La province d'Al Haouz (en amazighe : ⵜⴰⵎⵏⴰⴹⵜ ⵏ ⵍⵃⴰⵡⵣ, en arabe : الحوز) est une subdivision à dominante rurale de la région marocaine de Marrakech-Safi. Son chef-lieu est Tahannaout et sa plus grande ville est Ait Ourir. Elle est aussi une région historique dont la capitale fut Aghmat pendant longtemps.
Elle a pour secrétaire général Mohamed Taouss.
Géographie La province de d'Al Haouz est située au sud-est de la région de Marrakech-Safi. Elle couvre une superficie de km² qui englobe la plaine et la région du Toukbal.
Elle est bordée par : la préfecture de Marrakech et les provinces d'El Kelaâ des Sraghna et de Rehamna au nord ; la province d'Azilal à l'est ; les provinces de Taroudant et de Ouarzazate au sud ; la province de Chichaoua à l'ouest.
Histoire Antiquité La région est connue pour le site d’Azib n Ikkis dans lequel se trouve la plus ancienne stèle libyque connue à ce jour. Cette dernière pourrait remonter au
Période almoravide Historiquement, la première capitale du Haouz était Aghmat (site archéologique de Ghmate), une cité préislamique situé au débouché de la vallée de l'Ourika, non loin des contreforts du Haut Atlas et composée de deux pôles, Aghmat Ourika et Aghmat Aylan. Après avoir un temps utilisé Aghmat comme capitale, les Almoravides fondent Marrakech en , sur la rive gauche de l'oued Issil, à 5 kilomètres au sud de sa confluence avec le Tensift. Dès le , les Almoravides réalisent dans la plaine du Haouz les premiers aménagements hydrauliques, avec la construction des premières khettara, puis des seguias dérivant une partie des eaux de l’Atlas. Ils plantent également au nord de Marrakech la palmeraie..
Période almohade
À partir de 1125, les principaux cheikhs Hintata, Wānūdīn ibn Yansilt, Namīr ibn Dāwūd, Abū Māgalīfa et Faska U-Mzal, décidèrent d'appuyer le mahdi U-Tumert, originaire de l'Anti-Atlas, dans sa volonté de conquérir le pouvoir aux dépens des Almoravides. De par leur rôle important dans la conquête de Marrakech, les cheikhs de la tribu des Hintata (dont la province principale fut Al-Haouz) obtiennent des fonctions de commandement dans l'armée almohade puis de gouverneurs provinciaux. Faska U-Mzal troqua son nom amazigh contre celui d'un compagnon du prophète, et sous le nom de Abū Ḥafṣ ‘Umar ibn Yaḥyā, donna indirectement naissance en Ifriqiya à la dynastie hafside. Pendant la phase de décadence des Almohades, dans les années 1220, des émirs hintata du Maghreb et d'Al-Andalus influent sur les destins des prétendants au califat, notamment Ibn al-Shahid, petit-fils d'Abū Ḥafṣ ‘Umar ibn Yaḥyā, qui appuie de manière déterminante les prétentions du calife al-Adil.
Période post-almohade
Elle est la région d’origine de la tribu des Hintata à laquelle appartient Faska U-Mzal, ancêtre des de la dynastie des Hafsides. Les Hafsides sont une dynastie d’origine masmouda fondée par l’arrière-petit-fils d’U-Mzal, Abû Zakariyâ Yahyâ.
Epoque contemporaine
A la fin du , sous le règne de Moulay Hassan, des projets de modernisation agricoles et hydrauliques sont envisagés dans le Haouz mais ne voient jamais le jour. C’est sous le Protectorat qu'ont lieu les premiers efforts de « modernisation » (qui en réalité superposent des infrastructures modernes à des structures sociales demeurées traditionnelles). L'inspiration est recherchée en Californie. Les autorités coloniales poussent les colons et les agriculteurs marocains à s'orienter vers la production d’agrumes et le maraîchage. Le périmètre du N'Fiss, à l'extrémité occidentale du Haouz, est le premier concerné par la modernisation avec l'inauguration en du Barrage Lalla Takarkoust (alors appelé Barrage Cavagnac).
À partir de , le Haouz est l’objet d’une mise en valeur agricole de grand ampleur placée sous l'égide de l’Office National de Mise en Valeur Agricole du Haouz (ORMVAH) et de son directeur, Paul Pascon. En , le roi Hassan II donne le coup d'envoi de la politique des barrages, annoncé deux ans plus tôt dans le plan quinquennal de . Dans le Haouz, trois secteurs sont programmés : le périmètre du Haouz Central () qui correspond au bassin du Tensift, le périmètre de la Tassaout-amont ( dont modernes), en zone de piémont, et celui de la Tassaout-aval (), en plaine. En , le barrage Moulay Youssef est construit Tassaout, irriguant le périmètre Tassaout-aval et produit 60 MkWh/an pour Marrakech. En est construit sur l'Oued Lakhdar le complexe de barrages Hassan 1er - Sidi Driss. La même année est inauguré le Canal de rocade, qui relie le barrage Sidi Driss tout justé inauguré au lac Lalla Takarkoust, long de 118 km, apportant 260 Mm3 d'eau par an au périmètre du Haouz central.
Dans le Haouz comme ailleurs au Maroc, la politique de construction de barrages hydro-électriques se poursuit dans les années 2000. En est inauguré un deuxième barrage sur le N'Fiss à hauteur de Ouirgane.
Séisme
Le un tremblement de terre d’une magnitude de 6,8, dont l'épicentre se trouve dans la province d'Al Haouz (à Ighil) est ressenti dans tout le pays, et fait plus de 2000 morts.. C'est la province la plus durement touchée, car la majorité des victimes en sont originaires.
Pertes humaines + Nombre de morts par province (bilan provisoire du ) Al Haouz Taroudant Chichaoua Ouarzazate Marrakech Azilal Grand Casablanca Tinghir Youssoufia Total Le ministère de l'Intérieur signale et (), principalement dans les régions proches de l'épicentre. La plupart des décès sont dus aux destructions des bâtiments. En effet, le séisme a causé d'importants dégâts matériels, détruisant des habitations et des villages, et endommagé le patrimoine architectural. Selon des estimations de l'USGS rapportées par le site Le Desk, les dommages pourraient représenter entre 1 et 9 milliards d'euros, soit jusqu'à 8 % du produit intérieur brut marocain en 2022..
se retrouvent sans-abri à la suite du séisme.
Administration et politique Découpage territorial Selon la liste des cercles, des caïdats et des communes de 2008 , telle que modifiée en 2010 , puis en 2014 : la province d'Al Haouz est composée de 40 communes, dont 3 communes urbaines (ou municipalités) : Tahannaout, le chef-lieu, Aït Ourir et Amizmiz ; les 37 communes rurales restantes sont rattachées à 18 caïdats, eux-mêmes rattachés à 5 cercles : cercle d'Aït Ourir : caïdat de Faska Sidi Daoud : Aït Sidi Daoud et Aït Faska, caïdat de Sidi Abdellah Ghiat : Sidi Abdallah Ghiat et Tamazouzte, caïdat de Ghmate : Ghmate et Iguerferouane, caïdat de Mesfioua : Tidili Mesfioua ; cercle de Touama : caïdat de Touama : Touama, Tamaguert et Zerkten, caïdat de Tighedouine : Tighedouine, caïdat d'Abadou : Abadou, Aït Aadel et Aït Hkim-Aït Yzid, caïdat de Tazart : Tazart ; cercle d'Asni : caïdat d'Asni : Asni, caïdat de Talat N'Yaaqoub : Talat N'Yaaqoub, Ighil, Aghbar et Ijoukak, caïdat de Ouirgane : Ouirgane et Imgdal ; cercle d'Amizmiz : caïdat d'Amghras : Amghras, caïdat de Guedmioua : Anougal, Azgour, Tizguine et Dar Jamaâ, caïdat de Ouazguita : Ouazguita, Sidi Badhaj, Oulad Mtaa et Lalla Takarkoust ; cercle de Tahannaout : caïdat d'Ourika : Ourika, caïdat de Sti Fadma : Sti Fadma et Oukaïmden, caïdat d'Aghouatim-Tidradra : Aghouatim et Moulay Brahim, caïdat de Tameslohte : Tameslohte.
Huit de ses localités sont considérées comme des villes : les municipalités de Tahannaout, d'Aït Ourir et d'Amizmiz, et les centres urbains des communes rurales de Ghmate, de Sidi Abdallah Ghiat, de Lalla Takarkoust, de Moulay Brahim, et Tameslohte.
Économie Agriculture
Tourisme
Ressources naturelles
Démographie Évolution démographique La population de la province d'Al Haouz est passée, de 1994 à 2004, de à habitants.
Année Population totale Population urbaine Population rurale 1994 2004 Données issues de recensements
Population urbaine Villes 1994 2004 Taux d'accroissement Aït Ourir
64,5 % Amizmiz
20 % Tahannaout
47,6 % Données issues de recensements
Population rurale
Annexes Bibliographie
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Liens externes
Conseil provincial de tourisme d'Al Haouz
Notes et références
Al Haouz Catégorie:Marrakech-Tensift-Al Haouz