Les élections municipales françaises de 1995 se déroulent les 11 et , un peu plus d'un mois après l'élection présidentielle qui est remportée par Jacques Chirac.
Contexte Ces élections municipales sont particulières, car pour la première fois deux Premiers ministres sont en campagne, Alain Juppé à Bordeaux. et Raymond Barre à Lyon., tandis que Valéry Giscard d'Estaing se présente à Clermont-Ferrand..
Les élections se déroulent à peine un mois après l'élection présidentielle, ce qui est semblable à ce qui s'est passé en 1959 (quatre mois après la présidentielle) et celles de 1965 (neuf mois avant la présidentielle).
Résultats
TendancesÉlusNombre % Extrême gauche 642 0,2 % PCF 2,9 % PS 6,5 % PRG 0,4 % Écologistes 0,4 % Divers gauche 27,4 % Régionalistes 424 0,1 % RPR 4,1 % UDF 2,8 % Divers droite 54,6 % Extrême droite 0,3 % Total 100 % Gauche 37,8 % Droite 61,7 % Source : Quid
Changement de majorité De la gauche à la droite
À Marseille, Jean-Claude Gaudin, du Parti républicain, ravit la mairie à la gauche, qui en avait hérité de Gaston Defferre. Au Havre, le RPR Antoine Rufenacht remporte la mairie face aux communistes, une municipalité qui, pendant plusieurs décennies, était présentée comme le bastion communiste le plus vaste de France. À Avignon, Marie-Josée Roig, du RPR, remporte la mairie, occupée jusque-là par le PS. À Albi, le RPR Philippe Bonnecarrère remplace le socialiste Michel Castel qui dirigé cette municipalité depuis 1977. À Corbeil-Essonnes, le RPR Serge Dassault remplace la communiste Marie-Anne Lesage. À Valence, le RPR Patrick Labaune remplace le socialiste Rodolphe Pesce. À Laval, l'UDF François d'Aubert remplace le socialiste Yves Patoux. À Arras, l'UDF Jean-Marie Vanlerenberghe remplace le socialiste Léon Fatous. À Béziers, l'UDF Raymond Couderc remplace le socialiste Alain Barrau. À Tulle, le RPR Raymond-Max Aubert remplace le communiste Jean Combasteil. À Pamiers l'UDF André Trigano remplace le socialiste François Bernard Soula. À Maubeuge, Jean-Claude Decagny (UDF) récupère son « fauteuil de premier magistrat » qu'il avait dû céder au socialiste Alain Carpentier aux municipales de 1989. À Saint-Quentin où le maire sortant communiste Daniel Le Meur est renversé par Pierre André, le candidat RPR, un épisode douloureux que le partisan « du marteau et de la faucille » avait déjà vécu aux municipales de 1983. À Châlons-en-Champagne où la droite s'empare d'une commune jusque-là contrôlée par le parti communiste. À Bar-le-Duc, Bernard Plancher, membre de la « Confédération giscardienne » renverse le socialiste sortant Jean Bernard qui présidait le conseil municipal propre à cette commune de la Meuse depuis 1971. À Bourges, en région Centre, Jean-Claude Sandrier (PCF), maire par intérim depuis 1993, est battu par Serge Lepeltier (RPR). À Thionville où la droite met fin à de règne communiste. À Abbeville, le candidat investi par la droite Joël Hart inflige une défaite au socialiste sortant Jacques Becq qui avait ravi la mairie en 1989. À Caudry (à proximité de l'agglomération de Cambrai), le maire sortant socialiste Jacques Warin est renversé par le divers droite Guy Bricout. À Pontarlier dans le Doubs : le Parti socialiste reprend la mairie gagnée par la droite lors du précédent scrutin municipal de 1989. À Sevran, le maire communiste sortant Bernard Vergnaud (en fonction depuis 1977) est mis en minorité par Jacques Oudot (RPR). À Soissons, où l'élection d'Emmanuelle Bouquillon, élue à la chambre basse du parlement Français en 1993 sous la bannière UDF, s'empare d'une municipalité qui était sous la commande du Parti socialiste depuis 1977.
De la droite à la gauche
À Grenoble, le socialiste Michel Destot occupe la place laissée vacante par Alain Carignon, mis en cause dans une affaire de pots-de-vin. À Rouen, une ville qui fut administrée pendant un quart de siècle par Jean Lecanuet (ancien président du Mouvement républicain populaire de 1963 à 1965, qu'il remplaça durant la même année par le Centre Démocrate qui, à son tour, sera absorbé par le Centre des Démocrates sociaux, le CDS, lors du congrès de Rennes des 21 et , une sensibilité démocrate-chrétienne qu'il présidera jusqu'en 1982 avant de passer la main à Pierre Méhaignerie; le maire de Rouen occupa également les fonctions de garde des sceaux au tout début du septennat présidentiel de Valéry Giscard d'Estaing. À noter également que le président Giscard confia à Jean Lecanuet le poste de président de l'UDF, l'Union pour la démocratie française, dès sa création en 1978, un titre qu'il conserva jusqu'en , avant que Giscard ne prenne le relais) dans laquelle le socialiste Yvon Robert est élu maire avec 50,96 % des suffrages exprimés. À Nîmes où le candidat investi par le Parti communiste, Alain Clary, tire profit des divisions qui secouent la majorité municipale sortante portant jusque là les couleurs de l'alliance « UDF-RPR », puisqu'il est élu maire dans le cadre d'une quadrangulaire avec seulement 35 % des suffrages exprimés. À Tours, ville connue notamment pour avoir été le « lieu de naissance du Parti communiste français » lors du dix-huitième congrès national de la SFIO en 1920, généralement nommé « congrès de Tours », au cours duquel la scission du « parti créé par Jean Jaurès » en 1905 donna naissance à la SFIC (Section française de l'Internationale communiste qui, plus tard, prit le nom de Parti communiste), dans laquelle Jean Germain, du PS, inflige une défaite au maire sortant RPR Jean Royer qui présidait le conseil municipal depuis 1959. À Arles, le socialiste Michel Vauzelle prend la mairie au RPR. À Vanves, où le socialiste Guy Janvier met fin à de domination gaulliste. À Digne-les-Bains, le socialiste Jean-Louis Bianco prend la mairie au RPR. À Sarcelles, Dominique Strauss-Kahn remporte une municipalité qui autrefois était dirigée par le Parti communiste (de 1965 à 1983). À Pontoise où le socialiste Jean-Michel Rollot défait le maire sortant UDF Philippe Hemet. À Herblay, le socialiste Jean-Pierre Lechalard remplace Michel Barat (UDF). À Gonesse, où le socialiste Jean-Pierre Blazy met fin à près d'un demi-siècle de règne centriste. À La Ciotat, le Parti communiste reprend une ville traditionnellement de gauche, conquise par Jean-Pierre Lafond (UDF) en 1989.
Front national
Trois membres du Front national sont élus maires, tous en Provence-Alpes-Côte d'Azur : Jean-Marie Le Chevallier à Toulon, Jacques Bompard à Orange et Daniel Simonpieri à Marignane. C'est la première fois que le parti d'extrême droite est seul à la tête d'un exécutif.
Changement de maire dans la même majorité
À Paris, Jean Tiberi, successeur désigné de Jacques Chirac, dont il a été l'adjoint à la mairie depuis 1977, est élu, mais la gauche PS-MDC remporte 6 mairies d'arrondissements. À Lyon, où Michel Noir, accusé de recel d'abus de biens sociaux, ne se représente pas, c'est l'ancien Premier ministre Raymond Barre qui l'emporte. À Bordeaux, Alain Juppé, déjà Premier ministre et président du RPR, succède à Jacques Chaban-Delmas. À Nice, la ville reste entre les mains de la droite avec Jacques Peyrat, un transfuge du FN qui bat Jean-Paul Baréty, maire RPR sortant. À Grasse, Jean-Pierre Leleux (MPF) bat Hervé de Fontmichel, maire UDF sortant. À Cagnes-sur-Mer, Louis Nègre (Divers droite) bat Suzanne Sauvaigo, maire RPR sortante. Au Cannet, Michèle Tabarot (UDF) bat Pierre Bachelet, maire RPR sortant. À Mandelieu-la-Napoule, Henri Leroy (Divers droite) bat Louise Moreau, maire UDF sortante. À Antibes, Jean Leonetti (UDF), succède à Pierre Merli (UDF).
Continuité
Chez les socialistes (ou apparentés), Pierre Mauroy se succède à lui-même à Lille, ainsi que Jean-Marc Ayrault à Nantes, Catherine Trautmann à Strasbourg, Georges Frêche à Montpellier, Edmond Hervé à Rennes, Pierre Maille à Brest, Jean-Pierre Sueur à Orléans, Roger Quilliot à Clermont-Ferrand, Robert Schwint à Besançon, Alain Rodet à Limoges, Jacques Santrot à Poitiers, Jean-Marie Bockel à Mulhouse, Robert Jarry au Mans, Jean Monnier à Angers, André Labarrère à Pau, Michel Crépeau à La Rochelle, Jean-Pierre Chevènement à Belfort, Louis Besson à Chambéry, Michel Delebarre à Dunkerque, André Delelis à Lens, Jack Lang à Blois, Laurent Cathala à Créteil, Louis Mermaz à Vienne, Roland Garrigues à Montauban. La droite garde quant à elle Toulouse (Dominique Baudis), Metz (Jean-Marie Rausch), Nancy (André Rossinot), Dijon (Robert Poujade), Caen (Jean-Marie Girault), Reims (Jean Falala), Perpignan (Jean-Paul Alduy), Amiens (Gilles de Robien), Valenciennes (Jean-Louis Borloo), Annecy (Bernard Bosson), Bayonne (Jean Grenet), Périgueux (Yves Guéna), Chalon-sur-Saône (Dominique Perben), Auxerre (Jean-Pierre Soisson), Rodez (Marc Censi). Le Parti communiste (ou apparentés) conserve entre autres les mairies d'Argenteuil, Aubagne, Aubervilliers, Bobigny, Calais, Dieppe, Évreux, Montluçon, Montreuil, Nanterre, Saint-Denis, Tarbes, Vaulx-en-Velin, Vénissieux.
Résultats par ville Villes de plus de +VillePopulation (1999)Maire sortantPartiMaire éluParti Paris Jacques Chirac* RPR Jean Tiberi RPR Marseille Robert Vigouroux* DVG Jean-Claude Gaudin UDF Lyon Michel Noir* DVD Raymond Barre UDF Toulouse Dominique Baudis UDF Dominique Baudis UDF Nice Jean-Paul Baréty* RPR Jacques Peyrat RPR Nantes Jean-Marc Ayrault PS Jean-Marc Ayrault PS Strasbourg Catherine Trautmann PS Catherine Trautmann PS Montpellier Georges Frêche PS Georges Frêche PS Bordeaux Jacques Chaban-Delmas* RPR Alain Juppé RPR Lille Pierre Mauroy PS Pierre Mauroy PS Rennes Edmond Hervé PS Edmond Hervé PS Le Havre Daniel Colliard PCF Antoine Rufenacht RPR Reims Jean Falala RPR Jean Falala RPR Saint-Étienne Michel Thiollière UDF Michel Thiollière UDF Toulon François Trucy UDF Jean-Marie Le Chevallier FN Grenoble Alain Carignon* RPR Michel Destot PS
Bilan des élections sur les 16 communes de plus de 150 000 habitants : 6 maires PS, 6 maires RPR ou apparenté, ainsi que 3 maires UDF, ont été élus. 1 maire du FN est également élu. Par contre, le PCF perd sa dernière commune sans en gagner une nouvelle.
Résultats dans les grandes villes
Agen Maire sortant : Paul Chollet (UDF) 1989-1995 Tête de liste Liste VoixVoix Paul Chollet Liste de centre droit (UDF-RPR) 37,97 % 41,40 % Alain Dourneau (DVG) PS/Union de la gauche (PCF-MRG-MDC) 27,40 %37,27 % Orenstein Les Verts 9,97 % Eddy Marsan Front national 14,19 % 13,04 % Pouzelgues divers droite 10,45 % 8,28 %
Aix-en-Provence Maire sortant : Jean-François Picheral (PS) 1989-1995 Tête de liste ListeVoixVoix Jean-François Picheral PS/Gauche plurielle (PCF- Les Verts-MRG-MDC) 41,32 % 48,62 % DVG 5,29 % Jean-Bernard Raimond RPR 23,41 % 39,17 % Alain Joissains UDF 17,12 % Damien Barillier FN 12,82 % 12,21 %
Albi Maire sortant : Michel Castel (PS) 1977-1995 Tête de liste ListeSiègesVoix%Voix% 44,81 54,17 33 40,64 45,82 10 6,25 5,95 2,33
Amiens Maire sortant : Gilles de Robien (UDF) 1989-1995 Tête de liste Liste Voix Gilles de Robien Liste de centre droit (UDF - RPR) 57,03 % Francis Lecul PS-MRG-MDC 13,52 % Gérald MaissePCF 12,83 % Lionel Payet FN 10,20 % Bertrand Les Verts 2,75 % Delemotte Extrême gauche 2,54 % Guedri Divers 1,13 %
Angers Maire sortant : Jean Monnier (PS diss.) 1977-1995
Angoulême Maire sortant : Georges Chavanes (UDF) 1989-1995 Tête de liste ListeVoixVoix Georges Chavanes Liste de centre droit (UDF/CDS - RPR) 49,28 % 56,56 % Jean-Paul Brunet PS/Union de la gauche (PCF-MRG) 23,52 % 43,44 % Jean-Claude Carrère Les Verts 15,07 %Inconnu Front national 7,79 %Inconnu LO 4,31 %
Annecy Maire sortant : Bernard Bosson (CDS-UDF) 1983-1995
+ Conseil municipal d'Annecy en juillet 1995GroupeConseillers municipaux CDS – UDF – RPR 33 PS – MRG 8 FN 2
Argenteuil Maire sortant : Robert Montdargent (PCF puis Divers de Gauche) 1977-1995
+ Conseil municipal d'Argenteuil en juillet 1995GroupeConseillers municipaux PCF – PS – Écologistes – Divers gauche 40 RPR – UDF 10 FN 3
Arles