Les élections municipales françaises de 1989 se déroulent les 12 et , au début du second mandat présidentiel de François Mitterrand.

Résultats Nombre de suffrages par étiquette politique + Répartition des suffrages au premier tour par étiquette politique en France métropolitaine.Nuance de la liste ou coalitionVoix% RPR-UDF Droite parlementaire Union de la gauche18,39 Parti socialiste10,64 Gauche centristes9,81 Divers gauche4,99 Parti communiste3,85Gauche parlementaire47,68 Écologistes1,47Écologistes1,47 Front national2,53 Extrême droite0,05Extrême droite2,58 Extrême gauche0,34Extrême gauche0,34 Régionalistes0,16 Exprimés96,22 Blancs et nuls1060,83 Total72,81 Abstention27,18 Inscrits100,00

Nombre d'élus par étiquette politique + Répartition des élus par étiquette politique PartiNombre de sièges En 1983 En 1989 Divers gauche Parti socialiste Parti communiste MRG Gauche parlementaire Divers droite RPR UDF Droite parlementaire Écologistes 757 Extrême gauche 929 Front national 0 804 Régionalistes 0 428 Extrême droite 211 159 Total

Analyse Le taux d'abstention se révèle particulièrement élevé, avec 30,38 %, notamment dans les grandes villes : 44,12 % à Paris, 41,9 % à Lyon et 39,5 % à Marseille.

Si le chef du RPR, Jacques Chirac réussit le « grand chelem » à Paris (victoire dans les vingt arrondissements), le Parti socialiste sort renforcé de ces élections en remportant 35 municipalités de plus de dont Strasbourg, et n'en perd que 14 (dont 2 conservées par les dissidents). Il efface ainsi en partie la cuisante défaite des municipales de 1983. Robert Vigouroux (PS diss.) réalise lui aussi le « grand chelem » à Marseille en gagnant dans les huit secteurs de la ville. Pour autant, le rapport de force général (en voix et en sièges) reste favorable à la droite avec de plus de .

Les élections sont également marquées par l'irruption sur le plan local de nouvelles forces politiques : les Verts, qui obtiennent plus de 600 conseillers municipaux, dont une quinzaine de maires et une quarantaine d’adjoints., et le Front national, ce dernier remportant sa première mairie à Saint-Gilles ( en 1990). Le PCF en perd 15 et n'en gagne qu'une.

Le maintien au second tour des Verts et du Front national a entraîné un nombre inhabituel de triangulaires (57 contre moins d'une dizaine en 1983) et même de quadrangulaires (17) par rapport aux classiques duels de la bipolarisation (47 contre une soixantaine en 1983) ..

Selon le journal Le Monde du 21 mars 1989, le bilan sur les grandes villes de métropole de plus de 30 000 habitants (population en 1989) hors Paris/Lyon/Marseille serait le suivant :

- PS : gain net de 16 villes, dont 3 sur le PCF et 13 sur la droite

- PCF: perte nette de 5 villes, dont 3 au bénéfice du PS, et 2 au bénéfice de la droite

- MRG: gain net de 1 ville

Sur l'ensemble des grandes villes de plus de 30 k habitants:

Le PS efface totalement sa défaite de 1983 (perte de 15 villes par rapport à 1977), en tenant compte cependant d'un transfert provenant du PC de 3 villes. Il retrouve son niveau de 1977, avec 80 villes sous gestion.

Le PC perd 5 villes (sans compter 2 villes qui élisent des communistes dissidents), et se retrouve avec environ 45 villes sous gestion, soit son niveau au lendemain des élections de 1971, loin des 72 villes conquises en 1977 (notamment, 22 villes ont été perdues en 1983/1984, et non reprises en 1989)

La gauche PC+PS+MRG gagne sur la droite par rapport à 1983 12 villes : 13 PS + 1 MRG -2 PC, uniquement grâce au PS, ce qui accrédite la déclaration de victoire de Michel Rocard au soir du second tour.

Une victoire de la majorité gouvernementale est par ailleurs exceptionnelle dans ce type d'élection: seul Georges Pompidou et Jacques Chaban Delmas ont réussi, avant Michel Rocard, cette performance en mars 1971 (gain net d'une dizaine de villes), mais au prix d'une extension très large des alliances entre gaullistes et centristes avant le premier tour. En mars 1989, c'est une alliance entre les deux tours avec les écologistes, qui font une belle percée au premier tour, qui permet à Michel Rocard et à la gauche de l'emporter globalement.

Avec environ 125 villes de plus de , la gauche conserve une avance sur la droite (environ 95 villes).

Sur le trio Paris / Lyon / Marseille, Paris et Lyon restent à droite, avec deux grands chelems du RPR (Chirac à Paris pour la seconde fois, et Michel Noir qui prend Lyon à l'UDF).

Le PS perd Marseille au profit d'un divers gauche (Robert Vigouroux), qui réalise également un grand chelem sur tous les secteurs de la ville.

Selon l'analyse de Philippe Habert (étude publiée en avril 1989 par Le Figaro), le maintien au second tour des listes du Front national a permis au PS de gagner sur la droite 7 villes, qui n'auraient pas basculé sans sa présence. Sans le Front national, le gain du PS se serait donc limité à 5 villes (13-7), et pour l'ensemble de la gauche : 5 PS + 1 MRG - 2 PC = 4 villes, soit un quasi match nul avec l'opposition.

Cette constatation traduit en fait mieux la quasi égalité en voix entre la gauche et la droite parlementaire (respectivement 47,7 et 47,8%), et l'importance stratégique en voie d'acquisition par le Front national (qui devra cependant attendre 2014 pour faire une percée notable en mairies conquises).

Changement de majorité (villes de plus de 20 000 habitants)

De droite à gauche Nantes : Jean-Marc Ayrault (PS) bat Daniel Augereau (RPR) Strasbourg : Catherine Trautmann (PS) bat Marcel Rudloff (UDF) Brest : Pierre Maille (PS) bat Georges Kerbrat (RPR) Aix-en-Provence : Jean-François Picheral (PS) bat Jean-Pierre de Peretti (UDF) Saint-Denis (La Réunion) : Gilbert Annette (PS) bat Auguste Legros (RPR) Orléans : Jean-Pierre Sueur (PS) bat Jean-Louis Bernard (UDF) Mulhouse : Jean-Marie Bockel (PS) bat Joseph Klifa (UDF) Tourcoing : Jean-Pierre Balduyck (PS) bat Stéphane Dermaux (UDF) Avignon : Guy Ravier (PS) bat Jean-Pierre Roux (RPR) Béziers : Alain Barrau (PS) bat Georges Fontès (RPR) Dunkerque : Michel Delebarre (PS) bat Claude Prouvoyeur (RPR) Quimper : Bernard Poignant (PS) bat Marc Bécam (RPR) Saint-Quentin : Daniel Le Meur (PCF) bat Jacques Braconnier (RPR) Pessac : Alain Rousset (PS) bat Pierre Auger (RPR) Chambéry : Louis Besson (PS) bat Pierre Dumas (RPR) Cergy : Isabelle Massin (PS) bat Pierre Jannin (RPR) Châteauroux : Jean-Yves Gateaud (PS) bat Daniel Bernardet (UDF) Blois : Jack Lang (PS) bat Pierre Sudreau (UDF) Vandœuvre-lès-Nancy : Pierre Rousselot (PS) bat Michel Bertrand (UDF) Saint-Lô : Bernard Dupuis (PS) bat Jean Patounas (RPR)

De gauche à droite Amiens : Gilles de Robien (UDF) bat René Lamps (PCF) Saint-Malo : René Couanau (UDF) bat Louis Chopier (PS) Angoulême : Georges Chavanes (UDF) bat Jean-Michel Boucheron (PS) Boulogne-sur-Mer : Jean Muselet (DVD) bat Guy Lengagne (PS) Castres : Jacques Limouzy (RPR) bat Philippe Deyveaux (PS) Bourg-en-Bresse : Paul Morin (UDF) bat Jean Moreteau (PS) Alençon : Alain Lambert (RPR) bat Pierre Mauger (PS) Laon : Jean-Claude Lamant (RPR) bat René Dosière (PS)

Continuité À droite Paris (Jacques Chirac, RPR) ; Lyon (Michel Noir, RPR, remplace Francisque Collomb, CAR) ; Toulouse (Dominique Baudis, UDF) ; Roubaix (André Diligent, UDF); Nice (Jacques Médecin, RPR) ; Bordeaux (Jacques Chaban-Delmas, RPR) ; Reims (Jean Falala, RPR) ; Saint-Étienne (François Dubanchet, UDF) ; Toulon (François Trucy, UDF) ; Grenoble (Alain Carignon, RPR) ; Dijon (Robert Poujade, RPR) ; Nîmes (Jean Bousquet, UDF) ; Tours (Jean Royer, DVD) ; Metz (Jean-Marie Rausch, DVD) ; Caen (Jean-Marie Girault, UDF) ; Rouen (Jean Lecanuet, UDF) ; Boulogne-Billancourt (Georges Gorse, RPR) ; Perpignan (Paul Alduy, UDF) ; Nancy (André Rossinot, UDF) ; Roubaix (André Diligent, UDF) ; Versailles (André Damien, UDF) ; Aulnay-sous-Bois (Jean-Claude Abrioux, RPR) ; Asnières-sur-Seine (Maurice Bokanowski, RPR) ; Antibes (Pierre Merli, UDF) ; Cannes (Michel Mouillot, UDF, remplace Anne-Marie Dupuy, RPR) ; Colmar (Edmond Gerrer, UDF) ; Troyes (Robert Galley, RPR) ; La Seyne-sur-Mer (Charles Scaglia, UDF) ; Antony (Patrick Devedjian, RPR) ; Neuilly-sur-Seine (Nicolas Sarkozy, RPR) ; Noisy-le-Grand (Françoise Richard, RPR) ; Sarcelles (Raymond Lamontagne, RPR) ; Levallois-Perret (Patrick Balkany, RPR) ; Cholet (Maurice Ligot, UDF) ; Ajaccio (Charles Ornano, DVD) ; Issy-les-Moulineaux (André Santini, UDF) ; Vannes (Pierre Pavec, UDF) ; Arles (Jean-Pierre Camoin, RPR) ; Annecy (Bernard Bosson, UDF) ; Chalon-sur-Saône (Dominique Perben, RPR) ; Brive-la-Gaillarde (Jean Charbonnel, RPR) ; Narbonne (Hubert Mouly, DVD) ; Fréjus (François Léotard, UDF) ; Carcassonne (Raymond Chesa, RPR) ; Douai (Jacques Vernier, RPR) ; Valenciennes (Jean-Louis Borloo, DVD, remplace Olivier Marlière, RPR) ; Bayonne (Henri Grenet, UDF) ; Puteaux (Charles Ceccaldi-Raynaud, RPR) ; Auxerre (Jean-Pierre Soisson, DVD) ; Sète (Yves Marchand, UDF) ; Gap (Pierre Bernard-Reymond, UDF) ; Épinal (Philippe Séguin, RPR) ; Anglet (Victor Mendiboure, UDF) ; Périgueux (Yves Guéna, RPR) ; Biarritz (Bernard Marie, RPR) ; Chaumont (Cyril Bourlon de Rouvre, DVD, remplace Georges Berchet, UDF) ; Rodez (Marc Censi, UDF) ; Lons-le-Saunier (Jacques Pélissard, RPR) ; Le Puy-en-Velay (Bernard Jammes, UDF) ; Mende (Jean-Jacques Delmas, DVD) ; Privas (Amédée Imbert, UDF) ; Grasse (Hervé de Fontmichel, UDF) ;

À gauche Marseille (Robert Vigouroux, PS diss.) ; Montpellier (Georges Frêche, PS) ; Lille (Pierre Mauroy, PS) ; Rennes (Edmond Hervé, PS) ; Le Havre (André Duroméa, PCF) ; Angers (Jean Monnier, PS) ; Le Mans (Robert Jarry, PCF) ; Clermont-Ferrand (Roger Quilliot, PS) ; Limoges (Louis Longequeue, PS) ; Villeurbanne (Charles Hernu, PS) ; Besançon (Robert Schwint, PS) ; Argenteuil (Robert Montdargent, PCF) ; Montreuil (Jean-Pierre Brard, PCF) ; Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) (Marcelin Berthelot, PCF) ; Nanterre (Jacqueline Fraysse, PCF) ; Poitiers (Jacques Santrot, PS) ; Créteil (Laurent Cathala, PS) ; Pau (André Labarrère, PS) ; Calais (Jean-Jacques Barthe, PCF) ; La Rochelle (Michel Crépeau, MRG) ; Bourges (Jacques Rimbault, PCF) , Saint-Nazaire (Joël-Guy Batteux, PS), Valence (Rodolphe Pesce, PS) ; Aubervilliers (Jack Ralite, PCF) ; Drancy (Maurice Nilès, PCF) ; Mérignac (Michel Sainte-Marie, PS) ; Lorient (Jean-Yves Le Drian, PS) ; Niort (Bernard Bellec, PS) ; Vénissieux (André Gerin, PCF) ; Charleville-Mézières (Roger Mas, PS) ; Beauvais (Walter Amsallem, PS) ; Montauban (Hubert Gouze, PS) ; Évreux (Rolland Plaisance, PCF) ; Laval (André Pinçon, PS) ; Belfort (Jean-Pierre Chevènement, PS) ; Clichy (Gilles Catoire, PS) ; Évry (Jacques Guyard, PS) ; Ivry-sur-Seine (Jacques Laloë, PCF) ; Meaux (Jean Lion, PS) ; La Roche-sur-Yon (Jacques Auxiette, PS) ; Châlons-en-Champagne (Jean Reyssier, PCF) ; Tarbes (Raymond Erraçarret, PCF) ; Albi (Michel Castel, PS) ; Saint-Brieuc (Claude Saunier, PS) ; Martigues (Paul Lombard, PCF) ; Montluçon (Pierre Goldberg, PCF) ; Mantes-la-Jolie (Paul Picard, PS) ; Arras (Léon Fatous, PS) ; Aubagne (Jean Tardito, PCF) ; Nevers (Pierre Bérégovoy, PS) ; Gennevilliers (Jacques Brunhes, PCF) ; Chartres (Georges Lemoine, PS) ; Alès (Alain Fabre, PS, remplace Gilbert Millet, PCF) ; Istres (Jacques Siffre, PS) ; Roanne (Jean Auroux, PS) ; Bastia (Émile Zuccarelli, MRG, remplace Jean Zuccarelli, MRG) ; Bagneux (Janine Jambu, PCF) ; Vitrolles (Jean-Jacques Anglade, PS) ; Lens (André Delelis, PS) ; Châtellerault (Édith Cresson, PS) ; Aurillac (René Souchon, PS) ; Mont-de-Marsan (Philippe Labeyrie, PS) ; Vienne (Louis Mermaz, PS) ; Colomiers (Alex Raymond, PS) ; Meyzieu (Jean Poperen, PS) ; Bar-le-Duc (Jean Bernard, PS) ; Guéret (André Lejeune, PS) ; Foix (Jean-Noël Fondere, PS) ; Outreau (Jean-Marie François, PS) ;

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