Michael Franks est un auteur-compositeur-interprète américain né le , à La Jolla, en Californie.
Son style évolue entre pop et smooth jazz. Il enregistre avec un grand nombre de musiciens ; Walter Becker de Steely Dan, Mark Egan , Larry Carlton, Joe Sample The Crusaders, Michael Brecker, Astrud Gilberto, David Sanborn, Peggy Lee, Chuck Loeb, Bonnie Raitt, Art Garfunkel...
En , dans une interview accordée au journal américain Detroit Free Press, Michael Franks annonce qu’il enregistre un nouvel album prévu pour 2026Detroit Free Press – Michael Franks at Detroit Music Hall Jazz, 10 août 2025.
Biographie
Enfance
Michael Franks naît le en Californie, à La Jolla, élégant quartier balnéaire situé au Nord du centre-ville de San Diego. Il y grandit avec ses parents et sa petite sœur Christine.
Le blues et le folk sont alors très populaires aux États-Unis. Ses parents Betty et Gerald ne sont pas musiciens. Ils écoutent cependant beaucoup de disques. Notamment les chanteuses en vogue de l’époque; Peggy Lee, June Christy, Patti Page. Michael prend goût au blues, au folk, au swing.
Adolescence
À l’âge de , il s’offre sa première guitare acoustique pour (environ d’aujourd’hui). C’est une Marco Polo de la marque japonaise K Yairi. Six cours particuliers sont inclus avec l’achat. Ce sera le seul véritable enseignement musical qu’il recevraSmith 2006, op. cit..
Pendant ses années lycée, il chante du folk rock en s'accompagnant à la guitare. Il écrit aussi quelques nouvelles et un peu de poésie. Certains écrits sont publiés dans de petits magazines confidentiels. Il est en institution jésuite et il lit beaucoup. Il adore la poésie; John Berryman, Robert Frost.
En dernière année de lycée, il découvre Theodore Roethke. Son introspection, ses subtiles variations de rythme, son sens de l’imagerie... L’écrivain, qui publie notamment dans divers magazines littéraires, est, comme lui, un grand amoureux de la nature. Sa plume la prend souvent comme fondement. Roethke joue très bien au tennis. Il enseigne l’anglais à l’Université de Washington. Ses cours sont immensément populaires. Michael veut y aller mais il ne peut pas se le permettre. Trop loin de San Diego. Il reste en Californie pour ses études universitaires. Il ne rencontrera pas le poète qui décèdera l’année suivante d’une crise cardiaque.
Études Originaire de Californie, Michael Franks part pour Los Angeles en 1962 et intègre l’UCLA. Il y étudie la littérature comparée et obtient en 1966 un Bachelor of Arts (B.A.)Équivalent d’une licence en France. en littérature comparée.
En 1968, il décroche un Master of Arts (M.A.)Équivalent d’un master en France. en littérature comparée à l’Université de l'Oregon.
Il poursuit ensuite des études doctorales en littérature américaine et, dans ce cadre, séjourne plusieurs mois au Canada comme assistant maître de conférences à l’Université de Montréal, où il perfectionne son français.
Carrière De retour en Californie au début des années 1970, Michael Franks enseigne à temps partiel à UCLA et écrit ses premières chansons. Il conçoit également une comédie musicale universitaire anti-guerre intitulée Anthems in E-flat, montée sur le campus et mettant en scène un jeune Mark Hamill avant sa gloire dans Star WarsThe Art of Tea: A Michael Franks Retrospective – anti-war musical Anthems in E-flat avec Mark Hamill.
Parallèlement, il commence à composer pour le cinéma. En 1973, Sonny Terry et Brownie McGhee enregistrent trois de ses titres, dont la chanson à succès White Boy Lost in the Blues, pour leur album Sonny & Brownie. Franks y joue de la guitare, du banjo et de la mandoline, puis les accompagne en tournée.
À partir de cette période, Michael Franks compose également pour le cinéma et la télévision (bandes originales, musiques additionnelles, apparitions). Pour connaître l'ensemble de ses contributions, voir la section Filmographie.
Années 1970 Après un premier album paru chez Brut Records en 1973 (Michael Franks), orienté folk-rock et country, Franks signe chez Warner Bros. Records où il entame une collaboration fructueuse qui marquera toute la décennieDiscogs – Michael Franks (1973).
C’est avec The Art of Tea (1976), son premier album chez Warner, que Michael Franks connaît la reconnaissance internationale. Produit par Tommy LiPuma, l’album réunit un ensemble de musiciens de jazz de premier plan : le saxophoniste Michael Brecker, le saxophoniste David Sanborn, le guitariste Larry Carlton, ainsi que Joe Sample (claviers) et Wilton Felder (basse), tous deux membres des The CrusadersAllMusic – The Art of Tea. Le jeu élégant et inventif de Joe Sample contribue largement à l’atmosphère sophistiquée et feutrée de l’album, tandis que la guitare expressive et urbaine de Larry Carlton apporte une dimension chaleureuse et moderne aux compositions.
Avec ses compositions raffinées, dont « Popsicle Toes » (qui devient son premier succès aux États-Unis), l’album impose immédiatement le style de Franks : un mélange unique de jazz-pop, de poésie et d’humour subtil. The Art of Tea est aujourd’hui considéré comme son disque culte, un classique du jazz vocal des années 1970AllMusic – Michael Franks, biography.
Deux ans plus tard, il enregistre Sleeping Gypsy (1977), produit également par Tommy LiPuma, avec des arrangements du Brésilien Claus Ogerman. Admirateur de longue date d’Antônio Carlos Jobim, Michael Franks lui rend hommage avec « Antonio’s Song » et « Down in Brazil », deux titres emblématiques de l’album. Particularité de l’enregistrement : Franks a enregistré ses parties vocales aux États-Unis, tandis qu’une partie de l’accompagnement, réalisée par des musiciens brésiliens dont le percussionniste Ray Armando, a été produite au Brésil, sans que les artistes ne se rencontrent en studioAllMusic – Sleeping Gypsy.
En 1978 paraît Burchfield Nines, qui se distingue par un style plus sophistiqué et citadin, en résonance avec l’installation de Michael Franks sur la Côte Est des États-Unis. Toujours arrangé par Claus Ogerman, l’album se caractérise par des orchestrations luxuriantes, évoquant la peinture d’Charles Ephraim Burchfield, à qui le titre rend hommage.
Enfin, Tiger in the Rain (1979), produit par Tommy LiPuma et Kenny Rankin, met en avant des chansons devenues emblématiques comme « Tiger in the Rain » et « Don’t Be Blue ». Celle-ci, malgré un titre mélancolique, est une composition enlevée, jazzy et swingante, qui reflète l’élégance caractéristique du style de Franks à la fin des années 1970.
Années 1980 Au début des années 1980, Michael Franks poursuit son exploration du jazz-pop et de la bossa nova tout en élargissant sa palette sonore. Il publie en 1980 One Bad Habit, qui poursuit la veine sophistiquée de ses disques précédents, puis en 1982 Objects of Desire, marqué par des arrangements plus contemporains et la présence de deux duos avec des chanteuses invitées, dont la renommée Bonnie Raitt sur « Ladies' Nite » et S. Renee Diggs sur « Love Duet ». Ces collaborations confirment l’ouverture de Franks vers des sonorités plus soul et R&B au début de la décennie.
En 1983, il publie Passionfruit, produit par Rob Mounsey et enregistré à New York. L’album atteint la 4ᵉ place du classement Billboard Traditional Jazz Albums et marque également un pic commercial dans sa carrière, porté par le single « When Sly Calls (Don’t Touch That Phone) », largement diffusé en France et devenu une référence pour le grand public francophoneWikipédia (Michael Franks) – succès du single « When Sly Calls ». Selon AllMusic, cet album représente le sommet commercial de Michael Franks, avec une esthétique culte dans le jazz-pop des années 1980.
Il enchaîne ensuite avec Skin Dive (1985), son premier album à incorporer de manière plus marquée les sonorités électroniques et les boîtes à rythmes typiques de la décennie. On y trouve notamment le duo « When I Give My Love to You » avec Brenda RussellAllMusic – Skin Dive. Moins bien accueilli par les fans, l’album reste néanmoins une étape dans son adaptation aux tendances sonores des années 1980.
En 1987, il publie The Camera Never Lies, qui prolonge cette orientation électronique tout en renforçant l’aspect jazz de certaines compositions. Le morceau « When I Think of Us » met en valeur le bassiste Mark Egan, reconnu pour son jeu de basse fretlessLa basse fretless est une basse électrique dépourvue de frettes, ce qui permet un jeu plus fluide et des glissandos proches de ceux d’une contrebasse. et ses collaborations avec le Pat Metheny Group, dont les lignes fluides apportent une profondeur mélodique et une couleur fusion caractéristique.
Le titre « Doctor Sax » illustre également cette rencontre entre jazz et production 1980s : le morceau met en vedette le saxophoniste ténor Michael Brecker, dont l’improvisation virtuose apporte une dimension très jazz à un titre pourtant bâti sur une esthétique électro-popAllMusic – The Camera Never Lies. Cet album reflète la volonté de Michael Franks d’intégrer les tendances contemporaines tout en restant fidèle à l’élégance de son écriture.
Michael Franks écrit un recueil de poèmes dont certains sont devenus des chansons sous le titre Poems from the RoadPoems from the Road .
Style musical et influences
Le style de Michael Franks est marqué par une fusion entre pop sophistiquée, jazz doux (smooth jazz), bossa nova et folk rock. Sa voix feutrée et posée, son phrasé quasi parlé et son écriture poétique confèrent à sa musique une atmosphère intimiste et raffinéeBruce Eder, « Michael Franks Biography », AllMusic.
Ses textes, souvent empreints d’humour discret, de références littéraires et de métaphores poétiques, reflètent sa formation académique en littérature comparéeRTBF, « Michael Franks, le jazzman poète ». Franks cite notamment la poésie de Theodore Roethke parmi ses influences précoces.
Sur le plan musical, il a été influencé par les chanteurs de jazz et de swing de son enfance (Nat King Cole, Peggy Lee, Johnny Mercer, Irving Berlin) et par la bossa nova brésilienne, en particulier Antonio Carlos Jobim, auquel il rend hommage dans l’album Abandoned Garden (1995)Encyclopédie Larousse, entrée « Michael Franks ».
Certains critiques rapprochent son œuvre du mouvement quiet storm, un courant musical né dans les années 1970 autour de Smokey Robinson, caractérisé par des chansons lentes, feutrées et sensuelles mêlant soul, jazz et popThe Guardian, « Smokey Robinson and the Quiet Storm ». Bien qu’il soit davantage classé dans le jazz-pop, Michael Franks partage avec ce genre une esthétique douce et atmosphérique, privilégiant l’intimité et l’élégance des arrangements.
Ses chansons ont été reprises par des artistes de styles variés, parmi lesquels Diana Krall, The Manhattan Transfer, Kurt Elling, Shirley Bassey, Natalie Cole et Jean-Louis Murat, témoignant de son influence transversale entre jazz, pop et chansonAllMusic, « Songs covered by other artists ».
Discographie
Albums studio