Le terme peshmerga (en kurde : ) est utilisé par les Kurdes pour désigner leurs combattants. Ils utilisent aussi le nom officiel, gardes régionaux kurdes, donné par le gouvernement régional du Kurdistan aux Forces armées du Kurdistan irakien.
Étymologie Le mot peshmerga (en : pīş e marg, auprès de la mort ) ; : pêş (devant, au-devant) + merg (mort) + a (suffixe de la )), « qui est au-devant de la mort », désigne un combattant qui se battra jusqu'à la mort.
Historique
Insurrections kurdes sous la république d'Irak (de 1961 à 2003)
Les Kurdes, population présente dans la région depuis l'Antiquité, ont longtemps été marginalisés par les États du Moyen-Orient. Ils ont une longue tradition de résistance aux États se partageant leur territoire national, mais ce n'est qu'au que le mouvement national kurde en Irak, avec sa branche armée, les peshmergas, devient une force durable. Il s'affirme au cours des insurrections kurdes sous la république d'Irak, entre 1961 et 2003, où les peshmergas s'opposent à l'armée irakienne.
Force de sécurité de la région du Kurdistan (de 2003 à nos jours)
Les peshmergas, littéralement , sont les combattants des forces armées du Kurdistan irakien, région autonome située dans le nord du pays. Reconnus comme alliés depuis 2003 par les Américains et par les gouvernements successifs de Bagdad, ils maintiennent leur indépendance vis-à-vis de ces derniers. Ils ont interdit l'accès au territoire kurde aux djihadistes de l'État islamique. , explique Michel Goya, historien militaire, dans une tribune publiée par le Huffington Post. Ces succès militaires ont permis aux Kurdes , affirme-t-ilHuffington Post, 18 juin 2014 : "Irak : les nouvelles armées du chaos".
Désormais massivement déployés dans les territoires disputés entre le gouvernement autonome kurde, basé à Erbil, et le pouvoir central de Bagdad, ils occupent la ville stratégique de Kirkouk, menacée par l'avance de Daech, le . Une victoire qui place le Kurdistan irakien en position de force vis-à-vis du gouvernement national. , explique Karim Pakzad, spécialiste de l'Irak à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).
Revendications L'actuelle position de force des peshmergas est l'occasion de passer leurs revendications au premier plan parmi lesquelles Kirkouk et l'indépendance.
Kirkouk
Considérée comme capitale historique du Kurdistan aux yeux des peshmergas, Kirkouk est l'une des plus grandes villes pétrolières d'Irak. Depuis l'intervention américaine de 2003, ils réclament que la ville revienne dans leur giron par le biais d'un référendum, ce qui leur permettrait de bénéficier directement des revenus de l'or noir et d’atteindre une indépendance économique totale. Mais Bagdad s'y refuse farouchement et a déjà repoussé à maintes reprises l'organisation d'un scrutin.
Indépendance En Irak, le Kurdistan bénéficie d'un statut particulier de province autonome depuis 2005, avec comme capitale officielle la ville d'Erbil. Mais le gouvernement kurde ne cache pas son ambition de se désolidariser de l'Irak pour fonder son propre État indépendant. Actuellement, Bagdad est l'un des seuls gouvernements, avec celui de Téhéran, à reconnaître le Kurdistan en tant qu'entité politique régionale. En Turquie et en Syrie, les Kurdes ne sont pas considérés comme étant établis dans une même région.
Une protection régionale Depuis le début de la Seconde guerre civile irakienne en 2014, les peshmergas ont constitué une ligne défensive d'un millier de kilomètres de long face à l'expansion de l'État islamique. Les Kurdes se disent globalement confiants en la capacité de ces combattants à protéger leur territoire. Ils parviennent également à créer un consensus plus large, dans les régions de Ninive, Kirkouk, Diyala, etc., auprès des minorités chrétienne et yézide menacées par les djihadistes. Parmi les centaines de milliers de personnes fuyant les combats, la plupart affluent vers le Kurdistan pour trouver refuge. Selon le gouvernement kurde, au moins avaient franchi les frontières de la région au milieu de 2014. En , ce sont plus d'un million de déplacés irakiens, s'ajoutant à syriens, qui trouvent un abri au Kurdistan irakienIRIN, 23 mars 2015 : Le Kurdistan irakien au bord de la rupture.
Les combats entre les djihadistes de l'EI et les peshmergas, d'abord limités (sept tués chez ces derniers en ), se sont intensifiés à partir d'. Entre cette date et , les pertes des peshmergas sont estimées à plusieurs centaines de tués et plusieurs milliers de blessésGeopolis, 23 février 2015 : "Que faire contre Daech dans l’« Orient compliqué » ?".
Du fait des difficultés économiques et des dissensions qui opposent le gouvernement régional kurde au pouvoir central de Bagdad, la solde des peshmergas est souvent payée avec un retard qui peut atteindre plusieurs mois"Unpaid Peshmerga forces sign of economic woes in Iraqi Kurdistan", Ekurd Daily, 4 septembre 2015.
Soutien en Occident Depuis l’offensive de Daech en 2014, les Kurdes et les djihadistes de l’armée islamique s’opposent intensément, tant sur le front syrien que sur le front irakien. La coalition occidentale (qui regroupe notamment les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne) apporte aux peshmergas une aide aérienne et logistique dans les combats contre Daech« Face à Daech, la coalition appuie les forces kurdes à Kobané », Le Figaro, 07/10/2014 .
Le , une délégation de combattants kurdes, conduite par Bernard-Henri Lévy, rencontre le président François Hollande et le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian. La délégation comprend notamment : Mustafa Qadir Mustafa, ministre des peshmergas ; Serwan Sabir Mustafa Barzani, commandant du ; le Major Général Aziz Waysi Izzadin, commandant en chef des unités spéciales ; le brigadier général Bakhtyar Mohammed Sidiq, commandant de la et le brigadier général Salar Ibrahim Saber, chef du Joint Operation CenterLe Parisien, Frédéric Gerschel, 31/03/2015. Les chefs militaires kurdes ont exprimé, à cette occasion, leur reconnaissance à la France.
Bernard-Henri Lévy milite en faveur du soutien des démocraties à l'armée kurde, la seule armée sur le terrain à Daech , selon lui. Lévy souligne que les peshmergas constituent une force et qu'ils Bernard-Henri Lévy, Les peshmergas, seul rempart face à Daech, Bloc-notes, Le Point, 15 juin 2015.
Effectifs et équipements Les peshmergas, depuis longtemps entraînés et équipés par l'armée américaine, constituent une force particulièrement importante. Selon Michel Goya, en 2014, ils constituent la force militaire du territoire irakien, devant l'armée régulière. Cependant, , d'après ce spécialiste : .
Les peshmergas possèdent de l'artillerie lourde, des hélicoptères et des chars. Leur force principale est l'infanterie, mais son effectif est mal connu : il est estimé entre et 250 000 personnels en , mais en fait seulement à 190 000 en Al-Monitor, 2 juillet 2015 : "New units step toward reforming Kurdish peshmerga". Après une série de combats indécis contre l'État islamique en 2014-2015, la force militaire des peshmergas est en cours de réorganisation : les Américains ont entrepris d'équiper à neuf et entraîner douze brigades dont trois devaient commencer leur entraînement en . Deux divisions de l'armée irakienne sont intégrées aux forces kurdes : la et la , dépendant des deux principaux partis politiques kurdes, respectivement l'Union patriotique du Kurdistan et le Parti démocratique du Kurdistan. Cette politisation des peshmergas pose de sérieux problèmes de cohésion.
Par ailleurs, les forces kurdes intègrent plusieurs milices autonomes comme les Unités de défense du Sinjar (HPS), estimées à combattants dont 400 femmes, recrutées dans la minorité religieuse des YézidesRadio Free Europe/Radio Liberty, 11 juin 2015 : "New Yazidi Militias Fight IS In Iraq, Amid Kurdish Rivalries", ou la milice chrétienne de Qaraqosh, estimée à quelques centaines, reconstituée après la prise de cette ville par l'EILa Vie, 6 mars 2015 : "Quel rôle pour les milices chrétiennes au Moyen-Orient ?".
Véhicules armés Nom Pays d'origine Type T-54/T-55Middle East Military Balance Char de combat principal T-62 Char de combat principal T-72Iraq’s T-72s: Payment Received Char de combat principal BMP-1 Véhicule de combat d'infanterie MT-LB Véhicule de transport de troupes BRDM-2 Véhicule de transport de troupes
Véhicules logistiques et utilitaires Nom Pays d'origine Type Notes Ural-5323 Transport (8x8 10-tonnes) GAZ-33097 Transport (4x4 2-tonnes) GAZ-66 Transport (4x4 2-tonnes) HumveeHoldanwicz, Grzegorz. "Iraqi armed forces get armoured vehicles". Jane's Defence Weekly Transport
Artillerie Nom Pays d'origine Type 2S1 Gvozdika Canon automoteur BM-21 Grad Lance-roquettes multiple Type 63 Lance-roquettes multiple M56 Obusier D30 Obusier M30 Obusier D1 Obusier
Mortiers Nom Pays d'origine Type Vasilek Mortier M252 Mortier M-29 Mortier M-224 Mortier M1938 Mortier
Armes antiaériennes Nom Pays d'origine Type ZU-23-2 Arme antiaérienne KS-30 Arme antiaérienne Type 63 Arme antiaérienne
Hélicoptères Nom Pays d'origine Type Mil Mi-17 Hélicoptère Mil Mi-8 Hélicoptère Sikorsky S-333... Hélicoptère Bell OH-58 Kiowa Hélicoptère Eurocopter EC120 Colibrihttp://www.aknews.com/en/aknews/3/278818/ . Hélicoptère
Notes et références
Annexes Articles connexes Kurdistan Kurdistan irakien
Liens externes
Briefing informel avec les commandants de front peshmergas kurdes irakiens, IFRI, 20 mai 2015
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