Jean Suret-Canale, né le à Paris et mort le à La RoquilleRelevé des fichiers de l'Insee, est un géographe français, historien de l'Afrique, homme de lettres, militant communiste, résistant, anticolonialiste et spécialiste de l'Afrique.

Biographie Jean Suret-Canale est né de Victor Suret-Canale (1883-1958), un graveur formé à l'École nationale des arts décoratifs, et de Thérèse Schuler, peintre d'origine allemande.. thumb|gauche|upright|Dessin, réalisé à la sanguine par son fils Michel, représentant Jean Suret-Canale en 1985. Ce portrait était accroché dans son bureau. Brillant élève au lycée Henri-IV, il obtient une bourse de la Ligue maritime et coloniale pour visiter les colonies françaises du Dahomey (Bénin) en 1938 et de l'Indochine en 1939.

Revenu en France, il continue ses études de géographie, est emprisonné pour activité anti-allemande puis participe à la Résistance dans les FTP de 1940 à 1944 dans le sud du Massif central tout en continuant ses études. Pendant cette période, il rencontre sa femme, Georgette Lamargot, engagée dans la Résistance comme courrier, une journaliste, écrivain et poète féministe, dont il aura trois enfants.

Agrégé de l'Université de Paris (1946) en géographie il est nommé au lycée Van Vollenhoven à Dakar où il ajoute à son enseignement officiel la préparation d'élèves de l'École normale William-Ponty au baccalauréat et la participation aux groupes d'études marxistes. Cet ensemble d'activités lui vaut d'être expulsé par le Gouverneur. De retour en France, il enseigne en particulier à Laval où il publie divers articles d’intérêt local et participe activement à la vie du Parti communiste.

La Guinée étant devenue indépendante à la suite du référendum du 28 septembre 1958, il s'y rend dès que possible et est nommé d'abord à Conakry (Lycée classique) puis à la tête de l'Institut national de recherches et documentation (INRDG) qui comprend musée, archives et bibliothèque nationales et qui hérite les biens du centre local de l'IFAN. En 1962, il est nommé directeur de l'École normale supérieure de Kindia.

En 1963, menacé d'être déchu de la nationalité française, il doit retourner en France..

Il occupe divers postes en France et en Algérie tout en continuant de publier des articles et des livres.

Il publie en 1958, Afrique Noire, regard critique sur le monde colonial.

Sa thèse de doctorat Afrique et capitaux, soutenue à la veille de la retraite, regroupe des données issues de trente années au moins de recherche.

Il prit une retraite en Périgord lieu de son activité résistante pendant l'occupation.

Il meurt à La Roquille (Gironde) le .

Toute sa vie Suret-Canale a continué son activité au Parti communiste français, bien que très critique envers son leader Maurice Thorez. À la suite de la mort de Staline et de Thorez, Suret-Canale devient un des fondateurs du « Centre d'études et de recherches marxistes » (C.E.R.M.) en 1960, qui est parmi les centres les plus connus pour développer les théories marxistes sur le mode de production asiatique, et qui sera ensuite adopté par les mouvements de libération dans le Tiers-Monde. Il sera pendant quelques années membre du Comité Central du PCF, bien qu'il ait critiqué plusieurs fois le Bureau politiqueRadio Free Europe Research, 11 janvier 1967. En dépit de son activité militante et de son approche marxiste de l'Histoire, Jean Suret-Canale savait, selon Daniel Rivet, « disséquer d’aussi près le passé que ses collègues néo-positivistes et avec les mêmes outils d’investigation »Daniel Rivet, Post-scriptum aux souvenirs des années 1960-1980 de Catherine Coquery-Vidrovitch, Afrique & histoire, 2009/1 (vol. 7), , .

Il est resté engagé politiquement et a écrit de façon occasionnelle des articles pour le journal L'Humanité.

Publications Éditions sociales André Meynier, Jean Suret-Canale. — L'Afrique noire occidentale et centrale. (compte-rendu), Norois, Année 1960, 27, Afrique Noire — L'ère coloniale (1900-1945), Éditions sociales, 1961, 637 p.Hubert Deschamps, Jean Suret-Canale : Afrique Noire — L'ère coloniale (1900-1945) (compte-rendu), Outre-Mers. Revue d'histoire, Année 1963, 180-181, avec Djibril Tamsir Niane. Histoire de l'Afrique Occidentale, 1961.

La République de Guinée, Paris. Editions sociales, 1970Georges Festinger, Jean Suret-Canale, La république de Guinée, Paris, Éditions sociales, 1970 (compte-rendu), L'Homme et la société, Année 1970, 17, .

Afrique Noire, Géographie, Civilisation, Histoire, Éditions Sociales, Paris, 1973. Essais d'histoire africaine : de la traite des Noirs au néocolonialisme, Éditions sociales, Paris, 1980 (recueil de textes)

Autres éditeurs Les Groupes d'études communistes (G.E.C.) en Afrique Noire Établissement industriel guinéen. La Guinée dans le système colonial, Présence africaine, 29 (-). Notes sur l'économie guinéenne La Guinée face à son avenir, Nouvelle revue internationale, . La fin de la chefferie en Guinée, Journal of African History, 7, No. 3. 1966. Découverte de Samori. Cahiers d'études africaines. 1977 (17)66: 381-388. Tableau économique de la Guinée, Bulletin d'Afrique noire, . Touba, haut-lieu de l'Islam en Guinée Contribution à Pays du Sahel, éditions Autrement, Paris, 1994 (ouvrage collectif dirigé par Joël Vernet) Contribution à l'ouvrage le Livre noir du capitalisme, 1997. Revue guinéenne : Recherches africaines

Sources . Mamadou Traoré Ray Autra, directeur de l'I.N.R.D.G paru dans Recherches Africaines : L'Institut national de Recherches et de documentation (1944 — 1964) in Études guinéennes (nouv. série). Conakry, n°s. 1-2-3-4. 1964 (janv.-déc.), Notice nécrologique dans l'Humanité Quotidienne du

Notes et références

Annexes Bibliographie Pascal Bianchini, Suret-Canale, de la Résistance à l’anticolonialisme. Éditions L’esprit frappeur, 2011, 256 p.

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