La Bastide est un quartier officiel de la ville de Bordeaux, dans le département de la Gironde, en région Nouvelle-Aquitaine.

À l'origine terre de palus de l'Entre-deux-Mers sur la rive droite de la Garonne et quartier de la commune de Cenon, La Bastide, est annexée à la ville de Bordeaux en 1865. Longtemps quartier industriel et populaire, il fait l'objet de nombreux projets d'aménagement urbain dans le cadre de Bordeaux 2030.

Géographie Quartier de l'est de Bordeaux sur la rive droite de la Garonne, le territoire de la Bastide est situé dans l'ouest de la région naturelle de l'Entre-deux-Mers. Après avoir constitué le canton de Bordeaux-7, il fait partie depuis 2015, avec les quartiers de Bordeaux Sud situés rive gauche, du canton de Bordeaux-5. Il est délimité par la boucle de la Garonne à l'ouest et les communes de la métropole bordelaise de Lormont au nord, Cenon à l'est et Floirac au sud. Il est accessible par les ponts Saint-Jean au sud, Jacques-Chaban-Delmas au nord et par le pont de pierre à l'ouest. Il est longé, de Lormont à Floirac, par les quais de Brazza, de Queyries, Deschamps et de la Souys, et traversé par l'avenue Thiers, artère de menant depuis la place de Stalingrad jusqu'au pied des coteaux de Cenon.

Toponymie Le mot bastide est une déformation de bastille, en raison de la présence à cet endroit au Moyen Âge d'une fortification protégeant des habitations regroupées autour d'un petit portAndré Donis, La Bastide à travers les siècles. Son origine,

ses transformations, son développement, sa situation

actuelle, son avenir, imp. J. Bière, 1920, lire en ligne..

Histoire Antiquité et Moyen Âge À l'origine, la Garonne recouvre une partie de ce territoire de l'Entre-deux-Mers qui s’étend jusqu'aux premiers coteaux. De l'époque antique, seules les traces d'une voie romaine, la via blaviensis, nous sont rapportées, preuve de la traversée mais non de l'occupation de cette région de marécages désignée sous le nom de « palus des Queyries » et plantée ds et de vignes. Un port à l'embouchure de l'estey de Trégey est connu pour avoir vu Roland s'y embarquer pour Bordeaux. Au , Gérard de Corbie, abbé de La Sauve-Majeure, reçoit du duc d'Aquitaine l'alleu de Trégey assorti du droit de sauveté. Il y fonde un monastère qui devient une étape sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle. Dès le le vin produit localement est suffisamment réputé pour être exporté. Quelques habitations se développent sur l'actuelle rue de la Benauge. Les marécages à sa périphérie rendent le quartier peu accessible. Le fort de Mons conforte sa protection. La place forte devient une bastide.

Période moderne

Un nouveau fort, défendu par quatre bastions, est construit pendant la Fronde et démoli en 1653Les Dossiers d'Aquitaine, 2008

Période contemporaine s vignette|Place du Pont (actuelle place de Stalingrad) lors du départ du Bordeaux-Paris 1891, course cycliste sur route et sport populaire par excellence Jusqu'en 1763 la route reliant Paris à l'Espagne par Bayonne arrive à Bordeaux par Ambarès et Carbon-Blanc où des barges franchissent la Garonne. La route est déviée pour aboutir au port de la Bastide face à la porte de Bourgogne. L'intendant Tourny avait en effet projeté, dès 1751, de relier les deux rives à cet endroit par un port de bateaux à travées mobiles. Pas plus que les précédents ce projet ne se réalise, contré par l'opposition des jurats et des commerçants craignant une gêne pour la navigation et pour les chantiers de construction navale de la rive gauche. Le projet revoit le jour en 1810 avec la nécessité de transporter rapidement les troupes napoléoniennes. Ces dernières se rendant en Espagne () puis en revenant ensuite () mirent en effet beaucoup de temps pour franchir la Garonne : nombreux fantassins à faire traverser par petits groupes, mais aussi chevaux, pièces d'artillerie, etc. Ce fut l'impulsion qui permit enfin la réalisation du pont de pierre, premier ouvrage d'art bordelais permettant de s'affranchir de la nécessité de recourir aux bateliers locaux, inauguré le .

Dès lors on assiste à la transformation de cette rive droite rurale avec le développement de son activité portuaire et industrielle et à son urbanisation. Une grande avenue, menant en droite ligne au pied des coteaux, est percée au travers du palus des Queyries, dans l'axe de la porte de Bourgogne, complétée par une montée conduisant à la route de Paris sur le plateau. La future avenue Thiers fait de large et est bordée par 4 rangées d'arbres.

Le développement s'accélère avec l'implantation sur la rive droite, le , sur décision du ministre des Travaux publics et malgré l'opposition du conseil municipal voyant d'un mauvais œil la concurrence de l'autre rive, de la gare d'Orléans, accueillant la ligne de la compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans. La création de la passerelle Eiffel réalisant la jonction avec la gare Saint-Jean desservant la ligne de la Compagnie des Chemins de fer du Midi en 1858 complète la réunion des deux rives.

L'avenue Thiers sépare en deux parties le quartier de la Bastide : la partie sud de la Benauge formée d'un réseau viaire dense desservant de modestes habitations et la partie nord, en développement industriel, à partir de l'arrivée du chemin de fer.

Dès 1821 cependant, l'annexion à Bordeaux de la rive droite est sollicitée auprès du roi par le maire de Bordeaux. Le maire de la commune de Cenon implantée sur le territoire s'y opposant, la demande est refusée. Les commerçants bordelais inquiets de la concurrence reviennent plusieurs fois à la charge sans succès. Le maire de Cenon est cinglant : Un compromis est finalement trouvé en 1864 accordant les quatre municipalités : la ville de Bordeaux rachète le péage du pont en échange des terrains nécessaires à l'agrandissement de la ville sur la rive droite et comprenant plus de la moitié de la commune de Cenon et une partie de Lormont et de Floirac. Un décret impérial du confirme l'annexion de La Bastide au . Bordeaux a souhaité l'intégrer en son sein du fait de ses nombreuses activités industrielles. C'était un pôle économique pour la ville. Les chantiers navals y étaient nombreux, comme les Forges et chantiers de la Gironde ou la Société des Chantiers et Ateliers de la Gironde« Les chantiers navals bordelais », (lire en ligne)Marzagalli, 2002, quai de Brazza.

La population du quartier de la Bastide, rive droite, présente le même type de prolétarisation que le quartier Belcier sur la rive gauche, véritables fiefs de la S.N.C.F., avec des îlots insalubres dans la zone d'habitat massé de la tête de pont. À l'arrière, après 1914 des échoppes avec jardinet sont accessibles à la propriété. Au pied des coteaux, des pavillons se mêlent aux échoppes, mais également des cités ouvrières et des terrains vagues..

s vignette|Bâtiment des Grands Moulins de Paris, quai de Brazza. vignette|Chantier du nouvel hôtel des Archives de Bordeaux Métropole.

Le quartier a longtemps gardé sa vocation industrielle, jusqu'à ce que l'industrie bordelaise soit touchée par la crise au début des années 1970. Entre le dernier quart du et la première décennie du , la plupart des chantiers navals, des usines, et de l'activité ferroviaire et portuaire de la rive droite qui leur était liée, et qui avaient été le moteur du rattachement de la Bastide à Bordeaux, disparaissent, laissant leur lot de friches industrielles polluées (Soferti, La Cornubia... — voir la section #Patrimoine industriel) et de population active sans emploi dans les nouvelles cités alors fierté de Jacques Chaban-Delmas. Les Grands Moulins de Paris sont l'une des rares grandes entreprises du début du à avoir survécu« La carte des usines disparues » (lire en ligne).

En 2000, le maire, Alain Juppé, lance le projet d’un nouveau quartier avec des logements, un jardin botanique, une université, des écoles, l’école de la Fondation Nicolas-Hulot, un cinéma multiplexe (Mégarama), un ponton pour accueillir les bateaux, ainsi que des espaces publics (parc des Berges). En est inauguré Le Lion de Veilhan, une statue de lion, de couleur bleu clair, de de long et de haut, en matériaux composites, due à Xavier Veilhan, à l’entrée du pont de pierre, place de Stalingrad. Le le pont Jacques-Chaban-Delmas (du nom de l'ancien maire de Bordeaux) est inauguré par le président de la République française François HollandeFrançois « Hollande inaugure le pont Jacques-Chaban-Delmas à Bordeaux » dans Libération du 16 mars 2013.. Ce pont vient relier les quartiers de Bacalan, sur la rive gauche, et de la Bastide. Les travaux avaient commencé en 2009 Présentation du pont Bacalan-Bastide sur Structurae.

En une quinzaine d'années, l'arrivée du tramway, ainsi que des programmes de rénovation urbaine importants ont modifié le visage de la Bastide, qui attire de plus en plus de monde : le programme Bordeaux-Euratlantique ( nouveaux habitants et autant d'emplois créés par des entreprises qui viendront s'installer), l'implantation des Archives métropolitaines, inaugurées en 2016, de sièges régionaux d'entreprises du tertiaire, la présence des locaux du journal Sud Ouest, de TV7 Bordeaux et du siège Aquitaine de Radio-France, Ici Gironde, apportent une nouvelle dynamique tout en conservant les relations de proximité entre les habitants.

Culture et patrimoine Monuments vignette|Ancien poste des pompiers de la rue de Nuits vignette|Bains douches L'église Sainte-Marie de la Bastide. Édifiée par Paul Abadie entre 1860 et 1877 dans un style néo-médiéval. Le clocher porche en avant de la longue nef couverte d’une simple charpente, est coiffé d’une flèche-coupole ovoïde surmontée d’un lanternon. L'église Notre-Dame de Cypressat Le Temple de la rue de Tresses La maison cantonale de la Bastide est l'œuvre de l'architecte Alfred-Duprat Cyprien. Elle a été inscrite au titre des monuments historiques le . La caserne des pompiers de la Benauge qui en 2008 a reçu le label Patrimoine du . Avant la création de la caserne de la Benauge, il y avait sur le quartier de la Bastide, quatre centres d'intervention., dont celui encore existant de la rue de Nuits, bâti par l’architecte Charles Durand de 1886 à 1888. L’angle coupé, dans lequel s’inscrit la porte sommée du blason de Bordeaux et de l’inscription « Sapeurs-Pompiers » porte un modeste campanile, où se trouvait la cloche pour sonner le tocsin. Aujourd’hui, le bâtiment est affecté à un club des séniors de la ville. La Halle des Magasins généraux, le plus ancien entrepôt ferroviaire de Bordeaux (1859). Accueille aujourd'hui l'hôtel des Archives de Bordeaux Métropole. Les bains-douches réalisés par Jacques d'Welles. Le porche d'entrée présente une mosaïque constituée d'un jeu géométrique de carreaux brun rouge et blancs et qui ceinturent la porte d'entrée en ferronnerie. Cet équipement a été mis en place dans le cadre du plan Marquet qui a permis de créditer Bordeaux d'équipements publics d'une architecture Art décoLes équipements publics Art déco de Bordeaux, comme la nouvelle Bourse du travail, la piscine judaïque, le stade Chaban-Delmas. Un buste de Toussaint Louverture, inauguré en , est installé sur les rives de la Garonne. Le Pôle universitaire des sciences de gestion de Bordeaux, antenne délocalisée de l'université de Bordeaux, qui accueille les formations en gestion de la faculté, ainsi que l'Institut universitaire de technologie de Bordeaux Montesquieu

Patrimoine industriel vignette|Insigne de la Société anonyme des automobiles Motobloc, rue des Vivants à Bordeaux-Bastide (1902-1961)« Saga Motobloc », Joël Le Pavous et Adrian de San Isidoro, Institut de journalisme Bordeaux-Aquitaine, bastidebrazzablog.fr (lire en ligne).