Sinclair Research Ltd, Sinclair Radionics et autres marques ( l'historique des marques) sont des entreprises anglaises de matériel électrique, électronique et informatique, juridiquement distinctes mais historiquement analogues, créées par Clive Sinclair. La société Sinclair Radionics naît à Cambridge en 1961 puis, à la fin des années 1970, est abandonnée au profit de la société Sinclair Research, principalement connue pour ses ordinateurs ZX80 et ZX81, pionniers de l'informatique individuelle.
Son catalogue comprenait, en plus de l'équipement hi-fi, des calculatrices, des radios, dont le point commun était l'innovation ou la taille réduite : la désignation de chaque produit comme le plus petit au monde est habituelle dans le marketing de la marque.
Sinclair conçoit en 1966 la première télévision de poche, mais sans la mettre sur le marché. En 1972, elle commercialise la première calculatrice de poche, la Sinclair Executive. Plusieurs autres modèles suivent, comme les Sinclair Cambridge, Sinclair Scientific et Sinclair Oxford.
En 1980, Sinclair entre sur le marché des micro-ordinateurs avec le ZX80, vendu alors , et qui reste l'ordinateur individuel le moins cher commercialisé au Royaume-Uni. En 1982, le ZX Spectrum est créé et devient l'ordinateur le plus vendu au Royaume-Uni; l'entreprise est alors au sommet de son succès. Sinclair crée le MetaLab research center à Milton Hall (près de Cambridge), laboratoire de recherche sur les techniques de pointe : intelligence artificielle, circuits intégrés de grande taille, etc. En 1984 et 1985, les pertes économiques dues à l'ordinateur Sinclair QL, à la télévision de poche TV80 et au projet de voiture électrique C5 poussent l'entreprise à la faillite, les droits sur les produits et la marque sont vendus à Amstrad en 1986.. La société reste toutefois en vie et propose, encore aujourd'hui, des produits.
Les vingt premières années : de 1961 à 1980 Sinclair Radionics Clive Sinclair fonde Sinclair Radionics le à Cambridge, en vue de commercialiser des produits hi-fi, des radios, des calculatrices et autres instruments scientifiques, la plupart disponibles en kit (prêt-à-monter); il utilise à cet effet des fonds rassemblés en écrivant des articles pour la revue Practical Wireless.
Les premiers produits de Sinclair Radionics seront des radios, dont la série est inaugurée par la Sinclair Slimline, vendue en kit en 1963. Elle est suivie un an plus tard par la Micro-6, présentée à tort comme 'la plus petite radio au monde' , portée au poignet à l'aide d'un bracelet en nylon (elle était alors appelée Transrista). La Micro-FM de 1965, qualifié de 'premier récepteur FM de poche du monde' , essuie de gros problèmes techniques, dont le principal est de recevoir difficilement les stations radio. En 1967, Sinclair recycle la Micro-6 et commercialise la Micromatic, elle aussi qualifiée de 'plus petite radio au monde' ; ce modèle se vendra mieux que les précédents.
La hi-fi entre au catalogue de Sinclair en 1966, avec le Stereo 25, un préampli à bas coût, dont la production s'arrête en 1968 à cause d'un manque de transistorsL'appareil était construit avec les transistors rejetés par d'autres fabricants. Il est remplacé en 1969 par le Stereo 60, qui fait partie d'un ensemble de produits audio nommé Project 60, appelé à devenir le plus gros succès de Sinclair dans ce secteur. Les kits Project 605 (1972), puis Project 80 (1974) complèteront ce succès.
L'année 1966 voit aussi l'arrivée de Sinclair Radionics dans la conception de téléviseurs : la Microvision, première télévision portable, ne sera pas commercialisée, car la complexité de l'appareil exclut sa production. L'année d'après, une version évoluée, nommée Microvision TV1A/MON1A, est cette fois commercialisée, mais son prix handicape les ventes, et les derniers modèles sont bradés. En 1978, la version TV1B apparaît, mais malgré les espoirs de succès de Sir Clive Sinclair, les ventes sont à nouveau décevantes, la technologie développée est alors revendue à .
Pendant les années 1970, Sinclair se concentre sur la création de calculatrices de poche efficaces et au prix abordable. En 1972, il commercialise la première calculatrice de poche au monde, la Sinclair Executive. Elle ne peut que faire des opérations mathématiques de base, comme l'addition, la soustraction, la multiplication et la division, et son affichage, utilisant des diodes électroluminescentes, vide très vite les batteries, au point que celles-ci risquent d'éclater lors d'une utilisation prolongée. Malgré cela, c'est un énorme succès, qui rapporte beaucoup d'argent à la société, et qui sera amélioré en 1973 avec lExecutive Memory.
En 1975 sont commercialisées les Sinclair Oxford, versions 100, 150, 200 et 300, puis la Sinclair Scientific. La série Oxford est au départ une commande de la marque Gillette, qui refuse finalement l'appareil. Une fois encore, la calculatrice souffre d'une pile qui n'est pas à la hauteur de sa consommation. En 1977, Sinclair tente de prendre place dans le haut de gamme avec sa Sinclair Sovereign, disponible avec finition chromée, ou en plaqué or ou argent, mais si cette calculatrice est appréciée pour sa conception et son apparence, elle n'a qu'un succès limité. En 1978, une calculatrice plus complète, la Sinclair President, est le dernier modèle de la marque, mais n'est pas une réussite, à cause de la concurrence féroce des équivalents asiatiques.
En août 1975, Sinclair commercialise sa montre à quartz en kit (aussi disponible montée), la Black Watch. Encore une fois, les piles sont défaillantes, mais en plus la précision est mauvaise (son quartz est très sensible à la température), la montre est fragile (elle peut être grillée par l'électricité statique d'un pull-over), le service après-vente est débordé... Le produit est un désastre, les pièces qui restent en stock sont recyclées dans l'horloge Microquartz qui se vend bien mais ne compense pas l'importante perte d'argent subie par l'entreprise.
Un an après, en , une part importante (43 %) de la société est rachetée par un acteur externe nommé National Enterprise Board. En 1977, la NEB prend le contrôle de Radionics avec 73 % des actions. Ne voulant pas partager le contrôle de sa société, Clive Sinclair démissionne en , pour se rabattre sur son autre entreprise, « Sinclair Instrument »anciennement « Ablesdeal » (1973), puis « Westminster Mail Order » (1975). Chris Curry, qui travaillait à Sinclair Radionics depuis 1966, l'accompagne dans un premier temps, avant de créer sa propre entreprise Acorn. rachète les produits télé et les calculatrices de Radionics, dont le nom est remplacé par « Sinclair Electronics » (), puis par « Thandar Electronics », qui commercialise les produits restants.
La nouvelle société de Clive Sinclair développe la Wrist Calculator, une montre-calculatrice qui est un succès commercial. En juillet 1977, l'entreprise est rebaptisée « Science of Cambridge ».
Science of Cambridge
Au début de cette période, Ian Williamson montre à Chris Curry un prototype d'ordinateur monté à partir d’éléments d'une calculatrice Sinclair et utilisant un microprocesseur SC/MPSimple Cost-effective Micro Processor: Micro-processeur simple, à moindre coût de marque National Semiconductor. Impressionné, Chris Curry encourage Sinclair à produire l'ordinateur ; un accord est conclu avec Williamson, mais aucun contrat n'est signé. National Semiconductor propose de remanier le projet en n'utilisant que ses propres composants et en se chargeant de la production.
En juin 1978, Science of Cambridge commercialise son premier micro-ordinateur en kit, le MK14, reposant sur les composants de National Semiconductor. Ce kit se vendra à , malgré le caractère rudimentaire de l'écran (une ligne de 8 ou 9 afficheurs 7 segments à LED rouges) et du clavier (qui n'a que 20 touches). Dès juillet de la même année, un autre projet d'ordinateur est lancé : Sinclair commence à concevoir le avec Mike Wakefield (concepteur du hardware ou matériel) et Basil Smith (concepteur du software ou logiciel), mais s'apercevant que la machine dépassera le prix de 100 livres, il fait remplacer le projet par celui du ZX80, qui démarre en . Le ZX80 est commercialisé en février 1980, pour non monté ou prémonté. En novembre de la même année, l'entreprise est rebaptisée « Sinclair Computers Ltd ».
Succès puis déclin : de 1981 à 1986 Les ordinateurs En mars 1981, l'entreprise est à nouveau renommée en « Sinclair Research Ltd», et le Sinclair ZX81 est commercialisé, en kit ou prémonté. En deux ans, un million de machines seront vendues, dont une partie aux États-Unis, par l'intermédiaire de la société Timex qui obtient une licence pour construire et vendre les ordinateurs de Sinclair, sous le nom de Timex Sinclair, en . En avril, le ZX Spectrum est ajouté au catalogue, au prix de 125 à , pour des mémoires de de RAM (mémoire vive); la machine sera vendue à partir de juillet aux États-Unis sous le nom de TS 1000.
En mars 1982, l'entreprise fait 8,55 millions de livres de bénéfices.
L'argent gagné grâce aux ordinateurs permet à Sinclair Research d'investir dans des projets innovants : en , la mini télévision TV80 (aussi appelée Flat Screen Television, ou FTV) est commercialisée; elle est équipée d'un écran plat dont l'image est formée par un tube cathodique spécial, placé parallèlement à l'écran et dont le flux d'électrons est renvoyé sur l'écran par un fort champ électromagnétique. Les ventes sont décevantes (seulement vendus), et ne compensent pas les frais de développement.
La société achète Milton Hall, dans le village de Milton près de Cambridge, pour y établir le MetaLab, un centre de recherche et de développement.
À la fin de la même année, la marque 'Timex Sinclair' est abandonnée, car elle n'a pas réussi à percer sur le marché américain. Les ordinateurs Timex continueront à être vendus dans d'autres pays, certains des modèles étant des améliorations des Sinclair, comme les TS 2048 et 2068.
Le Sinclair QL (Quantum Leap) est présenté le alors que son design et sa conception technique sont encore en gestation, juste avant le Macintosh d'Apple.. Le modèle QL, qui est conçu pour le marché professionnel, est finalement commercialisé en mai, mais souffre d'une mémoire ROM insuffisante : une extension disgracieuse (un circuit sur lequel est montée une ROM correcte) est alors ajouté à la machine..
Les versions pleinement fonctionnelles arrivent près de six mois après, ce qui provoque des plaintes de la part des clients, soutenus par la Advertising Standards Authority anglaise. Un reproche fait à Sinclair est l'encaissement de chèques plusieurs mois avant le montage et la livraison des machines. Les ventes sont décevantes par rapport aux prédictions d'un million de machines : face à la concurrence des ordinateurs compatibles IBM PC (le QL ne l'est absolument pas), seulement sont réellement vendues. La production cesse en , alors que le prix de vente a été divisé par deux depuis le début.
En , paraît le ZX Spectrum+, évolution du Spectrum. Le principal changement est dans le clavier, où les touches originelles en caoutchouc sont remplacées par des touches en plastique plus pratiques. Encore une fois, la machine se vend mal. Une version un peu plus puissante, le ZX Spectrum 128, est mise sur le marché par la société espagnole Investronica..
Entre 1981 et 1998, Sinclair et d'autres compagnies comme Kempston Micro Electronics créent plusieurs périphériques pour les ordinateurs Sinclair : des joysticks (manches à balai), une imprimante thermique et des modules d'extension mémoire. Le support d'enregistrement du ZX Spectrum exploite la technologie alors classique des cassettes à bande magnétique et des magnétophones, mais Sinclair développe son propre format : le ZX Microdrive, qui sera aussi utilisé sur les QL.
La chute