Mauricio Macri ( ), né le à Tandil, est un homme d'affaires et homme d'État argentin, président de la Nation argentine de 2015 à 2019.
En 2003, il fonde le parti de centre-droit Engagement pour le changement, qui adhère à Proposition républicaine (PRO). Il devient député en 2005 et chef de gouvernement (maire) de Buenos Aires en 2007.
Il est élu président de la Nation au second tour de l'élection présidentielle de 2015, avec 51,3 % des voix. Il succède à Cristina Fernández de Kirchner et devient le premier chef de l’État du pays élu démocratiquement à ne pas être issu des rangs péronistes ou radicaux. Confronté à une grave crise économique malgré l'aide du FMI, apportée en échange de ses mesures d'austérité, il est battu par Alberto Fernández au premier tour de l'élection présidentielle de 2019.
Biographie Origines et enfance Mauricio Macri est issu de l'une des familles les plus riches d’Argentine. Son père, Franco Macri, est un chef d'entreprise originaire d'Italie arrivé en 1949 en Argentine, où il est devenu milliardaire avec des activités d’entrepreneur dans le bâtiment et travaux publics (BTP), l'automobile, l'énergie, l'agriculture et le transport aérien. Franco Macri a notamment été en affaires avec les gouvernements Kirchner et a fait l’objet d’accusations de corruption. Sa mère est Alicia Blanco Villegas..
Mauricio Macri grandit à Buenos Aires.
Carrière professionnelle vignette|gauche|Mauricio Macri portant le maillot de Boca Juniors en 2011.|209x209px Étudiant à l'université catholique argentine (UCA), dont il sort diplômé en génie civil, il se lance dans une carrière d'homme d'affaires, travaillant pour Citibank et dirigeant durant plusieurs sociétés du groupe de son père.
Mais il s’écarte du monde des affaires pour se consacrer au domaine sportif. De 1995 à 2007, il est président du club de football de la capitale, le Club Atlético Boca Juniors, qui remporte pendant sa présidence 17 trophées, dont la Copa Libertadores et la Coupe intercontinentale.
Vie privée et familiale Il est d’abord marié à Ivonne Bordeu (1981-1991), avec qui il aura trois enfants (Agustina, Jimena et Francisco), puis au mannequin Isabel Menditeguy (1994-2005). En 2010, il épouse Juliana Awada, avec qui il a une fille (Antonia), ils se séparent en 2026
Parcours politique Débuts En 2003, il fonde le parti de centre-droit Engagement pour le changement (). En 2005, il fait adhérer son parti à la coalition Proposition républicaine (PRO), dont il prend la tête et qui devient un parti politique en 2010.
Député de la Nation Il est élu député en 2005, après avoir fait campagne sur l'insécurité, en proposant d'accroître le nombre de policiers et d'augmenter leurs salaires. En 1991, il avait été victime d'un enlèvement orchestré par une bande d'anciens policiers ; il s’était vu relâcher après deux semaines de captivité, à la suite du paiement d'une rançonChristine Legrand, « Mauricio Macri fait basculer à droite la municipalité de Buenos Aires », Le Monde, 26 juin 2007.
Chef du gouvernement de Buenos Aires Le , obtenant 61 % des voix au second tour, il est élu chef de gouvernement (maire) de Buenos Aires, après avoir échoué face à Aníbal Ibarra en 2003.
En tant que chef du gouvernement de la ville, il dote la police métropolitaine de Buenos Aires d’armes de type Taser, ce qui lui vaut le dépôt d’une plainte contre lui à laquelle se joint l’association des Mères de la place de Mai.. Son gouvernement voit la démission de deux policiers inculpés d’espionnage : Jorge « Fino » Palacios – également inculpé pour entrave à la justice dans le procès de l'attentat de l'AMIA –, que Mauricio Macri avait désigné en comme chef de la Police métropolitaine., et Osvaldo Chamorro.. Le recteur de l'Institut supérieur de Sécurité publique, Daniel Pastor, critique vis-à-vis des organisations des droits de l'homme, a également été contraint à la démission.
Il engage des grands travaux dans la capitale dans les domaines de l'urbanisme et des transports. Sur le plan sociétal, il oppose son veto à une réglementation municipale permettant des IVG entrant dans le cadre de la loi (viol, malformation du fœtus et danger pour la santé de la femme enceinte), se revendiquant « en faveur de la vie »..
Lors des élections de 2011, il est réélu avec 64,3 % des suffrages au second tour face au candidat de centre-gauche, Daniel Filmus.. Pour Le Figaro, son bilan est positif et conforte sa réputation de Alice Pouyat, « En Argentine, la droite nouvelle menace le péronisme », Le Figaro, 21 / 22 novembre 2015, .. Le Monde juge sa gestion ..
Élection présidentielle de 2015
Vainqueur de la primaire organisée en au sein de la coalition de centre-droit et libérale Cambiemos (« Changeons »), Mauricio Macri est candidat à l'élection présidentielle pour succéder à Cristina Fernández de Kirchner, qui ne peut se représenter. Il élargit son socle électoral en s’alliant avec le parti de centre-gauche Union civique radicale (UCR). Il obtient notamment les faveurs des secteurs patronaux opposés au gouvernement Kirchner..
À l'issue du premier tour, le , il déjoue les pronostics initiaux en se qualifiant pour le second tour, avec 34,2 % des suffrages, trois points derrière le candidat soutenu par Cristina Fernández de Kirchner, Daniel Scioli. Il remporte le second tour, le , avec 51,3 % des voix. Il devient le premier président argentin à revendiquer son appartenance à la droite libérale et sa sympathie pour les marchés financiers. Il s'ancre également sur des positions conservatrices sur les sujets sociétaux, exprimant des réticences sur l’homosexualité, qu'il assimile à une « maladie »., et l’avortement.. Il devient ainsi le premier président du pays élu démocratiquement à ne pas appartenir à un parti péroniste ou radical..
Après l'élection, des divergences entre le président élu et la présidente sortante interviennent au sujet du protocole de passation de pouvoir, Cristina Fernández de Kirchner souhaitant, contrairement à ce que prévoit le règlement officiel, que la cérémonie se déroule uniquement au Congrès et à aucun moment au palais présidentiel... Elle n'est finalement pas présente à la passation de pouvoir, une première depuis la fin de la dictature militaire. Cristina Kirchner refuses to attend Mauricio Macris inauguration, Telegraph.co.uk... C'est donc Federico Pinedo qui lui transmet le pouvoir en tant que président par intérim..
Président de la Nation Investiture vignette|Mauricio Macri le jour de son investiture. Mauricio Macri est investi président de la Nation le , avec pour vice-présidente Gabriela Michetti. Il affirme son souhait de mettre fin à la politique des « arrangements » de la présidente sortante, et de mener une politique libérale dans le domaine économique et conservatrice dans le domaine social.
Il nomme un gouvernement constitué en grande partie de chefs d’entreprises (le ministre des Finances est un ex-cadre de la banque JPMorgan Chase, le ministre des Affaires étrangères est l’ancien directeur de Telecom Argentina, et le ministre de l’Énergie était alors président de Shell Argentine)..
Économie Sa politique économique consiste à passer du régime protectionniste hérité des gouvernements Kirchner (2003-2015) à un système plus libéral.. Elle entend être favorable au patronat, aux investisseurs étrangers et aux agriculteurs. L'objectif affiché est de permettre à l’Argentine de retrouver sa position sur les marchés internationaux et de regagner la confiance des investisseurs... Le nouveau gouvernement est alors confronté à d'importants déséquilibres économiques (croissance nulle, taux d’inflation important, fort déficit public, dette publique en augmentation)....
Sur la question de la dette, il rompt radicalement avec la politique des gouvernements KirchnerSelon l’analyste Christophe Ventura, cette politique avait fait de l'Argentine .. En 2016, le Parlement adopte une loi prévoyant le remboursement de de dollars aux « fonds vautours » , ce qui permet au pays de faire son retour sur les marchés financiers pour la première fois depuis .. Cette loi, refusée par le gouvernement précédent, met fin au conflit judiciaire qui opposait l’État argentin au fonds vautours, qui souhaitaient recouvrer leurs créances à des taux d’intérêts exceptionnels.. Le Monde souligne l’aubaine que cette mesure donne à des fonds, comme le fonds NML de Paul Singer, qui « devrait empocher près de de dollars, pour des obligations rachetées à de dollars dans les années 2000 », réalisant ainsi une plus-value de %. Après la première année de présidence Macri, le niveau de la dette augmente de 30 points pour atteindre 53 % du PIB, ce qui suscite l'inquiétude de certains milieux économiques qui lui étaient favorables..
Souhaitant rompre avec la surévaluation du peso argentin par rapport au dollar américain, Mauricio Macri met un terme au contrôle des changes, instauré en 2011 par Cristina Fernández de Kirchner pour stopper la fuite de devises du pays. Cette suppression brutale du contrôle des changes entraîne immédiatement des sorties massives de capitaux. La dévaluation de la monnaie nationale participe dans l’immédiat à une hausse de l’inflation et à une réduction du pouvoir d'achat.. L’effondrement du peso permet toutefois d'enrichir ceux qui avaient eu la possibilité de transférer une part significative de leurs actifs à l’étranger. Certaines taxes sur les exportations sont levées et un décret d’amnistie pour les exilés fiscaux est promulgué.. Les milieux économiques accueillent favorablement ces mesures car le contrôle des changes limitait la capacité d’action des entreprises désirant importer et des particuliers souhaitant épargner ou voyager à l'étranger.
vignette|Mauricio Macri recevant le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, en 2016. Afin de réduire le déficit public, qui s’élève à 7 % du PIB lors de sa prise de fonction, Mauricio Macri conduit une politique de rigueur. Des subventions publiques accordées aux ménages sont supprimées, ce qui entraîne une augmentation pouvant dans certains cas aller jusqu'à 700 % des prix de l’électricité, de l'eau et du gaz., ainsi que la suppression de quelque publics, dont certains sont jugés « fictifs ».. Dans le même temps, les salaires des principales personnalités politiques sont augmentés de 30 à 50 %.. Il engage en outre une réforme du marché du travail incitant à davantage de flexibilité et de dérégulation. La victoire de sa majorité aux élections législatives de 2017 lui permet de faire passer, en , une loi qui entend lutter contre la forte inflation en freinant l’augmentation des pensions de retraites et certaines allocations familiales.. Des mobilisations du syndicat CGT contre cette loi entraînent, selon Le Monde, « des scènes de violence et une dure répression policière jamais vues depuis la grave crise financière de 2001 ». Pour autant, d'après RFI, le gouvernement renforce les politiques sociales mises en place par les gouvernements Kirchner.
Après une période de récession en 2016 (- 1,8 %) due à l'ouverture à la concurrence, la croissance argentine repart à un rythme de 2,9 % en 2017..http://www.oecd.org/eco/outlook/economic-forecast-summary-argentina-oecd-economic-outlook.pdf. D’après les données de l'organisme gouvernemental INDEC, la pauvreté recule en 2018 à un taux de 25,7 % après deux ans d'augmentation due à l'inflation et à une politique jugée par l’opposition favorable aux plus riches.... Selon le journaliste Roberto Navarro, l'organisme INDEC est néanmoins devenu peu crédible depuis que sa directrice a démissionné en 2017 en dénonçant les pressions subies pour en fausser les données. ; pour l'université catholique argentine, la pauvreté continue d'augmenter pour atteindre 33 % de la population.. Alors que les agences de notation relèvent la note des bons souverains argentins, le FMI accorde au pays un prêt de de dollars – soit l'équivalent de 10 % du PIB – et des économistes comme saluent la politique économique du président Macri..