vignette|Schéma d'une habitation : 1 = jardin 2 = vide sanitaire 3 = rez-de-chaussée 4 = 5 = grenier () Un vide sanitaire., également appelé en France métropolitaine espace visitable en zone termitée ou vide ventilé en Belgique, est un espace accessible ou non, situé entre le sol et le premier plancher du bâtiment. On parle alors de « plancher VS », pour désigner précisément ce premier plancher posé au-dessus du sol. De quelques dizaines de centimètres de hauteur jusqu'à moins de , pour ne pas être considéré comme une surface aménageable, il fait office d’espace tampon entre le sol et le premier plancher du bâtiment. .
La présence d’un vide sanitaire dans une construction affranchit cet ouvrage de tout désordre lié à l’humidité latente du sol, à la présence de nappe phréatique, à l’inondabilité, à d’éventuels mouvements du sol ainsi qu'à la présence de radon. Il permet également de déceler la présence de termites.
Il apporte à l’ouvrage la salubrité d’un espace tampon, toujours tempéré (≈) tout au long de l’année, dont le volume d’air, constamment renouvelé grâce à l'aération, assure la salubrité d’une zone capitale pour la pérennité de la construction en autorisant de plus l’accessibilité aux équipements placés en sous face du plancher pour réaliser de la maintenance ou des aménagements.
Caractéristiques techniques d’un vide sanitaire Hauteur réglementaire La hauteur réglementaire est déterminée par « l’homme de l’art » en fonction de la nature du sol, de son hétérogénéité, de sa déclivité, de l’éventuelle présence de nappe phréatique, de son inondabilité, de l’accessibilité souhaitée en fonction des réseaux installés. Elles sont souvent des multiples de hauteurs de blocs béton constituant les murs périphériques de soubassement.
La finalité d’un vide sanitaire est d’être accessible et donc que cet accès doit être possible et suffisamment dimensionné pour permettre un accès aisé à une personne.
Il faut distinguer également les bâtiments d’habitation des bâtiments recevant du public. Dans les premiers, un vide sanitaire est raisonnablement considéré comme accessible s'il possède une hauteur supérieur à et s'il possède une trappe d'accès. Dans le cas particulier de l’utilisation de gaz comme énergie, le passage d'une tuyauterie de gaz en vide sanitaire accessible et ventilé est autorisé sous réserve que celui-ci soit exempt de tous dépôts de matières ou matériels combustiblesNF DTU 61.1 Partie 2 § 3.3.1.2.8.1. L'accessibilité peut se limiter au passage de même hauteur () sur le parcours de la tuyauterie ainsi qu'entre ce parcours et la trappe d'accèsAlimentation gaz en logement collectif, sur gdfsuez-cegibat.fr, consulté le 20 décembre 2017..
En revanche, dans le cas des établissements recevant du public, l'accessibilité doit respecter une hauteur libre de minimum sur le parcours de la tuyauterie, ainsi qu'entre ce parcours et la trappe d'accès.
En zones inondables, la surface des planchers habitables doit être calée au minimum à au-dessus du terrain naturel, ou à au-dessus du niveau historique de l’eau.
Tous ces paramètres spécifiques doivent être pris en compte régionalement par le maître d’ouvrage, ou le constructeur, en relation avec le bureau d’étude structure pour tenir compte du plan de prévention des risques consultable en mairie.
Accès L’accès au vide sanitaire n’est pas obligatoire réglementairement, mais indispensable pour d’éventuelles réparations des canalisations, de l’entretien ou des aménagements. Des « trous d’homme » auront été ménagés dans les refends pour rendre accessibles les différents volumes en sous-face du plancher.
Le vide sanitaire ne fait pas partie du volume habitable du bâtiment, il est en général d'une hauteur inférieure à . Il est dit non accessible normalement. Son accès peut être rendu plus ou moins aisé (DTU 65.10 : surface minimale d'accès de la trappe de visite : , la plus petite dimension étant au moins égale à ).
Cette trappe d'accès doit être ajustée à son tableau. Elle peut être pleine ou ajourée selon qu'elle participe ou non à la ventilation souhaitée, elle doit être aussi « verrouillable » pour des questions de sécurité, afin d'en interdire l'accès.
Ventilation La ventilation du vide sanitaire doit répondre à quatre exigences majeures, non plus seulement en fonction du type de plancher qui le constitue et de l’humidité apparente du sol qui le porte, mais surtout pour la pérennité de l’ouvrage dont il est le support et la santé des personnes qui l’occupent. Ces quatre exigences sont les suivantes. : La durabilité, l'hygiène et la salubrité ; La thermique ; L'utilisation du gaz comme source d'énergie principale ou secondaire ; La fonction anti-radon, pour les zones concernées (31 départements concernés en France métropolitaine)Voir : le radon est-ce dangereux, sur vide-sanitaire.fr, consulté le 20 décembre 2017. ;
Pour de surface au sol de vide sanitaire, les surfaces de ventilation qu'il faut réaliser pour répondre à ces exigences sont les suivantes : Pour la durabilité : ≥ Pour la thermique : de (thermicien) Pour le gaz : ≥ Contre l'accumulation de radon :
Dans le cas particulier d'une maison individuelle qui utiliserait le gaz comme source d'énergie principale ou secondaire, le DTU 61.1 (P45-204/INS d') donne comme instruction relative aux aménagements généraux (sept.2003), que l'amenée d'air indirecte doit satisfaire à certaines dispositions, notamment que l'air extérieur peut transiter par un vide sanitaire ventilé, celui-ci étant alors considéré comme un local.
Facultatif ou obligatoire Un vide sanitaire est obligatoire dans certains cas : Dans le cas de sols argileux, sujets aux gonflements, dilatations, retraits… Dans le cas de terrains En pente avec des risques de déplacement de construction, pente > 4 % Constitués de remblais En banquette avec risques de tassements différentiels En cuvette qui recevraient les eaux de ruissellement Hétérogènes avec là-aussi des risques de tassement différentiels Si le maître d’ouvrage souhaite bénéficier de la garantie amenée par des produits industriels certifiés, sous avis technique du CSTBCSTB..
Planchers adaptés Solution la plus économique La solution la plus économique pour aménager un vide sanitaire est un plancher réalisé à partir de poutrelles préfabriquées en béton, associées à des entrevous polystyrène à languette. La performance de ce type de plancher est matérialisée par la valeur de Up (W/m²K) indiquée sur les entrevous ou leur conditionnement. Plus le Up d'une paroi est bas plus la performance thermique de cette paroi est importanteQuelle solution de plancher pôur un vide sanitaire, surslideshare.net, consulté le 20 décembre 2017.. C'est essentiellement l'épaisseur de la languette passant sous la poutrelle qui détermine ce niveau de performance en limitant le pont thermique à cet endroit.
Meilleur ratio coût/performance Cette solution consiste elle aussi en un plancher à poutrelles préfabriquées en béton associées à des entrevous polystyrène à languette, mais auxquels on ajoute des rupteurs de ponts thermiques longitudinaux et transversaux. C'est ce qui se fait de mieux en termes d'innovation technique et de performance réglementaire. Cette solution offre un excellent compromis entre l'épaisseur de la languette de l'entrevous et la performance thermique globale du plancher ainsi mis en œuvre.
Solution pour le chauffage par le sol En cas de chauffage par le sol, le plus indiqué est un plancher à poutrelles préfabriquées en béton et associées à des entrevous non isolants. Le niveau de performance thermique dépend, dès lors, directement de l'épaisseur et de la nature de l'isolant mis en œuvre sous la dalle flottante. La performance de ce type de plancher est matérialisée par la valeur de R (m²K/W) indiquée sur les produits isolants (souvent des plaques) ou leur conditionnement. Plus le R est élevé, plus la performance est importante. Cette solution a l'avantage de couper une très grosse partie des ponts thermiques générés par les différentes jonctions plancher/murs, comme le ferait une ITE (isolation thermique par l'extérieur) pour une façade.
Meilleure performance Les meilleurs résultats sont obtenus avec un plancher « duo ». Il est réalisé à partir de poutrelles préfabriquées en béton associées, de nouveau à des entrevous polystyrène à languette, mais cette fois-ci également à une dalle flottante, coulée sur un isolant uniformément réparti. Comme dans la solution précédente, le niveau de performance thermique global du plancher réalisé, dépendra aussi, mais pour une moindre part dans ce cas, de l'épaisseur et de la nature de l'isolant mis en œuvre sous la dalle flottante.
La performance de ce type de plancher est matérialisée par la valeur de Up (W/m²K) indiquée sur les entrevous ou leur conditionnement, associée à la valeur de R (m²K/W) indiquée sur les produits isolants (souvent des plaques) ou leur conditionnement.
Étapes de construction Préparation et fondations Après le décapage de la terre végétale qui sera réservée et utilisée pour des aménagements futurs, la première opération consiste à implanter la construction. En fonction de l'étude du sol, le système de fondation a été décidé. Les sections béton et les diamètres des armatures ont été dimensionnés.
Le creusement des fouilles, dans le cas le plus courant de fondations dites superficielles, sera réalisé à une profondeur correspondant au bon sol et au minima, à la côte hors-gel qui dépend de la nature du sol, de la région et de l'altitude.
Armatures préfabriquées Un béton de propreté est déversé en fond de fouille entre d'épaisseur pour garantir un enrobage correct des armatures de fondations en semelles filantes. Béton faiblement dosé à . Les armatures préfabriquées sont disposées dans les fouilles en longueurs droites.
Toutes les jonctions d'angles sont traitées soit par des U de jonction soit par des équerres, en nombre suffisant pour assurer les recouvrements réglementaires. Les jonctions longitudinales sont assurées par des barres droites, de même diamètre que les filants des chaînages de fondation, la longueur droite de recouvrement étant de l'ordre de le diamètre de la barre.
Toutes ces armatures de jonction sont ligaturées aux filants des semelles afin de garantir le maintien de l'armature à sa place, lors de l'arrivée de la vague de béton.
Dans tous les angles de la construction et aux décrochements éventuels, sont disposés des chaînages verticaux, ancrés dans les semelles par les mêmes jonctions et qui seront également ligaturés.
Coulage des semelles ou au coulage en pleine fouille Le montage des murs du vide sanitaire est réalisé en maçonnant au mortier des blocs creux sur une hauteur suffisante répondant aux critères techniques du vide sanitaire : bonne accessibilité de l'espace ainsi réalisé, inondation, niveau à respecter.
La trappe d'accès sera réalisée dans la hauteur du mur de soubassement sur une des façades, à moins qu'elle ne soit prévue à l'intérieur de l'habitation. Des trous d'homme sont réalisés dans les murs de refend.
Sur le dernier rang de blocs, il est réalisé une arase étanche, pour fixer la bonne altitude du plancher et stopper d'éventuelles remontées capillaires. Cette coupure de capillarité est réalisée soit en mortier hydrofuge richement dosé, en toutes zones mais spécialement en zone sismique, soit en mortier classique sur lequel on collera un feutre bitumineux dans les zones non concernées par le séisme.
Pose des poutrelles du plancher Il est interdit de circuler sur des poutrelles de plancher si celles-ci ne sont pas étayées, à moins qu'elles n'aient été calculées "sans étai".