230px|vignette|droite|Texte de la bulle Quo primum tempore du pape Pie V dans un Missel romain de 1956.

Quo primum (ou Quo primum tempore), est une bulle pontificale promulguée le par le pape Pie V. Ce texte a pour objet la publication de ce qui deviendra le missel de référence dans l'Église latine, issu de la réforme liturgique voulue par le concile de Trente. Le pape, en publiant la première édition typique du missel romain, rend celui-ci valide dans tout l'Occident chrétien.

Contexte

Les origines de la messe romaine

Le concile de Trente et la liturgie

La bulle Par la bulle Quo primum tempore, le pape rend obligatoire l'utilisation de ce texte dans toute l'Église latine, en faisant exception uniquement pour les lieux et diocèses où la liturgie eucharistique était célébrée suivant un rite au moins biséculaire. C'est ainsi que, entre autres, le rite ambrosien, le rite mozarabe et le rite cartusien (des monastères des Chartreux) ont pu continuer légalement leurs existences. Ils ne sont d'ailleurs que des variations mineures du rite romain.

Pie V termine la bulle par la formule rituelle :

Après la promulgation

Modifications durant les pontificats suivants Malgré la formulation particulière achevant la bulle, plusieurs papes ont modifié le rite tridentin dans les années qui suivirent.

Dès 1600, Clément VIII publie le cérémonial des évêques (le premier du genre), servant de guide concernant la messe pontificale. En 1604, Clément VIII met fin à la prière à réciter à l'entrée de l'église, retire le terme dans le Misereatur et l'Indulgéntiam (deux prières suivant le Confiteor), fait cesser la citation du nom de l'empereur dans le Canon romain et retire la triple bénédiction à la fin de la messe solennelle. En 1634, le pape Urbain VIII, par le bref Si quid, modifie aussi le missel. En 1859, Pie IX instaure ce qui sera appelé plus tard les prières léonines pour toute l'Italie : la fin de la messe se concluant par trois Ave Maria, un Salve Regina et une prière pour la liberté de l'Église.. En 1884, Léon XIII étend ces prières à toute l'Église. Il ajoutera en 1886 une invocation à Saint-Michel Archange. En 1904, saint Pie X fait rajouter la triple invocations, dans les prières léonines, au Sacré-Cœur de Jésus.. En 1907, saint Pie X réforme le psautier, diminuant notamment le nombre de psaumes. Il avait en outre l'intention de réviser le missel, mais mourant en 1914, il ne put achever son projet. En 1920, suivant les indications laissées par saint Pie X, Benoît XV fait quelques modifications et corrections concernant les rubriques. En 1955, Pie XII réforme en profondeur la Semaine sainte. . En 1960, Jean XXIII supprime le deuxième Confiteor (prononcé avant la communion des fidèles), bien qu'il soit autorisé selon la tradition locale.. En 1962, le nom de saint Joseph est rajouté par Jean XXIII dans le Canon romain., ce missel est la sixième et dernière édition typique du Missel romain tridentin. Le nombre d'octaves et de vigiles est fortement diminué, en outre, le prêtre n'a plus l'obligation d'accéder à l'autel avec la tête couverte (généralement par le port de la barrette)..

L'application de la bulle

Mouvement liturgique et encyclique Mediator Dei

Après Vatican II

Le , le pape Paul VI promulgue la constitution apostolique Missale romanumLa constitution apostolique Missale romanum sur le site sacrosanctum concilium pour officialiser le « nouveau missel romain » de la messe dite « de Paul VI » désormais en usage dans l'Église latineVoir la conclusion de la constitution., rendant obsolète le missel romain de 1570. Toutefois, certains fidèles sont demeurés attachés à l'ancien riteainsi par exemple Joseph Ratzinger dit en 1997 : « Je suis d’avis que l’on devrait accorder beaucoup plus généreusement à tous ceux qui le souhaitent le droit de conserver l’ancien rite. On ne voit pas d’ailleurs ce que cela aurait de dangereux ou d’inacceptable. Une communauté qui déclare soudain strictement interdit ce qui était alors pour elle tout ce qu’il y a de plus sacré et de plus haut, et à qui l’on présente comme inconvenant le regret qu’elle en a, se met elle-même en question » dans Le Sel de la terre, éditions du Cerf.. Aussi, en 2007, Benoît XVI en autorisa à nouveau l'usage (bien qu'il n'ait jamais été formellement interdit), sous le nom de forme extraordinaire du rite romain. Cette forme est parfois appelée rite tridentin. Pour l'Église catholique il ne s'agit pas d'un autre rite, mais bien d'une forme exceptionnelle du même rite romain.

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Articles connexes Rite tridentin Rite romain Missel romain

Catégorie:Bulle pontificale Catégorie:Pie V Catégorie:Encyclique de Pie V Catégorie:1570 dans le christianisme