vignette|Portrait de Pépin le Bref par Louis-Félix Amiel (1837). Pendant la période mérovingienne, les maires du palaisEn latin et selon les sources : magister palatii, praefectus aulae, rector aulae, gubernator palatii, maior palatii, maior domus, rector palatii, moderator palatii, praepositus palatii, provisor aulae regiae, provisor palatii ou major domus regiæ., parfois préfets du palais, étaient les plus hauts dignitaires des royaumes francs, après les rois. À l'origine simples intendants du roi dans son palais, ils vont progressivement étendre leur pouvoir et leurs fonctions, à partir du , jusqu'à se trouver en mesure de déposer les rois.

En 751, Pépin le Bref dépose le dernier roi mérovingien, Childéric III, se fait reconnaître comme souverain du royaume franc par le pape Zacharie et fonde ainsi la dynastie carolingienne. Pour se maintenir au pouvoir, la fonction de maire du palais a été supprimée ; le roi choisissant désormais comme principal conseiller le comte du palais dont l'autorité se limite principalement à un comté et non au Royaume tout entier.

Histoire Origines et fonctions

Les sources ne signalent pas cette fonction avant Clovis (mort en 511), mais Grégoire de Tours (538-594) et la Chronique de Frédégaire () en parlent comme d’une dignité déjà établie.

À l'origine, le maire du palais était l'intendant du roi ; c'est un serviteur chargé des affaires domestiques du palais. Représentant des puissantes aristocraties régionales, il commande les intendants chargés de l'exploitation du domaine royal, gère la fortune du souverain et dirige le gouvernement intérieur du palais.

Les maires du palais portaient aussi le titre de princes ou ducs du palais, et de ducs de Neustrie, d'Austrasie ou de Bourgogne.

Prise de pouvoir

Ils n’étaient d’abord établis que pour une période définie, puis à vie, et la fonction devint finalement héréditaire.

Leur institution n’était que pour commander dans le palais, mais leur puissance s’accrut, ils devinrent bientôt ministres, et l’on vit ces ministres, sous le règne de Clotaire II, à la tête des armées. Le maire était tout à la fois le ministre et le général né de l’État ; ils étaient tuteurs des rois en bas âge ; on vit un maire exercer cet office : Théodebald, encore enfant, exerça la fonction sous la tutelle de sa grand-mère sous Dagobert III, en 714.

L’usurpation du pouvoir ne devint sensible qu’en 660, par la tyrannie du maire Ébroïn, ils déposaient souvent les rois, et en mettaient d’autres à leur place.

Tout au long de cette période, on vit l'avènement de la famille des Pépinides (descendants de Pépin de Landen ou Pépin l'Ancien), qui donna naissance à la dynastie carolingienne.

Le pouvoir des maires du palais alla en s'accroissant. Petit à petit, les chefs des serviteurs du palais vont intervenir dans les affaires de l'État : ils acquièrent des pouvoirs politiques, s'attribuent le pouvoir judiciaire et la direction des fonctionnaires. Devenus les plus proches collaborateurs du souverain, ils ne tardent pas à entrer en concurrence avec leur maître, et à partir du , ils dirigèrent progressivement le royaume des Francs à la place du souverain. L'office devint un enjeu entre les aristocrates et se transmit bientôt de père en fils.

Dagobert , conscient de la menace qu'ils représentaient, se sépara du maire Pépin de Landen afin de reprendre personnellement le pouvoir. Mais à sa mort, le royaume retomba définitivement aux mains des maires pépinides. En fait, l'ascension des Pépinides ne se fit pas sans heurts et pendant près de 20 ans de 662 à 680, ils furent écartés du pouvoir par la famille de Wulfoald ; de plus, Ansegisel, père de Pépin de Herstal fut assassiné durant cette même période. Les souverains descendants de Dagobert , souvent très jeunes et d'une espérance de vie très courte, ne pouvaient régner sans l'aide des maires du palais. Ceux-ci profitèrent de la situation pour accroître encore leur puissance et diriger le pays à la place des souverains : ils nommaient les évêques, les comtes et les ducs, signaient les accords avec les pays voisins, décidaient et menaient les campagnes militaires... Les maires du palais ont également tissé à leur profit un réseau de fidélités, par des dons et des alliances matrimoniales.

Changement de dynastie Pépin, fils de Charles Martel, lequel fut après son père maire du palais, étant parvenu à la couronne en 751, mit fin à leur fonction. Cependant, différentes dynasties de maires du palais subsistèrent mais avec moins de pouvoir. Ceux qui les ont remplacés ont été appelés grands-sénéchaux, et ensuite grands-maîtres de France ou grands-maîtres de la maison du roi et ensuite chanceliers de France.

Le dernier roi mérovingien, Childéric III, est enfermé dans un monastère par Pépin le Bref, en 751. Pépin demande alors au pape Zacharie de le reconnaître comme souverain du royaume franc. Il ne s'agit pas d'un coup d'État à proprement parler puisque Pépin obtient du pape le sacre royal et fonde la dynastie carolingienne. Le pape Zacharie avait tout intérêt à se ranger du côté des Francs qui peuvent le défendre contre les Lombards qui menaçaient l'Italie.

Les rois fainéants Pour légitimer leur prise du pouvoir et la rupture avec la monarchie héréditaire de Clovis, les Pépinides forgèrent le mythe des « rois fainéants » (fait néant), qui apparaît pour la première fois dans la Vita Karoli Magni, une biographie de Charlemagne.

Principaux maires du palais Austrasie La charge de maire du palais d'Austrasie fut surtout occupée par les Pépinides. GogonVenance Fortunat, Poèmes (Carmina), livre VII, chap. 4, lettre de Fortunat à Gogon, maire du palais d’Austrasie. ; Grégoire de Tours, Historia Francorum 581-? : Wandelin 596-600 : Gundulf († 607), évêque de Tongres 613-616 : Radon 616-618 : Hugues ancêtre probable des Hugobertides et av. 624-632 : Pépin l'Ancien et 632-639 : AdalgiselSite de la FMG : Adalgisel 639-640 : Pépin l'Ancien († 640) 640-643 : Otton († 643)Site de la FMG : Otton 643-657 : Grimoald († 657), fils de Pépin l'AncienSite de la FMG : Pepin et Grimoald 662-676 : Wulfoald († 680)Site de la FMG : Wulfoad 676-714 : Pépin le Jeune († 714), petit-fils de Pépin l'Ancien 714-717 : Théodebald († 741), fils de Grimoald II 717-741 : Charles Martel († 741), fils de Pépin le Jeune 741-747 : Carloman († 754), fils de Charles Martel 747-753 : Drogon, fils de Carloman

Neustrie … Mummolin … 604-613 : Landéric († 613)Site de la FMG : Maiores Domus of the Kingdom of Neustria 613-ap. 630 : Gundoland († ap.630) av. 635-642 : Aega († 642)Site de la FMG : Aega 642-658 : Erchinoald († 658), cousin de Dagobert Site de la FMG : Erchinoald et Leudegisius 658-675 : Ébroïn († 681)Site de la FMG : Ebroin, Warrato et Ghislemar 675-676 : Leudesius († 676), fils d'Erchinoald 676-681 : Ébroïn († 681), de nouveau 681-684 : Waratto († 686) 684-685 : Ghislemar († 685), fils de Warrato 685-686 : Waratto († 686), de nouveau 686-687 : Berchaire († 688), gendre de WarratoSite de la FMG : Berthechar 687-695 : Nordebert († 695), nommé par Pépin le Jeune, maire du palais d'AustrasieSite de la FMG : Nordbert 695-714 : Grimoald II († 714), fils de Pépin le Jeune 714-715 : Théodebald († 741), fils de Grimoald II 715-717 : Ragenfred 717-741 : Charles Martel († 741), fils de Pépin le Jeune 741-751 : Pépin le Bref († 768), fils de Charles Martel

Bourgogne

Nom En fonction Famille RemarquesWarnachaire Ierum 596–600GarnierBertoald600–604Protadius605Claudius606Warnachaire II613–626/27GarnierGodinus626–627Garnier'direct par le roi'627–639627–629 Clotaire II, 629–639 Dagobert Aega639–641avant déjà en NeustrieFlaochad642–643Robert643–662RobertienÉbroïn662–673Wulfoald673–675Etichon (pas cert.)Leudesis675–676fils d'ErchinoaldÉbroïn 676–680deuxieme foisBerchaire680–687gendre de WarratonPépin de Herstal688–697PippinidesDrogon de Champagne697–708Pippinidesavec le titre de "dux"Grimoald II708–714Pippinidesavant déjà en NeustrieThéodebald714–715Pippinidesde jure Ragenfred715–718dernier maire du palais non issu des PippinidesCharles Martel718–741Pippinidesavant déjà en AustrasiePépin III.741–751Pippinidesde 747 après la mort de son frere pour le royaume entier

Aquitaine Nom En fonction Famille RemarquesBrodulf627–628

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Bibliographie .

Articles connexes Tableau chronologique des grades et emplois militaires des armées françaises Généalogie des Mérovingiens

Liens externes

Catégorie:Structure du pouvoir (droit romano-germain)