thumb|upright=0.8|Éros du type de Centocelle, dit « Éros Farnèse », copie romaine restaurée provenant de Pompéi, Musée archéologique national de Naples (inv. 6353)
L’Éros de Centocelle, également connu sous le nom de l’Amour grec ou de l’Amour de Praxitèle est un type statuaire représentant le dieu grec Éros. Longtemps rattaché au sculpteur Praxitèle, il est aujourd'hui considéré comme une composition éclectique hellénistique ou romaine.
Découverte
L'exemplaire éponyme est découvert en 1772 par Gavin Hamilton sur la Via Labicana, non loin de Rome, au lieu-dit Centocelle, d'où il tire son nomMartinez, p. 354.. Le fragment, bien conservé, représente le torse et la tête d'un adolescent aux cheveux longs. En revanche, les avant-bras, les jambes et la verge sont perdus. Deux mortaises au niveau des omoplates signalent également la disparition des ailes. Après sa découverte, la statue rejoint les collections du Vatican. Elle est préparée pour une restauration : les cassures des bras et des jambes sont rectifiées pour leur permettre de recevoir des compléments ; une mortaise est pratiquée à l'arrière du bras gauche pour permettre d'agrafer un bras moderne. L'intervention n'aura jamais lieu, à l'exception de la pointe du nez complétée et du testicule gauche recollé.
En 1797, l'Éros de Centocelle fait partie des œuvres d'art cédées par Pie VI à Napoléon Bonaparte, dans le cadre du traité de Tolentino. Il est exposé au musée du Louvre en 1800 avant de revenir au musée Pio-Clementino du Vatican. La découverte d'autres œuvres similaires révèle alors que la statue appartient à un type statuaire dont au moins 27 exemplaires sont connus aujourd'huiAntonio Corso (The Art of Praxiteles. The Development of Praxiteles' Workshop and its Cultural Tradition until the Sculptor's Acme (364-1 BC), Rome, 2004, p. 270-276) en recense 26, auxquels il faut ajouter une tête conservée au musée Ingres de Montauban, présentée par Martinez, op. cit., 92, p. 357., dont plusieurs de taille naturelleCe qui reste de l'Éros du Vatican mesure 0,85 mètre de haut, pour une taille complète de 1,6 mètre environ. Martinez, p. 354., des réductions en mi-grandeur et des statuettes. Parmi les mieux conservés, outre l'exemplaire du Vatican, figurent la statue grandeur nature du musée national archéologique de Naples, dite l'Éros Farnèse, statue en mi-grandeur de la collection Niárchos, provenant sans doute de Smyrne.
Description thumb|upright=0.8|Éros du type de Centocelle, copie romaine provenant des jardins de Mécène, musées du Capitole (MC 1092)
Le type de Centocelle représente un jeune garçon nu debout et déhanché, le poids du corps reposant sur la jambe gauche et le pied de la jambe libre rejeté en arrière, le talon relevé. La tête est légèrement tournée vers la droite. Il porte des cheveux longs, bouclant sur le cou, séparés par une raie au milieu et noués sur le devant en un nœud d'Héraclès, typique de l'enfance. L'exemplaire du Vatican comporte dans le dos deux mortaises et deux surfaces de joint qui attestent de la présence d'ailes. Sur d'autres statues, les fragments d'un arc ou des traces d'arrachement sur le support permettent de reconstituer une statue d'Éros tenant un arc dans la main gauche, une flèche dans la main droite et le carquois attaché au support.
Attribution
Ennio Quirino Visconti est le premier spécialiste à étudier la statue. Il l'attribue d'abord à la main de Praxitèle et y reconnaît l’Éros de Parion cité par Pline l'Ancien (XXXVI, 22). pour ce sculpteur. Changeant ensuite d'avis, Visconti y voit l'Éros sculpté par Lysippe pour la cité de Thespies. Adolf Furtwängler maintient quant à lui l'attribution à Praxitèle.
Dans la culture Il est fait référence à l'Amour de Praxitèle dans le roman d'Anatole France, Les dieux ont soif, pour décrire la beauté d'un jeune militaire.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes
autres Éros néo-attiques rattachés à Praxitèle : Éros Farnèse-Steinhäuser, Génie Borghèse
Bibliographie
Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae (LIMC), Artemis Verlag, 1981-1997, s.v. 79a. Aileen Ajootian, « Praxiteles », Personal Styles in Greek Sculpture (s. dir. Olga Palagia et Jerome J. Pollitt), Cambridge University Press, 1998 ( 1996) , 113-116. Adolf Furtwängler, Meisterwerke der griechischen Plastik, Giesecke & Gevrient, Leipzig et Berlin, 1893, 540-546. Jean-Luc Martinez, « Praxitèle après Praxitèle », dans Praxitèle, catalogue de l'exposition au musée du Louvre, -, éditions du Louvre & Somogy, 2007 , p. 309-311 et 94, 94 et 95. Paul Zanker, Klassizistische Statues, éditions Philipp von Zabern, Mayence, 1974, 108-109, 11, pl. 81.1-2.
Catégorie:Sculpture de la Grèce antique Catégorie:Œuvre conservée au musée Pio-Clementino Catégorie:Mythologie grecque dans la sculpture antique Catégorie:Sculpture de Praxitèle Catégorie:Nu masculin dans la sculpture