Pontiac est un territoire de la région administrative de l'Outaouais, Québec, Canada.
Quelques repères historiques Le territoire amérindien Période avant 1600 Il y a ans, la mer de Champlain créée à la suite du retrait des glaciers, commence à se retirer vers l'est, formant ainsi les vallées de l'Outaouais et du Saint-Laurent. À son plus haut niveau, elle occupait les terres situées sous d'altitude (par rapport au niveau actuel des mers). Elle s'étendait jusqu'au nord-ouest de l'Isle-aux-Allumettes avec de longues baies vers le nord allant jusqu'aux lacs à la Truite (Balsam), Cahill, Moiseau et Galarneau, là où aujourd'hui, on retrouve des platières de sable (dépôts fluvio-glaciaires) près des principales rivières (rivière Noire et rivière Coulonge).
Quelques milliers d'années plus tard, vers 6000 les nomades autochtones circulent dans la vallée de l'Outaouais et du fleuve Saint-Laurent, chassant, cueillant et pêchant pour assurer leur subsistance. Ils façonnent la pierre pour fabriquer des gouges pour le travail du bois dur, des couteaux semi-circulaires, des poids de filet de pêche et des poids pour propulseur. Ils ont également des couteaux et des pointes de flèche en ardoise. Le cuivre leur sert à fabriquer des pointes de jet, des hameçons, alênes, harpons, couteaux, haches, aiguilles dont certaines à chas, bracelets, perles et pendentifs. On a retrouvé vers 1960 un grand nombre de ces objets sur les îles aux Allumettes et Morrison (île de Tessouat)The Upper Ottawa Valley. Clyde C. Kennedy, Renfrew county council, Pembroke, Ont. 1970.
Pour en savoir plus : les ancêtres des Algonquins
Les communautés se transforment progressivement, se dispersent ou s'unissent à d'autres groupes du sud. Vers l'an 1000, l'occupation du territoire est plus restreinte. Après quelques siècles, le climat s'est modifié sensiblement et le nord de l'Amérique subit un petit âge glaciaire. Les populations s'installent plus au sud mais parcourent le territoire du nord pour chasser. Quelques centaines d'années plus tard, les groupes semblent se reconstituer et commencent à s'installer de nouveau plus au nord, jusqu'à former les nations algonquines et iroquoises rencontrées par les premiers Européens qui ont visité la vallée du Saint-Laurent et celle de l'Outaouais.
Lors de son passage en Amérique en 1534, Jacques Cartier aurait rencontré des Iroquois (Haudenosaunee), occupant toute la vallée du Saint-Laurent. La deuxième vague d'Européens à y séjourner au début des années 1600 ne rencontre que des Innus (Montagnais), des Wendats (Hurons) et des Anishinaabes. Il semble qu'au cours du , ces derniers, beaucoup plus nombreux, aient chassé les Iroquois vers le sud des Grands Lacs.
Les Algonquins, ceux de l'île aux Allumettes et ceux de la Petite-Nation, peuple nomade, sont également présents dans la vallée et dans le territoire un peu plus au nord. Ils chassent et trappent.
Les nations alliées Iroquois (Agniers, Onneiouts, Onontagués, Goyogouins, Tsonnontouans) habitent au sud de la vallée. Ils possèdent une structure sociale et politique élaborée basée sur le matriarcat. Ils cultivent le maïs, la citrouille et le tabac. Ce sont des guerriers fort bien entraînés à la défense de leurs intérêts. Les Outaouais ou Cheveux-Relevés, habitent la région au nord du lac Huron, près du lac Nipissing. La rivière a hérité de leur nom du fait qu'elle est la route qui mène aux Grands Lacs.
Le régime français
Avec l'arrivée des explorateurs français, le territoire est sous l'autorité du roi. Celui-ci octroie à des compagnies privées des privilèges et des obligations dont la perception des droits et impôts des usagers. À partir de Samuel de Champlain, ces compagnies se succèdent : la Compagnie de Rouen et de Saint-Malo (1614), la Compagnie de Montmorency (1621), la Compagnie des Cents-Associés (1627), la Compagnie des Habitants (1645), la Compagnie française des Indes occidentales (1664), la Ferme d'occident et le Domaine du roy (1674), La ferme générale (1726). Toutes ces compagnies ont le monopole de la traite sur tout le territoire de la Nouvelle-France. En 1678, un édit royal interdit de chasser ou de traiter des fourrures sans permission à plus d'une lieue d'une terre défrichée.
Années 1600 à 1650 Le territoire situé entre les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent est réparti entre de nombreuses nations amérindiennes, soit du groupe Wendat-Iroquois ou encore du groupe Anishinaabe-Innu. Plusieurs nations algonquines occupent le bassin de la rivière des Outaouais (Kitchesippi ou Grande Rivière). Au nord, on retrouve les Kotakoutouemi, à l'est, les Weskarini, au sud, les Kinouchepirini et les Matouweskarini.
Au centre, les Algonquins de l'île aux Allumettes ou la nation Kichesipirini (Gens de la Grande Rivière) tiennent en permanence un poste à l'île où ils prélèvent un droit de passage aux voyageurs qui y passent. Les Algonquins occupent l'île aux Allumettes et l'île Morrison (aussi appelée l'île du Borgne ou l'île de Tessouat, du nom du chef des Kichesipirinis). Ces îles sont reconnues pour leur position stratégique sur la route du commerce.
Au nord de la nation Kichesipirini, entre la rivière Dumoine et la rivière CoulongeTerra incognita des Kotakoutouemis, Collectif d'auteurs, Les presses de l'université Laval, 2004, le territoire était occupé par les Kotakoutouemis. Ceux-ci ont eu peu de contact avec les Français. Samuel de Champlain les mentionne lors de son voyage de 1615 et qui correspond à la rivière Dumoine: « rentrasmes dedans une riuiere qui descend dedans ledit lac, &allasmes amont icelle quelque trente-cinq lieuës, & passames grande quantité de saults, tant par terre, que par eau, & en un pays mal aggreable, [...] peu habité, si ce n'est de quelques Sauvages Algommequins, appelez Otaguottouemin, qui se tiennent dans les terres, & vivent de leurs chasses, & pescheries qu'ils font aux riuieres, estangs, & lacs, dont le païs est assez muny»
Le père Le Jeune en 1640 selon les conversations qu'il eut avec Jean Nicolet rapporte : « Montant tousiours plus haut on trouuue les Kichesipirini, les Sauuages de l'Isle, qui ont à costé dans les terres au Nord les Kotakoutouemis»
En 1650, le père Paul Ragueneau ajoute : « Vne escoüade de 25. ou 30. hommes estoinent allez en marchandises vers la nation des 8ta8kot8emi8ek, ce sont peuples qui ne descendent quasi iamais vers les François, leur langue est meslée de l'Algonquine et de la Montagnese.»
Vers la fin du , un groupe Anishinaabe Kotakoutouemi occupe le territoire entre les rivières Dumoine et Noire dont environ 50 individus habitant près du lac Saint-Patrice, au nord-ouest de Fort-Coulonge. Le lac Dumoine est réputé être un lieu d'habitation utilisé jusqu'au . Au lieu-dit Indian Point (de son vrai nom Mos Sakik), au confluent du lac Dumoine et de la rivière de l'orignal, une communauté Anishinaabe vécut jusqu'en 1918. Une terrible épidémie de grippe décima presque totalement le village et seules huit personnes, dont trois enfants, survécurent et partirent rejoindre une autre communauté à Kipawa.
gauche|cadre|Famille Wendat 13 juin 1611Étienne Brûlé est de retour à Québec en compagnie d'un groupe de Wendats. Il a passé un an avec ceux-ci afin d'apprendre leur langue. Il sera ainsi interprète ou truchement, tel qu'on les appelait alors. Dans la vingtaine, Étienne Brûlé, selon Samuel de Champlain, «qui vint habillé à la sauvage, qui se loua du traitement des Sauvages, selon leur pays et me fit entendre tout ce qu'il avait vu au cours de son hivernement et ce qu'il avait appris des Sauvages".»
Étienne Brûlé serait "le premier Européen à avoir remonté l'Outaouais. Il a passé plusieurs années avec les Wendats.
Été 1611 au printemps 1612Nicolas Vignau, à la demande de Champlain, voyage par la rivière des Algoummequins (Algonquins). Après avoir séjourné quelque temps au lieu-dit Portage-du-Fort, il aurait passé l'été et l'automne 1611 ainsi que l'hiver et le printemps 1612 à l'île aux Allumettes, chez les Kichesipirinis pour y apprendre la langue.
6 juin 1613Samuel de Champlain séjourne à Portage-du-Fort. De là, il se rend jusqu'à l'île aux Allumettes en passant par le lac du Rat-musqué (lac Musrat, Ontario) pour rencontrer les Algoummequins. Il était parti le 27 mai de l'île Sainte-Hélène, près de ce qui sera un jour Ville-Marie (Montréal) en compagnie d'un guide indien et de quatre compagnons français, dont Nicolas Vignau.
1615Le récollet Joseph Le Caron passe par la rivière pour se rendre au pays des Wendats (Huronie). La même année, Champlain remonte la rivière des Outaouais, passe par le lac Coulonge, l'île aux Allumettes, puis Mattawa et se rend en Huronie.
1618-1620Jean Nicolet, de la Compagnie des Marchands de Rouen et de Saint-Malo, habite avec les Algonquins de l'île aux Allumettes, pour y apprendre la langue et pour mieux connaître le territoire.
1632Champlain fait graver en France en 1632 une carte de son trajet réalisé en 1616 sur laquelle il indique à l'aide de chiffres, certains sites visités, des saults (rapides) importants ou des campements indiens.
La position 77 et 91 correspond respectivement à l'actuel emplacement de la ville d'Ottawa et à la rivière Rideau. La position 78 correspond au lac du Rat-musqué (lac Muskrat) et à la rivière du même nom qui se jette dans la rivière des Outaouais, à peu de distance au nord de l'Isle-aux-Allumettes. La position 80 de cette carte indique le lieu des grands rapides situés au sud de l'Île-du-Grand-Calumet. La position 81 indique l'emplacement de l'Isle-aux-Allumettes, habité par les Algonquins. La position 82 correspond approximativement à l'emplacement de Fort-Coulonge et y indique un campement algonquin. Un peu au nord, on note les symboles des montagnes et des arbres indiquant sans doute la présence de forêts de grands pins.
Hiver 1635-1636François Marguerie de la Haye passe l'hiver avec les Algonquins de l'île aux Allumettes. Il est surnommé par ceux-ci homme double car "il est l'homme blanc le mieux adapté à leurs coutumes et à leurs idiomes".
1645La compagnie des Habitants encourage les coureurs des bois à se rendre chez le Indiens pour en ramener les fourrures. La route des pays d'En-Haut (Grands Lacs) passe par la rivière des Outaouais.
1650Le Jésuite Paul Ragueneau, guidé par Nicolas Perrot remonte l'Outaouais et se rend en Huronie. Les Iroquois s'acharnent à disperser ou à anéantir les Wendats, les Neutres et les Algonquins.
Le père Ragueneau revient vers Québec, traverse le pays des Algonquins et fait le constat suivant: "Lorsque je montais cette grande rivière, il n'y a que treize ans, je l'ai vue bordée de quantité de peuples de langue algonkine, qui ne connaissaient pas un Dieu, et lesquels au milieu de leur infidélité s'estimaient les dieux de la terre, voyant que rien ne leur manquait, dans l'abondance de leurs pêches, de leurs chasses, et du commerce qu'ils avaient avec leurs nations alliées, et avec cela, ils étaient la terreur de leurs ennemis. Depuis [la croix du Christ les a] mis en proie aux misères, aux tourments et à des morts cruelles, en un mot, c'est un peuple effacé de dessus la terre."(Relations des Jésuites, vol. XXXV, 1649-1650 p. 204)
Après cette date et jusqu'à la fin du siècle, le sud et le nord de l'Outaouais devient le terrain de chasse des nations alliées iroquoises.
Années 1650 à 1700 1654À partir du milieu du , la route de l'Outaouais, nommée du nom des Indiens Outaouais ou Outouaks habitant les Pays d'en Haut, devient la route de l'Ouest et de la traite des fourrures.
1657Sur la carte relatant son voyage de 1645 en Huronie, le père Francesco-Giuseppe Bressani indique la position de plusieurs sites dont: le Rocher Fendu (12) les rapides et chutes à l'ouest de l'Île-du-Grand-Calumet (13) l'embouchure de la rivière Coulonge (14) des rapides situés autour de ce qui sera l'île de Rapides-des-Joachims.