Orlyval est une ligne de métro automatique située en Île-de-France et effectuant la navette entre la gare d'Antony du RER B et l'aéroport d'Orly. Mise en service le et longue de , elle utilise la technologie du véhicule automatique léger (VAL).
Initialement construite et exploitée entièrement sur des fonds privés, Orlyval se révèle être un échec commercial à son ouverture. L'exploitation est reprise par la RATP en 1993 et la ligne connaît alors un regain de trafic. Orlyval conserve cependant des tarifs élevés et non inclus dans la plupart des abonnements, ce qui constitue un cas à part en Île-de-France.
L'arrivée en de la ligne 14 du métro de Paris à l'aéroport d'Orly a fait perdre à Orlyval une grande partie de sa clientèle. En 2026, divers projets sont à l'étude pour redonner au VAL des perspectives d'avenir.
vignette|Plan de la ligne.|gauche vignette|Logo d'Orlyval.
Histoire
Genèse du projet Durant les années 1980, la desserte de l'aéroport d'Orly par les transports en commun se révèle insuffisante.. Une station de métro a pourtant été imaginée dès la construction de l'aéroport, dans les années 1960, mais les différents projets d'extension ne se sont pas concrétisés. Durant les années 1970, la SNCF a mis en place le service OrlyRail aboutissant à la gare du Pont de Rungis mais nécessitant une correspondance avec un bus pour rejoindre l'aéroport d'Orly. Faute d'une liaison ferroviaire efficace, les voyageurs aériens doivent donc emprunter différentes lignes de bus qui peinent à répondre à la demande. C'est l'automobile qui demeure alors le moyen d'accès privilégié à la plateforme aéroportuaire mais les embouteillages sont fréquents.
Pour améliorer la desserte de l'aéroport, plusieurs options sont envisagées par la RATP dont une nouvelle branche du RER B ou le prolongement de la ligne 7 du métro. La SNCF propose pour sa part un prolongement du service OrlyRail, intégré entre-temps au RER C, depuis la gare du Pont de Rungis. Finalement, les pouvoirs publics optent, à la suite d'un appel d'offres lancé en 1986, pour la construction d'une ligne de métro automatique reliant l'aéroport à la gare d'Antony.. De là, il est prévu que les passagers puissent emprunter le RER B en direction de Paris. Ce projet, baptisé Orlyval, est présenté en . L'exploitation doit avoir recours à la technologie française du véhicule automatique léger (VAL) de la société Matra, déjà en service à Lille depuis 1983. L'État espère ainsi offrir une vitrine à Matra pour exporter le VAL à l'étranger.
Le gouvernement de Jacques Chirac est toutefois réticent à financer l'opération et décide qu'Orlyval sera intégralement financé sur des fonds privés via un système de concession. La société Orlyval, qui signe le contrat de concession en et dotée d'un capital de de francs, réunit Matra, Air Inter, Lyonnaise des eaux-Dumez et la RATP, ainsi que plusieurs banques dont Indosuez, le Crédit lyonnais, et la Caisse des dépôts. Ce capital est détenu à 34,7 % par le groupe de banques, 26,7 % par Air Inter, 18 % par Lyonnaise des eaux-Dumez, 17,3 % par le fabricant du VAL (Matra) et 3,3 % par la RATPJournal L'Humanité - La RATP reprend Orlyval, article du 9 décembre 1992.. De son côté, le projet non retenu de branche du RER C était soutenu par Cofiroute et Spie-Batignolles.
L’opération Orlyval est estimée à 1,75 milliard de francs en 1988. La société contracte, sous la coordination d’Indosuez, des emprunts pour auprès de plusieurs banques. Les prévisions de trafic sont alors de l'ordre de 14 à par jourJournal L'Humanité - Orlyval coûtera 10 millions par an pendant 29 ans, article du 29 janvier 1993..
Mise en service et échec commercial Le service commercial d'Orlyval débute le . L'inauguration a lieu en présence du Premier ministre, Édith Cresson, et du ministre des Transports, Paul Quilès. Il s'agit de la première ligne de métro automatique mise en service en Île-de-France. Fait notable, la mise en service intervient avec trois mois d'avance sur le calendrier prévisionnelJournal L'Humanité - Orlyval, article du 12 janvier 1992.
Mais probablement à cause du tarif élevé du billet (55 francs à son démarrage) qui cible une clientèle surtout constituée d'hommes d’affairesJournal L'Humanité - Un métro nommé soupirs, article du 9 septembre 1992, et de la correspondance imposée à Antony, seul un tiers des prévisions de trafic est atteint, avec 4 à voyageurs par jour après cinq mois d'exploitationJournal L'Humanité - Nouveaux tarifs pour Orlyval, article du 27 février 1992. En conséquence, les tarifs sont diminués, mais cela ne suffit pas à redresser la fréquentation, qui atteint 1,2 million de voyageurs par an en 1992 au lieu des 4,3 millions initialement prévus en année pleineLe Monde - Manquant de passagers Orlyval baisse de 55 % certains de ses tarifs, article du 7 juillet 1992.. La société Orlyval est mise en liquidation judiciaire Information sur la convention RATP Val Service, Comité d'entreprise de la RATP, 24 mars 1999, , sur ce-eco.ratp.fr (consulté le 22 janvier 2015). en .
Reprise de l'exploitation par la RATP L'exploitation est reprise par la RATPLe Monde - Abandonnant 1 milliard de francs Les banques s'accordent sur la reprise d'Orlyval par la RATP, article du 10 décembre 1992, avec une subvention de dix millions de francs par an pendant vingt-neuf ans, versée par la régionLe Monde - La région va participer au sauvetage d'Orlyval, article du 30 janvier 1993première session ordinaire de 1993 - 1995. À partir de 1993, la fréquentation est en forte hausse, d'environ 10 % par an, variant selon les jours, le nombre le plus important de voyageurs se situant le vendredi. Une étude menée en février et démontre que la clientèle est essentiellement masculine et constituée de cadres et de membres de professions libérales à 69 %, usagers réguliers de la ligne utilisée pour raison professionnelle. En conséquence de cette augmentation du trafic, la RATP augmente la plage horaire de circulation le , de 6 h à 22 h 30 en semaine et de 7 h à 23 h le dimanche afin d'assurer une connexion avec les premiers et derniers vols intérieurs« Orlyval remonte la pente », La Vie du Rail magazine, n°2454 du 13 au 19 juillet 1994, p. 35.vignette|Une rame d'Orlyval au départ.Lors de la reprise de l'exploitation par la RATP, il a été convenu que la régie devait reverser aux créanciers une somme forfaitaire pour chaque passager empruntant la ligne au-delà d'un excédent d'exploitation forfaitaire (le point mort est fixé jusqu'en 1996 à de passagers par an, puis à ). Ce montant, indexé sur l'inflation, représentait pour un billet à en 1993. Il est dû jusqu'à la fin de la concession, le ..
Il explique également pourquoi la ligne conserve depuis une tarification dérogatoire, qui ne l'inclut pas dans le régime forfaitaire de la carte Navigo. Néanmoins, cette tarification propose un tarif enfant représentant sensiblement la moitié du tarif ordinaire (voir ci-après).
Tracé et stations vignette|center|upright=2.0|Plan de la ligne Orlyval et de sa correspondance avec le RER B.
Orlyval est constitué d'une ligne majoritairement à double voie équipée de pistes pour le roulement sur pneumatiques. Les trains fonctionnent de manière entièrement automatique. La ligne a la particularité d'être exploitée en rebroussement, les trains venant d'Antony devant changer de direction à Orly 1, 2 ,3 pour gagner Orly 4. Les trains roulent donc à gauche entre Antony et Orly 1, 2, 3 et à droite entre Orly 1, 2, 3 et Orly 4.
vignette|Le viaduc d'Orlyval en direction du nord, vu de l'aérogare Orly 4.
La ligne a pour origine la gare d'Antony, desservie par la ligne B du RER. Le terminus comporte deux demi-stations superposées. La demi-station de départ est au même niveau que le quai desservi par les trains du RER en provenance de Paris en queue, celle d'arrivée étant située au niveau inférieur. Les voies s'achèvent au nord par un tunnel en impasse équipé d'un tiroir de retournement.
Le tracé se dirige vers l'aéroport en direction du sud d'abord en tunnel, puis émerge à l'extérieur par une courbe à gauche qui le fait obliquer vers l'est. Le tracé, globalement rectiligne, franchit l'autoroute A6 par un pont ; un raccordement donne, plus loin, accès à l'atelier d'entretien du matériel roulant situé au nord. La ligne longe alors par le nord la ligne de Grande Ceinture empruntée par la ligne C du RER. Une courbe vers la droite, en direction du sud, fait plonger la ligne sous les pistes de l'aéroport, puis elle ressort et atteint en viaduc la station Orly 1, 2, 3, à double voie encadrée de deux quais et en impasse. Les trains se dirigent alors vers les deux demi-stations d'Orly 4 en rebroussant par un parcours avec courbe à droite puis contre-courbe à gauche en viaduc, qui possède ici une forme de « S ». La ligne atteint la demi-station Orly 4 départ, desservie par un quai latéral du côté sud donnant directement accès au hall de l'aérogare, et se poursuit jusqu'à la demi-station Orly 4 arrivée de même configuration où la voie devient unique. Le parcours s'achève toujours en viaduc par un tiroir de retournement à double voie.
Stations
Exploitation vignette|La rame VAL 206 (côté motrice P04) à Wissous, effectuant la trajet entre Antony et Orly 1, 2, 3. Au second-plan, l'atelier de maintenance.Orlyval circule tous les jours de à . Le temps de parcours entre la gare d'Antony et l'aérogare d'Orly 4 est de six minutes, à la vitesse maximale de , alors que le trajet entre Orly 1, 2, 3 et Orly 4 dure une minute. Le parcours de cette dernière section est gratuit, ce qui permet d'économiser les lents trajets en bus depuis les parkings éloignés au niveau du coût pour l'aéroport et du temps pour les visiteurs accompagnateurs.
Orlyval est exploité depuis 1991 par une filiale détenue à 99 % par la RATP, le 1 % restant étant détenu par la SNCF.. Siemens, actionnaire de 1991 à 2005, se consacre dorénavant exclusivement à la maintenance du matériel et des automatismes.
Matériel roulant La ligne est équipée de huit rames VAL 206 de deux voitures, pouvant transporter chacune 120 personnes. Chaque rame parcourt en moyenne kilomètres par an, ce qui est légèrement supérieur au parcours moyen des autres matériels de type VAL mais inférieur au CDGVAL dont chaque rame parcourt par an. L'exploitation en heures de pointe mobilise six rames, une restant en réserve. La révision générale, qui se déroule tous les , immobilise une rame pendant trois à quatre mois. Le parc réduit pose ainsi des problèmes croissants d'exploitation« Orlyval face au vieillissement du matériel », Le Rail, janvier-février 2007.. vignette|Intérieur d'un VAL 206 rénové. On voit à droite les écrans LCD installés sur les vitres. Entre 2017 et 2020, les huit rames sont progressivement rénovées et permettent une augmentation de leur capacité en réduisant le nombre de places assises pour faciliter les déplacements des voyageurs avec bagages..
À l'instar des métros de Lille et Toulouse, chaque rame est désignée par un numéro et au sein de chaque rame, chaque voiture a sa propre identification : les voitures sont nommés H (pour « Hacheur », voiture où se situe le poste électrique) et P (pour « Pilote » ou « Pupitre », voiture où se situe l'électronique et l'automatisme)...
+ État du parc de l'Orlyval en 2023. Numéros Composition Modèle Mise en service 01-08 P01-H01 à P08-H08 VAL 206 1991
À la mise en service en 1991, les rames arboraient une livrée bicolore bleu et blanc. À partir de 1993, celles-ci adoptent ensuite la livrée vert jade afin de marquer la reprise de la ligne par la RATP. La rénovation s'est accompagnée d'une troisième livrée, majoritairement blanche et noire au niveau des vitres, avec un bandeau vert sur le toit.