Éric Ciotti, né le à Nice (Alpes-Maritimes), est un homme politique français, maire de Nice depuis 2026.
Il est notamment député de la première circonscription des Alpes-Maritimes depuis 2007, président du conseil général puis départemental de 2008 à 2017 et questeur de l'Assemblée nationale de 2018 à 2024.
Il exerce plusieurs fonctions à l'Union pour un mouvement populaire (UMP), devenue Les Républicains (LR), et appartient à l'aile droite du mouvement. Il est battu par Valérie Pécresse à la primaire de LR pour l'élection présidentielle de 2022, mais est élu président du parti la même année.
En vue des élections législatives de 2024, il provoque une crise au sein de LR en concluant une alliance électorale avec le Rassemblement national (RN). Il fonde dans la foulée l'Union des droites pour la République (UDR), formation politique située à l'extrême droite.
En alliance avec le RN, il remporte les élections municipales de 2026 à Nice face à Christian Estrosi, devenant maire de la ville et président de la Métropole Nice Côte d'Azur.
Famille et scolarité Origines familiales Éric CiottiNom prononcé ['ʧɔtti]. est né dans une famille originaire de Saint-Martin-Vésubie et est d'ascendance française par sa mère, Annie Airaudi., et italienne par son père, Bernard Ciotti. Son père a des ancêtres originaires de la ville italienne de Trévise qui se sont installés dans le comté de Nice avant le rattachement de celui-ci à la France en 1860. Sa famille tient une quincaillerie à Nice..
Études et formation Issu d'un milieu modeste., Éric Ciotti étudie au lycée du Parc-Impérial à NiceLaetitia Strauch-Bonart, Jérôme Cordelier et Saïd Mahrane, « Droite : le grand oral du Point », Le Point n°2568, 28 octobre 2021, p. 155-161 (précisément p. 160).. Il passe une licence d'économie à Nice puis il est diplômé en 1988 de l'Institut d'études politiques de Paris. Il commence sa carrière comme collaborateur parlementaire de Christian Estrosi, député RPR élu dans les Alpes-Maritimes, avant de travailler de 1995 à 1998 au cabinet de Jean-Claude Gaudin, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA).
Parcours politique Il vient à la politique par son oncle, premier adjoint au maire de Saint-Martin-Vésubie.
Débuts comme assistant parlementaire Il est recruté comme collaborateur parlementaire en 1988, à 23 ans, par Christian Estrosi.
Le , François Fillon, député RPR, écrit à Jean-Pierre Chevènement, ministre de la Défense, en vue de faire exempter du service militaire Éric Ciotti, alors collaborateur parlementaire de son collègue Christian Estrosi. Mais le ministre quitte ses fonctions peu après et c'est finalement au titre de soutien de famille, en raison de la grossesse de sa conjointe, que l'intéressé obtiendra une dispense quelques semaines plus tard. La publication de cette lettre dans Le Canard enchaîné du vaudra des critiques à Ciotti, devenu entre-temps partisan déterminé du service militaire obligatoire, suspendu en 1997 sur initiative de Jacques Chirac.. Le site de l'hebdomadaire Challenges propose un choix de vidéos où l'on voit Ciotti réclamer avec force la restauration du service national : ..
De 1998 à 2001, Ciotti est conseiller régional, pour le RPR, au conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur. De 2003 à 2007, il occupe le poste de directeur de cabinet de Christian Estrosi, président du conseil général des Alpes-Maritimes. De 2005 à 2007, il cumule cette fonction avec celle de conseiller au sein du cabinet ministériel de Christian Estrosi, alors ministre délégué à l’Aménagement du territoire..
Engagements et mandats locaux Élu le sur la liste de Christian Estrosi lors des élections municipales à Nice, il devient ensuite premier adjoint au maire, chargé notamment du développement durable, de l'aménagement urbain, des travaux et des déplacements. Le même jour, il subit une défaite aux élections cantonales dans le canton de Nice-1 : Marc Concas (PS) est en effet réélu au conseil général avec 51,54 % des voix contre 48,46 % pour Éric CiottiÉlections cantonales de 2008 - résultats dans le canton de Nice-1 sur le site du ministère de l'Intérieur..
Le , à la suite de la démission de Gaston Franco, il est élu conseiller général dans le canton de Saint-Martin-Vésubie, dès le premier tour de scrutin et contre quatre candidats, avec 78,5 % des suffrages.. Quelques jours plus tard, le , Éric Ciotti est élu président du conseil général des Alpes-Maritimes par l'assemblée départementale, succédant à Christian Estrosi, atteint par les règles sur le cumul des mandats« Conseil général : le sacre d'Éric Ciotti », Nice-Matin, 18 décembre 2008.. Pour se conformer aux règles relatives à la limitation du cumul des mandats, il démissionne le même jour de ses mandats de conseiller municipal et d’adjoint au maire de NiceNice « Premier adjoint : Benoît Kandel succède à Éric Ciotti », Nice-Matin, 19 décembre 2008..
thumb|Éric Ciotti en 2011.|gauche Aux élections cantonales de 2011, Éric Ciotti est réélu au premier tour dans le canton de Saint-Martin-Vésubie, avec 76,84 % des voixÉlections cantonales de 2011 - résultats dans le canton de Saint-Martin-Vésubie sur le site du ministère de l'Intérieur.. Il est reconduit à la tête du conseil général des Alpes-Maritimes le , avec , soit six de plus qu'en 2008« Éric Ciotti réélu président du conseil général », Nice-Matin, avril 2011..
Lors des élections municipales de 2014, il est le président du comité de soutien de Christian Estrosi, candidat à sa réélection à Nice« Fillon pacificateur UMP des Alpes-Maritimes », Le Figaro, encart « Culture », mercredi 8 janvier 2014, p. 34..
À l’issue du premier tour des élections départementales de 2015, il est élu conseiller départemental (nouvelle dénomination du mandat de conseiller général)Gaël Vaillant, « Ciotti, Emmanuelli, Baylet… Ces personnalités élues dès le premier tour », lejdd.fr, 22 mars 2015.. Le , lors de la première séance du conseil départemental, il est réélu président du département par les conseillers, avec sur 54Nathalie Layani, « Eric Ciotti président du Conseil départemental des AM, 7 femmes vice-présidentes », france3-regions.francetvinfo.fr/cote-d-azur, 2 avril 2015.. En , il devient secrétaire départemental de la fédération Les Républicains des Alpes-Maritimes« Ciotti contourne Estrosi », Paris Match, semaine du 24 au 30 septembre 2015, p. 32..
Dans le département des Alpes-Maritimes, il s'oppose à partir de à Christian Estrosi, qui adopte un profil plus modéré que lui et qui se dit prêt à collaborer avec la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron, que le maire de Nice soutient.. Le , Éric Ciotti succède à Estrosi à la présidence de la fédération LR du département, tandis que ses partisans l’emportent sur les soutiens du maire de Nice lors de l’élection des délégués de circonscription..
Député des Alpes-Maritimes vignette|redresse|Éric Ciotti en 2011.
Élections législatives de 2007 Le , il est élu député dans la des Alpes-Maritimes en obtenant au second tour 60,92 % des voix face au candidat socialiste Patrick AllemandÉlections législatives de 2007 - résultats dans la première circonscription des Alpes-Maritimes sur le site du ministère de l'Intérieur.. Il fait partie du groupe UMP à l'Assemblée nationale, où il est membre de la commission des Lois. Passionné par les questions de légitimité électorale, il avait, un temps, imaginé de réfléchir à « des propositions de loi visant à supprimer les triangulaires pour tous les scrutins électoraux »Une information relevée en juin 2010 par le mensuel provençal Le Ravi, mai 2008Vers la fin des triangulaires, sur son blog.
Engagement parlementaire Il est l'auteur d'une proposition de loi visant à lutter contre l'absentéisme scolaire en suspendant ou supprimant des allocations familiales en cas d'absentéisme prolongéhttp://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000022862522&dateTexte=&categorieLien=id. La mesure, souhaitée par le président de la République Nicolas Sarkozy, reprend une loi abrogée en 2004. Elle est adoptée en par l'Assemblée nationale puis en septembre par le Sénat. Les chiffres des résultats de cette loi fluctuent selon les sources, et l'interprétation varie également selon les tendances politiques. Le , des chiffres rendus publics indiquent que depuis l'entrée en vigueur de la « loi Ciotti », le 24 janvier précédent, environ d'avertissement ont été adressées par les inspecteurs d'académie aux familles dont les enfants ont été absents sans justification plus de quatre jours et demi en un mois ; à la suite de cet avertissement, seraient retournés à l'école.. Les détracteurs de la loi la jugent inéquitable et inefficacehttp://www.senat.fr/rap/l12-056/l12-0562.html#fnref13, tableau présentant les résultats des enquêtes de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP).
Réélection en 2012 et 2017 Lors des élections législatives de 2012, il se représente dans la des Alpes-Maritimes. Il arrive nettement en tête au premier tour avec 43,89 % des voix, et affronte au second tour le socialiste Patrick Allemand qui a recueilli 28,68 % des suffragesRésultats des élections législatives 2012 - Alpes-Maritimes (06) - , interieur.gouv.fr, ministère de l'Intérieur, consulté le 11 juin 2012.. Ciotti est réélu député dans la première circonscription des Alpes-Maritimes le avec 60,73 % () face à Patrick Allemand. Le , Éric Ciotti est élu pour la première fois parmi les neuf vice-présidents du groupe UMP de l'Assemblée nationale.
Le Éric Ciotti fonde son micro-parti sous l'appellation d'« Association des Amis d'Éric Ciotti » puis « À droite ! Les Amis d'Éric Ciotti ». Son siège social est situé 15, quai des Deux-Emmanuel à Nice. Candidat à sa réélection lors des élections législatives de 2017, il l'emporte avec 56,2 % au second tour.. D'après le Canard enchainé, il aurait négocié un accord avec Philippe Vardon du Front national. Alors que celui-ci devait initialement se présenter dans la première circonscription des Alpes-Maritimes, celle d'Éric Ciotti, il se serait reporté sur la troisième circonscription, où il bénéficie de la candidature d'un LR dissident affaiblissant Rudy Salles. Le FN parachute dans la première circonscription un inconnu, moins menaçant pour les autres candidats que le médiatique Philippe Vardon.
Comme le veut la tradition, un des postes de questeur de l'Assemblée nationale revient à l'opposition. Éric Ciotti est le candidat LR pour l'obtenir mais c'est finalement Thierry Solère, du groupe Les Constructifs, qui est élu. Cet épisode envenime des tensions déjà vives au sein du parti, entre ceux qui, comme Thierry Solère, souhaitent collaborer avec Emmanuel Macron, et d'autres, qui, comme Éric Ciotti, veulent une opposition frontaleCarl Meeus, « La clarification d'Éric Ciotti », Le Figaro Magazine, semaine du 7 juillet 2017, p. 20.. Après la démission de Solère, il se représente au poste de questeur, et fait face à Ugo Bernalicis, opposant de gauche membre de La France insoumise... Il remporte l'élection, organisée le , gagnant contre 35..
En février 2019, il fait voter à l'Assemblée nationale un amendement visant à installer les drapeaux français et européen, La Marseillaise et la devise Liberté, Égalité, Fraternité dans chaque classe de chaque école..
Le , il dépose à l'Assemblée une proposition de loi visant à interdire la diffusion d'images de policier, de militaires et d'agents de douane. Son texte est critiqué, intervenant au lendemain de la mort de George Floyd, mort d'asphyxie lors de son arrestation par la police aux États-Unis. Ce projet reçoit le soutien de syndicats de police.
Élections législatives de 2022 vignette|redresse|Éric Ciotti en 2023.