L'aven d'Orgnac est une grotte située au sud du plateau calcaire des gorges de l'Ardèche, sur les communes d'Orgnac-l'Aven dans le département de l'Ardèche, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Remarquable pour les très grands volumes de ses salles et ses concrétions variées, elle est aménagée pour le tourisme et classée grand site de France.

Le site archéologique d'Orgnac III, occupé dès l'Acheuléen final, est un des plus anciens sites archéologiques connus à avoir livré de l'industrie lithique à débitage Levallois.

Situation

L'aven d'Orgnac est creusé dans le massif du bois de Ronze ; il se trouve à au nord-ouest de la petite ville d'Orgnac-l'Aven (Ardèche), du côté nord de la route D176 menant à Barjac (Gard) et sur le tracé du GR 4BLe GR4 relie Royan (Charente-Maritime à Grasse (Alpes-Maritimes), de l'Atlantique à la Méditerranée.. À vol d'oiseau, le point le plus proche de la rivière Ardèche est à au nord-est, celui de la rivière Cèze est à plein sud. Le Rhône est à à l'est Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches"..

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La découverte et son contexte Les statuts du Spéléo-club de France, créé en 1929 par Robert de Joly, prévoient « la recherche d’abîmes à exploiter touristiquement ». Joly, qui parcourt dans ce but les terrains karstiques français, recherche « un nouvel aven Armand » .. Il retourne dans la zone des gorges de l'Ardèche en 1935.. Les villageois d'Orgnac, chasseurs et bergers locaux, connaissent l’existence près de leur village d'un gouffre, qu'ils appellent « l'aven du Bertras ».. Le , conduits à l'aven du Bertras par les villageois, cinq spéléologues y descendent : Joly, Latour, l'abbé Glory, Petit et Chagnard. Ils l'explorent jusqu'au fond des salles Rouges.

Développement touristique L'aspect touristique, avec la préoccupation de l'aménagement au premier plan, est mis en avant dès la première exploration officielle, ce qui est remarquablement rapide dans ce domaine. Cela est dû à trois données principales : la personnalité dynamique voire dominante de Joly, mise au service de son enthousiasme pour la grotte, la beauté de cette grotte, et le fait qu'une fois aménagée elle est à l'époque la seule grotte visitable du Bas-Vivarais. La grotte aménagée la plus proche est la grotte des Demoiselles dans l'Hérault, à plus de au sud-ouest d'Orgnac, et l'aven Armand est à à l'ouest.

Dès le retour à la surface, Joly fait signer à trois conseillers municipaux un procès-verbal attestant l'authenticité de l'exploration de l'aven « où à notre connaissance ils sont les premiers à être descendus ». Puis, il informe de la découverte la municipalité d'Orgnac, propriétaire de la cavité puisque celle-ci se développe sous des terrains communaux. Il a en tête l'aménagement touristique, et le soir même de la réunion, il écrit au maire Paul Delarque une lettre insistant sur les qualités de la grotte, avec capitales et guillemets emphatiques :

Très rapidement après la découverte, il prend un bail sur le terrain concerné ..

Le maire est réceptif à l'enthousiasme de Joly. Le conseil municipal réuni le vote un crédit de pour les travaux d'aménagement de l'aven, décide de construire une route d'accès et de creuser un tunnel. La séance du conseil municipal du note que « M. le Maire et quelques conseillers ont tenu à aller visiter l’aven Armand et ont pu se rendre compte que l’aven d’Orgnac présentait un intérêt touristique plus considérable ». À cette époque l'aven Armand a déjà par an.

Deux ans se passent en études, quêtes de subventions auprès du haut-commissariat au tourisme, obtention d'un prêt. La commune déclare en qu'elle exploitera l'aven elle-même. Les travaux commencent à l'automne 1938 avec le tunnel d'accès, le cheminement intérieur et l'éclairage électrique. De Joly est nommé directeur d'exploitation de l'aven le .

Le , c'est l'inauguration en présence du ministre de l'Agriculture et de plusieurs parlementaires. L'aven accueille en août, tout cet été là. Le rythme baisse notablement pendant la Seconde Guerre mondiale mais reprend dès la fin des hostilités. De Joly se démène pour faire parler de la grotte, qui est citée dans nombre de journaux, mise en poèmes, en chansons et en « récits à l'eau de rose ». Vers la fin des années quarante, il parle même d'un hôtel-restaurant « au sommet de la colline, près de l’aven ». Des bruits tournant autour d'un lotissement potentiel à proximité. De Joly parle des futurs aménagements des parties basses et des salles latérales. En réalité, seul un bâtiment d’accueil est inauguré en 1948, puis un ascenseur installé en 1965 depuis la salle Joly. Le seuil de annuels est atteint en 1966..

Les années1960 voient aussi le franchissement de la chatière au fond de la salle Nord, Orgnac II, III et IV sont découverts en 1965 et 1966 : le réseau est multiplié par cinq.

Désaccords, interdits et 20 ans de recherche sacrifiés Malgré et à cause de cette découverte, le climat des années 1965-1975 (et plus longtemps) évolue entre la mairie et les découvreurs ; et ces derniers trouvent des appuis dans la commune d'Issirac voisine, qui possède des terrains couvrant les réseaux nouvellement découverts. La mairie d'Orgnac souhaiterait faire stopper les explorations. Et la logique du développement touristique voudrait que soit ouvert un second accès, vers les nouvelles salles . Fait unique dans l'histoire des explorations spéléologiques, les autorités sont mobilisées avec une visite des nouveaux réseaux organisée le , surlendemain de la découverte, pour une quarantaine de personnes dont le sous-préfet, le conseil municipal et la presse ; et une autre visite des mêmes réseaux le pour le secrétaire d'État au tourisme et le préfet de l’Ardèche.

Les projets d'aménagement indépendant par Issirac sont finalement abandonnés en 1976 et une convention dans ce sens est signée en 1978 : Issirac renonce à toute entreprise unilatérale et percevra un pourcentage compensatoire sur les recettes de l’aven d’Orgnac, moins les recettes de l’aven-grotte de la ForestièreL’aven-grotte de la Forestière est situé à à vol d’oiseau au nord-ouest d’Orgnac. Ouvert au tourisme en 1968, il est géré par la mairie d’Issirac, propriétaire à titre privé des terrains sur la commune d’Orgnac-l’Aven.. Cette activité autour de l'aven n'a pas nui à sa fréquentation touristique, au contraire : en 1971, Jean Trébuchon écrit que celle-ci s'est accrue après les découvertes des années 1965-1966..

La signature de cet accord ne met pas pour autant fin au veto de visite par la municipalité d'Orgnac. Elle peut l'imposer, et elle le fait. La recherche stoppe vers la fin des années 1960. Il faut préciser que de Joly meurt en 1968 ; or quand en 1966 Jean-Claude Duplessy veut obtenir une concrétion pour l'étudier, ce n'est pas à la municipalité qu'il s'adresse, mais à Joly qui pense que l'investigation scientifique augmentera le renom de l'aven. Ce recours cesse avec la mort de ce dernier. Ensuite, le seul autorisé à étudier la grotte est Philippe Renault qui, mandaté par la mairie cherchant à contrecarrer les projets d'Issirac sur Orgnac IV, y conduit une expertise les 13 et . D'où la thèse de Yann Callot (1979) ne contient que trois pages sur Orgnac : il y avoue ses lacunes sur la grotte, expliquant que l'entrée des salles hors la partie touristique qui « n’est pas significative du reste du réseau », lui a été interdite. Même chose pour Éric Gilli, qui n'obtient pas l'accès à la salle Plane ni à la salle des Treize. Pierre Slama, qui veut chercher des Diaprysius dans Orgnac II, doit argumenter pendant un an et demi avec la municipalité d'Orgnac et avec René Ginet, professeur de biospéléologie à Lyon, avant de pouvoir y pénétrer en 1982.

Cette attitude cesse avec la préparation pour l'opération Grand site de France vers le milieu des années 1990..

Les dates principales : découverte de l'aven par Robert de Joly. 1938 : travaux d'aménagement (tunnel de de long jusqu'à la première salle, traçage du cheminement intérieur, électricité). : ouverture au public.. Le parcours touristique couvre uniquement la salle Joly, fig. 16.. : la commune change de nom par décret et devient Orgnac-l'Aven. 1946 : classement au titre des « monuments naturels et sites ». 1948 : un bâtiment de réception est construit. 1955 : le parcours touristique s'agrandit pour inclure les salles Rouges ; soit une visite touristique de près d'un kilomètre. 1965 : installation de l'ascenseur 1 qui descend depuis le hall d'accueil jusqu'à un tunnel horizontal menant à la salle Joly. 1965-1966 : découverte par le CSGA (équipe Trébuchon) de près de de nouveaux réseaux : Orgnac II, III et IV ; le développement de l'aven est multiplié par 5.. 1974 : extension du périmètre de classement pour inclure les nouvelles galeries, le terrain à la surface et le site archéologique d'Orgnac III.. 1975 : forage de reconnaissance entre la surface et la salle des Treize. 1993 : forage de ventilation depuis la deuxième salle Rouge jusqu'à la surface 1988 : création du Musée régional de Préhistoire.. : Orgnac IV est classé en « protection intégrale » (aucune visite). bien que ce statut ne repose sur aucune définition du droit français.. 2003 : installation d'un deuxième ascenseur depuis l'entrée des salles Rouges jusqu'à la surface. 2004 : le site est labellisé Grand site de France. 2005-2006 : le périmètre de classement est encore agrandi. 2010 : le label Grand site de France est renouvelé pour la deuxième fois. 2011 : le Musée régional de Préhistoire (« ancienne version ») ferme ses portes.. 2014 : la Cité de la Préhistoire (musée « nouvelle version ») ouvre. 2016 : le label Grand site de France est renouvelé pour la troisième fois consécutive.

Géologie La grotte se situe dans le plateau de Saint-Remèze/Orgnac, large structure anticlinale faillée..

Elle a deux caractéristiques géomorphologiques majeures : Deux niveaux ont été reconnus : le premier, à d'altitude, formé avant la crise de salinité du Messinien soit avant 5,96 millions d'années ; le second, à d'altitude, lié à la fin de l'aggradation (exhaussement par accumulation de sédiments) continentale du Pliocène.. De plus, elle porte la trace de la montée des eaux durant le Pliocène. : lors de la transgression marine de cette période, se sont formées des « banquettes-limites »Philippe Renault, Contribution à l’étude des actions mécaniques dans la spéléogenèse. Thèse d’État, 1967, Annales de Spéléologie, t. 22 (1967) et t. 23 (1968), 600 p. Cité dans . de remplissage, présentes de façon à peu près continue entre d'altitude, soit sur presque de dénivelé.

Première phase : formation de la roche