La cathédrale primatiale Saint-André de Bordeaux, située sur la place Pey-Berland, est le lieu de culte le plus imposant de Bordeaux, ville du département français de la Gironde en région Nouvelle-Aquitaine.

Il s'agit de l'église-cathédrale de l'archidiocèse de Bordeaux.

Elle est consacrée le par le pape Urbain II, en tournée pour prêcher la Première Croisade. Elle est reconstruite dans le style gothique du au .

Dans cette église furent célébrés deux mariages royaux : en 1137, le mariage d'Aliénor d'Aquitaine, alors âgée de quinze ans, avec le futur Louis VII, roi de France ; et en novembre 1615, le mariage d'Anne d'Autriche, Infante d'Espagne, et de Louis XIII, roi de France et de Navarre.

Historique

L'église primitive L'église primitive est fondée au Rapport historique de l'architecte diocésain, 31 janvier 1851, Archives nationales, cote F/19/7651 ; Notice du Service régional du patrimoine et de l'inventaire, [inventaire.aquitaine.fr/decouvertes-virtuelles/la-cathedrale-de-bordeaux.html consultable en ligne].. Le lieu de culte aurait subi des destructions pendant les invasions médiévales : Wisigoths lors des invasions barbares à la fin du , par les Sarrasins en 725, lors des invasions normandes en 848 et 864.

En 814, Louis le Pieux accorde un diplôme d'immunité à la cathédrale et place ses deux édifices adjacents (Église St Marie et Chapelle St Hélène) sous la protection judiciaire du roi.

Reconstruite au cours du , la cathédrale est consacrée en 1096.

La nef, de style gothique angevin, date du et fut modifiée au . Le déambulatoire, entrepris vers 1280, fut raccordé à la nef vers 1330.

L'église gothique En 1305, Bertrand de Got, archevêque de Bordeaux accède au trône de Saint Pierre sous le nom de Clément V. Il ne parvient pas à enraciner son influence à Rome, et décide d'installer le siège de la papauté en France, à Avignon, c'est le début de la papauté avignonnaise. Il n'oublie cependant pas ses origines gasconnes et libère des fonds importants pour l'extension et l'embellissement de la cathédrale. Sous son action, l'ancienne cathédrale romane prend l'aspect d'un édifice gothique, style architectural en pleine expansion partout en France. 190px|vignette|Chœur de la cathédrale.|gauche alt=|vignette|260px|Dégagement de la Cathédrale St-André, 1865, par Léo Drouyn. Le chœur et les chapelles rayonnantes ont été réalisés au . C’est aussi à cette époque que furent érigées les façades des bras du transept. Le gros-œuvre était alors entièrement réalisé. Le clocher, les tours et les flèches du transept sud furent terminés au . On commença aussi à pourvoir l’édifice d’une ceinture d’arcs-boutants, achevée au siècle suivant. À l’extérieur, l’impossibilité d’établir un portail sur la façade occidentale en raison des remparts adjacents explique le dépouillement de celle-ci ; en revanche, les façades latérales au niveau du transept ont connu un développement important. Sur la façade nord, la Porte royale est réalisée vers 1250. Le contrefort de Gramont marque le début de la Renaissance à Bordeaux. La façade nord est surmontée de deux tours de de hauteur.

La cathédrale est flanquée d'une tour du à l'est du chevet : le clocher ou tour Pey-Berland, construite sur ordre de l'archevêque du même nom. Par ses lettres patentes, Louis XI confirme les privilèges de cette église, d'abord après son sacre en 1461Lettres patentes de Louis XI, Paris, le 28 septembre 1461, , puis, à la suite de la mort du duc de Guyenne, son frère, en 1472Lettres patentes de Louis XI, Abbaye Saint-Florent-lèz-Saumur, juin 1472, .

Un tremblement de terre provoque l'effondrement d'une partie des voûtes le Rapport historique de l'architecte diocésain, 31 janvier 1851, Archives nationales, cote F/19/7651.. La charpente du chœur est détruite par un incendie le à la suite d'un accident de soudureBrochure Bordeaux, ville d'art et d'histoire ; Rapport historique de l'architecte diocésain, 31 janvier 1851, Archives nationales, cote F/19/7651..

Le décret impérial du Décret impérial du 25 avril 1808, consultable en ligne sur le site Internet des Archives départementales de la Gironde concernant la ville de Bordeaux prévoit le financement des travaux de restauration de la cathédrale.

Le , un ouragan renverse le fronton de la façade nord sur les voûtes qui s'écroulent en partie, la foudre tombe sur l'une des flèchesArchives nationales (France), dossier de travaux de la cathédrale Saint-André de Bordeaux, cotes F/19/7650 et F/19/7651 ; Le viographe bordelais, ou Revue historique des monuments de Bordeaux, 1844, et suivantes, consultable en ligne.

Le dégagement de la cathédrale et la destruction du cloître Jusqu’au , la cathédrale est totalement englobée dans un réseau de ruelles étroites bordées de constructions anciennes. En 1836, les autorités municipales installent la mairie dans l’ancienne résidence de l’archevêque (palais Rohan, construit en 1770). Elles décident de concentrer autour de l'hôtel de ville plusieurs édifices publics (caserne, facultés, hôpital...), et de moderniser le tissu urbain. En 1844, malgré les protestations de la commission des Monuments historiques, la municipalité décide la destruction de l'ancien cloître situé sur le flanc sud. L'architecte Paul Abadie prend la tête du chantier en 1863, fait détruire en 1865 le cloître et élève à sa place, en 1869-1879, des sacristies et des annexes.

Reconnaissance patrimoniale vignette|La cathédrale en 1888.|215x215px

Monument historique depuis 1862 La cathédrale est classée au titre des monuments historiques par la liste des monuments historiques de 1862.

Patrimoine mondial depuis 1998 Le , l'Assemblée Générale de l'UNESCO, réunie à Kyōto (Japon) a adopté la proposition d'inscrire sur la liste du patrimoine mondial, les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France. Parmi 71 monuments associés au pèlerinage et retenus par la commission, 19 figurent en Aquitaine, dont trois à Bordeaux :

la cathédrale Saint-André la basilique Saint-Seurin la basilique Saint-Michel

Architecture Extérieur Le tympan vignette|Tympan du portail nord. Le tympan du portail nord de la cathédrale de Bordeaux se décompose pour Jacques Gardelles en trois registres. En bas, sur le linteau est représentée la Cène. Un nébulé, c'est-à-dire un cordon de nuage sépare ce registre du suivant, qui présente une ascension du Christ au milieu des douze apôtres. Aux pieds du Christ figure un mont des oliviers symbolique. Au sommet de ce tympan, Dieu le père est représenté sous les traits d'un Christ trônant entre deux anges. L'un tient un linceul, l'autre une couronne d'épine. Les deux anges qui encadrent ce tympan portent une lune et un soleil comme on a coutume de faire dans les jugements derniers.

Intérieur Dimensions vignette|Nef. Longueur intérieure : . La nef unique sans collatéral a de large au transept. La hauteur sous voûte est de dans la nef et de dans le chœur.

Les chapelles À gauche de l'autel se trouve la chapelle dédiée à saint Simon Stock, général des Carmes, connu et vénéré pour avoir reçu le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel, dans une vision. Les reliques du saint sont exposées sur l'autel.

Les orgues Les grandes orgues La première mention d’un orgue à la cathédrale est datée de 1352. Détruit par l'effondrement des voûtes occidentales en 1427, il est immédiatement reconstruit par Jaquet de Resta. Un nouvel orgue vient prendre place sur la tribune reconstruite sous Charles de Gramont en 1531. Un chroniqueur anglais, Andrew Boorde, de passage à Bordeaux en 1535, écrit : « Dans la cathédrale Saint-André, se trouvent les plus belles et les plus grandes orgues de toute la chrétienté. »

En 1619 le chapitre confie la reconstruction des grandes orgues au facteur toulousain Antoine Lefèbvre, restauration inachevée suivie d'un long procès. On fait alors appel à Valéran de Héman en 1627. Il reprend le chantier qui n'est achevé qu'en 1637. L'orgue fait l'objet de nombreux travaux de modification et d’agrandissement. Les plus notables sont les interventions de Jehan Haon en 1656, L'Epine en 1711 et Micot en 1761.

Malheureusement, sous la Révolution, les orgues sont vendues et les tuyaux fondus pour les besoins de l'armée. En 1795, un rapport indique qu'il n'en reste que « quelques débris de sommiers et différents morceaux de bois épars ».

En , l'orgue de l'église Saint-Pierre de La Réole, œuvre du facteur toulousain Jean-Baptiste Micot (1766), est transféré à Saint-André où il demeure stocké dans le cloître tandis que sont menés les travaux de réaménagement de la cathédrale. Il n'est installé qu'en 1810 par Isnard et Bayssac Labruyère mais s'avère insuffisant pour la primatiale et est démonté dès 1811. En 1812, l'orgue est à nouveau démonté afin de permettre la réfection de la tribune et l'on en profite pour en échanger la partie instrumentale avec l'orgue de l'abbatiale Sainte-Croix construit par Dom Bédos de Celles entre 1744 et 1748. vignette|redresse=1.25|L'orgue de tribune.

Les buffets restent cependant à leurs places respectives. À cette occasion, le buffet de Micot installé à la cathédrale est modifié pour permettre à l'instrument de Dom-Bedos d'y prendre place. Les travaux sont achevés en 1816. Le résultat est extrêmement décevant : autant l'orgue de Dom Bédos sonnait magnifiquement à Sainte-Croix, autant l'instrument transféré à la cathédrale semble perdu dans cette grande nef d'un volume de huit à dix fois supérieur. L'orgue est réceptionné en sous réserves.

De 1837 à 1841, le facteur Henry effectue une nouvelle restauration et modifie l'agencement des ailes latérales du grand buffet.

Entre 1875 et 1877, le facteur Georges Wenner restaure, complète et agrandit l'orgue, installe un grand récit expressif de 14 jeux et reconstruit la mécanique et la soufflerie. Afin de masquer l’imposante boîte expressive du récit, le buffet est une nouvelle fois modifié dans sa partie centrale, par l’ajout d’un étage supplémentaire. L’orgue comportait alors 56 jeux répartis sur 3 claviers et un pédalier.

Par la suite, l'orgue est modifié à plusieurs reprises tout au long du avant que la restitution du Dom Bédos à Sainte-Croix, et la construction d'un orgue neuf à la cathédrale ne soient décidés en 1972.

Construites de 1973 à 1975 par la société Danion-Gonzalez dans l'ancien buffet restauré "dans l'état d'avant 1875" et décapé, ne sont inaugurées qu'en 1982. Les tractions mécaniques, au fonctionnement aléatoire, sont électrifiées dès 1987. L'orgue est l'objet d'une dizaine campagnes de travaux entre 1992 et 2010. À partir de 2013, se pose la question de la réfection de la partie instrumentale. Un appel d'offres lancé en 2023 attribue les travaux aux entreprises Rieger Orgelbau, facteur autrichien, et Orglez L'Haridon-Feryburger. Ceux-ci sont prévus pour débuter en 2026 et s'achever en 2030.

L'imposant buffet, classé monument historique, occupe toute la largeur de la nef et compte parmi les plus grands de France avec une envergure de .

Composition