La presqu'île d'Arvert est une région naturelle située en Charente-Maritime, dans le sud-ouest de la France. Elle correspond à la partie nord-ouest du Royannais.

Bordée par l'océan Atlantique et le pertuis de Maumusson à l'ouest et au nord-ouest — où elle fait face à l'île d'Oléron — par l'estuaire de la Seudre dans sa partie septentrionale et par l'estuaire de la Gironde dans sa partie méridionale, sa capitale historique est Arvert. Sa plus grande ville et capitale économique est cependant Royan, importante station balnéaire, port de mer, ville de commerces et de services qui rayonne sur une partie du département.

Sa côte ouest, dite côte sauvage, entre la pointe de la Coubre et Ronce-les-Bains, accueille plusieurs spots de surf prisés. Sa côte sud, dite côte de Beauté, entre La Palmyre et Meschers-sur-Gironde, est constellée d'une série de petites villes résidentielles, stations balnéaires et/ou climatiques (Saint-Georges-de-Didonne, Vaux-sur-Mer, Saint-Palais-sur-Mer, La Palmyre) formant autant de satellites de Royan.

La presqu'île correspond à la partie nord-ouest du Pays Royannais. Elle comprend une quinzaine de communes, toutes relevant de la « grande banlieue » royannaise. Très boisée, surtout dans sa partie littorale, elle abrite la forêt domaniale de la Coubre, deuxième plus grand massif de Charente-Maritime, la forêt des Combots d'Ansoine et la forêt de Suzac, ces deux dernières, classées réserves naturelles, étant propriétés du Conservatoire du littoral.

L'arrière-pays est scandé de champagnes céréalières (Saint-Sulpice-de-Royan, Médis, Saujon), de grands espaces palustres (Les Mathes, Saint-Augustin) et, en bordure de la Seudre, d'une série de petites cités ostréicoles formant la partie méridionale du bassin de Marennes-Oléron (La Tremblade, Arvert, Étaules, Chaillevette, Mornac-sur-Seudre, L'Éguille).

Géographie

Cadre

Localisée dans la partie sud-ouest du département de la Charente-Maritime, la presqu'île d'Arvert est une avancée de terre entre deux estuaires, celui de la Seudre au nord et celui de la Gironde au sud. Au sud-ouest, elle regarde vers l'océan Atlantique tandis qu'au nord-ouest, le pertuis de Maumusson, petit bras de mer réputé pour ses courants violents, la sépare de la pointe de Gatseau, sur l'île d'Oléron.

thumb|left|La forêt de la Coubre, vaste pinède de presque hectares, couvre une grande partie de la presqu'île.

Formant une sorte de grand rectangle, elle est limitée au nord-ouest par les pointes de Mus-de-Loup et Espagnole, qui se prolongent vers le sud par une grande plage presque rectiligne de près de vingt kilomètres, battue par les flots impétueux de l'océan et bordée par un puissant cordon dunaire, la côte sauvage. Au sud-ouest, la pointe de la Coubre, considérablement rabotée par les courants, porte le phare de la Coubre, haut de 64 mètres. Ce monument emblématique de la région, un des phares les plus puissants de la côte atlantique française, témoigne à lui seul du recul de la côte : bâti à plus de 1200 mètres du rivage en 1904, il n'en est plus distant que de 200 mètres à marée hauteLe phare de La Coubre : un balcon exceptionnel sur la mer, article de Pierre Sauvey paru dans La dépêche du Midi, 5 juillet 2012.

La pointe de la Coubre se prolonge vers le sud par une langue de sable qui, modelée par le jeu des courants à l'entrée de la Gironde, forme désormais un petit « lagon » : la baie de Bonne Anse, important sanctuaire ornithologique. La côte sud de la presqu'île, baptisée côte de Beauté, accueille plusieurs stations balnéaires qui sont autant de satellites de Royan, principale ville et véritable capitale économique de cette partie du département. La limite orientale de la presqu'île est moins facile à établir, s'arrêtant approximativement vers Royan ou Saint-Georges-de-Didonne au sud et vers Saujon (rive gauche) au nord.

Administrativement parlant, la presqu'île d'Arvert s'étend sur deux arrondissements (Rochefort et Saintes) et sur quatre cantons (La Tremblade, Royan-Est, Royan-Ouest et Saujon). Elle se compose d'un maillage irrégulier d'une quinzaine de communes autour d'une ville-centre (Royan), de sa proche banlieue (Vaux-sur-Mer, Saint-Palais-sur-Mer, Saint-Georges-de-Didonne, Médis, Saint-Sulpice-de-Royan, Saint-Augustin, Breuillet, Les Mathes) et de deux pôles d'équilibres, La Tremblade et sa couronne périurbaine (Arvert, Étaules, Chaillevette) et Saujon (rive gauche) et une partie de sa périphérie (Mornac-sur-Seudre, L'Éguille)Guy Binot, Histoire de Royan et de la presqu'île d'Arvert, Le Croît Vif, Paris, 1994, p.421.

thumb|Royan est la principale ville et la capitale économique de la presqu'île.

La presqu'île d'Arvert se distingue par la grande variété de ses paysages : au nord-est, les marais de la Seudre constituent un ensemble quadrillé, surtout près de son embouchure, d'immenses étendues de parcs à huîtres. De nombreux bassins d'affinage, baptisés « claires », constituent autant de casiers d'eau miroitante qui sont une des caractéristiques de cette partie de la presqu'île, partie du bassin de Marennes-Oléron, où terre et mer viennent s'imbriquer en un ensemble de lignes douces et horizontales. Des sentiers sinueux permettent de rejoindre une série de ports ostréicoles : La Grève, Coux, Orivol, Les Grandes Roches, qui étalent leurs cabanes de bois le long de chenaux tributaires du fleuve. La Seudre, modeste ruisseau à sa source, est ici une grande artère navigable, que sillonnent plates, chalands et batâs. En s'éloignant vers l'est, L'Éguille, au confluent de la Seudre et du Liman, est à la fois un centre ostréicole et mytilicole; quant à Saujon, longtemps port de première importance avec le site de Ribérou, c'est aujourd'hui un centre tertiaire en plein développement.

Plus au sud, les marais de la Seudre viennent butter contre une mince arête calcaire, petit plateau au relief peu accentué formant une ligne de crête entre Châtelard (commune de Vaux-sur-Mer) et se poursuit jusqu'aux Mathes, en passant par Champagnoles (commune de Saint-Sulpice-de-Royan), Breuillet, Étaules et Arvert. Partiellement recouvert de limons et d'argile, il porte de nombreux bois, soit de feuillus (bois de La Roche à Vaux-sur-Mer, de Maine-Auger et de La Lande à Saint-Sulpice-de-Royan, du Breuil ou de La Louée à Breuillet), soit en mélange avec des résineux (bois des Clônes à Chaillevette, bois de Chassagne à Étaules). Fortement urbanisé à partir de Chaillevette, il porte les villes d'Étaules, d'Arvert et de La Tremblade (avec sa station balnéaire de Ronce-les-Bains), qui forment une agglomération de plus de habitants, au bâti continu sur près de sept kilomètres.

thumb|left|La ville de La Tremblade, au cœur du bassin de Marennes-Oléron.

Le centre de la presqu'île est occupé par une série de marais intérieurs (marais de Saint-Augustin, des Mathes, d'Arvert et de Bréjat), qui sont l'héritage d'un golfe marin qui s'étendait à cet emplacement il y a seulement quelques siècles, le golfe d'Arvert ou golfe du Barbareu. Progressivement isolé de la Gironde et de la Seudre avec lesquels il communiquait par des passes à la suite du déplacement des dunes sur le littoral, le Barbareu s'est progressivement comblé, a été en partie drainé et a formé une série de petits espaces palustres d'une grande richesse faunistique et floristique, désormais protégés par le réseau européen Natura 2000. En marge de la côte girondine, des petites dépressions humides forment autant de marais arrière-littoraux, qu'ils soient artificialisés (marais du Rhâ à Saint-Palais-sur-Mer, de Nauzan à Vaux-sur-Mer — tous deux reconvertis en parcs et espaces verts) ou encore relativement préservés (marais de Pontaillac et de Pousseau à Royan, de La Briquetterie et de Chenaumoine à Saint-Georges-de-Didonne).

Dans sa partie ouest et sud, la presqu'île est composée de massifs dunaires, autrefois mobiles, qui ont été fixés par plantation de pins au à l'instar des Landes. La région y a gagné trois grandes forêts : la forêt domaniale de la Coubre, second massif forestier du département et principal poumon vert de l'agglomération royannaise, la forêt des Combots d'Ansoine et la forêt de Suzac, ces deux dernières étant classées réserves naturelles et propriétés du Conservatoire du littoral. Mêlant pins (maritimes, parasols, d’Alep) aux chênes verts et à certaines espèces plus exotiques (ailanthes, féviers d'Amérique, orangers des Osages), elles sont moins homogènes qu’elles n’y paraissent au premier abord.

thumb|La véloroute EuroVelo 1 (Vélodyssée) près de la baie de Bonne Anse.

Sillonnées de sentiers de promenade, de pistes cyclables et de pistes cavalières (pas moins de 22 kilomètres de circuits VTT, de 25 kilomètres de pistes cyclables/rollers (EuroVelo 1), de 49 kilomètres de pistes cavalières, de 50 kilomètres de sentiers de randonnée — dont le GR4 — rien qu'en forêt de la Coubre), elles recèlent parfois des sites méconnus, encore préservés du tourisme de masse, comme le marais du Galon d'or, près de Ronce-les-Bains. C'est dans la forêt de la Coubre que se trouve le point culminant de la presqu'île : la butte du Gardour, haute de 64 mètres. Du sommet de cette dune lovée au cœur de la pinède, la vue porte jusqu'aux immeubles de Royan, à vingt kilomètres de là.

La côte de Beauté correspond au littoral girondin de la presqu'île d'Arvert. Protégée des vents dominants d'ouest, elle offre une grande variété de paysages, depuis la grande plage rectiligne et bordée de pins de la Grande-Côte (entre La Palmyre et Saint-Palais-sur-Mer) en passant par les petites criques du Bureau à Saint-Palais, de Nauzan et de Saint-Sordelin à Vaux-sur-Mer, les grandes « conches » de Pontaillac, Royan (Foncillon, Grande-Conche) et Saint-Georges-de-Didonne (cette dernière, longue de plus de trois kilomètres, étant la plus grande plage intra-muros de tout le département) et les plages bordées de puissantes falaises de Meschers-sur-Gironde. C'est également la région la plus urbanisée de la presqu'île, formant une agglomération au bâti presque continu sur plus de vingt kilomètres.

Climat

La presqu'île d'Arvert bénéficie d'un climat océanique tempéré de type aquitain, marqué par un ensoleillement assez important (avec 2250 heures par an, il est comparable à celui que connaît une partie de la côte méditerranéennePréfecture de Charente-Maritime : Météo France ). La pluviosité y est relativement faible, les précipitations ne dépassant guère les 750 à 800 millimètres en moyenne, mais avec de grandes disparités entre les saisons.

thumb|La forêt borde la baie de Bonne Anse, petit « lagon » au sud de la pointe de la Coubre.

Les périodes de sécheresse ne sont pas rare, particulièrement durant les mois d'été; automne et hiver sont des saisons plus douces et humides. Le micro-climat de la presqu'île d'Arvert se singularise par ses affinités avec le climat méditerranéen, et permet l'émergence d'une végétation déjà méridionaleDirective régionale d'aménagement - Forêts dunaires atlantiques .

Ainsi la flore se caractérise-t-elle par la présence étonnante de lauriers-roses, eucalyptus, agaves, et même les mimosas se mettent à fleurir dès le mois de janvier. Aux essences déjà méridionales du chêne vert (ou yeuse) et du cyste, s'ajoutent une forte présence de palmiers, figuiers, orangers et même oliviers. Les températures moyennes sont particulièrement clémentes, variant de +5 °C en hiver à +20 °C en été. Les gelées sont rares (environ dix jours par an).

Le vent, généralement de secteur ouest, peut souffler violemment en hiver, et occasionner d'importantes tempêtes. La tempête de janvier 1924, ou encore celle de décembre 1999, avec des rafales proches des 200 km/h, restent toutefois des exceptions. Le reste de l'année, le vent se limite à un régime de brises océaniques, lesquelles permettent de réguler les trop fortes chaleurs en été.

Environnement