Frédéric Desmons, né le , à Brignon, et mort le , à Paris , est un pasteur docteur en théologie protestant, franc-maçon plusieurs fois grand maître du Grand Orient de France, et homme politique français, conseiller général en 1877 et député, sénateur du Gard en 1894. Il milite durant toute sa vie pour la liberté absolue de conscience.

Biographie Jeunesse et protestantisme Frédéric Desmons est né en 1832 à Brignon, petite commune du département du Gard, entre Nîmes et Alès. Il fait ses études au collège d’Alès, puis à la pension Lavondès à Nîmes. Il suit les cours de la faculté autonome de théologie protestante de Genève, fief du protestantisme calviniste, où il se prépare à embrasser le ministère pastoral. Frédéric Desmons est reçu docteur en théologie en 1855..

De retour en France, Frédéric Desmons devient successivement pasteur de l’Église Réformée de 1856 à 1881, à Ners dans le Gard, puis à Vals-les-Bains en Ardèche, et enfin à Saint Géniès de Malgoirès dans le Gard, à quelques kilomètres à peine de Brignon.

Ses convictions politiques le rapprochent rapidement des courants du protestantisme libéral. Rejoignant, à partir de 1870, le courant des pasteurs ultralibéraux. Malgré ces orientations, il a rapidement la réputation d'un bon prédicateur. Confirmé par la fréquentation de son culte, de ses cours de religion comme de ses écrits qui dénoncent la politique religieuse mise en œuvre par l'Empire autoritaire et la mainmise du cléricalisme sur la société

La détérioration des rapports entre libéraux et orthodoxes lors des conflits doctrinaux dans les années 1870-1880 a des conséquences importantes sur sa carrière pastorale. La victoire des orthodoxes au synode de 1872 marginalise les libéraux et ultralibéraux. Et conduit certains pasteurs à prendre leurs distances avec l'Église institutionnelle. Voyant le principe d'une , contraire à leurs convictions d'un protestantisme tolérant, porteur d'un message spirituel, intellectuel et politique antidogmatique. De nombreux protestants du Gard lui reprocheront d'avoir démissionné de sa charge de pasteur, mais également d'appartenir et de s'engager dans une obédience maçonnique dont l'anticléricalisme tendait à évoluer vers des positions antireligieuses.

Franc-maçon Frédéric Desmons est initié le en franc-maçonnerie au sein de la loge L'Echo du Grand Orient. En 1867, il quitte sa loge-mère pour fonder, à Saint-Geniès-de-Malgoirès, un autre atelier, sous le nom distinctif de Le Progrès dont il devient le vénérable en 1870.

Dès 1873, il entre au conseil de l'ordre du Grand Orient de France (GODF). Il reste vigilant à tous les vœux des loges concernant la suppression des références à l'existence de Dieu et à l'immortalité de l'âme et s'oppose, à de nombreuses reprises, aux « conservateurs » de l'obédience. Lors du convent de 1877, Frédéric Desmons est nommé rapporteur du vœu nº IX émanant de la loge La Fraternité progressive de Villefranche-sur-Saône, visant la révision de l'article de la constitution du Grand Orient de France. À cette occasion, devant les représentants des loges, il prononce un discours au sujet de la formule de l'article premier de la constitution de 1849, qui va passer à la postérité et emporter l'adhésion enthousiaste d'une majorité de délégués du convent. :

Cette proposition assortie de son discours aboutissent à la fin de l'obligation de croyance en l'existence de Dieu pour les membres du GODF. Les historiens s'accordent sur le fait que Desmons n'a jamais soutenu l'idée d'un athéisme obligatoire au sein de la maçonnerie libérale, étant lui-même resté profondément déiste. Devenu un personnage de premier plan, Frédéric Desmons est élu président du conseil de l'ordre du GODF à cinq reprises : de 1889 à 1891, de 1896 à 1898, de 1900 à 1902, de 1905 à 1907, et en 1909 jusqu'à sa mort en 1910 en son domicile, 9 rue du Val-de-Grâce dans le 5e arrondissement de ParisSon acte de décès (nº 26) dans les registres de décès du 5e arrondissement de Paris pour l'année 1910..

En 2017, une loge du Grand Orient de France porte le nom de .

Carrière politique Marqué par ses rencontres avec des exilés durant son séjour en Suisse et par sa , Frédéric Desmons commence une carrière politique sous les couleurs républicaines à partir de 1877, date à laquelle il est élu conseiller général du canton de Vézénobres, après la mort d'Étienne Ducamp. Cependant, cette campagne, qui oppose deux listes républicaines, est très dure. Desmons fait l'objet d'attaques venant aussi bien des conservateurs que de son propre camp politique sur l'apparente contradiction entre sa charge de pasteur et les projets de laïcisation de l'État. Conscient du problème que cela posait à long terme, il choisit de démissionner de son ministère pastoral en 1881.

Il rend sa décision publique, dans sa profession de foi de candidat à la députation, qui témoigne tout autant de la rudesse du combat politique à cette époque, y compris au sein même du camp républicain, que de l'attachement de Desmons à sa fonction de ministre du culte. Elle permet aussi de comprendre que son engagement politique est antérieur à la chute du Second Empire.

De 1881 à 1894, Frédéric Desmons est député du Gard.

De 1894 à 1909, il est sénateur radical du Gard. Desmons entre dans le combat républicain avec passion et détermination aux côtés de Léon Bourgeois et d'Émile Combes, notamment pour la défense de la laïcité des institutions et la séparation des Églises et de l'État, les lois sur les associations. Il est vice-président du Sénat de 1902 à 1905. En cette qualité de vice-président, il représente la France, en compagnie de Ferdinand de Lesseps à l'inauguration de la statue de la Liberté à New York en 1886. Les francs-maçons et le Grand Orient de France ont activement participé au financement de cette statue représentant la liberté et l'idéal républicain. Opposé au cumul des mandats, il ne fut jamais maire de Brignon.

Dans L'Autre France (1906), une fable parue dans la revue L'Université catholique et ayant pour cadre la Gardonnenque, a pastiché Desmons sous les traits de « Guillaume Satanet ».

Prix Desmons Chaque année, le , journée anniversaire de la loi de 1905 portant sur la séparation des Eglises et de l'Etat, l'association Maison Frédéric Desmons (AMFD), en partenariat avec la Ligue de l'enseignement, honore une personnalité qui a œuvré pour la liberté de conscience et la laïcité. Le prix remis à cette personnalité, intitulé , est l’œuvre et la création du sculpteur Henri Aram Hairabedian..

Frédéric Desmons est enterré au cimetière de Saint-Geniès-de-Malgoirès., ville où un établissement public d'enseignement porte son nom.

Notes et références

Bibliographie Daniel Ligou, Frédéric Desmons et la Franc-Maçonnerie sous la République, Paris, Geldage, 1966, 277 pages. Ouvrage réédité en 2013 par Théolib.

.

.

Liens externes

Catégorie:Conseiller général du Gard Catégorie:Pasteur français Catégorie:Personnalité du protestantisme libéral Catégorie:Sénateur du Gard Catégorie:Député du Gard (Troisième République) Catégorie:Député de la deuxième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la troisième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la quatrième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la cinquième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la sixième législature de la Troisième République Catégorie:Personnalité du Parti républicain radical et radical-socialiste Catégorie:Naissance dans le Gard Catégorie:Naissance en octobre 1832 Catégorie:Décès en janvier 1910 Catégorie:Dirigeant du Grand Orient de France Catégorie:Décès à 77 ans Catégorie:Décès dans le 5e arrondissement de Paris Catégorie:Personnalité inhumée dans le Gard