Le Tomahawk est un missile de croisière américain destiné à être lancé depuis un sous-marin, un navire de guerre ou un semi-remorque. Entré en service dans l'US Navy en , il est capable d'embarquer une charge explosive conventionnelle ou thermonucléaire.
Historique vignette|gauche|L'un des prototypes de Tomahawk assemblé par les employés de Convair. La décision de fabriquer une version tactique du missile stratégique mer-mer SLCM fut prise en 1972. Deux prototypes pouvant être tirés par un tube lance-torpilles furent mis au point : le General Dynamics ZBGM-109, via la division Convair, et le LTV ZBGM-110. Après deux vols d'essais réussis en , contrairement à son concurrent, le BGM-109 Tomahawk fut retenu en , et les premiers modèles de présérie virent le jour en 1977, pour finalement entrer en service opérationnel en 1983.
Il était prévu que la version servant de vecteur nucléaire, le TLAM/N, soit construite à , 350 finalement ont été produites et 260 étaient en stock lors du début de leur retrait en 2010. En 2009, il y avait une centaine d'ogives nucléaires actives W80 pour ces engins et moins d'une douzaine de sous-marins nucléaires d'attaque qualifiés pour leurs lancements.
Une autre version à capacité nucléaire a été développée pour un tir depuis le sol. Le BGM-109G Gryphon lancé d'un camion sera en service de 1983 a 1991. Il a été l'une des armes concernées par la crise des Euromissiles.
En 1991, environ sont en stock avant leur première utilisation au combat durant la guerre du Golfe ou entre 291 et 297 sont tirés. alors construits annuellement par General Dynamics - chez Convair travaillant sur ce programme - et McDonnell Douglas qui se partagent la production depuis 1984..
En 2004 est entré en service le RGM-109E (nommé aussi , TacTom, TLAM-E, Tomahawk Block IV) qui, malgré une portée réduite, dispose de la capacité de reprogrammer le missile durant son vol pour attaquer une autre cible, peut survoler une zone cible pendant un certain temps, permet l'évaluation des dommages à travers une caméra de bord et dont les coûts de production sont moitié moindres que ceux des Block III. Fin 2010, avaient été commandés.. En 2013, un système de navigation pouvant être reprogrammé par une liaison satellite, couplé à un autodirecteur recherchant des sources électromagnétiques permettant d'engager des cibles mobiles, telles que navires ou systèmes de défense antiaérienne, est testé sur le Tomahawk IV.
En 2015, un test démontre la capacité du Tomahawk à détruire une cible mouvante au sol, en utilisant les informations fournies par ..
En 2015, l'arrêt de production du missile est envisagée pour l'année suivante, ce qui, selon le blog mettrait le programme en risque .. La société Raytheon annonce en effet que l'arrêt des commandes pourrait entraver sérieusement le fonctionnement des chaînes de production. Mais le , un contrat pour la construction de et des pièces de rechange est signé. et la production et améliorations du missile sont assurées pour les années 2020.
En 2025, la version UGM-109E pouvant être lancée par tube lance-torpilles de sous-marin n'est plus en production, seule restant celle lancée par un système de lancement verticalhttps://www.opex360.com/2025/05/24/les-pays-bas-renoncent-a-doter-leurs-futurs-sous-marins-de-conception-francaise-avec-des-missiles-de-croisiere-tomahawk/.
En , RTX Corporation, nom donné depuis 2023 à l'entreprise issue de la fusion entre United Technologies et Raytheon, s'engage par contrat à produire plus de annuellement d'ici sept anshttps://www.opex360.com/2026/02/09/raytheon-va-accroitre-significativement-la-production-de-missiles-tomahawk-amraam-et-sm-6/.
Nomenclature La nomenclature du missile de croisière Tomahawk est basée sur sa plateforme de lancement ainsi que son rôle, utilisant un préfixe désignant le vecteur (BGM-, RGM-, UGM-, AGM-) et un suffixe décrivant sa mission (TLAM, TASM, etc.).
Préfixes : BGM : multiplateformes, sol-sol ou mer-sol (ancienne appellation). RGM : mer-sol, lancé verticalement depuis le silo d'un navire ou d'un sous-marin naviguant en surface. UGM : mer-sol, lancé depuis le tube lance-torpilles de d'un sous-marin en plongée. AGM : air-sol, lancé depuis un avion (jamais entré en service).
Suffixes : TLAM-N : missile d'attaque au sol à tête nucléaire. TASM : missile antinavire. TLAM-C : missile d'attaque au sol à charge militaire conventionnelle. TLAM-D : missile d'attaque au sol à sous-munitions. TLAM-E : missile d'attaque terrestre amélioré (Tactical Tomahawk). GLCM : missile sol-sol (BGM-109G Gryphon). MRASM : missile air-sol de moyenne portée.
Caractéristiques Le Tomahawk est équipé d'un système de guidage inertiel et/ou d'un système GPS, ainsi que d'un autodirecteur à infrarouge pour une frappe assez précise (de l'ordre de quelques mètres). Il peut emporter plusieurs charges utiles, le BGM-109D Tomahawk emportant de type BLU-97. Il vole à une vitesse subsonique de (environ Mach 0,7) et sa portée maximale est de . Avec une tête conventionnelle, sa portée est de .
Un système nommé TAINS (acronyme ) guide le missile tiré sur des cibles terrestres à une vitesse subsonique () et volant à une altitude variant entre 20 et (pour éviter la détection radar) jusqu'à de son point de tir pour les TLAM-N, pour les TLAM-C et E et pour les TLAM-D.. Un second système, nommé DSMAC (acronyme pour l', se prononce ), stocke une représentation graphique de la cible telle que le missile doit la voir en phase finale, pour s'assurer que les deux correspondent.
Entre du Tomahawk sont produits dans les années 2000/2010 chaque année à l'usine Raytheon de Tucson, en Arizona, la fabrication de chaque missile nécessite deux ans. Quelque , basées dans 24 États, participent également activement au fonctionnement de la chaîne de production. Son coût était de l'ordre de américains en 1999. Une commande de 361 TLAM Block IV est passée le pour un montant de , soit un coût unitaire de par missile ( euros, au cours du ).. Entre 2015 et 2024, l'US Navy commande pour 2,8 milliards.
Ces missiles doivent obtenir une nouvelle certification après de service, c'est-à-dire à mi-vie. Cette nouvelle certification permet de remédier à certaines obsolescences et de réaliser l'entretien des missiles voire de les améliorer. Les Tomahawks block IV certifiés en 2019 verront une amélioration du système de communication et des systèmes électroniques. Une ogive à charge creuse, nommée en anglais Joint Multi-Effects Warhead System (JMEWS)., testée la première fois en . est disponible. Le Tomahawk Bk IV modernisé sera aussi capable de frapper des cibles navales en mouvement.. Renommée Block Va pour la version antinavire et Vb pour celle armée de cette ogive JMEWS ; ces versions entreront en service en 2023 et doivent remplacer toutes les anciennes versions du Tomahawk qui seront converties à ces nouveaux standards..
Guidage vignette|droite|300px|Principe de fonctionnement du système de guidage TERCOM. Le missile Tomahawk utilise le système de navigation inertielle assistée McDonnell Douglas AN/DPW-23 TERCOM (TERrain COuntour Matching ; correspondance des contours du terrain). Ce système de guidage par corrélation altimétrique possède en mémoire une série de données topographiques sous forme de quadrillage des zones devant être survolée par le missile durant son vol. Ces cartes sont comparées et corrélées, en temps réel, aux hauteurs par rapport au sol fournie par un radioaltimètre embarqué. Le TERCOM a une erreur circulaire probable de l'ordre de , ce qui est jugé suffisant à l'époque pour un missile qui embarque une tête nucléaire.
vignette|gauche|200px|Le système de guidage radar de la variante anti-navire du missile Tomahawk. Les variantes anti-navires BGM/RGM/UGM-109B TASM du missile Tomahawk utilisent un système de guidage radar actif et passif développé par McDonnell Douglas sur base de celui employé par le missile Harpoon mais adapté à la plus grande portée du Tomahawk. Le TERCOM étant inefficace au-dessus de l'eau.
Afin d'améliorer sa précision en réduisant son erreur circulaire probable à , les versions RGM-109C et UGM-109C TLAM-C dites Block II utilisent durant la phase terminale du vol le système AN/DXQ-1-DSMAC (Digital Scene Matching Area Correlation ; correspondance entre images numériques et corrélation de zones). Le DSMAC fonctionne par corrélation sur images optiques, un tube photomultiplicateur situé sous le nez du missile prend des photos du sol situé aux alentours de la cible qu'il compare, en temps réel, avec une série de photos satellites contrastées du même endroit, sauvegardées dans sa mémoire. Un stroboscope embarqué autorise la prise de photos même si le missile est employé de nuit.
À l'origine, le missile Tomahawk au standard Block II avait un seul mode d'attaque qui se résumait à frapper la cible de flanc après une descente rectiligne en légère piquée. Les RGM-109C et UGM-109C TLAM-C portés au standard Block IIA reçurent une mise à jour logicielle intégrant deux nouveaux modes d'attaque : faire une chandelle avant de descendre en piquée sur la cible ou alors de faire exploser le missile au moment où ce dernier survole la cible à quelques mètres de hauteur.
Les Tomahawk portés au standard Block III possède un système de positionnement par satellites effectué par le biais d'une antenne GPS embarquée. Le missile possède également une version améliorée du DSMAC appelée DSMAC 2A qui possède une plus grande gamme d'images.
Charge militaire vignette|droite|300px|Un Tomahawk UGM-109C détonne au-dessus d'un vieux RA-5C Vigilante stationné sur le polygone d'essais de l'île San Clemente, en avril 1986. La version mer-sol à tête nucléaire du Tomahawk, la BGM-109A et RGM-109A TLAM-N, employait un tête nucléaire W80 d'une masse de pour puissance de . La variante conventionnelle (BGM-109C et RGM-109C TLAM-C) réutilisait la charge explosive à fragmentation WDU-25/B de de l'ancien missile air-sol AGM-12 Bullpup B.
À partir de 1993, les Tomahawk mer-sol BGM-109C (dit TLAM-C Block II) ont vu leur charge WDU-25/B remplacée par la WDU-36/B plus légère () grâce à son enveloppe en titane, plus compacte, elle permet l'installation de deux réservoirs de carburant de capacités respectives de et 102 kg à l'avant du missile. La WDU-36/B contient d'explosif PBXN-107 et est considérée comme une munition à risque atténué.
La version mer-sol BGM-109D et RGM-109D embarquent cent soixante-six sous-munitions BLU-97/B agencées en vingt-quatre paquets, permettant d'attaquer plusieurs cibles avec un seul missile Tomahawk. La sous-munition BLU-97/B se présente sous la forme d'un cylindre de couleur jaune d'une vingtaine de centimètres de longueur pour une masse de . Cette sous-munition a l'avantage de posséder des capacités anti-personnel et anti-blindé.
Les missiles Tomahawk mer-sol GM-109M/UGM-109M portés au standard Block Vb possède une nouvelle charge militaire semi-perforante appelée Joint Multiple Effects Warhead System (JMEWS).
Le missile Tomahawk a été accusé de contenir de l'uranium appauvri. En effet, la revue spécialisée Jane's Defence Weekly a un jour indiqué que le missile contenait ce métal, avant de retirer l'information..
Propulsion vignette|gauche|250px|Des employés de Convair inspectant un petit turboréacteur Williams F107 employé par le missile Tomahawk. La poussée initiale nécessaire au lancement du missile est fournie par un propulseur d'appoint Atlantic Research MK 106 à carburant solide qui fournit une poussée de durant une durée de 12 secondes avant d'être largué, une fois la phase de lancement accomplie. Les missiles portés au standard Block IV possèdent une version améliorée du propulseur d'appoint appelée MK 135.
Durant sa phase de vol, le missile Tomahawk est propulsé par un petit turboréacteur Williams F107-WR-400, il développe une poussée de et est également employé par le missile de croisière AGM-86 ALCM. Le Tomahawk embarque à de kérosène JP-9 (puis JP-10) suivant la version.