vignette|Plan de l’aéroport. Laéroport de Paris-Orly est un aéroport international situé à au sud de Paris, couramment appelé aéroport d'Orly, du nom de l'une des sept communes sur lesquelles il est situé. L'aéroport, ses aérogares et ses pistes sont réparties à cheval entre les départements de l'Essonne et du Val-de-Marne. Il est placé sous l'autorité du préfet de police de Paris..
Deuxième plate-forme aéroportuaire de France après l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle (Roissy-en-France), elle a accueilli, en 2025, plus de 33 millions de passagers. L'aéroport était historiquement divisé en deux aérogares principales : le terminal Sud (2 halls d'embarquement) et le terminal Ouest (4 halls d'embarquement) et dispose de trois pistes. En , l'appellation des terminaux est modifiée pour y intégrer le bâtiment de liaison, dont la mise en service a lieu le suivant. est divisé en et , le nouveau bâtiment de jonction prend le nom d' et devient .
Il compte aussi une aérogare de fret et une zone d'entretien. L’aéroport est géré par le groupe ADP et exploité commercialement sous la marque Paris Aéroport depuis le Jean-Laurent Maurel, « Aéroports de Paris souhaite exporter son savoir-faire à l’international », www.investir.lesechos.fr, 6 mai 2016 (consulté le 18 janvier 2018)..
Situation géographique
L'aéroport de Paris-OrlyPrésentation de l'aéroport Paris-Orly sur le site officiel de l'exploitant Aéroports de Paris. Consulté le 24/08/2012. est situé à au sud de Paris. Il est construit sur un plateau complètement plat, appelé plateau de Longboyau, à une altitude de . À l'ouest, quelques petites collines limitent la vue. À l'est, le plateau tombe rapidement sur la Seine. Le climat de l'aéroport est un climat océanique dégradé. Les températures moyennes sont plutôt douces, allant de + en janvier à en août. Par temps clair, on peut voir la tour Eiffel et la tour Montparnasse en direction du nord, et les émetteurs de radios de Sainte-Assise au sud.
L'aéroport couvre . Répartition de la surface de l'aéroport Essonne 61,7 % Val-de-Marne 38,3 % Paray-Vieille-Poste 27,4 % Villeneuve-le-Roi 22,5 % Wissous 15,5 % Orly 15,8 % Athis-Mons 13,6 % Chilly-Mazarin 2,8 % Morangis 2,4 %
Histoire et dates Les débuts Inauguré le à Viry-Châtillon, Port-Aviation est le premier aérodrome organisé au monde ; ce document est une archive.. C'est là que se tiennent la plupart des meetings aériens de l'époque. Le site de l'actuel aéroport de Paris-Orly, le plateau de Longboyau, situé à l'est de la route nationale 7, est alors occupé par des champs. Ces champs vont servir de terrain de secours à Port-Aviation, comme lors des inondations de 1910 qui l'ont rendu inutilisable. Au début de la Première Guerre mondiale, le site, facilement repérable et accessible, sert de terrain de secours aux avions alliés, et les agriculteurs du plateau les voient fréquemment s'y poser.
Le le ministère de la Guerre réquisitionne onze hectares sur le plateau de Longboyau et y construit un hangar. C'est le début du camp d'aviation d'« Orly - Villeneuve ». De plus en plus d'avions sont envoyés sur le front à partir de ce terrain. Le les Américains établissent leur base aérienne sur le plateau d'OrlyAérodrome de VILLENEUVE - ORLY (Val-de-Marne), article du 17 février 2017, sur anciens-aerodromes.com, consulté le 12 août 2018.. Au début de 1919 le service des entrepôts généraux de l'aviation civile (SEGA) est installé à Orly. Il est pris en charge par l'armée américaine pour le stockage du matériel aérien de guerreJ. Delarue et autres, Histoire de la ville d'Orly, Imp. Freynet, 1980 , .. Sur ce terrain militaire, les Français, les Belges et les Américains se côtoient jusqu'en 1919.
Après 1918 thumb|Aérodrome d'Orly vers 1926. Après la Première Guerre mondiale, le terrain a une vocation essentiellement militaire pour la Marine. Deux immenses hangars sont construits pour accueillir des dirigeables, versés à titre d'indemnités de guerre de la part de l'Allemagne envers la France. Mais les dirigeables sont perdus en Méditerranée, et les hangars seront occupés par des avions.
L'ingénieur Paul-Louis Richard, célèbre pour ses records d'évasionL'Aérophile, février 1934, sur gallica.bnf.fr, consulté le 12 août 2018. y installe en 1921 une école d'entraînement des pilotes de réserve (futurs Cercles aériens). L'Armée de l'air y ouvre par la suite une école de pilotage. Le pilote Henri Guillaumet se forme à l'école militaire d'Orly.
Déjà un aéroport civil est installé au nord du site, accueillant des avions de passagers civils. Plusieurs écoles de pilotage sont installées à Orly, comme celle de Charles NungesserJ. Delarue et autres, Histoire de la ville d'Orly, Imp. Freynet, 1980, , ., dans laquelle l'aviatrice Hélène Boucher fera ses premiers vols. Le terrain accueille en outre la plupart des rencontres aéronautiques de l'époque.
Pendant la Seconde Guerre mondiale le terrain est d'abord attaqué par la Luftwaffe (armée de l'air allemande), puis devient ensuite une base militaire allemande. Il est systématiquement bombardé par l'aviation alliée ; le , les US Army Air Forces (forces aériennes de l'armée des États-Unis) s'installent à Orly. C'est à ce moment qu'est construite l'ancienne tour de contrôle, encore visible aujourd'hui, ainsi que les pistes nord-sud (02/20) dont l'une est désormais abandonnée, mais toujours présente.
L'après-guerre thumb|Ancienne tour de contrôle d'Orly. Le radar TA23 à gauche n'existe plus et a été démonté pour être remplacé par un radar STAR 2000.
En 1945, la société Aéroports de ParisLa société Aéroport de Paris est passée du statut de établissement public à caractère industriel et commercial au statut de société anonyme en 2005. est créée, chargée d'exploiter les aéroports autour de Paris. Le , les Américains rendent la gestion de l'aéroport à la FranceL'USAF continuera de fréquenter Orly jusqu'en 1955, et plus épisodiquement jusqu'en 1967, notamment pour le transport du personnel diplomatique et des officiels, successivement avec la 1408 unité d'USAF, puis avec le 1630 escadron.. Une aérogare provisoire est construite juste à côté de l'ancienne tour de contrôle, de même que la piste 3 longue de à laquelle est consacré un milliard de francs français.. En 1948 est inaugurée l'aérogare nord, détruite aujourd'hui. L'aéroport du Bourget reste encore, pour peu de temps, l'aéroport principal de Paris. Le salon de l'aéronautique se tient à Orly.
En 1947 la marine revient à Orly. En 1950 a lieu le dernier meeting aérien sur le site. Mais dès cette époque, le besoin d'un nouvel aéroport civil proche de Paris va donner un essor et la prédominance définitive à l'activité civile. Air France quitte l'aéroport du Bourget pour Orly le J. Delarue et autres, Histoire de la ville d'Orly, Imp. Freynet, 1980 , 221.. L'aéroport du Bourget récupère le meeting aérien, devenu depuis lors le fameux Salon aéronautique du Bourget. Cette année-là, avec de passagers, Orly accueille déjà deux fois plus de passagers que l'aéroport Paris-Le Bourget. L'ère de la marine prend définitivement fin le , où Orly devient alors un aéroport entièrement civil.
L'armée française et l'armée américaine continuent cependant à utiliser parfois l'aéroport de Paris-Orly. Par exemple, c'est d'Orly que sont parties les dernières troupes françaises pour l'Indochine le .
Fin 1960 l'aéroport occupe « la superficie du cinquième de Paris ( + ) » et dispose d'une surface de hangars de , ce qui le classe alors comme premier d'Europe continentale.
La Marine à Orly entre 1927 et 1954 Dans les années 1920 la Marine nationale crée ce qui s’appelle alors « L’Aviation maritime, navale ou aéronavale », et qui est de nos jours la Force maritime de l'aéronautique navale. Les constructeurs en aéronautique étant quasiment tous installés en région parisienne, la Marine cherche donc un lieu lui permettant de réceptionner les avions en pièces détachées, les monter et les tester avant de les envoyer à leurs lieux d'affectation.
Ce sera tout d’abord à Nanterre, puis sur l’aérodrome de Saint-Cyr-l'École dans les Yvelines que les marins s’installeront. Enfin, et par besoin d’extension de ses locaux, la Marine arrive à Orly le . Elle récupère les infrastructures devenues libres du fait de l’arrêt d’exploitation des ballons dirigeables civils, dont les deux immenses hangars en béton construits par l’ingénieur Eugène Freyssinet qui seront détruits en 1944 par l'aviation alliée.
Cette nouvelle base marine devient l’entrepôt général de l’aviation maritime puis plus tard l’entrepôt général de l’Aéronautique navale (EGAN).
En , à la suite de l’avancée des troupes nazies sur Paris, la Marine évacue l’EGAN vers Rochefort en Charente-Maritime puis le transfère à Cuers dans le Var.
À la Libération de Paris les Américains s’installent à Orly. L’amiral Henri Nomy, chef de l’Aéronautique navale, réclame auprès des Américains le retour de la Marine à Orly. Ce n’est pas sans difficulté qu’il obtient que l’, alors basée aux Mureaux dans les Yvelines, puisse créer à Orly une escale pour ses plus gros avions et entre autres les quadrimoteurs Languedoc et Bretagne. Cette escadrille est alors chargée de transporter le personnel de la Marine, principalement de la Métropole vers l’Afrique du Nord.
Ce retour de la Marine à Orly est toutefois de courte durée, car en 1954 la 31S doit migrer vers Dugny-Le Bourget. afin de laisser la place aux engins de travaux publics en vue d'entamer la construction de l’aéroport international Paris-Orly et l’aérogare d’Orly Sud.
Jusque dans les années 1980 un arrêt de bus de la RATP baptisé La Marine rappelle encore cette présence à Orly. Quelques habitants des communes voisines ont aussi toujours aujourd’hui en mémoire l’image des immenses hangars à dirigeables, certains d’entre eux ayant même travaillé sur le camp d’Orly pour la Marine nationaleJ.-C. Jacob, président de l’amicale des anciens marins des aéroports de l’Île-de-France, in Orly Base Marine, 1998..
L'aérogare Sud, les « dimanches à Orly » thumb|upright=0.5|Plaque commémorative de l'inauguration de l'aérogare d'Orly Sud. thumb|Vue sur l'aérogare d'Orly Sud et l'actuelle tour de contrôle. Au premier plan, on peut voir le VOR/DME OL de l'aéroport. Au-dessus de la tour de contrôle, on peut voir le radôme abritant le radar de sol Astre 2000. L'aéroport s'équipe progressivement des installations aéronautiques adéquates. En 1953, le premier radar est mis en place et, en 1957, un VOR est installé, permettant une approche plus précise sur l'aéroport.
L'aérogare Sud (1957-1960) consacre une évolution marquée. Elle a été officiellement inaugurée le par le général de GaulleJ. Delarue et autres, Histoire de la ville d'Orly, Imp. Freynet, 1980, , 224.Histoire d'Aéroports de Paris de 1945 à 1981, sur le site « aeroportsdeparis.fr ». Consulté le 12 mai 2013.. Son architecture est innovante . Pour pouvoir agrandir l'aéroport, de nombreux terrains ont été réquisitionnés, et continuent à l'être dans les années suivantes. La est déviée vers l'ouest pour passer juste en dessous d'Orly-Sud. Ceci permet une desserte plus rapide de l'aéroport depuis Paris.
Dans les années suivantes l'aérogare Sud est visitée par des touristes qui viennent passer leur « dimanche à Orly »Citation d'une chanson écrite par Pierre Delanoë et Gilbert Bécaud en 1963.. De nombreux commerces dans l'aérogare, qui accueille de plus un cinéma avec deux salles, attirent touristes et locaux. Une célèbre chanson de Gilbert Bécaud parle de ces dimanches à Orly. L'aérogare Sud est alors un symbole de luxe et de modernité, une vitrine de la France, qui ne cesse de faire rêver. On y croise parfois les plus grandes vedettes qui se font photographier. En 1963 plus de trois millions de visiteurs non passagers y sont venus, faisant de cette aérogare le monument le plus visité de France, devant la tour Eiffel. Le nombre des touristes atteint même en 1965.