vignette|275x275px|Définition du risque naturel.
Dans un site prédisposé, le bassin de risque, un risque naturel est la menace qu’un événement intempestif dangereux dû à un phénomène naturel appelé aléa naturel, ait des effets dommageables, imprévus ou mal prévenus, sur les aménagements, les ouvrages et les personnes, les enjeux, plus ou moins graves, voire catastrophiques, selon leur vulnérabilité. Les risques naturels sont des risques environnementaux.
Les aléas naturels plus ou moins violents, sont généralement irrépressibles, toujours dommageables, souvent destructeurs ; les pires peuvent être de véritables désastres écologiques à l’échelle de la Terre.
Quels qu’ils soient, où que ce soit, les aléas naturels sont toujours susceptibles d'être dangereux ; ils ne se maîtrisent pas, mais la plupart de leurs effets - dommages, accidents, catastrophes -, peuvent être, sinon évités, du moins limités par l’étude prospective, les actions de prévention et de protection, et par la gestion de crise, reposant sur des études scientifiques sérieuses du phénomène naturel en cause, du bassin de risque et de la vulnérabilité des aménagements et ouvrages qui y sont construits.
Phénomènes naturels Aléas naturels vignette|Mouvements de terrain en montagne (Alpes) - écroulement de versant, lave torrentielle, cône de déjection… - Morignone (28/07/1987) - Alta Valtellina (Sandrio - Lombardie) - au premier plan, merlon de protection de la valléevignette|Chute de météorite - Meteor crater – Coon Butte (Arizona) – d ~ – p ~ – ~ B.P.
Les tempêtes, les cyclones tropicaux, les crues et les inondations, les canicules, les éruptions volcaniques, les séismes, les tsunamis, les mouvements de terrain, les chutes de météorites, les raz de marée (sous l'action de la Lune), sont des phénomènes naturels qui participent à l’évolution incessante de la Terre : depuis l’origine, des reliefs se créent et se détruisent à sa surface, et l’eau s’évapore de l’océan, circule dans l’atmosphère, tombe sur les continents pour retourner à l’océan par les cours d’eau. À l’échelle du temps de la Terre, cette évolution est à peu près continue et monotone, mais elle ne l’est pas à terme humain, car ses événements, de très courte durée, ne sont sensibles qu’à partir d’un certain seuil d’intensité qui dépend à la fois de la nature du phénomène considéré, des observations et des instruments de mesure.
Aujourd'hui, on parle d'aléa pour désigner le phénomène naturel source de danger, caractérisé par une intensité de "référence" associée à la probabilité que cette intensité soit dépassée. Cette notion de probabilité est souvent associée à une période de retour. Ainsi un phénomène qui a une probabilité d'un sur dix d'être dépassé chaque année, sera qualifié d’événement décennal (période de retour moyenne de dix ans). Le terme moyenne est ici important, car il signifie que ce n'est que sur une période de plusieurs fois dix ans que cette fréquence pourra être effectivement dépassée.
Le cours de n’importe quel phénomène naturel ne peut pas arrêter, ni même le modifier durablement ; les effets de certains de ses événements peuvent être observés : ce cours est continu, mais dans un certain intervalle de n’importe quelle échelle de temps, il est apparemment désordonné voire incohérent ; modélisé comme un système dynamique instable, sa fonction intensité/temps est successivement plate, croissante ou décroissante avec des minimums et des maximums relatifs plus ou moins individualisés et parfois des paroxysmes. Le temps historique humain est court et la géologie historique est imprécise ; cette évolution montre aussi des tendances à la hausse, à la baisse ou une stase durant des périodes plus ou moins longues et plus ou moins espacées mais jamais cycliques.
Les événements naturels intempestifs voire paroxystiques sont uniques, contingents, mais normaux et généralement explicables ; ce sont des péripéties et non des anomalies du cours normal, compliqué mais intelligible, du phénomène : il n’arrive jamais n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand, n’importe comment ; la plupart de ces événements sont plus ou moins localisés et, en dehors des séismes, aucun n’est quasi instantané ; la montée en puissance de l’intensité d’un phénomène naturel dans un bassin de risque est généralement progressive jusqu’à atteindre ou non une valeur paroxystique, car heureusement, la tendance à l’accroissement se renverse souvent. De longues séries homogènes d’observations en permettent l’étude statistique et proposent sans certitude, des temps de retour annuel, décennal, centennal, d’événements dangereux, les aléas. Il est en général très délicat de caractériser les aléas exceptionnels avec une grande certitude, puis que cela demanderait de disposer d'observation sur des temps très longs : plusieurs siècles pour l’événement centennal ou plusieurs millénaires pour l’événement millénal!
Catalogue français vignette|Éruption volcanique – Éruption du Vésuve en 1631 – Réfugiés arrivant à Naples par le ponte della Madallena.
En France, selon l’article L 125-1 du Code des assurances « ...Sont considérés comme les effets des catastrophes naturelles (CATNAT), .//., les dommages matériels directs « non assurables » ayant eu pour cause déterminante l’intensité anormale d’un agent naturel, lorsque les mesures habituelles à prendre pour prévenir ces dommages n’ont pu empêcher leur survenance ou n’ont pu être prises... » ; les aléas naturels relevant de la loi, susceptibles d’avoir des effets catastrophiques, pris en compte dans les Plans de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) sont précisés dans la circulaire ministérielle du 19/05/1998, par ordre de fréquence et de gravité : Inondations et coulées de boue : inondations de plaine - inondations par crues torrentielles - inondations par ruissellement en secteur urbain, coulées de boue ; Inondations consécutives aux remontées des nappes phréatiques ; Phénomènes liés à l’action de la mer : submersions marines - recul du trait de côte par érosion marine ; Mouvements de terrain : effondrements et affaissements - chutes de pierres et de blocs - éboulements en masse - glissements et coulées boueuses associées - laves torrentielles - mouvements de terrain différentiels consécutifs à la sécheresse et à la réhydratation des sols ; Avalanches ; Séismes.
Les aléas climatiques et atmosphériques – cyclones, tempêtes, neiges, grêles…, les incendies, les risques biologiques et l’activité humaine – agriculture, mines, travaux du BTP, pollutions… – ne figurent pas dans ce catalogue, car les « dommages matériels directs » dont ils seraient les « causes déterminantes » ne sont pas « non assurables » (sont assurables) ; les éruptions volcaniques propres aux Antilles et à la Réunion ont des réglementations spécifiques – le risque volcanique en métropole est négligé, car la chaîne des Puys parait actuellement inactive ; les chutes de grosses météorites destructrices, très rares, sont aussi négligées.
Divers organismes publics ou privés (BRGM, Ministère de l'Intérieur, de l'Écologie, de l'Agriculture...) diffusent des catalogues à peu près analogues, plus ou moins détaillés, notamment pour les éruptions volcaniques, les feux de forêts et les phénomènes atmosphériquesLes risques naturel, La Documentation française.
En France comme partout dans le monde, les aléas les plus fréquents et les plus destructeurs sont les crues ; leurs causes initiales sont toujours météorologiques - moussons, cyclones, tempêtes… ; leurs effets sont les inondations et les mouvements de terrain – écroulements, éboulements, glissements… Leurs effets peuvent être aggravées par l'activité humaine : réductions voire suppressions de zones inondables, forestières, agricoles..., extensions de zones d’aménagement, de construction…, non-respect de règles de prévention…
Caractères généraux Scientifiquement étudiés, la plupart des aléas naturels dangereux sont maintenant bien connus et localisés : les réponses aux questions essentielles, où ?, comment ?, avec quelle intensité ? un risque naturel peut se réaliser, conduisent à la prévention et à la protection qui pourraient en limiter plus ou moins les effets dommageables ; par contre, il n’y a pas de réponse à la question capitale, quand ?, qui autoriserait la prédiction voire l’annonce, et permettrait d’éviter les accidents et les catastrophes.
Augmentation actuelle ? vignette|Évolution d’un phénomène naturel.
Quand la réalisation d’un risque entraîne une catastrophe, l’intensité de l’aléa en cause est souvent considéré comme un excès paroxystique, jamais observé. Or, quel que soit l’aléa, aucune série statistique fondée sur des données sures, nombreuses et homogènes ne montre une augmentation actuelle de son intensité et de sa fréquence ; les images de satellites, les vidéos et photos terrestres diffusées par Internet et autres médias montrent en temps réel leurs effets à l’autre bout du monde, et les aménagements de plus en plus nombreux, complexes, surpeuplés… accroissent sans cesse les risques et les ravages que leurs réalisations provoquent : ce n’est pas le cours du phénomène naturel en cause qui est changé, ce n’est pas toujours l’intensité et la fréquence de l’aléa qui ont accru, ce sont aussi ceux qui y sont exposés, leur vulnérabilité, les imprudences, les informations... qui augmentent sans cesse. D'une certaine façon, on peut dire que les origines des risques "naturels" sont de moins en moins "naturelles".
Identification du risque « naturel » vignette|Séisme - Port-au-Prince (Haïti) - 12/01/2010 –Écroulement partiel du palais présidentiel (parasismique ?)
Les aléas spontanés - tempêtes, inondations, séismes... ou provoqués - glissements, tassements... ne sont pas les seuls éléments de la gestion des risques « naturels » : les conséquences de leurs effets à prévoir et les décisions à prendre sont fondées sur d’autres éléments aussi importants : caractères géologiques et physiques du bassin de risque, vulnérabilité des installations et des personnes, enjeux économiques, moyens de prévention et d’intervention disponibles, détermination et compétence des décideurs et des intervenantsGuide de l'État des Risques Naturels et Technologiques (ERNT) du site PRIM.NET...
Enjeux vignette|Matsushima (Japon) après le tsunami du 11 mars 2011.
Les aléas, événements paroxystiques des phénomènes naturels, ne sont dangereux et éventuellement dommageables que là où il y a des enjeux humains, un aménagement, un ouvrage, une présence, une activité… ; pas d’enjeu, pas de risque : les phénomènes sont naturels ; les risques sont humains. Les expressions consacrées risque naturel, catastrophe naturelle sont des non-sens ; l’anglais dit Geological Hazards.
Il n’y a pas forcément de relation directe entre l’intensité d’un aléa et la gravité de ses effets dommageables qui est toujours le fruit de la vulnérabilité des enjeux, conséquence de faits certains - légèreté, inconscience, attitudes et/ou décisions irréfléchies, voire aberrantes ; La Charte des responsabilités humaines... Dans la plupart des régions du monde, c'est très souvent par une augmentation continue de la vulnérabilité des sociétés humaines que le risque naturel augmente.
La vulnérabilité des aménagements, des ouvrages et des personnes résulte d’implantations défectueuses, d’inadaptations aux caractères naturels des sites, de vices de conception et/ou de construction, et se concrétise en dérives économiques, dysfonctionnements, dommages, accidents, ruines, catastrophes. Après un événement destructeur dans un même bassin de risque, ce sont toujours des ouvrages analogues voisins qui sont plus ou moins endommagés parce que plus ou moins bien implantés et/ou construits et d’autres en partie ou en totalité ruinés parce que mal implantés et mal construits ; et c’est dans les plus affectés que se trouvent le plus de victimes.