Jovan Jovanović Zmaj (en serbe cyrillique : ; né le à Novi Sad et mort le à Sremska Kamenica) est un poète lyrique du romantisme serbe. Il a été membre de l'Académie royale de Serbie..

Biographie

Jeunesse et formation (1833–1860) Jovan Jovanović naît au sein d'une famille de notables aisés de Novi Sad, alors centre culturel majeur des Serbes sous l'Empire d'Autriche. Son père, qui exerça la fonction de maire de la ville, l'oriente vers des études supérieures prestigieuses. Le jeune Jovan étudie le droit à Budapest, Bratislava et Vienne.

C'est à Vienne qu'il fait une rencontre déterminante : celle de Vuk Karadžić, le réformateur de la langue serbe. Sous son influence, il entame sa carrière littéraire en publiant ses premiers poèmes dans les Annales de Matica srpska (Letopis Matice srpske). Bien que juriste de formation, sa vocation poétique s'affirme dès ses premières années d'adulte.

Engagement politique et origine du nom « Zmaj » Revenu à Novi Sad, il s'engage dans le mouvement libéral national aux côtés de Svetozar Miletić. Son surnom, « Zmaj » (le dragon), naît d'un jeu de mots politique et historique :

Il fait référence à l'Assemblée révolutionnaire du 3 mai 1848 (3. maj). En cyrillique, le s'écrit « 3. мај ». En lisant le chiffre 3 comme la lettre « З », on obtient « Змај ».

Ce surnom devient son identité publique en 1864 lorsqu'il fonde le journal satirique éponyme. Par son influence, il contribuera, autant que Njegoš, à la cimentation de l'identité nationale serbe par-delà les frontières des empires.

Vie d'adulte: entre médecine et tragédies (1861–1904) En 1861, il se marie et connaît une période de bonheur intense qui inspire ses premiers grands recueils. Toutefois, en 1863, il décide de reprendre des études de médecine à Budapest, tout en dirigeant la fondation académique Tekelianum.

La décennie suivante est marquée par une tragédie familiale absolue : en 1872, il perd son épouse, puis ses cinq enfants. Seul survivant d'un foyer brisé, il se consacre alors entièrement à la vie publique et à la médecine, s'installant plus tard à Sremska Kamenica où il finira ses jours.

Œuvre littéraire

Poésie lyrique et métaphysique Zmaj est un poète au vers musical, capable de passer de la légèreté éthérée à la profondeur philosophique. Son œuvre est marquée par deux cycles majeurs :

Ђулићи / Đulići (Les Roses, 1864) : Un hymne à l'amour conjugal et au bonheur familial. Ђулићи увеоци / Đulići uveoci (Les Roses fanées, 1882) : Écrit après la mort de ses proches, ce recueil atteint des sommets de mysticisme et de douleur, transformant le deuil en une réflexion universelle sur la vie et la mort.

Il est également l'inventeur du terme « prosaïde » pour désigner ses poèmes en prose.

Littérature de jeunesse et bande dessinée Zmaj est le pionnier incontesté de la poésie pour enfants en Serbie. À travers son journal Neven (Le Souci), il publie des comptines, des fables et des poèmes éducatifs qui font encore partie du patrimoine oral des mères en Voïvodine, au Monténégro ou en Bosnie. Il est aussi considéré comme un précurseur de la bande dessinée serbe par l'utilisation de dessins séquentiels pour illustrer ses textes.

Satire et journalisme Journaliste engagé, il utilise la satire pour critiquer les injustices sociales et politiques. Ses poèmes politiques, souvent allégoriques, servaient de vecteurs aux idéaux libéraux de sa classe bourgeoise tout en s'adressant à l'ensemble du peuple serbe.

Rayonnement international et traductions Zmaj fut un traducteur prolifique, permettant au public serbe de découvrir des auteurs comme Goethe, Heine, Petöfi, Pouchkine, Lermontov et Tennyson.

Son propre travail a connu un écho singulier aux États-Unis grâce à son amitié avec l'inventeur Nikola Tesla. Ce dernier, admirateur de son œuvre, traduisit plusieurs de ses poèmes en anglais (avec l'aide de Robert Underwood Johnson) et introduisit ainsi Mark Twain à l'univers du poète serbe.

Postérité

La maison de Jovan Jovanović Zmaj à Sremska Kamenica est inscrite sur la liste des monuments culturels de grande importance de la république de Serbie (identifiant SK 1144). ; elle est devenue un musée commémoratif qui dépend du musée de la ville de Novi Sad..

Le lycée Jovan Jovanović Zmaj de Novi Sad est ainsi nommé en l'honneur du poète.

Prix littéraire : Le « Prix Zmaj » est l'une des plus hautes distinctions annuelles pour la poésie en Serbie.

Aujourd'hui, il demeure le symbole du passage de la poésie bourgeoise classique à un romantisme engagé et populaire, unifiant la nation par la force de ses vers.

Plusieurs statues ont été érigées en son honneur.

Notes et références

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Liens externes

Jovan Jovanovic Zmaj dans la Bibliothèque slave de littérature Vidosava Brankovitch, traduction française d'E. Halpérine-Kaminsky (1897), en ligne sur la Bibliothèque russe et slave

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