Le d'infanterie de marine () est une unité de l'Armée de terre française.

Le est créé le et tient garnison à Libreville au Gabon. Il est l'héritier du d'infanterie de marine créé le .

Réorganisé en 2015 et subordonné au général commandant les éléments français au Gabon (EFG), il devient le centre de la coopération opérationnelle en Afrique centrale.

Bataillon mixte, il rassemble les principaux savoir-faire de l’Armée de terre (combat de l’infanterie ; génie ; artillerie ; transmissions ; combat des blindés) et d’autres plus spécifiques comme le , les techniques aéroportées et les actions spéciales. Il est dissous en 2025. Aujourd'hui il y a uniquement un détachement de liaisons interarmées au Gabon (DLIA-G) qui est sous le commandement de l'EMSOME.

Création et différentes dénominations

: création du d'infanterie de marine par changement de nom du bataillon autonome de Haute-Volta, : dissolution du , : nouvelle création du d'infanterie de marine à partir du détachement du interarmes d'outre-mer stationné au Gabon. : dissolution.

Organisation Un état-major (EM) Un bureau coopération-activités (BCA) qui planifie et élabore les actions de coopération dans la sous-région Une unité de coopération régionale (UCR). Concentré d’expertises de l’armée de Terre, elle conduit les actions de coopération opérationnelles avec l’ensemble de ses détachements d’appui opérationnel (DAO) et son centre d’entraînement au combat en forêt du Gabon (CEC FoGa) Un détachement de maintenance des matériels terrestres (DMMT) Une section Proterre au sein de l’UCR. Entièrement composée de personnel en mission de courte durée, elle assure la protection des emprises des EFG.

Chefs de corps Chef de bataillon Richard (1975) Lieutenant-colonel Creuly (1977) Lieutenant-colonel Thevenon (1979) Colonel Redaud (1981) Colonel Delhome (1983) Colonel Dellenbach (1985) Lieutenant-colonel Meunier (1987) Lieutenant-colonel Courossé (1989) Lieutenant-colonel Roure (1991) Colonel Bulit (1993) Lieutenant-colonel Reydellet (1995) Colonel Charpentier (1997) Colonel Pince (1999) Colonel Beth (2001) Colonel Friedling (2003) Colonel Hingray (2005) Colonel Clément (2007) Colonel Susnjara (2009) Colonel Paravisini (2011) Colonel Mettey (2013) Colonel d'Eimar de Jabrun (2015) Colonel Le Gal de Kerangal (2017) Colonel Bauer (2019) Colonel Cypryk (2021)

Historique

Première création en Haute-Volta Le d’infanterie de marine est créé en par changement de nom du bataillon autonome de Haute-Volta, constitué de tirailleurs chargés de la défense de l'ordre colonial en Haute-Volta. Il est dissous le .

Nouvelle création au Gabon Fin , le basé à N’Djaména est rapatrié sur métropole et est dissous à Toulon le . Son détachement présent à Libreville est à son tour dissous le et devient le , le d’infanterie de marine, sous le commandement du chef de bataillon Richard. Le 12 du même mois, le bataillon reçoit des mains du colonel Ancelin, dernier chef de corps du , le drapeau dont il aura désormais la garde.

A sa création, le compte 426 hommes dont 20 officiers, 96 sous-officiers et 310 militaires du rang. Sont présents au camp des Gardes, au Nord de Libreville, une compagnie de commandement d'appui et des services (CCAS), deux compagnies de renfort - l’une motorisée incluant un peloton d’automitrailleuses (COMOTO) et l’autre parachutiste (COMPARA) – un détachement d’hélicoptères, un détachement autonome des transmissions, une brigade prévôtale, un bureau de poste militaire.

A cette époque, le bataillon est la seule unité française au Gabon. En conséquence, le chef de corps assume également le commandant des troupes françaises au Gabon (TFG).

En 1975, la mission de transit et d’approvisionnement installée à Douala est rattachée au TFG/.

En 1976, le camp des Gardes devient le camp de Gaulle et fait l’objet d’importants travaux d’infrastructures.

Le constitue un élément clé du dispositif français en Afrique et plus particulièrement en Afrique équatoriale. Force prépositionnée accueillant des unités de combat métropolitaines en mission de courte durée, le bataillon offre des possibilités d’instruction et d’entraînement adaptées au climat et à l’environnement gabonais tout en étant prêt à intervenir sans délai dans la zone.

Unité à vocation opérationnelle, il soutient et participe à la majeure partie des opérations françaises en Afrique.

Opération Verveine (1977) Le , le bataillon soutient l'opération Verveine menée au Zaïre en assurant un pont aérien entre Libreville et Kinshasa pendant les évènements de la première guerre du Shaba. Opération Tacaud (1978)

En 1978, la France déclenche l’opération Tacaud au Tchad. Libreville sert de base de transit dès le début de l’opération. En , lors du déclenchement de la guerre civile, les avions Jaguar, Breguet Atlantic et Transall transitent par Libreville avant de rejoindre N’Djamena.Le bataillon fournit des renforts avec la COMPARA du RPIMa qui effectuera un posé d'assaut à N'Djaména le ( compagnie d'instruction devenue compagnie de Combat. Cne Marchand/ Cf Journal Le Monde du ) remplacée par la COMPARA ( puis le ). 1334 personnes sont rapatriées via Libreville depuis le Tchad.

Opération Barracuda (1979)

En , la France déclenche l’opération Barracuda en République centrafricaine pour renverser l’empereur Bokassa. Le bataillon envoie la pour renforcer le détachement déployé à Bangui.

Opération Manta (1983)

En 1983, les rebelles du GUNT appuyés par des unités libyennes se dirigent vers N’Djamena. Le , la France déclenche l’opération Manta. Une fois encore, le bataillon est sollicité pour renforcer le dispositif. Entre le 3 et le , la COMOTO () est aérotransportée à Ati au Tchad.

Après cette première période d’intervention, le bataillon connait une phase plus calme et se consacre aux activités d’entraînement proposées aux unités de combat métropolitaines en mettant l’accent sur l’environnement spécifique de la forêt gabonaise. Opération Requin (1990) Au début de l’année 90 des manifestations étudiantes dégénèrent et sont réprimées durement. À la suite de ces incidents et sur fond de crise économique et sociale, le président Omar Bongo ouvre une conférence nationale promettant l’instauration du multipartisme. Le climat politique est agité et la mort suspecte de l’opposant Joseph Redjembe, le , met le feu aux poudres. Port-Gentil vit une situation insurrectionnelle. Les bâtiments officiels et la résidence du président sont incendiés. Les pillages commencent et une mutinerie éclate dans la prison. Le consul de France, monsieur Duffau, et 9 employés d’Elf-Gabon sont pris en otage. Le , le de parachutistes gabonais aux ordres du lieutenant-colonel N’Tori saute sur l’aéroport. Les premiers éléments du bataillon sont mis en place à Port-Gentil et l’opération Requin est déclenchée. Les renforts affluent de France et le , le colonel Canal, avec l’état-major du COMFAR, prend le commandement de l’opération. Le , l’état-major quitte le Gabon. Malgré la fin de l’opération, un détachement militaire d’une trentaine d’hommes reste sur Port-Gentil et donnera naissance au centre d’entraînement nautique (CEN) du d’infanterie de marine.

Opération Épervier (1992)

En , la COMPARA (2/) part de Libreville pour renforcer le dispositif Epervier. Cette mission de renforcement des éléments français au Tchad est la première d’une longue série, la dernière en date étant la participation du bataillon à l’évacuation des ressortissants du Tchad en 2008 où une fois encore les compagnies sont projetées pour renforcer le dispositif à N’Djamena tandis que la CCAS arme le CENTREVAC.

Opération Addax (1992) Du au , une compagnie du renforcée d’une équipe du GIGN effectue une mission d’évacuation de ressortissants en Angola. Opérations Amaryllis & Turquoise (1994)

Le bataillon est engagé au Rwanda dans l’opération Amaryllis le . Déployée à Kigali le , la COMPARA (3/) intervient sur l’aéroport afin d’évacuer les ressortissants. Les paras sauvent également une centaine d’enfants rwandais de l’orphelinat de Massaka.

En , de nouveau engagé dans le cadre de l’opération Turquoise qui a pour objectif de créer une zone tampon entre les belligérants rwandais, le déploie un peloton de reconnaissance et d’investigation de la CCAS et sa COMOTO (1/).

Opération Almandin (1996) En à la suite des mutineries de l’armée centrafricaine à Bangui, la compagnie motorisée du bataillon est engagée dans le cadre de l’opération Almandin 2 et la portion centrale de Libreville accueille et assure le transit de plus de 1500 ressortissants. Début 1997, le bataillon renforce de nouveau Almandin puis participe à la mise sur pied de la mission inter-africaine de surveillance des accords de Bangui (MISAB). Opération Malebo (1996) Le , la COMPARA (2/) est engagée à Brazzaville pour soutenir l’opération Malebo (mission militaire française effectuée par le commando de Penfentenyo en 1996 pour sauver des otages dans l’ex Zaïre). Elle restera déployée jusqu’au .

Opérations Pélican & Antilope (1997)

1997 est l’année des interventions au Congo-Brazzaville où sévit une guerre civile. En mars, la France déclenche l’opération Pélican. La COMOTO () est déployée à Brazzaville. En juin, un centre d’évacuation (CENTREVAC) est armé à Libreville par la CCAS dans lequel transitent 2876 personnes de 87 nationalités différentes. En octobre, un regain de violence frappe le Congo. Un nouveau plan d’évacuation des derniers ressortissants présents au Congo est déclenché, c’est l’opération Antilope qui se déroule du au .

Opérations Malachite (1998) & Okoumé (1999) A l’été 1998, les soubresauts en RDC mobilisent le bataillon qui participe puis soutient l’opération Malachite d’évacuation des ressortissants de Kinshasa en mettant en place un détachement à Brazzaville et en activant un centre d’évacuation à Libreville.

Début 1999, de nouvelles violences en RDC entrainent le déploiement d’un élément du bataillon (1 EMT ; 2 sections de combat ; DETALAT) à Tchibanga, ville gabonaise située près de la frontière.C'est l'opération Okoumé.

Opérations Licorne (2002)

Dans la nuit du 18 au , une tentative de coup d’état frappe la Côte d’Ivoire. Des villes de grande importance, se trouvant au nord de Yamoussoukro, sont aux mains des insurgés et des combats se déroulent dans Abidjan. Immédiatement le gouvernement français déclenche l’opération Licorne. Le bataillon est de nombreuses fois sollicité pour renforcer le dispositif en Côte d’Ivoire jusqu’en 2015. Opération Boali (2002)

Dans le cadre du concept RECAMP (renforcement des capacités africaines au maintien de la paix) et à la suite des accords de Libreville du , la France avait décidé de soutenir le processus de paix et de sécurité en République Centrafricaine (RCA). Ainsi, le , des éléments français sont engagés en RCA dans le cadre de l’opération Boali, étendue aux actions de soutien et d’appui de proximité de la MICOPAX (mission de consolidation de la paix) déployée en RCA pour aider le gouvernement en place à sécuriser le pays.

Le , un coup d’état porte au pouvoir le général Bozizé. La situation est confuse et la décision d’évacuer les ressortissants de Bangui est prise. Le , la COMPARA du bataillon (4/) est projetée dans l’urgence. Les marsouins escortent, contrôlent, rassurent et font embarquer dans les Transall, les ressortissants qui souhaitent être évacués.

Jusqu’en 2013, fin de l’opération Boali, le bataillon continue d’envoyer ponctuellement ses compagnies.

Réorganisation Dans le cadre de la réorganisation du dispositif militaire de la France en Afrique, les forces françaises au Gabon (FFG, environ 900 militaires) sont créés le en lieu et place des troupes françaises au Gabon (TFG). Un état-major interarmées commandé par un général (COMFOR FFG) est mis en place au camp de Gaulle. Ce dernier assure le commandement de l’ensemble des unités françaises au Gabon qui était jusqu’ici exercé par le chef de corps du .