Des élections cantonales sont organisées en France les et .

Contexte Le scrutin a lieu un peu moins d'un an après le double succès de la gauche à la présidentielle et aux législatives. Les cantons concernés appartiennent à la série de 1976, auxquels s'ajoutent 186 nouveaux cantons, surtout urbains.

Une attaque très vive contre le franc a lieu les 18 et , la spéculation jouant sur la possibilité d'un "ajustement monétaire" après le second tour des élections cantonales des et , qui sont comme attendu perdues par la gauche au pouvoir. Les médias rappellent que Valéry Giscard d'Estaing avait, le , au soir du second tour d'élections cantonales, fait sortir en catastrophe le franc du " serpent monétaire".

Le taux du marché monétaire parisien passe de 14,25 % à 17% en quelques jours, la Banque de France maintenant ses taux d'intérêt à 17 % ensuite, péripétie rappelant la période de l'installation à Matignon de Pierre Mauroy, le , quand ce taux avait été "brusquement porté à 20 %". Pour stopper cette spéculation, les milieux communautaires de Bruxelles assurent qu'un nouveau réalignement des parités "est exclue actuellement", tandis qu'une conversation téléphonique réunit Helmut Schmidt et François Mitterrand et que Jacques Delors fait savoir qu'il n'est "pas question de dévaluer le franc". Parallèlement, les banques centrales européennes d'Allemagne des Pays-Bas et de la Suisse accordent leur appui ostensible""La spéculation sur le franc s'atténue avec l'appui des banques centrales européennes" par Paul Fabra dans Le Monde du 20 mars 1982 . La première a diminué un de ses taux directeurs pour la quatrième fois depuis le , ramené de 10% à 9,5%. Les instituts d'émission néerlandais et helvétique ont aux aussi abaissé leurs taux d'escompte d'un demi-point, revenus à respectivement 8% et le 5,5%. Le Monde cite alors "des conseillers du gouvernement", qui font "contre mauvaise fortune bon cœur" car la dévaluation est exclue à court terme, mais pensent qu'elle pourrait avoir lieu pendant la préparation du budget 1983, afin de "faire passer un frisson salutaire dans le dos des ministres dépensiers" et réduire ce déficit et font savoir que le président de la République a demandé "une action énergique visant à contenir ce déficit dans la limite de 3 % du PIB"

La spéculation reprend quelques mois après en sur de nouvelles rumeurs, obligeant la Banque de France à dépenser 200 millions de dollars par jour pour défendre le franc puis 800 millions de dollars par jour, sur une démission "probable" de Jacques Delors, qui serait "isolé" au sein du gouvernement français, au prétexte qu'une réunion prévue à Bruxelles des ministres des finances de l'Europe été avancée de trois jours. Jacques Delors dément catégoriquement en soulignant que "s'il faut doubler la rangée de canons pour défendre le franc, nous la doublerons", suggérant des taux d'intérêt encore plus élevés, les taux de l'eurofranc au jour le jour grimpant à "plus de 100%". Ces rumeurs de "réajustement" lors d'une réunion avancée à Bruxelles évoquent une dévaluation de la lire et de la couronne danoise couplée à une réévaluation du mark et du florin, ainsi qu'une "de rentrée la livre sterling dans le SME". Le Monde estime que "les Américains eux-mêmes" sont en train de prendre conscience "des effets ravageurs d'une surévaluation de 20%" du dollar et que "la clé du problème est dans les mains des Allemands, que leurs partenaires voudraient forcer à réévaluer".

Le Monde décrit aussi un système monétaire européen "secoué" et "mis à mal par la baisse de la monnaie américaine" causé par la "diminution des taux d'intérêt à New-York", qui renforce les monnaies fortes, mark et florin, déclenchant "une attaque en règle contre les monnaies faibles" du SME en raison de "rumeurs, les plus incontrôlées et les plus incontrôlables" sur un "réajustement des parités" ou une "sortie de la France du SME"Repli du dollar, le SME secoué" par François Renard le 20 décembre 1982 .

Résultats Le taux d'abstention est relativement faible (record pour des cantonales sous la ), avec 31,58 % au premier tour et 29,82 % au second.

Malgré les grands espoirs du Parti socialiste après les législatives de 1981, ces élections voient le succès de l'opposition de droite, qui s'est unie pour ces cantonales, se répartissant les cantons entre ses différentes formations : RPR et composants de l'UDF (CDS, PR, PRV, MDS). La droite (RPR et UDF principalement) remporte ainsi 264 sièges de conseillers généraux en plus, la gauche en perdant 1998.

Parmi les vaincus, le Parti socialiste limite les dégâts avec 10 sièges en moins, mais c'est une douche froide pour les communistes qui en perdent 45, ainsi que pour les radicaux de gauche qui en perdent 28 (un tiers de leurs sièges). Le ministre socialiste de la communication Georges Fillioud est toutefois le seul membre du gouvernement à ne pas être réélu sur les huit qui se présentaient à ces élections.

La droite enregistre le gain net de huit départements avec neuf basculements en sa faveur (Allier, Côte d'Or, Eure, Meurthe-et-Moselle, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Savoie, Seine-et-Marne, Essonne), pour élever son total à 59 présidences sur 95 (en métropole). La gauche conserve la Corse-du-Sud et gagne la Corrèze au bénéfice de l'âge, de même que la droite pour l'Aisne, l'Allier et la Saône-et-Loire (avec dans ce dernier département le revirement d'un élu MRG, doyen d'âge de l'Assemblée).

Résultats nationaux + Résultats selon le ministère de l'IntérieurPartis politiquesou coalitionsPremier tourExclut les résultats des cantons de Saint-Pierre-et-Miquelon dont les 14 conseillers généraux sont élus par un scrutin de liste.Second tourExclut les résultats des cantons de Saint-Pierre-et-Miquelon et le canton de Cayenne Nord-Est en raison d'un incident.SiègesVoix%SiègesVoix%SiègesTotalVariation Parti socialiste29,71-34,85-509 -5Parti communiste français15,90-13,61-198 -441,72-1,74-61 -27Divers gauche1,70-1,58-54 -24Gauche parlementaire49,03-51,78-822 -100 18,64- 15,41-470 +69 17,98- 22,62-336 +146Divers droite8,82-10,11-380 +51Droite parlementaire49,70-48,14- +266Extrême gauche0,58-0,03-5 +10,44-5220,00-0 0Extrême droite0,20-––-1 0Inscrits 100,00100,00Abstentions 31,8230,00Votants68,1770,00Blancs et nuls2,923,11Exprimés 97,08 96,89

Présidents de conseil généraux élus Rapport de force +Nombre de présidences par partiSortantesÉluesGauchePCFcolspan=2 rowspan=7 336PS28MRG5DroiteUDF4363RPR18CNIP2

Par département + Présidents de conseil général élus en 1982DépartementPrésidentParti01AinRoland RuetUDF-PR02AisneAndré GodardUDF03AllierHenri CoqueUDF04Alpes-de-Haute-ProvenceClaude DelormePS05Hautes-AlpesMarcel LesbrosUDF06Alpes-MaritimesJacques Médecin RPR07ArdècheAndré ChabanelUDF-PR08ArdennesJacques SourdilleRPR09AriègeAndré Saint-PaulPS10AubeBernard LaurentUDF-CDS11AudeRobert CapdevillePS12AveyronJean PuechUDF-PR13Bouches-du-RhôneLouis PhilibertPS14CalvadosMichel d'OrnanoUDF-PR15CantalPierre RaynalRPR16CharentePierre-Rémy HoussinRPR17Charente-MaritimePhilippe MarchandPS18CherJean-François DeniauUDF-PR19CorrèzeArmand BoucheteilPCF2ACorse-du-SudJean-Dominique CesartMRG2BHaute-CorseFrançois GiacobbiMRG21Côte-d'OrRobert PoujadeRPR22Côtes-du-NordCharles JosselinPS23CreuseAndré ChandernagorPS24DordogneBernard BioulacPS25DoubsGeorges GruillotUDF26DrômeMaurice PicPS27EureHenri CollardUDF28Eure-et-LoirRobert HuwartMRG29FinistèreLouis OrvoënUDF-CDS30GardGeorges BenedettiPS31Haute-GaronneLéon EeckhouttePS32GersJean-Pierre JosephPS33GirondePhilippe MadrellePS34HéraultGérard SaumadePS35Ille-et-VilainePierre MéhaignerieUDF-CDS36IndreAndré LaignelPS37Indre-et-LoireAndré-Georges Voisin RPR38IsèreLouis MermazPS39JuraPierre BrantusUDF-CDS40LandesHenri ScognamiglioPS41Loir-et-CherKléber LoustauUDF42LoireLucien NeuwirthRPR43Haute-LoireJacques BarrotUDF-CDS44Loire-AtlantiqueCharles-Henri de Cossé-BrissacUDF-Rad45LoiretKléber MalécotUDF46LotMaurice FaureMRG47Lot-et-GaronneJean-François PoncetUDF48LozèreJoseph CaupertUDF-PR49Maine-et-LoireJean SauvageUDF-CDS50MancheLéon Jozeau-MarignéCNIP51MarneAlbert VectenUDF-CDS52Haute-MarneRené RollinUDF-Rad53MayenneRené BallayerUDF-CDS54Meurthe-et-MoselleClaude HurietUDF55MeuseRémi HermentUDF-CDS56MorbihanRaymond MarcellinUDF57Moselle Julien SchvartzRPR58NièvreNoël BerrierPS59Nord Albert DenversPS60Oise Henri BonanPS61OrneHubert d'AndignéRPR62Pas-de-Calais Roland HuguetPS63Puy-de-DômeArsène BoulayPS64Pyrénées-AtlantiquesFranz DuboscqRPR65Hautes-PyrénéesHubert PeyouMRG66Pyrénées-OrientalesGuy MaléUDF67Bas-RhinDaniel HoeffelUDF-CDS68Haut-RhinHenri GoetschyUDF69RhôneJean PalluyUDF-CDS70Haute-SaôneJean ReybosUDF-CDS71Saône-et-LoireCharles PleindouxUDF72SartheMichel d'AillièresUDF-PR73SavoieMichel BarnierRPR74Haute-SavoieBernard PellarinUDF-PR75Pariscolspan=3 76Seine-MaritimeJean LecanuetUDF-CDS77Seine-et-MarnePaul SéramyUDF-CDS78YvelinesPaul-Louis TenaillonUDF-CDS79Deux-SèvresGeorges Treille UDF-Rad 80SommeMax LejeuneUDF-MDS81TarnJacques DurandPS82Tarn-et-GaronneLouis DelmasPS83VarÉdouard SoldaniPS84VaucluseJean GarcinPS85VendéeMichel CrucisUDF-PR86VienneRené MonoryUDF-CDS87Haute-VienneJean-Claude PeyronnetPS88VosgesChristian PonceletRPR89YonneJean ChamantCNIP90Territoire de BelfortChristian ProustPS91EssonneJean SimoninRPR92Hauts-de-SeinePaul GrazianiRPR93Seine-Saint-DenisJean-Louis MonsPCF94Val-de-MarneMichel GermaPCF95Val-d'OisePierre SalviUDF-CDS971Guadeloupe Lucette Michaux-ChevryRPR972MartiniqueÉmile MauriceRPR973GuyaneEmmanuel BellonyRPR974RéunionAuguste LegrosRPR975Saint-Pierre-et-MiquelonAlbert Pencolspan=2 Élections dans les COM976MayotteYounoussa BamanaUDF

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie Jean-Jacques Becker, Crises et alternances, 1974-1995, Nouvelle histoire de la France contemporaine , Seuil, Paris, 1998

Articles connexes Élections départementales en France

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