Henry Chéron, né le à Lisieux (Calvados) et mort le dans la même commune, est un homme politique français. Député puis sénateur du Calvados, Henry Chéron fut à de nombreuses reprises ministre sous la .
Biographie
Henry Frédéric Chéron nait le à Lisieux. Il est le fils d'Isidore Frédéric Chéron et Félicie Célina Duval. Il grandit au sein d'une famille modeste, son père étant représentant de commerce.. Henry Chéron poursuit des études de droit qu'il finance en étant préparateur en pharmacie. Sur son dossier militaire établi en 1887, il est présenté comme journaliste. Devenu avocat, il s'inscrit au barreau de Lisieux.
Il échoue à se faire élire député sous l'étiquette radicale aux élections législatives du , face au député conservateur sortant le comte de Colbert-Laplace, puis à celles de 1898 et 1902 face à Henri Laniel. Il inaugure toutefois sa carrière politique en 1894 en devenant maire de sa commune natale, Lisieux, à l'âge de 27 ans. Pour les élections législatives de 1906, il change de circonscription et se présente dans la première à Caen. Il est largement élu face au nationaliste Adrien Le Page, maire de Caen, et accède enfin à des responsabilités nationales. Il siège dans le groupe de la Gauche démocratique. À peine élu député, le président du Conseil Georges Clemenceau lui offre le poste de sous-secrétaire d'État à la Guerre le . Il est réélu élections législatives de 1910 et siège dans le groupe de la Gauche radicale. Il est cité en 1913 parmi les députés ayant exercé la fonction informelle de « boîtier », c’est-à-dire chargés de voter pour plusieurs collègues lors des scrutins publics à la Chambre des députésAurélien Laparro, Quand les députés ne votaient pas eux-mêmes, 1876-1958 : entre absents, présents, boîtiers et votes de groupe, Paris, Hémisphères éditions, 2025, p. 62 et 70..
thumb|285px|left|La tombe d'Henry Chéron au cimetière de Lisieux (Calvados).
La qualité de son travail, son intégrité et sa popularité assurent à Henry Chéron une succession de postes ministériels : ministre du Travail et de la Prévoyance sociale (du au ), de l'Agriculture (du au ), des PTT, du Commerce, des Finances (du au ), de la Justice (du au ), des Finances à nouveau (du au ). Ces différentes responsabilités, auxquelles s'ajoutent sa fonction de président du conseil général du Calvados (1911-1936) et son élection comme sénateur ( au ), l'obligent à abandonner l'hôtel de ville de Lisieux. Il retrouve toutefois son fauteuil de maire à la fin de sa vie, de 1932 à 1936.
Le , il est atteint d'une appendicite aiguë compliquée en péritonite. Après avoir subi une intervention chirurgicale d'urgence, il décède de complications le à Lisieux. Il est inhumé le dans cette ville et son éloge funèbre est prononcé par Jules Jeanneney, président du Sénat.
Action et postérité
Henry Chéron est l'un des hommes politiques les plus connus de son temps même s'il n'accède jamais à la présidence du Conseil. Les nombreuses caricatures dont il est l'objet et les divers surnoms qu'il reçoit (, le , ) prouvent son succès auprès des Français. L'autodérision est un de ses traits de caractère et la presse ne manque pas de citer ses boutades. Quand il reçoit le sous-secrétariat à la Marine (1909-1910), il rassure ses collègues qui doutent de son expérience : . Quand il raconte à un banquet avoir connu sainte Thérèse de Lisieux enfant, il ne manque pas de conclure : .
Henry Chéron incarne l'un des modèles de l'homme politique de la . Il est porté par un électorat normand qui apprécie surtout sa personne, son tempérament et qui ne porte pas beaucoup attention à son appartenance politique. Chéron d'ailleurs, navigue du radicalisme au conservatisme. C'est aussi un notable, soucieux tant du point de vue local que national d'afficher son intérêt pour les petites gens et les classes moyennes. À Lisieux, il est à l'origine de nombreuses œuvres sociales ; il agrandit et modernise l'hôpital. En tant que sous-secrétaire à la Guerre, il s'attache à améliorer le sort des soldats. On le voit souvent visiter les casernes et discuter familièrement avec les conscrits. Sous son impulsion, le congé maternité (sans rémunération) est instauré. Enfin, le maire de Lisieux représente la figure du petit-bourgeois provincial : ses actions au ministère et son discours révèlent une politique prudente. Il fait l'éloge de l'épargne en vantant les mérites du français. Il s'évertue, en tant que ministre des Finances, à présenter chaque année un budget équilibré sans alourdir les impôts. De ce souci d'économie, vient son surnom de « père Gaspard ». Son orthodoxie financière le conduit, en 1929, alors qu'il est ministre des Finances, à refuser la recapitalisation jugée dispendieuse de la Compagnie générale aéropostale, ce qui conduit au déclenchement de l'affaire de l'Aéropostale.
Il réussit à maintenir l'équilibre budgétaire sans alourdir les impôts et soutient la production agricole. Sa formule est restée fameuse. Il fait voter la loi du instituant une caisse d'assurance et de protection contre les calamités agricoles.
On lui doit le décret du sur l'organisation administrative et financière des régies municipales.
Il ne connait toutefois pas toujours le succès. Son passage à la marine déçoit. Lorsqu'il est ministre de l'Agriculture, tenu responsable de la montée des prix, il est surnommé . Mais son physique massif, ses réparties malicieuses et son caractère normand ont fait de lui une figure de la .
Hommages La Grande rue de Lisieux est renommée à sa mort rue Henry-Chéron.
La rue principale de Venoix est nommée avenue Henry-Chéron après le rattachement, en 1952, de cette commune à celle de Caen.
Distinctions
Détail des mandats et fonctions Mandats électoraux
Conseiller municipal de Lisieux (du au ) Maire de Lisieux (du au , puis du au ) Conseiller général du deuxième canton de Lisieux (de 1901 à 1936) Président du conseil général du Calvados (de 1911 à 1936) Député du Calvados (de 1906 à 1913) Sénateur du Calvados (du au )
Fonctions gouvernementales
Sous-secrétaire d'État à la Guerre ( - ) Sous-secrétaire d'État à la Marine ( - ) Ministre du Travail et de la Prévoyance sociale (mars - ) Ministre de l'Agriculture ( - ) Ministre du Commerce et de l'Industrie ( - ) Ministre des Finances ( - ) Ministre de la Justice ( - ) Ministre des Finances ( - ) Ministre de la Justice (février - )
Voir aussi Bibliographie
Revue Le Pays d'Auge, mars- Yves Robert, Henry Chéron, un grand nom de l'histoire normande, Cahiers du temps, 2010 Victor Méric : Henry Chéron, Les Hommes du jour, , .
Liens externes
Ministère de l'économie et des finances
Notes et références
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