thumb|Une des nombreuses statues jalonnant les rues du secteur

La Chapelle des Buis est un hameau situé au sud de Besançon, à cheval sur trois communes. La partie bisontine est administrativement rattachée au quartier de La Boucle. Établi sur une crête au-dessus de la colline Saint-Étienne, le secteur a été une voie de passage fréquentée, un site militaire stratégique. Il est devenu un haut-lieu spirituel, et un espace environnemental exceptionnel. La Chapelle des Buis, malgré son isolement et sa démographie réduite, jouit d'un riche patrimoine environnemental et architectural, avec son épaisse forêt, ses lieux de culte et ses innombrables statues.

Géographie Au Sud de Besançon, au-dessus de la colline Saint-Étienne, une crête rocheuse voisinant les d'altitudeLe repère géodésique que constitue la boule du clocheton de la chapelle est à une altitude de s'étend entre Morre et Fontain. Au milieu de cette arête, une légère dépression forme un col entre le vallon des Mercureaux et la pente bisontine. Un second plissement parallèle ferme le vallon des Mercureaux, vers le Sud et une plaine qui descend vers Morre. Le buis qui couvre la crête et l'oratoire marial puis la chapelle établis au col ont donné le nom au site. Le hameau de la Chapelle des Buis s'est constitué autour de la chapelle de part et d'autre de la crête, sur chacune des pentes.

Le versant Nord, côté Besançon, est entièrement sur cette commune. Fontain et Morre se partagent l'autre versant. Le quartier bisontin est proche des villages de Montfaucon, Fontain, Morre, et La Vèze et limitrophe des quartiers de Velotte, de Rivotte et du Centre-ville de Besançon, faisant partie du canton de Besançon-Sud. La hauteur du site offre des panoramas exceptionnels sur la ville et ses environs. Le toponyme « Chapelle des Buis » existe depuis au moins 1780 comme en témoigne une carte de Cassini, et serait le mot-valise de la chapelle lié à la végétation luxuriante essentiellement composée de buis.

Transport

La ligne 23 du réseau de transport en commun Ginko dessert le secteur.

Histoire

Histoire générale Les premières traces de vies remontent au moins à l'époque romaine, une route de cette période qui devait sûrement relier Besançon à Salins-les-Bains est encore visible. Cependant, si la voie est romaine, les traces, profondément creusées, sont dues aux roues cerclées de fer en usage au Moyen Âge. Il est possible qu'un temple à Mercure, dieu romain du commerce et des voyageurs, ait été édifié le long de la voie, qui aurait laissé son nom au ruisseau des Mercureaux qui coule vers Beure.

La présence religieuse sur le site daterait du . Un ermite aurait vécu au bord du Doubs en amont de l'actuelle Porte taillée, l'endroit à cette époque est isolé, peu accessible et propice à cet état de vie. Le personnage a laissé son nom aux grottes Saint-Léonard. Un ermitage datant du est attesté (il fut rattaché aux bénédictins de Saint-Vincent), mais il ne reste malheureusement rien de cet édifice.

Durant la période médiévale, la Chapelle des Buis, endroit qui ne porte pas encore ce nom, passe du contrôle de la commune libre de Besançon à la tutelle des seigneurs de Montfaucon et d'Arguel. Les cartes anciennes attestent l'extension progressive de la juridiction bisontine jusqu'aux limites actuelles. Les fermes de La Bro et de la Jourande apparaissent sur les documents dès le .

La Chapelle des Buis est alors une voie de passage importante. En attestent les traces laissées dans la pierre par les roues des convois. La rive gauche du Doubs est peu propice à la circulation et contrôlée par les seigneurs environnants. Les plateaux du Jura possèdent de bonnes voies de communication. Mais l'accès à Besançon est raide, la voie la plus aisée étant par le petit col de la Chapelle des Buis.

Cependant, à la demande des vignerons de Morre, le verrou rocheux qui clôt le Quartier Rivotte est taillé et une route est réalisée pour rejoindre les plateaux jurassiens. La pente, moins raide qu'aux Buis, facilitera la circulation de convois plus lourds. La percée du Trou-aux-Loup, dans un second temps, renforcera ce déplacement de trafic. Le passage par la Chapelle des Buis connait alors un déclin. De voie de passage, le lieu devient une destination de détente.

Il faudra attendre le pour voir la première construction religieuse : la Chapelle des Buis.

Officiellement, le secteur est un lieu-dit, mais il est géré administrativement par trois communes: la ville de Besançon et les communes de Fontain et de Morre. Le patrimoine ornemental de ce petit secteur est très riche, un grand nombre de statues jalonne la route principale. Une anecdote rapporte qu'un ermite, ancien missionnaire témoin de Jéhovah, surnommé l'ermite de la citadelle vivait dans le secteur. Après qu'un incendie eut ravagé son ermitage, un incroyable élan de générosité de la part des bisontins permit à cet homme de reprendre sa vie d'antan, ce dernier précisant lors d'une interview (dans les années 1950) qu'il vivait en tant qu'ermite depuis déjà 16 ans (consulté le ).Interview de l'ermite de la citadelle par l'ORTF sur le site de Dailymotion Article de l'Est Républicain du 14 février 2021.

La Révolution française

La Constitution civile du clergé, adoptée le et ratifiée par le roi le , transforme les membres du clergé en fonctionnaires salariés par l’État. Les membres du clergé séculier sont désormais élus et doivent prêter un serment de fidélité à la Nation, à la Loi et au Roi. Suivant une tradition gallicane bien ancrée dans une partie de la bourgeoisie, ainsi qu'une partie de l'héritage des Lumières favorable à la laïcisation de la société, les députés n'ont pas demandé au pape son avis sur les réformes du clergé catholique. Les premiers clercs commencent à prêter serment sans attendre l'avis du souverain pontife. Mais, dès , le pape Pie VI condamne toutes ces réformes visant l’Église de France. La Constituante a divisé la population en deux camps antagonistes. On compte environ 65 % d’ecclésiastiques non jureurs ou réfractaires dans toute la France. À Besançon, une maison bourgeoise du centre-ville et une autre de la Chapelle des Buis accueillaient secrètement le culteLa Chapelle-des-Buis, repaire de contre-révolutionnaires, journal de la ville de Besançon, juin 2010, 42 et 43, . On estime qu'un tiers des prêtres franc-comtois vont devenir jureurs tandis que les autres seraient réfractaires.

Plusieurs écrits nous renseignent sur cette époque :

thumb|left|La plaque de la chapelle des Buis. Il est marqué

Dans le secteur de la Chapelle des Buis, devenu un véritable repaire de contre-révolutionnaires, deux familles, les Pinard et les Jeannin, étaient particulièrement connues d'après le livre de Gaston Coindre Mon vieux Besançon pour Toujours dans cet ouvrage, Constant Pinard évoque, en parlant du chef de famille des Jeannin :

L'existence d'un lieu de culte clandestin est confirmée par Gaston Coindre, se référant aux souvenirs de l'abbé Lambert, , qui fut accueilli dans Il en dit : Un descendant des Jeannin alors évêque missionnaire au Viêt Nam écrit en 1936 qu'on lui montrait un local qui avait servi pour les célébrations clandestines. Une plaque en pierre, conservée dans la chapelle de Notre-Dame des Buis, prouve l'existence d'un autre lieu de culte caché dans le secteur. Constant Pinard fait référence à cette plaque à propos d'un curé de Fontain réfractaire : François Constant, le frère aîné de Constant, raconte plus précisément : Actuellement, cette cache n'a toujours pas été retrouvée.

Histoire contemporaine

Monuments et lieux intéressants

Le secteur de la Chapelle des Buis compte plusieurs sites ou monuments remarquables : parmi eux, l'ancienne voie romaine, la grotte Saint-Léonard, ainsi que deux points de vue. On peut également citer les deux églises, Notre-Dame des Buis ainsi que le Monument de la Libération. Un ancien fort, le fort des buis ouest est actuellement est très mauvais état, mais fait partie intégrante du patrimoine du site, de même que le fort des Trois Châtels et le fort Tousey.

Notre-Dame des Buis

thumb|Notre-Dame des Buis.

La chapelle Notre-Dame des Buis est l'une des plus belles chapelles de la ville. Un ermitage datant du est attesté, avant que la chapelle actuelle ne le remplace à une date inconnue, mais certainement entre le et le . Après que la chapelle actuelle fut construite, elle fut détériorée en 1815, et restaurée puis agrandie en 1865. Un riche mobilier compose l'intérieur de l'édifice, notamment un orgue ainsi que des statues.

Notre-Dame de la Libération

L'Église de Notre-Dame de la Libération est un lieu de culte chrétien édifié au sein d'un ancien fort surplombant à près de 500 mètres d'altitude la ville de Besançon (Doubs). Le monument fut consacré au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par Dubourg, ce dernier voulant bâtir un édifice si la capitale comtoise n'était pas ravagée par les bombardementsNotre-Dame de la Libération sur le journal VuduDoubs (consulté le ).. Par la suite, des plaques commémoratives tapissant les murs de l'édifice et rendant hommage aux diocésains ainsi qu'à l'ensemble des bisontins morts pendant la Seconde Guerre mondiale furent ajoutées, de même qu'une statue monumentale de sept mètres de haut.

Fort des Buis (est et ouest) Article détaillé : Forts de l'Est et de l'Ouest des Buis

Le fort de l’est des Buis (officiellement fort Montbarrey.), appelé populairement fort des Buis-est est un édifice militaire construit entre 1870 et 1871 à l'est de la Chapelle des Buis pour défendre l'est de la ville de Besançon et ses environs. Ce petit édifice comprenait quatre traverses ainsi que cinq plateformes d'artilleries. À partir du début du , le bâtiment est peu à peu délaissé avant d'être complètement abandonné à partir des années 1930. Le site a été vendu au Diocèse de Besançon pour y construire le Monument de la Libération. Seuls la poudrière et les fossés de l'ancien fort sont encore visibles.

Le Fort de l'ouest des Buis (fort Michaud), à l'ouest du hameau, est accessible par un chemin parcourant la crête des Buis ou par le chemin stratégique en contrebas. Outre les vestiges du fort, on apercevra le soubassement du hangar d'artillerie et, au bord du chemin stratégique, l'entrée du magasin à poudre.

Deux redoutes plus proches de la Citadelle sont également visibles : les lunettes de Trois-Châtels et de Tousey. La conception de ces lunettes, construites à partir de 1791, est due au bisontin Jean Le Michaud d'Arçon.

Grottes Saint-Léonard, Grotte Supérieure et Grotte Inférieure À mi-chemin entre la citadelle et la crête des Buis, à cinq cents mètres de la route se trouvent deux excavations en haut de la falaise qui domine la voie ferrée, la route de Morre, le Doubs et les près de Vaux. La grotte inférieure fermée au public depuis 1995 abrite plusieurs colonies de chauves-souris. La grotte supérieure s'enfonce sous le plateau en pente douce sur 110 mètres en un long couloir à sec conique qui se termine par une chatière en-glaisée. L’évent de vingt mètres est rendu accessible par un escalier métallique.

Colline, forêt et mont Saint-Étienne

La colline de Saint-Étienne doit son nom à la cathédrale éponyme qui y fut construite vers le avant d'être détruite pour laisser place à la citadelle de Vauban. La colline est située sur les quartiers de La Boucle, de Saint Jean, de la Chapelle des Buis et de Tarragnoz à Besançon ainsi que sur les communes de Morre, de La Vèze et de Fontain.

Notes et références

Articles connexes Quartiers de Besançon Histoire de Besançon

Catégorie:Quartier de Besançon Catégorie:Hameau ou lieu-dit dans le Doubs Catégorie:La Boucle