peuplé. Les motivations de cette attaque sont doubles : satisfaire la requête de , désireux d'éliminer la dernière place forte islamique du territoire, en l'année du premier Jubilée, et régler les dettes contractées envers les banquiers florentins grâce aux richesses de la ville. Lucera, après un long siège conduit par Giovanni Pipino de Barletta, est détruite entre le 15 et le . Les murs et les mosquées sont abattus, la ville est rasée et de très nombreux musulmans, hommes, femmes et enfants, sont massacrés. 10 000 survivants sont enchaînés et vendus au marché des esclaves ou contraints à se convertir au christianisme. La victoire sur les Sarrasins entraînera le changement du nom de la ville, que Charles rebaptisera "Civitas Sanctae Mariae". En très peu de temps, le bourg est repeuplé de chrétiens venus de tout le royaume.
Enfin, se tourne vers le roi de France le Bel, qui envoie une armée commandée par son frère, Charles de Valois. Arrivé en Sicile en , ce dernier la traverse en brûlant et pillant tout sur son passage, jusqu'à son arrivée à Sciacca, où, très affaibli par la malaria et par peur d'une attaque décisive de Frédéric, il en accepte les offres de paix.
La guerre des Vêpres Siciliennes se termine par le traité de paix de Caltabellotta, signé le , probablement au château de Pizzo. Modifié par le pape le , ce texte prévoit que se maintienne au pouvoir en Sicile avec le titre de roi de Trinacrie jusqu'à sa mort, après laquelle l'île reviendra aux Anjou. Frédéric doit par ailleurs épouser Éléonore, la troisième fille de . En échange, les Aragonais récupèrent la Corse ou la Sardaigne, ou d'autres territoires, ou une forte somme d'argent. prend le titre de roi de Sicile (Rex Siciliae, ducatus Apuliae et principatus Capuae), tout en renonçant temporairement à l'île mais en conservant la Campanie, la Calabre, les Pouilles et la Basilicate, en obtenant la reconnaissance de facto du royaume de Naples.
Les dernières années En 1303, appuie l'élection de Niccolò Boccasini sous le nom de . Celui-ci, lorsqu'il était légat en Hongrie, avait appuyé l'élection au trône de Hongrie de Charobert, le petit-fils de . L'année suivante, lance l'investiture du Mastrogiurato, une célébration au cours de laquelle, après de nombreuses fêtes et l'agitation de drapeaux, le gouvernement de la ville était confié à un simple maire. Joachim Murat abolira cette fête en 1806, mais elle sera reprise par la ville de Lanciano dans les Abruzzes, près de Chieti, en 1981.
En 1306, Charles entre en conflit avec Philippe de Savoie, le troisième mari d'Isabelle de Villehardouin, princesse d'Achaïe, à laquelle il a cédé le titre en 1289. En 1307, il déclare le couple déchu du titre, qu'il réattribue à son fils Philippe, auquel en 1301, il avait déjà cédé le titre de roi d'Albanie.
En 1309, Charles propose de nouveau la reconstitution du royaume d'Arles, dont son père avait racheté les droits à Raymond des Baux, prince d'Orange. Ce projet n'aboutira pas.
Charles aurait été à l'origine du nom d'un de ses palais, le Palais de QuisisanaL'emplacement du palais a été choisi pour son climat favorable et pour le panorama qu'il offre sur la Baie de Naples. C'est pour ces raisons que la résidence a été appelée Domus de Loco Sano (maison de lieu sain), qui sera par la suite transformé en Quisisana. D'autres historiens soutiennent que le nom dériverait en fait d'une phrase prononcée par le roi d'Anjou, Qui si sana (ici, on se soigne), après avoir guéri d'une maladie grave dans sa demeure de Castellammare..
Il meurt à Naples le , laissant le trône à son fils Robert, dit le Sage. Son fils aîné, Charles Martel, a disputé le trône de Hongrie à jusqu'à sa mort due à la peste en 1295.
Titres Roi de Naples de 1285 à 1309. Roi de Jérusalem. Comte d'Anjou de 1285 à 1290. Comte du Maine de 1285 à 1290. Comte de Provence. Comte de Forcalquier.
Mariage et descendance