Bernard Oulion, dit Bernard Lavilliers, est un auteur-compositeur-interprète français, né le à Firminy.
Actif depuis 1965, Lavilliers est reconnu pour son mélange unique de chanson française, de rock, de reggae, de salsa et de bossa nova. Son parcours musical est marqué par des voyages à travers le monde, notamment en Amérique latine, qui ont influencé son style et ses textes.
Au-delà de sa carrière musicale, Lavilliers est également acteur et a été associé à divers mouvements politiques et sociaux tout au long de sa vie. Il a notamment soutenu les ouvriers en lutte, les sidérurgistes lorrains et s'est engagé contre le barrage de Belo Monte en défense des Amérindiens.
Biographie Enfance et formation Bernard Oulion. naît le . à FirminyBiographie sur rfimusique.com.Exemples de source indiquant Firminy comme ville de naissance : ; . Son père, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale et syndicalisteArticle par Rosa Tandjaoui en 2022 pour Magcentre , est ouvrier à la manufacture d'armes de Saint-Étienne (MAS) et sa mère est institutrice. Issu d’une famille de quatre garçons dont l’aîné a trois ans de plus que Bernard. Son éducation joue un grand rôle dans son approche de la musique. Il explique que ce sont ses parents qui lui ont donné la passion pour les rythmes tropicaux, le jazz portoricain, la musique classique et la poésie. Il écoute, dès ses quatre ans, beaucoup de musique grâce au tourne-disque qui lui est offert pour son anniversaire. Parmi les événements notables : il est frappé d'une pneumonie pendant son enfance et ses parents déménagent en banlieue pour l'éloigner de la pollution de Saint-Étienne ; il commence la boxe à l'âge de .
Selon l'historiographie officielle, à quatorze ou quinze ans, il fait un séjour en maison de correction.. À sa sortie, il commence à travailler et devient, à la demande de son père, tourneur sur métaux à la MAS. Il écrit plus tard : ..
En 1963, à 17 ans, il adhère au Parti communiste français.. À , il participe à Saint-Étienne à Nocturne, un premier montage (textes-chansons) créé par la troupe Duk (dirigée par Pierre-René Massard), aux côtés d'un autre jeune Stéphanois, Alain Meilland, futur cofondateur du Printemps de Bourges auquel il participera à de nombreuses reprises« Bernard Lavilliers nous présente son nouvel album "Baron Samedi" dans Le Grand Studio », RTL, 10 janvier 2014..
À , en 1965, il serait parti pour le Brésil, d'où il serait revenu un an plus tard.. Il serait alors considéré comme insoumis vis-à-vis du service national. Bernard Lavilliers déclare au journal Le Temps : .
Toute cette période de sa vie, souvent racontée de différentes manières par les médias et par lui-même, fait l'objet d'interrogations, portant principalement sur la concordance des dates et la véracité des faitsMichel Kemper, Les Vies liées de Lavilliers, éditions Flammarion, 2010.Emmanuel Lemieux, « Bernard Lavilliers, mytho XXL », sur lesinfluences.fr, 7 juin 2011..
Débuts À partir de l'âge de vingt ans, Bernard Oulion vit principalement en faisant la manche, jouant de la musique pour les passants. Il chante en parallèle dans des cabarets de la rive gauche à Paris, comme chez Jacky Scala, rue Lacépède. On le retrouve aussi à la Cour des miracles à Bordeaux, en compagnie de Gilles Elbaz, Germinal ou Gérard Ansaloni. Il touche sa première paie en jouant à la pizzeria du Marais à Paris. Il y partage la scène avec Jacques Higelin et Renaud. En 1967, il sort ses premiers 45 tours et obtient le prix de la Rose d'or de la chanson à Montreux avec La Frime.
Son premier album, Chanson pour ma mie, sort en 1968, avec en titre son prénom et un énigmatique « Lavilliers » (probablement lié au nom de la ville ouvrière d'Aubervilliers, selon ses propres déclarationsSandrine Blanchard "Bernard Lavilliers : « Comme beaucoup d’autodidactes, je ne me suis jamais lassé »",sur lemonde.fr, 18 novembre 2018, (consulté le 14 novembre 2021) et patronyme qu’il est aussi le seul à porter), qui deviendra son nom de scène. Pendant les événements de mai 1968, il chante dans les usines occupées de la région lyonnaise. Sillonnant alors la France, il éprouve des difficultés à percer dans la musique, tout en jouant pendant quelques mois dans des cabarets de province ; au mois de juin 68, il fait la manche en Bretagne. Il exerce plusieurs petits boulots (restaurateur, gérant de boite de nuit à Marseille, etc.) et se marie en 1970 avec Évelyne.
Années 1970 En 1970, Bernard Lavilliers sort un 45 tours simpleCe disque 45 tours est sorti en promo en 1970, uniquement sous le label As de Trèfle (AS 8701)., sous le pseudonyme « Edgar de Lyon », avec les titres Camelia blues et Juliette 70.
Bernard Lavilliers sort son deuxième album en 1972, Les Poètes et commence à avoir une certaine notoriété, qui se confirme, en 1975, avec Le Stéphanois (et notamment les titres San Salvador et Saint-Étienne, album introduit par « (l)a très higelinesque/gainsbourgienne première chanson de l'album »., Les aventures extraordinaires d'un billet de banque). C'est à partir de cette date que le métier de chanteur devient vraiment sérieux pour Lavilliers, et qu'il s'y investit vraiment.
La consécration intervient en 1976 avec Les Barbares et son passage au Théâtre de la Ville (novembre 76).. Il rencontre Eddie Barclay qui prend en charge sa carrière. Il décrit cet album comme le tournant musical de sa carrière. On y découvre en effet un mélange musical allant du rock au funk en passant par les rythmes tropicaux. Cet album a été composé en collaboration avec le groupe de musique Némo, avec qui il tourne en concert pendant quelques années. Il passe pour la première fois à l'Olympia en . C'est à cette période qu'il rencontre Léo Ferré, un modèle pour lui.
À la faveur d'une tournée commune en 1977, à laquelle participent aussi les groupes Magma et Gong, les deux hommes se lient d'amitié. Quelques années plus tard, Lavilliers invite d'ailleurs son aîné à chanter avec lui à la fête de l'Humanité en 1992 et fait un concert en hommage à l'œuvre de Ferré en 2006 à Lyon en compagnie de ses musiciens habituels et de l'orchestre national de Lyon. Un DVD de ce concert sortira en 2009 sous le nom de Lavilliers chante Ferré. La fin des années 1970 est une période prolifique pour Lavilliers puisqu'il sort Round en 1977 et Pouvoirs en 1979. Ce dernier se présente comme un album-concept, presque entièrement consacré au thème du pouvoir mais confronté à un « relatif insuccès », surtout après la réussite en 1978 de son album en public, T'es vivant ?, qui marque toute une génération adepte de la chanson rock française. Le public de fans suit, comme les « 6 000 personnes par concert » pendant 5 jours à l'hippodrome de Pantin en "Chronique des années disco". Livre De Jacques Pessis, Éditions Chronique. Le mois suivant, en , Lavilliers s'installe à Saint-Malo, achète un bateau et part pour la Jamaïque, puis vers New York et le Brésil. Il revient en France avec l'album O gringo, l'un de ses disques les plus célèbres. La légende de Bernard Lavilliers, musculeux voyageur des quartiers louches des Amériques, se forge sur cet album exotique et notamment sur la photo de la pochette où on le voit hilare dans une chambre, une carte de New York et un revolver posés dans une valise. Cet album est celui de la reconnaissance musicale et du succès. Les rythmes reggae, salsa et traditionnels brésiliens ( dédié à Lampião, mythique de la libération au Brésil) font de ce disque un album éclectique. Suit une grande série de concerts et il joue notamment dans le cadre du premier Festival international de jazz de Montréal en 1980.
Années 1980 Les années 1980 sont des années de gloire pour Lavilliers. En 1981 sort l'album Nuit d'amour qui raconte notamment sa nouvelle vie à Los Angeles et sa rencontre avec Lisa Lyon qui deviendra sa femme. Cet album montre un certain renouveau et explore de nouvelles pistes musicales plus électroniques, notamment avec le titre Night Bird, mais certains titres comme Pigalle la Blanche semblent plus dans la continuité de son album précédent.
En 1983, sort État d'urgence. Cet album très noir comporte le titre Idées noires, en duo avec Nicoletta. Teinté de nostalgie (À suivre, qui raconte son retour à Saint-Malo pour y retrouver un amour perdu), mais surtout d’un profond cynisme sur notre monde (État d’urgence), il aborde aussi sa légende et le mystère qui tourne autour de sa personnalité dans Le Clan mongol et raconte ses passages en prison dans Q.H.S. Lavilliers traîne son humeur triste sur une musique rock accompagné par ses musiciens fétiches de l'époque : Pascal Arroyo, Jean-Paul Hector Drand et François Bréant.
En 1984, il sort Tout est permis, rien n'est possible, disque semblant être plus dans la lignée de son travail des années 1970, notamment les albums Round et Pouvoirs. Lavilliers reprend alors les voyages et publie en 1986 un de ses albums les plus célèbres, Voleur de feu. Cet album se présente comme un condensé des styles musicaux parcourus depuis le début de sa carrière. Parmi les titres se trouve Noir et Blanc, qui évoque l'apartheid et auquel N'Zongo Soul prête sa voix. En 1988, sort l'album If... sur lequel se trouve le titre On the Road Again.
Années 1990 et 2000
À l'orée des années 1990, Bernard Lavilliers raconte ses voyages en Asie dans l'album Solo en 1991.
Il est la vedette de la première de l'émission musicale Taratata en ..
L'album Champs du possible, sorti en 1994, est marqué par une ambiance fin de millénaire (Troisièmes Couteaux, Champs du possible) et par son duo reggae avec Jimmy Cliff, Melody Tempo Harmony, qui reste l'un de ses plus grands succès.
En 1997, tout juste quinquagénaire, Lavilliers sort Clair-obscur qui se compose de morceaux aux allures reggae (Audit, Le Venin), de musiques tropicales (Romeo Machado, Capitaine des sables), mais aussi de rock (La Machine). Sur cet album, il reprend un texte engagé et cynique de Léo Ferré dans le titre d'ouverture Préface.
En 1999, dans Couroucoucou Roploplo : extrait de l'album , d'Elmer Food Beat, le groupe entonne le refrain […] Rio de Janvier, Bernard Lavilliers, moi j'ai tout oublié, sauf tes gros nénés.
En 2001, sort l'album Arrêt sur image dans lequel figure l'hymne ouvrier Les Mains d'or.
Toujours inspiré et en constante évolution, Bernard Lavilliers sort en 2004 Carnets de bord, nouvel hymne au voyage. L'une de ses chansons, L'Été, est une adaptation d'un tube brésilien (Morango do Noreste), repris en Afrique, Amour en or. Dans Voyageur, il se définit lui-même comme un « trafiquant de métaphores, insurgé de l'univers, passager du Maldoror, entre la mort et la mer ». Sur cet album figurent aussi un duo reggae avec Tiken Jah Fakoly intitulé Question de peau, et une diatribe écologique, État des lieux.
En 2008, il sort Samedi soir à Beyrouth, un album reggae-soul réalisé à Kingston en Jamaïque et à Memphis (États-Unis) avec des musiciens locaux.
Années 2010 et 2020 vignette|gauche|upright=1.2|Bernard Lavilliers en concert au Festival du Bout du Monde 2011. Fin 2010, Lavilliers sort Causes perdues et musiques tropicales. Cet album est une ode à la musique tropicale du monde entier, de la salsa (Cafard, Causes perdues) à la musique traditionnelle sud-américaine (Coupeurs de cannes, La nuit nous appartient) et comme une invitation au voyage, du Brésil à New York en passant par l'Angola et par Paris. Angola est d'ailleurs le titre d'ouverture du disque ; cette chanson est aussi celle de Bonga Kuenda qui l'accompagne en duo dans cette nouvelle version. Il remporte, avec cet album, la victoire de la musique de l'album de chansons en 2011.