Le Camp de Salonique fait référence à l'installation des troupes de l'armée d'Orient à Thessalonique au cours de la Première Guerre mondiale.
L'installation à Thessalonique
À la suite de leur défaite aux Dardanelles, les forces alliées évacuent la zone des Détroits de septembre à . Une partie des troupes, deux divisions : une française commandée le général Bailloud et une britannique (la Irish Division commandée par Sir Bryan Mahon), sont envoyées au secours de la Serbie. Elles s'embarquent pour Thessalonique, qui constitue une base logique et idéale pour réaliser leur objectifMarquis of Lansdowne, « The Troops at Saloniki ». et crée ainsi l'Armée française d'Orient. De plus, l'alliance entre la Serbie et la Grèce amène cette dernière à mobiliser ses troupes le . Cependant, ses ne semblent pas suffisants pour aider leur allié contre la Bulgarie. Le premier ministre grec Vénizélos passe alors un accord avec l'Entente et obtient l'envoi de James B. Macdonald, « The Story of Saloniki. ». Le , il autorise les Alliés à débarquer dans la ville. Ils arrivent dès le lendemain et dix jours plus tard, le général Sarrail vient en prendre le commandementLa France héroïque et ses alliés., . Le général Mahon est quant à lui remplacé par le général Milne.
Le port de Thessalonique connaît alors une affluence sans précédent, accueillant les navires de l'Entente ou les missions de la Croix-Rouge, et voit passer des milliers de blessés en provenance de Serbie. Tout ceci donne déjà à la ville un air d'arrière-frontA.Vacalopoulos, A history of Thessaloniki, .Cet épisode historique a inspiré au cinéaste Georg Wilhelm Pabst un film d'espionnage resté célèbre : Salonique, nid d'espions, l'armée alliée se concentre sur le camp de Zeitenlik (nord est de Salonique).
Fin octobre et début novembre, les troupes franco-britanniques tentent depuis Thessalonique de porter secours à la Serbie attaquée par la Bulgarie, mais en vain. Le général Sarrail se replie sur la ville où les renforts ne cessent de lui parvenir (dont la British Division). L'objectif est alors de s'y maintenir en vue de futures opérations : elle commence à s'y retrancher le La France héroïque et ses alliés., .. En effet, le roi Constantin ne veut pas des troupes de l'Entente sur son territoire et a annoncé son intention de les attaquer. Les forces franco-britanniques sont pratiquement assiégées dans la ville par les de l'armée grecque qui s'y trouvent aussi (plus à l'ouest de la ville). L'armée serbe écrasée par les forces autrichiennes et bulgares se replie à travers l'Albanie et est évacuée à Corfou. De là, , et chevaux et des canons sont transportés à Thessalonique en . Il faut cependant que les forces franco-britanniques chassent les troupes grecques qui contrôlent le port où les sous-marins allemands sont autorisés à se ravitailler.
À la fin du mois de , français et ont déjà débarqué. Dans le port de la ville sont déchargés tous les biens nécessaires au nouveau front. C'est là que les intendances militaires installent les hôpitaux, les camps arrières et les aérodromes militairesA.Vacalopoulos, A history of Thessaloniki, . La ville se transforme en une place forte, se parant de fortifications et de tranchées. La région autour de la ville devient un grand camp militaire entouré de tranchéesA.Vacalopoulos, A history of Thessaloniki, . Fin mai, un total de , soldats français, britanniques et serbes sont présents dans la ville, soumise à l'état de siège et d'où les autorités officielles grecques ont été expulsées sur ordre du général Sarrail. Un contingent italien rejoint la ville un peu plus tard. Les troupes sont condamnées à l'inaction, jusqu'à l'abdication forcée de Constantin en , les alliés ne désirant pas mécontenter davantage la Grèce. Cependant, en , le roi, germanophile, penchant du côté de la Triplice, autorise les Bulgares, pourtant « ennemis héréditaires » de la Grèce à avancer en Thrace et à y occuper un certain nombre de places fortes pour menacer les alliés et les empêcher de porter secours à la Roumanie qui vient d'attaquer à son tour la Bulgarie. Quelques milliers de soldats grecs, obligés d'évacuer sur l'ordre de leur souverain, se replient à leur tour sur ThessaloniqueLa France héroïque et ses alliés., ..
La présence des Alliés accentue un peu plus encore le côté cosmopolite de Thessalonique. Aux côtés des soldats français, britanniques ou italiens, il faut noter la forte présence de soldats venus d'Afrique, des Indes ou d'AsieG. Th. Vafopoulos, op. cit., . Quand Madelon... et It's a Long Way to Tipperary chantés par les soldats deviennent des airs à la mode dans la villeG. Th. Vafopoulos, op. cit., .
Le , la Roumanie entre en guerre. Les alliés attaquent à leur tour les forces germano-bulgares depuis Thessalonique : les troupes serbes sur la rive droite du Vardar et les troupes franco-britanniques sur l'autre rive. Un front de de long se met alors en placeLa France héroïque et ses alliés., .. Cet épisode entraîne d'importantes transformations politiques en Grèce.
Annexes
Bibliographie La France héroïque et ses alliés, Larousse, 1919, tome 2. Mon commandement en Orient (1916-1917), Général Sarrail, Ernest Flammarion, Paris, 1920. Makédonia, souvenirs d'un officier de liaison en Orient, Jean-José Frappa, Ernest Flammarion, Paris, 1921. James B. Macdonald, « The Story of Saloniki. », Current History New York Times Publications, vol. 6 , . Henry Petty-FitzMaurice, Marquis of Lansdowne, « The Troops at Saloniki », Current History, New York Times Publications, vol. 3 , .
. . . . G. Th. Vafopoulos, in .
Articles connexes Expédition de Salonique, décrivant les opérations militaires de la région Histoire de Thessalonique
Notes et références
Catégorie:Histoire de Thessalonique Catégorie:Histoire de la Macédoine grecque Catégorie:Histoire de la Grèce pendant la Première Guerre mondiale Catégorie:Front des Balkans