Beta Tauri (, Bêta du Taureau), également appelée par son nom traditionnel Elnath, est la deuxième étoile la plus brillante de la constellation du Taureau, avec une magnitude apparente de 1,65. D'après la mesure de sa parallaxe annuelle par le satellite Hipparcos, elle est située à environ de la Terre.

Comme l'étoile est située à la frontière du Taureau, avec le Cocher, elle possède également une désignation de Bayer redondante Gamma Aurigae (γ Aur), qui est de nos jours très rarement utilisée.

Nomenclature, histoire et mythologie Du ciel gréco-arabe à l'UAI vignette|gauche|La figure du Cocher dans l’édition du Poeticon astronomicon d’Hyginus de 1482.. Elnath est le nom propre de l'étoile retenu par l'Union astronomique internationale (UAI).. Il s'agit d'une création arbitraire, sous la forme Nath de Giuseppe Piazzi (1814) Giuseppe Piazzi, Præcipuarum stellarum inerrantium positiones mediæ ineunte sæculo XIX : ex observationibus habitis in specola Panormitana ab anno 1792 ad annum 1813, éd. Panermi : ex regia typ. militari, 1814, p. 35., à partir de la transcription Nat’h donnée dans la traduction du زيجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437) par Thomas Hyde (1665). Dans calendriers arabes traditionnels, le nom النطح al-Naṭḥ, « le Coup de corne », est en effet normalement affecté au couple α et , semblablement située sur la corne du Bélier. Chez les auteurs arabes, on trouve plus spécifiquement قرن الثور Qarn al-Ṯawr, « la Corne du Taureau » pour Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, p. 97; ainsi que Roland Laffitte, Le ciel des Arabes. Apport de l’uranographie arabe, Paris : Geuthner, 2012, pp. 169 et 177.. Comme dans de nombreux (mais pas dans tous) noms arabes d'étoiles, l'article ال est translittéré comme el-, en dépit du fait que dans la prononciation arabe, il est lié avec le /n/ qui suit.

Kab dil Inan est un autre nom parfois attribué à . C’est l’arabe كعب ذي العنّان Kaᶜb ḏī l-ᶜInnān, « le Talon du Cocher », qui est une appellation tardive née dans le cadre des constellations héritées des Grecs par les astronomes arabes au IX siècle. Dans sa traduction du زيجِ سلطانی Zīğ-i Sulṭānī ou « Tables sultaniennes » d’Uluġ Bēg (1437), Thomas Hyde livre la transcription ‘Cab di’l Inân’ (1665), repris dans la transcription ‘Al Ḳa’b dhi’l’Inān’ par Richard Allen (1899). Mais cette appellation avait déjà été saisie comme nom propre par Richard A. Proctor sous la forme Hab dhû l-Inan (1870) Richard A. Proctor, A Star Atlas, London: Longsman & Green, 2 éd., 1870, p. 23., qui disparaît dans les éditions ultérieures, puis Kab dil Inan, Amand Freiherr von Schweiger-Lerchenfeld (1898) Amand Freiherr von Schweiger-Lerchenfeld, Atlas der Himmelskunde auf Grundlage der Ergebnisse de coelestischen Photographie..., Leipzig : A. Hartleben's Verlag, 1898, s.v. der Führmann.Roland Laffitte, Héritages arabes. Des noms arabes pour les étoiles, Paris : Geuthner, 2005, pp. 181.. Mais l’appellation Elnath donnée pour cette étoile dans le cadre de la constellation du Taureau a éclipsé de nos jours cette appellation dans le cadre celle du Cocher.

en Mésopotamie β Tau est mul.giš.GIGIR = Narkabtu, « le Char de guerre ou de parade », dès le début du 2 millénaire av. notre ère. On la retrouve dans la liste des étoiles de comput utilisée par les Journaux astronomiques, où elle est nommée ŠUR GIGIR šá SI, « la Boréale du Char » (β Tau), suivie par ŠUR GIGIR šá ULÙ, « l’Australe du Char » (ζ Tau). Ces étoiles et celles placées au-dessus d’elle, appartenant à GÀM = Gamlu, « l’Arme courbe », emblème du dieu Marduk. Selon une tradition conservée par Manilius et Teukros de Babylone, ce personnage serait en effet le conducteur du char André Le Bœuffle, Les Noms latins d’astres et de constellations, éd. Paris : Les Belles Lettres, 1977, p. 106-108. (voir la constellation du Cocher dans une figure qui serait l’ancêtre de la constellation grecque Ἡνίοχος).

En Chine Beza Tauri est connue comme 五車五, soit la 5 étoile de l’astérisme Wuche, « les Cinq chars » Sun Xiachun Sun & Jacob Kistemarker, The Chinese Sky During the Han, Leiden / Köln : Brill, 1997, pp. 71 & 74..

Propriétés Par rapport au Soleil, cette étoile est remarquable par son abondance élevée en manganèse et sa pauvreté en calcium et en magnésium. Cette étoile a commencé à s'éloigner de la séquence principale, devenant une géante.

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

Catégorie:Constellation du Taureau Catégorie:Constellation du Cocher Catégorie:Étoile de type spectral BIII Catégorie:Étoile à mercure et manganèse Tauri, Beta Tauri, 112 Catégorie:Objet du Bonner Durchmusterung 035497 025428 1791 77168