Boris Guimpel-Levitzky dit Bob Guimpel (né le dans le et mort le à Épinay-sur-SeineArchives en ligne de Paris, arrondissement, année 1911, acte de naissance , cote 6N 259, vue 25/31, avec mention marginale de décès., pseudonymes successifs de guerre Berthe, Tissier, Mailly et GaillardCertificat d'appartenance FFI, archives militaires de Vincennes.) est un architecte français, officier dans les Brigades Internationales, officier de réserve de l'Armée française et résistant communiste pendant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie Jeunesse Boris Guimpel est le fils de deux révolutionnaires russes, Grégoire Guimpel-Levitzky et Anastasia Esther Kerjner, exilés à Paris depuis 1905. Il suit des études à l'école Alsacienne de Paris puis à l'École spéciale d'architecture en 1932Annuaire des architectes diplômés de l'École spéciale d'architecture, Paris, SADESA, 1998/99.. En 1929, il adhère à l'Union fédérale des étudiants, puis aux Étudiants communistes sous l'influence de sa familleRoger Faligot, Rémi Kauffer, « GUIMPEL Boris dit Mailly », sur maitron.fr.. Il épouse Manon Desplaces en . Entre 1935 et 1936, il est élève-officier (sous-lieutenant) de réserve à École spéciale militaire de Saint-Cyr, dans la compagnie, sectionCahiers militaires personnels datés de novembre 1935.. vignette|Boris Guimpel, chef de bataillon et Marcel Sagnier, commandant de la brigade internationale en 1937.

Guerre d'Espagne En , il franchit le pas et s'engage dans les brigades internationales. Le , il prend le commandement du bataillon ( Brigade). Blessé au maxillaire lors de l’offensive républicaine sur Ségovie, le , il devient chef d’état-major de la Brigade dite La Marseillaise puis, à compter de , de la division (général Walter). Il tisse des liens étroits avec les brigadistes Tadeusz Oppman, Joseph Kutyn, André Jacquot et Marcel Sagnier. vignette|Boris Guimpel (au centre) au Régiment d'infanterie dans l'entre-deux-guerres.

Seconde Guerre mondiale et Résistance intérieure Sous-lieutenant de réserve d'infanterie colonialeJ.O du 23/04/1935., Boris Guimpel participe, du à l'armistice, aux opérations du bataillon du RIC avec la demi Brigade de Chars. Démobilisé le à Limoges-sud, il rejoint Paris au début de septembre où il exerce ensuite sa profession jusqu'en Homologation de grade FFI, Résistance individuelle, archives militaires de Vincennes.. En , il participe au regroupement des Anciens combattants de 1939-1940 dans le but d'organiser la résistance aux occupants. Il rédige alors tracts et brochures anti-Allemands. Son domicile, au 24, rue des Grands-Augustins à Paris, sert de lieu de réunion à la direction du comité illégal des Anciens combattants de 39-40. En , il rentre à cette date comme mineur de fond aux mines de Saint-Savournin (Bouches-du-Rhône)Homologation de grade FFI, archives militaires de Vincennes. où il récupère des explosifs . Au , il cesse toute activité légale et entre dans le mouvement de Résistance communiste des Francs-Tireurs et partisans français (FTPF).

Engagement chez Francs-tireurs et partisans en Zone sud En , Boris Guimpel est convoqué à Paris par le Comité militaire national (CMN) des FTPF, hautement lié au Parti communiste français, composé d'anciens brigadistes comme André Jacquot (pseudonyme Larzac), où il est chargé Homologation de grade FFI, Résistance organisée, archives militaires de Vincennes.. En , il est nommé membre du Comité militaire de la zone sud (CMZ) avec les fonctions de commissaire aux opérations ( bureau) au grade de lieutenant-colonel, tout en restant contrôleur du service des renseignements. Ainsi, il . Dès lors, il prend successivement les pseudonymes de Gaillard, Berthe ou Mailly. Pour cette fonction d'encadrement de la Résistance armée, il recrute un deuxième agent de liaison, en plus de sa femme Manon (alias Catherine), Henriette Dubois (alias Nelly) qui deviendra sa compagne après-guerre.

Chute du Comité militaire de la zone sud Le à Lyon, il réchappe de justesse à une rafle menée par Klaus Barbie à son domicile clandestin au 62, rue de Gerland à Lyon. Blessé par balle au bras, il est alors pris en charge par Nelly, son agent de liaisonMémoires d'Henriette Dubois, Nelly, « En résumé, nous devons témoigner ».. Ce coup de filet, dont l'origine serait liée à un agent double, Lucien Iltis, entraîne la chute totale du CMZ. De ce coup de force de la Gestapo, cinq résistants sont fusillés, cinq autres sont déportés et la Résistance communiste en Zone sud complètement décapitée. Sa femme Manon est arrêtée et torturée. Rare cadre à s'en être sorti vivant, Boris est mis en convalescence dans les Hautes-Alpes à Embrun par la direction du parti.

Combats de la Libération Rétabli, Boris Guimpel rejoint le maquis de l'Azergues pour les opérations de la Libération de Lyon. Il est alors conseiller-instructeur de deux compagnies dans les combats d'Oullins. Le , il tend, avec , une embuscade entre Saint-Genis-Laval et Brignais, qui cause à l'ennemi cinq tués et douze blessés. Il participe à l'organisation du Régiment du Rhône jusqu'au , date à laquelle il est désigné adjoint du colonel sous-directeur des FFI jusqu'au . Il s'engage alors volontairement dans la armée « Rhin et Danube » dans le 151e régiment d'infanterie nouvellement reconstitué pour les campagnes d'Alsace et d'Allemagne où il sera blessé gravement par balle à la tête le à Helsheim.

Après-guerre Boris Guimpel est démobilisé le .

Comme de nombreux cadres FTPF tels Charles Tillon, responsable du CMN et des FTPF au niveau national ou encore Georges Guingouin, Bob n'échappe pas à une éviction des grands résistants par le Parti communiste. En effet, après la Libération, une commission d'enquête, sur la chute du CMZ est menée par le comité central de contrôle politique du parti. Celle-ci accuse tous les membres du CMZ de n'avoir pas respecté les recommandations de Staline, de CAD.JC.JM - 24/4/46 . Rapport et propositions de la commission centrale de contrôle politique au secrétariat du comité central du Parti communiste français daté du 22 février 1946.. Ce rapport accable de responsabilités et de négligences (y compris sur le plan de la vie privée) tous les membres du CMZ dont Boris Guimpel, Tadeusz Oppman, André Combeau, René Roussel et André Jacquot. La commission propose alors son exclusion temporaire pour . vignette|Boris Guimpel (au centre) avec les anciens de la brigade internationale Dąbrowski. À la fin de la guerre, Boris refuse une carrière militaire d'active notamment à cause des conflits coloniaux contraires à ses idées. Il reprend son métier d'architecte et travaille notamment pour des offices d'habitation à loyer modéré et c'est à Vitry-sur-Seine qu'il contribue à la construction d'un groupe de logement sociaux appelé groupe Germain-Defresne, de 1963 à 1967.

Après avoir eu deux fils avec Manon, il termine les dernières années de sa vie aux côtés d'Henriette Dubois, son agent de liaison durant la Résistance, avec laquelle il aura deux filles.

Bien que toujours adhérent au Parti communiste sans pourtant y militer réellement, Bob préfèrera la camaraderie des anciens brigadistes avec qui il a toujours gardé un lien particulier. Il sera membre de la direction nationale de l’Association des Volontaires en Espagne Républicaine.

Il décède le et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, dans le carré des Brigades internationales.

Décorations et titres militaires

Légion d'Honneur (JO du 25 /08/1945) Citation à l'ordre de l'Armée ; ordre général du 01/06/1945 du Général de Lattre de Tassigny. Citation à l'ordre de l'Armée ; 29/08/1945 de Monsieur le Président du gouvernement provisoire de la République française, chef des Armées Citation à l'ordre du Régiment 118/S du 02/07/1940 du Commandant de la demi brigade de Chars. Médaille de la Résistance avec rosette (JO du 17/05/1945

Il termine sa carrière militaire en 1945 avec le grade de chef de bataillon de réserve (décret du 26/05/1945)

Sources

Archives militaires de l'armée, Vincennes Biographie d'Henriette Dubois, Nelly, « En résumé, nous devons témoigner »

Notes et références

Catégorie:Architecte français du XXe siècle Catégorie:Résistant français Catégorie:Élève de l'École alsacienne Catégorie:Membre des Brigades internationales (France) Catégorie:Élève de l'École spéciale d'architecture Catégorie:Naissance en février 1911 Catégorie:Naissance dans le 6e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en avril 1979 Catégorie:Décès à Épinay-sur-Seine Catégorie:Décès à 68 ans