Le chiton (en ; génitif singulier (« du chiton ») : ) était un vêtement de dessous porté dans la Grèce antique. C'était une sorte de chemise longue ou de tunique formée par une pièce d’étoffe pliée dans le sens de la hauteur, et cousue latéralement ; un des côtés pouvait rester ouvert ou être fermé par des agrafes, appelées .. Des fibules ou des brides permettaient d’ordinaire de l’attacher aux deux épaules, en laissant les ouvertures pour la tête et les bras ; il suffisait de dégrafer la fibule de l'épaule droite pour que le chiton ressemble singulièrement à l’exomide. Le chiton, porté par les hommes comme par les femmes, était avec l’himation, une des deux pièces essentielles du .

Usages communs vignette|Sculpture d'un jeune homme portant l'exomide, vêtement de travail proche du chiton. L'exomide diffère de par l'épaule droite qui reste nue.

Le chiton masculin Le chiton couvre directement la peau. Les hommes le portaient court, comme une tunique sans manches, sans le fermer du côté droit afin de laisser plus de liberté au bras droit, ce qui était l’usage adapté en particulier au travail des esclaves et des ouvriers, . : ce chiton masculin, désigné du nom de Aristophane, Les Oiseaux, vers 946 et 955 ; Platon, Hippias mineur, 368 c., pouvait ainsi couvrir le bras gauche, l’épaule gauche et la poitrine, et tombait sur la jambe jusqu'à mi-cuisse. Plutarque évoque le roi Cléomène III qui, au moment de s’élancer dans Alexandrie, l’épée à la main, , et cet incident suffit à transformer pratiquement son chiton en une exomide. Cependant, . À l’exception des enfants qui portaient le chiton sans ceinture, les adultes pouvaient serrer le chiton avec une ceinture de manière à le remonter plus ou moins au-dessus du genou ; la ceinture dessinait autour de la taille des plis bouffants qu’on appelait en grec . Cette ceinture était parfois elle-même accompagnée d’une autre ceinture, plus large, placée plus haut, le , ceinturon militaire en cuir qui formait un second kolpos. On le voit sur un cavalier debout devant son cheval, sur la frise des PanathénéesJean Charbonneaux, La sculpture grecque classique, tome I, pl. 62.. On gardait le chiton sur soi pour dormir, après avoir dénoué sa ceinture, comme en témoigne Hésiode : Dans l'armée, le chiton, porté sous la cuirasse (thorax), est teint d'une couleur vive, généralement bleu ou rouge.

Le chiton féminin Les femmes portaient un chiton long, généralement en toile, quelquefois en laine ; elles pouvaient parfois revêtir en dessous un vêtement plus léger, le Aristophane, Les Grenouilles, 411., qui correspond à notre chemise. Il pouvait être cousu en lin parfois plissé, ceinturé à la taille, sans doute par un simple cordon. S’il a des manches, elles sont très courtes, et ne dépassent jamais le coude (mais peut-être n’en avait-il pas), contrairement au péplos qui est un vêtement féminin drapé et retenu aux épaules par des fibules. Avec l'apparition du lin, le chiton remplace progressivement le péplos, drapé en laine, dont il se différencie car il ne retombe pas en plis sur la poitrine et se porte bouffant à la taille grâce à une ceinture.

Variantes

Le chiton long tombant jusqu'aux pieds était qualifié de ; c’était le chiton des Ioniens () dont parlent Homère, XIII, vers 685. et Hérodote, Livre V, 88., le chiton des grands dieux. Il pouvait être orné de dessins géométriques pour les jours de fête. Il pouvait se porter avec un himation, sorte de manteau drapé. Une autre variante est le chiton à manches descendant jusqu’au poignet (), à l’imitation de la mode perse, Livre VI, 61.Léon Heuzey, Histoire du costume antique d’après les études sur le modèle vivant, Paris, 1922, . mais il est rare avant le

Cependant, ce chiton long des anciens Ioniens n’est pas complètement abandonné à l’époque classique ; il semble être devenu un vêtement de cérémonie porté par les prêtres, les citharèdes et les concurrents des jeux publics. On voit ainsi l’Aurige de Delphes François Chamoux, L’Aurige de Delphes, 1955, ..

On connaît aussi le chiton dorien avec son repli, sa calyptre (ou voile) et son kolpos : c’était Quant au chiton féminin double, il était replié et rabattu sur lui-même, donnant l'illusion qu'il y en avait deux, l’un s'arrêtant aux genoux.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . . . . . . . .

Articles connexes

Chlamyde Exomide Himation Péplos Taenia

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