Le bilan des droits de l'homme au Maroc est mitigé. Le Maroc a fait des progrès considérables depuis la fin des années de plomb du règne du roi (1961-1999). Néanmoins, malgré l'apparente modernisation apportée par son fils le roi , elle-même assez controversée, le respect du droit international sur ce point n'est pas encore complet.
Histoire
Démocratie et élections
Les élections à la Chambre des représentants en furent très largement considérées comme libres et honnêtes.
Liberté de la presse
La liberté de la presse est relativement bonne, comparé à la plupart des pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, bien que beaucoup de journalistes pratiquent l'autocensure. Critiquer la légitimité de la royauté est tabou. Le débat sur l'islam politique est sévèrement limité et mettre en cause du Maroc est illégal. En 2005, le célèbre journaliste marocain Ali Lmrabet fut et condamné à une amende de (soit environ ) pour un reportage sur le conflit du Sahara occidental selon Reporters sans frontières.. En 2007, Lmrabet était encore sous le coup de l'interdiction. Les supports de presse étrangers portant atteinte à l’institution monarchique, à la religion musulmane et à l’intégrité territoriale du pays, sont interdits de distribution au Royaume, selon le code de la presse marocain.
Avec l'apparition de quelques magazines indépendants francophones, comme Telquel et Le Journal hebdomadaire et son équivalent arabe Assahifa Al Ousbouia, le contrôle gouvernemental sur les médias est devenu moins direct et passe par des pressions plus subtiles comme des poursuites judiciaires et procès en diffamation How Morocco's free media is silenced (Comment des médias libres marocains sont réduits au silence) - publié sur Opendemocracy.net et par Rashi Khilnani le .
Le , l'Organisation non gouvernementale Comité pour la protection des journalistes, basée à New York, dans son rapport annuel sur , écrivait que le Maroc avait après avoir été .. Dans ce rapport, le Maroc était désigné, avec la Tunisie, comme .
L'accès à Internet est pratiquement libre, mais certains sites sont parfois censurés sans aucune explication. Les sites concernent essentiellement le conflit du Sahara occidental, ou bien les islamistes.
Selon le classement 2013 de la liberté de la presse, Reporters sans frontières a classé le Maroc au 136e rang sur 179, en baisse par rapport à la 89e place que le pays occupait en 2002. À partir de l'indice 2015, la même organisation avait placé le Maroc à la 130e place sur 180 pays.
Selon le rapport annuel 2016 de Human Rights Watch, les autorités marocaines ont restreint les droits d'expression pacifique, d'association et de réunion par le biais de plusieurs lois. Les autorités continuent de poursuivre les médias imprimés et en ligne lorsqu'ils critiquent le gouvernement, et le roi. En outre, les autorités ont imposé des obstacles administratifs pour restreindre le travail des journalistes. À Rabat, la police a expulsé deux journalistes français et confisqué leurs cassettes en affirmant qu'ils n'avaient pas d'autorisation de tournage. Le rapport indique que la télévision officielle marocaine laisse un certain espace au débat et à la critique. Cependant, ce débat n'aborde pas les questions importantes.
En , une enquête d'Amnesty International a démontré que le journaliste marocain Omar Radi, a été ciblé en utilisant le logiciel espion israélien Pegasus. Le groupe de défense des droits a affirmé que le journaliste a été ciblé à trois reprises et espionné après que son appareil a été infecté par un outil NSO. Amnesty a également affirmé que l'attaque a eu lieu après que le groupe NSO a mis à jour sa politique en ..
Persécutions politiques
La répression politique contre les dissidents a très nettement chuté depuis le milieu des années 1990. Les décennies qui précédèrent, quelquefois appelée , virent des , assassinats d'opposants politiques au gouvernement, et des internements au secret dans des camps comme Tazmamart. Afin d'examiner les abus commis durant le règne d'Hassan II, le gouvernement a mis en place une Instance équité et réconciliation dont l'objectif est de réhabiliter les victimes et de donner des compensations financières pour les violations de leurs droits.
Il existe des allégations persistantes de violences contre des manifestants Sahraoui, partisans de l'indépendance de la République arabe sahraouie démocratique ou au Front Polisario. au Sahara occidental, que le Maroc considère comme son territoire. Le Maroc a aussi été accusé de détenir des prisonniers de conscience sahrawis Morocco/Western Sahara : Sahrawi human rights defender on trial - publié sur Amnesty International le .
En une délégation du bureau du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) visita le territoire contesté du Sahara occidental et son rapport critiqua nettement le manque des droits de l'homme les plus élémentaires dans la région, en particulier au regard de la population Sahrawi..
En octobre de la même année, le Maroc interdit une visite du Parlement européen qui avait été organisée et approuvée précédemment. La décision a été prise avec le départ de la délégation pour Rabat et la Sahara occidental. Sa mission était d'étudier les allégations de violations des droits de l'homme commises par le Polisario comme par les autorités marocainesCommuniqué de presse du Parlement Européen - Parlement européen, le Polémique autour de la délégation européenne « Sahara » - L'Économiste..
Le Maroc expliqua que la majorité des membres de la délégation étaient des partisans connus du Front Polisario, et, qu'en conséquence, la neutralité de la délégation n'était pas garantie. Le président de la délégation, Ioánnis Kasoulídis, réfuta ces allégations en disant que la composition du groupe n'était pas du ressort du Maroc, et d'autre part que le Maroc avait précédemment accepté la composition du groupe et que le Maroc avait de plus été invité à corriger le programme de la visite.
En 2019, l'Association marocaine des droits humains déplore une au Maroc, l’État » sur le sujet. L'ONG fait notamment état en détention, en particulier à la suite du mouvement de protestation Hirak. En 2018, l'ONG avait déjà souligné l'augmentation du nombre de prisonniers politiques dans le royaume..
Le chanteur Gnawi est placé en détention en à la suite d'une chanson dont les paroles attaquent directement le roi, dans laquelle il dénonce et .
En , le youtubeur Mohamed Sekkaki est condamné à de prison pour atteinte au respect dû au roi..
Le même mois, le journaliste d'investigation Omar Radi est arrêté et placé en détention à la suite d'un message publié sur les réseaux sociaux dans lequel il critique les décisions lourdes allant jusqu'à de prison prononcées par la justice contre les leaders du mouvement social du Rif.
Un chauffeur de bus est condamné en à deux ans et demie de prison pour avoir critiqué dans une vidéo la pauvreté et la corruption dans son pays. Des groupes de défenseurs des droits humains, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont dénoncé une « campagne de répression » des autorités marocaines contre les opinions critiques exprimées sur les réseaux sociaux.
Le , le militant Nourredine al Awaj est condamné, par le Tribunal de Première Instance de la ville de Casablanca, à 2 ans de prison ferme et une amende de 20 000 dirhams (équivalent de 2000€) pour «Insulte aux institutions constitutionnelles et incitation à la commission de crimes et délits par voie électronique »..
Accusations que ne partage pas le Comité de soutien aux journalistes détenus qui estime que l'arrestation de Noureddine Al-Awaj est ”” selon le journal badil.infoSection : أخبار وطنية
Titre de l'article : حقوقيون: توقيف العواج يراد منه الترهيب
date : 2021آخر تحديث: 16 يونيو
Lien journal : https://www.badil.info/ Nourredine al Awaj est connu pour son dévouement à la cause des « Prisonnier d'opinion »
Liberté de religion
L'Islam est la religion d'État officielle et l'État reconnait la liberté de pratique aux marocains de confession juiveComme indiqué dans l'article 6 de la Constitution du Maroc ; en lire le texte sur Wikisource. (Il n'existe pas de communauté marocaine de confession chrétienne reconnue). Des restrictions existent envers le prosélytisme chrétien et les activités politiques en relation avec l'Islam. Il existe encore une communauté juive marocaine, bien que la plupart des juifs émigrèrent en Israël, en France et au Canada et dans plusieurs autres pays du monde pendant les années qui ont suivi la création de l'état israélien en 1948. La liberté de conscience n'est pas reconnue au Maroc et les marocains ne peuvent pas changer de religions (sauf à vouloir se convertir à l'Islam)
Un projet de loi de 2015, concernant le code pénal, conçoit, au travers de l’article 219 d'alourdir les peines contre tout propos ou acte jugé blasphémateur. En effet, ce texte stipule que tout individu coupable d’, d’ ou d’ contre Dieu et les prophètes risque des peines d’emprisonnement d’une année à cinq ans, ainsi qu’une amende de à . Selon le même article, ce crime est punissable qu’importe le moyen de sa diffusion : . Le deuxième paragraphe de cet article prévoit même . Avec ce nouvel article, tout propos relatif à l'athéisme ou une religion ne reconnaissant pas Mahomet comme prophète entraîne la criminalisation des propos.
Droits LGBT
L'homosexualité au Maroc est considérée comme illégale conformément à l'article 489 du code pénal, elle peut être punie par une période d'emprisonnement pouvant aller de à et une amende pouvant aller de .
La constitution de 2011 établit dans son préambule . Le parlement n'a pas réalisé la transcription dans le code pénal de la constitution afin d'abroger l'article 489.
Après une série d’événements destinée à faire réagir le gouvernement sur la question des libertés individuelles, une vague de conservateurs radicaux ont mené des manifestations populaires destinées à intimider et agresser les Marocains revendiquant plus de libertés« Une autre attaque gratuite », Ilionweb.com, en publiant dans la presse les noms de personnes gay et/ou lesbiennes, et en faisant en sorte que leur adresse soit connue.
En , la vidéo d'un lynchage de deux homosexuels de la ville de Beni Mellal a été diffusée sur les réseaux sociaux. Les deux hommes ont été agressés dans leur domicile privé par une foule parfaitement organisée et contrôlée. Victimes de sévices physiques, coups et blessures graves, une des deux victimes a également été arrêtée par la police et présentée au procureur du Roi pour être mise en examen pour homosexualité, aucune enquête n'a été ouverte pour trouver les responsables de l'agression..
Droits sociaux et égalités Femmes et familles
En 2005, le Parlement du Maroc convint d'un calendrier pour améliorer le statut des femmes et des enfants Citation traduite depuis : Morocco profile depuis : Library of Congress Country Studies project et adopte une loi nouvelle sur la famille, appelée Moudawana, qui est largement considérée comme très progressiste au regard des pratiques régionales. En plus de leur participation sur des listes électorales mixtes, les femmes ont une liste aux élections du parlement qui leur garantit au moins 10 % des sièges.
Parallèlement, en , un observatoire national destiné à combattre la violence contre les femmes a été créé. Beaucoup de ministères, administrations, universités et associations nationales de femmes doivent coordonner leurs effortsNew observatory to fight violence against women - AdnKronos International (AKI).
En 2006 a été écrit le transfert de la nationalité marocaine à ses enfants par le père. Soumya Naâmane Guessous, sociologue marocaine, a lancé une campagne pour étendre cette transmission de la mère à ses enfants. Cette possibilité n'a pas été écrite dans la Moudawana mais est octroyée dans une décision royale d'..
En 2018, le Maroc était classé sur au classement du Global Gender Gap publié par la Forum économique mondial..