Le d'infanterie de marine (couramment abrégé ) est un régiment français héritier de l'infanterie coloniale. C'est l'un des « quatre vieux » régiments des troupes de marine, avec les , et d'infanterie de marine. Avec le d'artillerie de marine et le d'artillerie de marine, ils représentent la fameuse division bleue.
Le est une unité de reconnaissance blindée, depuis 1986 dans cette spécialité, à l'instar du régiment frère, le RICM, le régiment d'infanterie-chars de marine. Il est équipé de chars AMX-10 RC et EBRC Jaguar ainsi que de VBL.
Création et différentes dénominations Héritier des « compagnies franches de la mer ». créées en 1622 par Richelieu, le a été créé par décret royal en 1822 au sein du ministère de la marine. Ce régiment fait ainsi partie des « Quatre Grands » de l'infanterie de marine qui tenaient garnison dans les quatre ports militaires français, prêts à embarquer : le « Grand Un » à Cherbourg, le « Grand Deux » à Brest, le « Grand Trois » à Rochefort et le « Grand Quatre » à Toulon.
Devenu d'infanterie coloniale en 1900 à la création de l'infanterie coloniale au sein du ministère de la guerre, il reprend le nom de RIMa en 1958, lorsque l'infanterie coloniale redevient l'infanterie de marine.
L'évolution de la dénomination du corps de troupe est la suivante : 1822 - d'infanterie de la Marine () 1838 - d'infanterie de Marine () 1900 - d'infanterie coloniale () 1940 - dissous 1943 - française libre (bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique, bataillon de marche et bataillon de marche ). 1945 - d'infanterie coloniale 1958 - d'infanterie de marine ()
Historique des garnisons, combats et bataille du RIMa right|100px|thumb|. 1822 à 1848 Le est créé par décret royal le . À cette époque, les marsouins du servent à bord des bâtiments de guerre, mais aussi à la garde des ports et des arsenaux.
En 1844, des éléments du sont à Tahiti dans le cadre de la guerre franco-tahitienne. Ils sont présents au combat de Mahaena le . et au combat de Fatahua (inscrit sur le drapeau du ) du (, capitaine Masset) pour mettre fin à une rébellion de tribus autochtonesCoral, Pierre de. Esquisse historique. Tahiti, Paris : Lecène et Oudin éditeurs. 1886. (non confirmé).
Second Empire Guerre de Crimée, campagne franco-anglaise en mer Baltique 1854 - Bomarsund Seconde guerre de l'opium, campagne franco-anglaise en Chine 1860 - Prise des forts du Peï-HoForts du Pei-Ho Campagne de Cochinchine 1861 - Ki-Hoa Campagne du Mexique 1863 - Puebla
Guerre de 1870-1871 Au , le de marche d'infanterie de marine fait partie de l'Armée de Châlons.
Avec le de marche d'infanterie de marine du colonel d'Arbaud, le forme la aux ordres du général Reboul. Cette , avec la du général Martin des Pallières, trois batteries de canons de 4., et une compagnie du génie constituent la d'infanterie commandée par le général de division Élie de Vassoigne. Cette division d'infanterie évolue au sein du d'armée ayant pour commandant en chef le général de division Lebrun. 23 au - Marche vers l'est. - bataille de Bazeilles.
1870 à 1914 Commune de Paris Durant la Commune de Paris en 1871, le régiment participe avec l'armée versaillaise à la semaine sanglante. 1878 : Saint-Louis du Sénégal 1883 : Expédition du Tonkin Prise de SontaySontay
Première Guerre mondiale
Rattachements
- : d'infanterie coloniale En 1914, à la veille de la grande guerre : les , , , à Cherbourg, appartiennent à la sous les ordres du général Montignault, de la d'infanterie coloniale sous les ordres du général Raffenel puis Leblond, Goulet (1914), Gadel (1915), Puypéroux (1916-1918). En 1914, engagée dans les mêmes secteurs que la (, , , ), elle participe à la première bataille de Champagne (Ville-sur-Tourbe) et la deuxième bataille de Champagne (Ville-sur-Tourbe et Massiges). - : au sein de l'Armée d'Orient, faisant partie de la d'infanterie coloniale à partir de début 1917.
1914 : combats de Rossignol ; voir l'ordre de bataille : Saint-Vincent 6- : Première bataille de la Marne : Écriennes, Vauclerc
1915 Juillet- : Opérations en Argonne 25 septembre-6 octobre : Bataille de Champagne (1915) (Souain, Somme-Py).
1916 vignette|Poste de secours du d'infanterie coloniale à Akrítas en Macédoine-Centrale en août 1916. Expédition de Salonique bataille de Monastir.
1917 Avril- : Avec la , attaques de la boucle de la CernaLe 1er RIC a été incorporé à la 17e DIC lors de l'arrivée de la 30e DIC au front, début 1917. AFGG VIII 8.2, p.415. .
1918 : bataille de Dobro Polje, crêtes du Kravista : Vetrenik 23- : Gradsko
Entre-deux-guerres
Retour de la guerre , après avoir combattu sur le front d'Orient, le régiment retrouve sa garnison de Cherbourg.
Régiment mixte malgache Entre 1921 et 1923, le est , intégrant des soldats coloniaux.
Dissolution , dans le contexte difficile de la réorganisation et de la réduction des effectifs de l'armée française de l'époque, le régiment est dissous.
Reconstitution 1936, dans une situation géopolitique tendue en Europe, le régiment est reconstitué et ne retourne pas dans sa garnison normande à Cherbourg mais s'installe en région parisienne avec des garnisons réparties entre Paris et Dreux.
Seconde Guerre mondiale La mobilisation des troupes coloniales en 1939-1940 Le , le d'infanterie coloniale est sous le commandement du colonel Fauchon et fait partie de la d'infanterie coloniale qui renforce le sous-secteur de Montmédy (secteur fortifié de Montmédy).
La coloniale, général Falvy, comprend les , , , et . La coloniale . Elle combat dès les premiers jours de l'attaque allemande, dans le secteur de Dun-sur-Meuse, Stenay, Martincourt, Aviot, Breux Au nord de Verdun, c'est au niveau de la cote 304 et du Mort-Homme, lieu de féroces combats en 1916-1917, que se concentrent les combats. Le , les Allemands se sont immiscés entre le et le dans le ravin qui sépare la cote 304 du Mort-Homme. À , il couronne la cote, malgré une résistance acharnée, les blindés franchissent le pont de Béthincourt en direction d'Esnes. Le pont a sauté la veille mais les Allemands l'ont remis en état pendant la nuit. La du du capitaine Bertrand contre-attaque. Après , l'ennemi cesse ses attaques. À , les Marsouins décrochent définitivement : .
Lors de la bataille de Crepey, du au , le se distingue une dernière fois. Il est de nouveau décimé puis dissous le .
Combats de la France libre
Il est recréé le , à partir de la de la () dont voici l'épopée : en à Chypre, est créé un d’infanterie de marine (), membre des premières forces de la France Libre. Il va être engagé au sein de la britannique sur le front égyptien à Sidi Barani et Halfaya dès puis en Libye dans la bataille de Tobrouk en . Une partie du bataillon se bat en Érythrée avec la française libre. Le est regroupé en Palestine et participe à une offensive au Levant. En Syrie à l’été 1941, les Marsouins de la France Libre livrent bataille contre leurs compatriotes servant le régime de Vichy. Ils s’emparent de Damas. Le , est de nouveau engagé en Libye et en Égypte en .
Il s'illustre de nouveau à Halfaya puis rejoint en un carrefour de pistes dans le désert libyen qui deviendra célèbre : Bir Hakeim. Au sein de la , il livrera des combats défensifs acharnés du au retardant ainsi l'offensive italo-allemande. Ainsi, la bataille de Bir Hakeim est devenue la fête du régiment commémorée chaque année. Le BIM et le BP fusionnent le créant ainsi le le BIMP (bataillon d'infanterie de marine et du Pacifique). Ce bataillon intègre la de la en , après avoir participé à la reconquête de l'Afrique du Nord en Tunisie. En , la brigade embarque pour l'Italie. Elle est engagée dans la bataille du Garigliano en , puis atteint Rome le . Elle débarque le en Provence. Elle participe à la bataille de Toulon, puis remonte la vallée du Rhône et libère Lyon en septembre.
Elle participe ensuite à la bataille de Belfort en , puis prend part à la bataille d'Alsace. La est enfin envoyée dans les Alpes. La est engagée dans l'arrière-pays niçois sur le massif de l'Authion qu'elle conquiert de haute lutte du 10 au . Les trois bataillons qui composaient la , BIMP, BM 11 et BM 21, deviennent respectivement les , et du .
Depuis 1945 Après la Seconde Guerre mondiale, le est engagé en Indochine (un bataillon), puis en Algérie. En , le redevient le d'infanterie de marine, nom qu'il a conservé jusqu'à aujourd'hui.
Régiment d'infanterie motorisée entraîné aux manœuvres amphibies et composé d'appelés du contingent, le enverra successivement ses compagnies d’appelés assurer les relèves outre-mer dès 1967 notamment en République centrafricaine, puis à Djibouti, au Gabon, en Algérie, à La Réunion, en Nouvelle-Calédonie et à Mayotte. Le régiment sera également engagé au Proche-Orient au Liban.
Depuis le , le est stationné à Angoulême, et en 1987 il est transformé en régiment de cavalerie légère blindé de reconnaissance. Pleinement intégré à la force d'action rapide, il va dès lors envoyer ses unités aux quatre coins du monde, participant à toutes les crises et conflits des années 1990 et 2000, souvent aux avant-postes dans les opérations de maintien de la paix ou de coercition, ou encore projetant ses marsouins au sein des forces prépositionnées ou de souveraineté confirmant sa solide vocation à la projection et à l'outre-mer comme ses grands Anciens.
Depuis 1987, fidèle à son héritage, le a été déployé partout, et souvent en ouverture de théâtre. Il est jusqu'à aujourd'hui régulièrement présent outremer en Nouvelle-Calédonie, à Mayotte, à La Réunion, en Guyane, en Martinique ou encore en Guadeloupe. Les marsouins marchent bien souvent dans les pas de leurs anciens en Afrique, en République centrafricaine, au Zaïre, au Gabon, au Tchad, en Côte d'Ivoire, au Sénégal et à Djibouti. Les Balkans ne sont pas en reste, avec des engagements en ex-Yougoslavie dix ans de suite, et au Kosovo jusqu’en 2012. Enfin, le a été projeté en Afghanistan, avec notamment le premier déploiement d'une unité blindée constituée en 2010, et au Mali avec l'ouverture de théâtre de l' en 2013. Depuis ces engagements, fidèles à leur culture de l'alerte, les marsouins du poursuivent leur mission de lutte contre les groupes terroristes, en participant à l' au Sahel et à l' sur le territoire national.
Chefs de corps (1822-1900) 1822 : colonel de Solminihac (corps dissous le 28/08/1827 rétablit le 14/5/1831) 1831 : colonel Aurange 1837 : colonel Cappès 1838 : colonel de Fitte de Soucy 1840 : colonel Despagne (1794-1840), officier de la Légion d'honneur, ancien lieutenant de la Garde impériale. 1847 : colonel de la Faye 1854 : colonel Chaumont 1854-1855 : lieutenant-colonel Guillabert 1855-1861 : colonel Chaumont 1861-1864 : colonel Bouvet de la Maisonneuve 1864-1868 : colonel Faron 1868-1870 : colonel Bossant 1870-1871 : colonel Louis Brière de l'Isle 1871 : colonel Trentinian 1871-1873 : colonel Colomb 1873-1874 : colonel Trève 1874-1876 : colonel Trentinian 1876-1877 : colonel Azan 1877-1880 : colonel Trève 1880-1883 : colonel Outre 1883-1884 : colonel Bruzard 1884-1886 : colonel Duchemin 1886-1887 : colonel Bourgey 1887-1888 : colonel Chaumont 1888-1891 : colonel Boileve 1891-1893 : colonel Jorna de Lacale 1893-1895 : colonel Boileve 1895-1896 : colonel Jorna de Lacale 1896-1897 : colonel Dulieu 1897-1898 : colonel Chaumont 1898-1900 : colonel Audeoud
(1900-1958) 1900-1902 : colonel Heiligenmeyer (rebaptisé en RIC) 1902-1904 : colonel Goldschoen 1904-1905 : colonel Lalubin 1906 : colonel Largy 1908 : colonel Simonin 1909-1910 : colonel Lalubin 1911 : colonel Simonin 1912-1914 : colonel Le Camus 1914 : Colonel Guérin 1914 : lieutenant-colonel Vacher 1915 : lieutenant-colonel Cahen 1916-1918 : lieutenant-colonel Allard 1919 : lieutenant-colonel Barbussat 1919-1921 : colonel Veron 1922-1925 : lieutenant-colonel Jacobi 1926 : lieutenant-colonel Tetrel