Charles-Joseph Mathon de la Cour, né le à Lyon où il est mort guillotiné le , est un homme de lettres, journaliste et traducteur français.

Biographie Fils du mathématicien Jacques Mathon de La Cour, il termina ses études à Paris, et se fit connaitre dans le monde par la variété de ses connaissances.. Devenu le beau-frère du poète Antoine-Marin Lemierre, il entretint des relations suivies avec les lettrés et les artistes, qui eurent souvent recours à sa générosité, et remporta plusieurs prix dans les concours de l’Académie des Inscriptions et d’autres sociétés savantes.

Il est rédacteur au Journal des Dames en 1765, aux côtés de Sautreau de Marsy, sous la direction de Catherine de MaisonneuveSuzan Van Dijk, « Le Journal des dames, 1759-1778 : les journalistes-dames et les autres », in: Traces de femmes, présence féminine dans le journalisme français du siècle, Amsterdam/Maarsen, APA-Holland University Press, 1988, ..

Rappelé à Lyon, en 1770, par la mort de son père, il continua d’y cultiver les lettres et d’y encourager tout ce qui avait un but d’utilité publique. Après avoir contribué à la fondation de la Société philanthropique, il entretint pendant quelque temps un lycée propre à faciliter aux artistes l’exposition de leurs œuvres.

Il chercha à rendre l’eau du Rhône commune dans tous les quartiers de la ville ; il fit venir à ses frais des ouvriers de Paris, afin de rendre le pain meilleur et moins cher au moyen de la mouture économique. C’est encore à lui qu’on dut les secours aux mères nourrices ainsi qu’un asile pour les jeunes enfants. Rapportant tout au bien général, il négligeait le soin de ses propres affaires et ne songeait qu’à celles des autres. Plus d’une fois, il suppléa par des emprunts à l’insuffisance de ses revenus dans l’unique motif de rendre plus de services.

Il a été élu à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon le .

En 1784, il fonda le Journal de Lyon., et y fit insérer un grand nombre de morceaux en vers et en prose. Il a en outre coopéré à la rédaction des premiers volumes de l’Almanach des Muses, du Journal de Musique, du Journal des dames de à , et de plusieurs Almanachs de Lyon.

Par les écrits qu’il publia sur la réforme des finances, Mathon s’associa aux principes de la Révolution française, mais il fut victime de son attachement pour ses concitoyens, dont il avait voulu, durant le siège de Lyon, partager les dangers et les souffrances. Traduit devant le Tribunal révolutionnaire de Lyon, pour avoir rempli les fonctions de président de section après le renversement de Chalier, , il ne chercha pas à éluder le sort qui l’attendait :

Condamné à mort par le tribunal révolutionnaire de Lyon, le , il fut guillotiné, le même jour. Il était connu dans le monde par l’amabilité de son caractère. Enfin, les archives de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon contiennent plusieurs mémoires de sa composition.

Publications thumb|Testament de M. Fortuné Ricard, édition italienne, 1787

Lettres à Madame***, sur les peintures, les sculptures et les gravures exposées dans le salon du Louvre en 1763, 1763. Orphée et Eurydice, tragédie-opéra, par M. Calsabigi, traduite de l’italien, avec des réflexions sur cette pièce, 1764. Par quelles causes et par quels degrés les lois de Lycurgue se sont altérées chez les Lacédémoniens jusqu’à ce qu’elles ayent été anéanties, Lyon et Paris, 1767, in-8°. Discours sur le danger de la lecture des livres contre la religion par rapport à la société, 1770. . Collection de comptes-rendus, pièces authentiques, états et tableaux concernant les finances de France depuis 1758 jusqu’en 1787, 1788. Discours sur le patriotisme français ; Lyon, 1762, in-8°. Lettres sur l’Inconstance, Paris, 1763, in-12, à l’occasion de la comédie de Dupuis et Desronais, par Collé. Lettres sur les peintures, sculptures et gravures exposées au salon du Louvre, Paris, 1763-1765-1767, 3 vol. in-12. Orphée et Euridice, opéra trad. de l’italien, 1765, in-12. Lettre sur un fait concernant l’inoculation, 1765, in-8°. Sur le danger de la lecture des livres contre la religion, Paris, 177o, in-8°. Lettres sur les Rosières de Salency, Lyon, 1782, in-12. , in-8°.

Collection des comptes-rendus, pièces authentiques, écrits et tableaux concernant les finances de la France depuis 1758 jusqu’en 1789, Paris, 1788, in-4°. Sur le patriotisme dans une monarchie ; Paris, 1788, in-8°.

Notes et références

Sources

Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures'', Paris, Hachette, 1876,

Liens externes

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