Tartu (prononcer /taʁ.tu/, en langue sud-estonienne Tarto, nom allemand historique Dorpat) est une ville d'Estonie. Avec presque , la municipalité urbaine de Tartu (Tartu Linn) est la deuxième ville d'Estonie et la principale ville de l'Estonie du Sud.

À la fois rivale et complémentaire de la capitale Tallinn, Tartu est considérée comme la capitale culturelle et intellectuelle de l'Estonie, voire des Pays baltes, abritant l’université de Tartu (créée en 1632), la plus renommée du pays.

Implantée sur les bords de la rivière Emajõgi, centre d'échange majeurs au Moyen Âge et important à l'époque des chevaliers Porte-Glaive et de la Ligue hanséatique, la ville comporte de nombreux monuments dont l'hôtel de Ville de Tartu, les restes d'une cathédrale du ainsi que la plus importante église sculptée d'Europe du Nord : l'église Saint-Jean..

Principale ville de l'arrière-pays estonien occupé par des puissances étrangères à de nombreuses reprises, Tartu fut, en réponse, l'un des principaux lieux de revendications culturelles estoniennes. Depuis le , son rôle dans la création de la République (drapeau estonien issu de la Société des étudiants de l'université de Tartu, siège du premier festival national de chant, du premier théâtre de langue estonienne, traité de Tartu de 1920, siège du Musée national estonien, du ministère de l’Éducation et de la Cour suprême d'Estonie) lui vaut d’être considéré comme le berceau intellectuel et culturel de l'Estonie contemporaine.

Au , l'attractivité économique de l'Estonie et de sa capitale Tallinn, rendue possible par le commerce maritime et l'essor des entreprises des technologies de l'information et de la communication, encourage la ville de Tartu à se distinguer par son domaine de spécialité : la science et la recherche, ainsi que les activités culturelles et touristiques.

Membre du réseau des villes créatives UNESCO en tant que ville littéraire, elle est notamment reconnue pour sa variété et forte densité de musées (vingt pour presque , dont douze dans le centre-ville). La vitalité de sa vie culturelle et étudiante est à l'origine de l'expression populaire Tartu vaim (en Estonien : « l'esprit de Tartu »).

Ayant pour objectif de sensibiliser sa population aux enjeux du climat, de sa place en Europe et de la démocratisation de l’artisanat, Tartu est choisie pour être capitale européenne de la culture pour l’année 2024 avec le programme artistique Ellujäämise Kunstid (littéralement « les Arts de la Survie »).

Géographie

Localisation

La ville se trouve à 163 kilomètres au sud-est de la capitale Tallinn, à 220 kilomètres au nord-est de Riga, capitale de la Lettonie voisine. Tartu est proche de la frontière avec la Russie (à 45 kilomètres à l'Est), mais est néanmoins séparée de cette dernière par le lac Peïpous. La ville est située sur l'ancien axe Riga-Saint-Pétersbourg. Tartu est le chef-lieu du comté éponyme. La frontière russe terrestre la plus proche de Tartu est situé dans le Setomaa à 80 kilomètres et permet d'accéder aux villes de Pskov et Novgorod. La frontière lettone au Sud est accessible via Valga à 70 kilomètres. La côte de la mer Baltique la plus proche de Tartu est au Nord du pays, à .

Communes limitrophes

Climat Tartu se situe dans la zone tempérée humide du climat continental. Le climat est plutôt doux si l’on considère sa haute latitude ; c’est dû en grande partie à la proximité de la mer Baltique et aux apports d’air chaud venant de l'Atlantique. L'influence continentale peut néanmoins se faire sentir pendant les jours de chaleur en été et les périodes de froid en hiver, quand la température peut parfois (mais c’est rare) tomber au-dessous de . En général, les étés vont du frais au chaud et les hivers sont froids, même s’ils ont été très doux et pluvieux ces dernières années.

Urbanisme

Typologie Occupation des sols

Développement urbain

Localités et quartiers de la municipalité urbaine de Tartu Localité Type PopulationHaagevillage369Ilmatsalu külavillage49Ilmatsalupetit bourg385Kandikülavillage126Kardlavillage95Märjapetit bourg689Pihvavillage60Rahingevillage465Rõhuvillage177Tähtvere külavillage166Tükivillage252Vorbusevillage273Tartu- Annelinn- Ihaste- Jaamamõisa- Karlova- Kesklinn- Maarjamõisa- Raadi-Kruusamäe- Ropka- Ropka ZI- Ränilinn- Supilinn- Tammelinn- Tähtvere- Vaksali- Variku- Veeriku- Ülejõecentre urbain intra-muros- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier- quartier

Centre-ville Le quartier du centre-ville (kesklinn) comporte quatre secteurs : la vieille ville (vanalinn) incluant la colline du Dôme et l'ancien centre-bourg marchand reconstruit au , l'arrière de la colline (Toometaguse), la colline de la route de Riga (Riiamäe) et le nouveau arché (Uueturu).

La colline du Dôme : noyau historique de Tartu La colline du Dôme (en Estonien Toomemägi, nom allemand historique Domberg) est l'un des rares points de relief majeurs le long de la rivière. Peuplé depuis le , le versant Est de la colline accueille au début du Moyen Âge un fort estonien. La colline sert de barrière naturelle contre les nombreuses invasions, ce qui n'empêche cependant pas les multiples raids menés par les Princes slaves venus de l'Est.

Le fort en bois est détruit puis reconstruit à plusieurs reprises au gré des invasions, avant d'être définitivement anéanti au moment des croisades baltes par des moines-soldats allemands. Un château médiéval en pierre est construit afin d'y loger le Prince-évêque allemand et sa garnison. La colline accueille également la construction d'une cathédrale en brique. Elle s'accompagne de divers bâtiments, notamment les bâtiments de l'entourage de l'évêque. Entourée de remparts, elle s'urbanise au fur et à mesure du développement du commerce dans la cité. Le manque de place pousse le développement de la ville marchande hors de la colline. De plus, les luttes d'influences entre le prince-évêque et les marchands devenus bourgeois conduisent à des dégradations de la "ville haute" de la colline en signe de protestations, notamment pendant la réforme protestante.

Au , la colline perd de son importance marchande et les quelques bâtiments qui ne sont pas détruits par les invasions sont dégradés par le temps et les incendies. La colline à cependant un intérêt militaire et constitue une défense naturelle pour la ville. Elle est alors successivement fortifiée sous le règne suédois, puis russe tout au long du jusqu'au début du , ou ses extrémités prennent sa forme actuelle de bastion en étoile. Délaissée au milieu du , la colline sert alors de pâturage pour du bétail.

Au début du , la colline est finalement urbanisée de nouveau pour et accueillir les bâtiments de l'université. Les ruines de la cathédrale médiévale sont transformées en bibliothèque (aujourd'hui musée de l'université), les ruines de l'ancien château laissent place à un observatoire et une clinique (actuel Institut de sciences politiques et Cour suprême d'Estonie). Les fossés entourant la colline sont également urbanisés depuis le .

Vieille ville entre la colline et la rivière

La vieille ville proprement dite est située entre les contreforts de la colline du Dôme et les rives de la rivière Emajõgi dans une zone autrefois marécageuse. Initialement développée en tant qu'extension de la "ville haute" située sur la colline, elle devient peu à peu un centre d'échange majeur au Moyen Âge et gagne en influence. L'organisation du commerce conduit à la création de guildes et d'une assemblée de la ville (en bas-allemand raat) qui installe son siège dans un hôtel de ville située sur la place centrale. En raison des multiples invasions et destructions survenues au cours de l'histoire, le seul bâtiment médiéval préservé est l'Église Saint-Jean. La maison d'Uppsala, datant de 1750 est la plus ancienne maison du secteur et l'une des rares maisons en bois ayant résisté au Grand incendie de 1775. L'essentiel du centre-ville date de la fin du . Les bâtiments actuels sont de style baroque et classique ou des reconstructions plus modernes (dues aux bombardements de la seconde guerre mondiale). Protégée par des remparts (depuis détruits), la vieille ville est un centre religieux majeur au Moyen Âge avec la présence de près de 6 monastères, qui témoignent de la volonté de conversion de la population locale par les puissances occupantes. De nos jours, le centre-ville accueille de nombreux restaurants, musées et établissement de nuit.

Secteur du nouveau marché

Situé au Sud-Est de la vieille ville, le secteur du nouveau marché (Estonien Uueturu) est situé à l'extérieur des anciens remparts. Il accueille à partir du un marché couvert destiné à remplacer les foires ayant lieu sur la place de l'Hôtel de ville, devenue trop étroite. Quartier très dense et très lié à la vieille ville, ce secteur (incluant le marché couvert) est intégralement détruit lors des bombardements de la Seconde guerre mondiale. L'administration soviétique fait construire quelques immeubles de résidences, mais garde le quartier couvert de parcs et d'espaces verts. Certains espaces laissés vacants sont finalement ré-urbanisés après la fin de l'occupation soviétique avec des immeubles modernes et surtout de larges centres commerciaux qui maintiennent le caractère commercial du secteur et évitent un trop fort étalement urbain en périphérie.

Derrière la colline du Dôme

Le secteur derrière la colline du Dôme (Toometaguse) est composé de grandes maisons ainsi que de manoirs datant du . Les bâtiments du secteur sont liés à la vie étudiante de la ville, avec notamment les sièges de multiples corporations étudiantes et départements de l'université.

Colline de la route de Riga

Continuité avec les terres des manoirs

Les croisades baltes du entraînent l'installation de nombreux colons allemands. Ces derniers se voient attribuer des terres et des titres de noblesse. Ils font construire de larges résidences : d'abord des châteaux médiévaux, puis à partir du de luxueux manoirs. L'urbanisation de ces terres va de pair avec les travaux d'agriculture menés par les serfs indigènes pour le compte des nobles. Les domaines autour des manoirs incluent alors les fermes des paysans, mais également les logements des contremaîtres allemands et de l'entourage des nobles.

Au fur et à mesure de l'extension de la ville, les domaines se transforment en faubourgs et créent une continuité urbaine avec le bourg favorisée par l'abandon progressif des remparts médiévaux et leur disparition quasi-totale au . Ainsi, la plupart des quartiers adjacent du centre-ville portent le nom de ces anciens manoirs. Le domaine de Tähtvere (en allemand Techelfer, bas-allemand Techtelwerde), au nord-Ouest de la ville est mentionné dès 1515, celui de Ropka au Sud en 1531 (connus sous les noms allemands de Ropkoy, Karlefer ou encore Taubenhof tout au long de son histoire). Sous le règne polonais, le manoir de Raadi (Nord-Est) appartient directement à l'administration municipale d'où son nom (l'estonien raad provient de l'allemand rat qui signifie "assemblée"). Le manoir de Raadi est par la suite

Karlova Tähtvere

Raadi

: Extension de la ville soviétique

Logement

Voies de communications et transports Routes et ponts Tartu est traversée par les routes nationales principales : (Tallinn – Paide - Tartu - Võru - Luhamaa), (Jõhvi - Tartu - Valga - ) et (Tartu - Viljandi - Kilingi-Nõmme) ainsi que par les routes nationales secondaires (Tartu - Jõgeva - Aravete), (Tartu - Tiksoja), (Tartu - Räpina - Värska) et (Kõrveküla - Tartu). Tartu compte de nombreuses rues dont Narva maantee, Riia tänav, Vabaduse puiestee, Vanemuise tänav, Ülikooli tänav, Jakobi tänav, Friedrich Reinhold Kreutzwaldi tänav, Turu tänav et la rocade (Lääneringtee, Idaringtee, Ringtee tänav). La Via Hanseatica traverse aussi Tartu.

Transports collectifs