Le muséum des sciences naturelles d’Angers est un musée municipal de la ville d’Angers (Maine-et-Loire). Consacré à l’histoire naturelle, le muséum d’Angers abrite dans ses collections environ 830 000 objets, dont oiseaux naturalisés, 150 000 coquillages, 150 000 fossiles, 93 315 insectes et collectes d’herbier, ainsi que des centaines de spécimens naturalisés ou en liquide, squelettes, minéraux, instruments techniques et documents.. Le Muséum accueille annuellement plus de 30 000 visiteurs ainsi que des groupes scolaires, des stagiaires, des chercheurs et des bénévoles.
Historique Ouvert au public depuis 1801, le Muséum d’Angers est l’héritier d’une longue et riche histoire.
Le noyau initial des collections date de la Révolution française. Par le décret du , Gabriel Éléonore Merlet de la Boulaye (1736-1807) est chargé de réunir les livres et les collections d’Histoire naturelle saisis dans les maisons nationales. Récupérées dans tout le département, notamment dans les maisons des émigrés, elles sont initialement rassemblées dans l’abbaye Saint-Serge d'Angers. Malheureusement, elles sont pillées par les Vendéens qui assiègent Angers en décembre 1793.
En 1795, l’École centrale de Maine-et-Loire est créée au logis Barrault. Joseph-Étienne Renou (1740-1809), collaborateur de Merlet, est appelé à la chaire d’Histoire naturelle et, avec ce qui restait des collections à l’abbaye Saint-Serge, forme un cabinet d’Histoire naturelle destiné à l’enseignement dans la toute nouvelle École. Les collections s’enrichissent grâce notamment à Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux (1753-1824), membre du Directoire :
left|thumb|Portrait de La Révellière-Lépeaux en botaniste, par François Gérard, 1798, Musée des Beaux-Arts d'Angers De plus, La Révellière-Lépeaux invite Renou en 1798 à rapporter pour son cabinet des objets des collections du Muséum national d'Histoire naturelle, dont une collection de 12 poissons fossiles rapportés d’Italie (Monte Bolca) par Bonaparte en 1797 (collection qui existe encore, avec ses étiquettes d’origine). Le cabinet ouvre finalement ses portes au public comme « muséum d'Histoire naturelle » le . En 1805, l’École centrale étant supprimée, le Muséum devient municipal, tout en restant hébergé dans le logis Barrault avec le Musée des Beaux-Arts d’Angers.
Le Muséum d’Angers attire rapidement l’intérêt et ses collections augmentent. En 1806, Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844) envoie au Muséum d’Angers, au nom du Muséum national, d’importants fossiles et moulages. L’affluence des visiteurs est grande :
Après le décès de Renou (1809), l’administration du Muséum traverse une période troublée. Guilloteau, l’aide-naturaliste, administre le Muséum à l’époque des directeurs Bastard (qui est aussi directeur du Jardin des plantes d'Angers et s’occupe moins du Muséum) et de Tussac (qui travaillait à Paris). En 1821, Auguste Nicaise Desvaux (1784-1856) remplace Guilloteau comme aide-naturaliste (à la retraite de celui-ci) et est nommé directeur en 1822. Desvaux essaye de donner un ordre aux collections et se querelle avec la municipalité pour résoudre les nombreux problèmes logistiques du Muséum, sans résultats.
Ce n’est que sous la direction d’Alexandre Boreau (1803-1875) que l’agrandissement du Muséum a lieu, de nouvelles salles du Muséum au premier étage du logis Barrault étant inaugurées en 1849. La même année, le Muséum s’enrichit de l’héritage de la collection de Pierre-Aimé Millet de la Turtaudière (1783-1873), doyen de l’histoire naturelle angevine. Sa collection se composait surtout de fossiles du tuffeau et des faluns d’Anjou, mais qui ont aujourd’hui presque tous disparus. En 1864 une exposition temporaire de géologie devient l’exposition permanente. En 1871, il est à remarquer la création de la Société d'études scientifiques de l'Anjou (SESA) par un groupe de savants fortement liés au Muséum. En 1883, Alphonse Milne-Edwards (1835-1900), professeur d’ornithologie au Muséum national, fait don au Muséum d’Angers de .
thumb|Escalier de l’ancien hôtel de ville, Muséum d'Angers Le siège du Muséum reste toujours au logis Barrault, mais en 1885 la ville d'Angers décide l’acquisition de la collection Soye, constituée de échantillons fossiles et, alors, les collections de paléontologie deviennent trop imposantes dans les locaux du logis Barrault et sont installées dans l’ancien hôtel de ville – place Imbach – et constituent un musée paléontologique. Les collections de géologie viennent ensuite y prendre place. La même année un moulage d’ichthyosaure de Holzmaden entre dans les collections, acheté au musée cantonal de géologie de Lausanne, où l’original se trouve toujours. Un fossile authentique d’ichthyosaure, en provenance de Holzmaden, sera ajouté aux collections plus tard.
Les collections de botanique se développent à Angers depuis la création de la Société des Botanophiles en 1777. Conservées au Jardin des plantes durant presque tout le , les herbiers seront logés en 1895 dans l’ancien logis des maires, aile nord de l’ancien hôtel de ville, contigu au musée Paléontologique. La SESA vient y prendre place également. L’herbier d’Alexandre Boreau est acheté par la municipalité en 1875, et celui de James Lloyd (1810-1896) est légué à la ville en 1897. Tous les herbiers sont regroupés à l’Arboretum Gaston-Allard à partir de 1964 ; la SESA accompagne ce déménagement. De 1898 jusqu’à 2005 ces collections formaient le musée Botanique.
Sous le directeur Georges Bouvet (1850-1929) beaucoup d’objets sont entrés au Muséum (le nombre d’échantillons a plus que quintuplé) et une classification générale des collections est achevée. Son successeur, Olivier Couffon (1882-1937), apporte échantillons géologiques et paléontologiques locaux de sa propre collection. Des collections de préhistoire apparaissent à la fin du puis surtout grâce au site paléolithique de Roc-en-Pail, Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire).
En 1958, sous la direction de Philippe Maury (1892-1978), les collections de zoologie sortent du logis Barrault et sont installées à l’hôtel Demarie-Valentin qui devient musée Zoologique, rue Jules Guitton tout près du musée Paléontologique. Le musée Zoologique ouvre au public le . Les deux établissements sont finalement réunis pour récréer le muséum d'Histoire naturelle en 1990 et les deux bâtiments sont reliés en 1991 par l’ouverture au public d’un petit jardin niché sur les anciens remparts de la ville d’Angers, permettant aux visiteurs un parcours continu entre les salles de zoologie et la galerie de paléontologie. En 2005, le musée Botanique, tout en restant sur le site de l’Arboretum, est absorbé par le muséum d'Histoire naturelle, qui change sa désignation pour muséum des Sciences naturelles. Le , le Muséum est rattaché administrativement aux autres cinq musées de la ville d’Angers, dans une même direction.
Contrairement à presque tous les autres muséums en France, le Muséum d'Angers et ses collections n’ont pas trop souffert des deux guerres mondiales. Encore mieux, aucun incendie, inondation ou catastrophe n’a détruit ou endommagé les collections du Muséum ; la plus grande catastrophe étant vraisemblablement le pillage vendéen en 1793. Même si au fil du temps beaucoup de pièces ont été perdues, voire volées, le Muséum retient une continuité et intégrité rare pour un Muséum vieux de plus de 200 ans.
Missions du Muséum Le Muséum d’Angers suit le Muséum national en adoptant cinq missions principales. : la conservation des collections, la diffusion des connaissances, l’expertise, la pédagogie et la recherche scientifique (pourtant ces deux dernières ne sont accomplis à Angers que par la médiation, par le prêt d’objets et par l’accueil de stagiaires et chercheurs externes ; un projet scientifique est parfois mis en place sous l’égide du Muséum). Le Muséum fait partie de réseaux consacrés aux muséums et contribue à des bases de données patrimoniales, nationales et internationales, au bénéfice des scientifiques et du public en général. Le Muséum souscrit à la définition de musée de l’ICOM et se présente donc comme « une institution permanente sans but lucratif au service de la société et de son développement ouvert au public, qui acquiert, conserve, étudie, expose et transmet le patrimoine matériel et immatériel de l’humanité et de son environnement à des fins d’études, d’éducation et de délectation »Statuts de l’ICOM art.2 §.1 http://icom.museum/la-vision/definition-du-musee/L/2/. Le Muséum d’Angers est labellisé « musée de France » au sens de la loi n°2002-5 du Base Muséofile des musées de France, site culture.gouv.fr, http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/museo_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=TOUT&VALUE_98=angers&NUMBER=8&GRP=0&REQ=%28%28angers%29%20%3aTOUT%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=50&DOM=All.
Bâtiments Le Muséum d’Angers est établi dans deux sites : le site central et siège du Muséum, en centre-ville d'Angers, et le site de l’Arboretum Gaston-Allard.
Site central Le site central est installé dans deux bâtiments d’origines distinctes reliés par un petit jardin adossé aux remparts médiévaux, l’hôtel Demarie-Valentin et l’ancien hôtel de ville. thumb|right|upright=2.0|Jardin et colonnade de l'hôtel Demarie-Valentin, Muséum d'Angers L’hôtel Demarie-Valentin a été bâti par Jean-François Demarie vers 1800 à l’emplacement de l’ancienne église paroissiale Saint-Michel-du-Tertre, détruite pendant la Révolution. Œuvre unique du néoclassicisme angevin, la disposition intérieure de l’hôtel Demarie-Valentin est surprenante : depuis la porte d’entrée, un escalier construit sur le schiste mène à une cour circulaire dominée par un balcon périphérique ; le vestibule du rez-de-jardin fait communiquer deux salles octogonales entre elles, chacune à son tour donnant passage pour une aile sur le jardin ; une colonnade donne à la façade côté jardin un aspect « à l’antique ». Cédé à la ville d’Angers par sa dernière propriétaire en 1958, l’hôtel particulier est utilisé pour y aménager les collections de zoologie.. Ce bâtiment abrite l’accueil du Muséum, le laboratoire de taxidermie-restauration et une partie des réserves. L’hôtel Demarie-Valentin fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le .
Le bâtiment de l’ancien hôtel de ville date du . Les collections de paléontologie sont installées depuis 1885 dans l’ancienne grande salle du Conseil municipal (1529-1823, devenue la grande salle de la Cour d’appel entre 1823 et 1885), qui comprend de belles boiseries et une porte sculptée par le menuisier Pierre-Louis David (1756-1821), le père du fameux sculpteur angevin du même nom, dit David d’Angers. Aujourd’hui le cabinet du directeur-conservateur, des bureaux de travail, la bibliothèque et une partie des réserves se trouvent aussi dans ce bâtiment.
Site de l’Arboretum Le site de l’Arboretum Gaston-Allard abrite surtout les collections d’herbiers, dans la demeure de Gaston Allard (1838-1918). Allard, botaniste angevin, démarra les plantations autour de sa belle demeure de la Maulévrie en 1863. La création de l’arboretum remonte à 1882, . En 1916, Allard fait don de son arboretum à l’Institut Pasteur. En 1959, la ville d’Angers devient propriétaire de l’Arboretum Gaston-Allard en rachetant le parc à l’Institut Pasteur. C’est ici que siègent également la Société d'études scientifiques de l'Anjou et la Société d'Horticulture d'Angers et Maine-et-Loire.
Vie du Muséum Un musée n’est pas composé seulement de vitrines et visiteurs : il existe au Muséum d’Angers toute une dynamique souvent inconnue du public.
L'équipe d'accueil est le côté le plus visible pour les visiteurs. Responsables de la billetterie, des salles d'exposition, de la surveillance des spécimens exposés et de la sécurité des visiteurs, les agents d’accueil sont la charnière entre le public et les autres professionnels dans les coulisses du Muséum.